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lundi 22 août 2016

Présidentielle USA 2016. En chute libre, Trump se déguise en «centriste»

Ça y est, la grande mystification trumpienne se pare maintenant d’un déguisement centriste…
Alors que les pronostics de victoire donnent entre 87% et 89% de chances à Hillary Clinton de gagner la présidentielle, la nouvelle stratégie de Donald Trump, après avoir clivé la société américaine comme jamais jusqu’à aujourd’hui – sauf peut-être Barry Goldwater en 1964 et encore – tente désormais de promettre tout à tout le monde dans ce qu’il veut une attitude «centriste».
Celle-ci n’est en réalité qu’un vulgaire avatar de son populisme démagogue qui ne s’embarrasse pas de fausses promesses, de mensonges éhontés et d’une croyance que les électeurs peuvent tout gober alors que ses outrance sans fin lui ont détourné une partie de l’électorat même du Parti républicain.
Le voilà dorénavant qui demande aux noirs de voter pour lui – avec cet étonnant slogan, «qu’avez-vous à perdre à m’essayer»! –, qu’il affirme pour séduire les latinos, que le mur qu’il veut construire entre les Etats-Unis et le Mexique ne se fera pas aussi sûrement qu’il le prétendait auparavant, que les musulmans ne sont pas ses ennemis, qu’il aime les femmes et les respecte, qu’il ne pourra pas tout accomplir tout seul mais avec une Amérique consensuelle et ainsi de suite.
La raison n’est évidemment pas une soudaine lucidité ou une soudaine conversion centriste, ni même une prise de conscience lorsqu’il lit les discours qu’on lui écrit désormais et qu’il débite d’une voix monocorde tel un robot sans âme en les découvrant sur des téléprompteurs, mais la seule volonté électoraliste de récupérer les voix des minorités, mais pas seulement, sans lesquelles il n’a aucune chance d’être élu.
Actuellement, les sondages lui donnent 1% du vote afro-américain!
Mais il est également minoritaire chez tous les Américains qui ont un quelconque diplôme et qui sont tous du côté de Clinton.
S’il est trop tôt pour savoir si cette nouvelle stratégie peut réussir, personne ne semble dupe du «nouveau» Donald qui ressemble énormément à l’ancien.
D’autant que l’électorat d’Hillary Clinton n’est absolument pas soluble dans celui de Trump comme l’ont montré plusieurs études.
Reste à savoir comment les médias, qui préfèrent les taux d’audience (donc une compétition serrée) à l’information sérieuse, réagiront devant cette nouvelle supercherie.
Peut-être avec la responsabilité adéquate.


Sondages des sondages au 22 août 2016
Trump toujours loin derrière

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
46,4%
41,2%
Clinton 5,2
Five Thirty Eight (1)
43,0 %
38,1%
Clinton 4,9
Huffington Post
47,1%
39,1%
Clinton 8,0
New York Times
43,0%
38,0%
Clinton 5,0
Polltracker
45,3%
40,1%
Clinton 5,2
Pure Polling
43,9%
38,4%
Clinton 5,5
Real Clear Politics
46,8%
41,5%
Clinton 5,3
270 to win (1) (2)
44,8%
38,8%
Clinton 6,0
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org






vendredi 19 août 2016

Présidentielle USA 2016. Trump: l’escroquerie de sa stratégie de la dernière chance

Or donc Donald Trump a changé l’équipe de sa campagne devant les sondages désastreux qui lui prédisent une défaite à plate couture le 8 novembre prochain face à la centriste Hillary Clinton.
Et un «nouveau style» a semblé émerger avec, lors d’un meeting en Caroline du Nord, les excuses surprises du promoteur newyorkais pour les insultes proférées depuis les quatorze mois de sa campagne.
Il a affirmé, en lisant avec attention un texte écrit pour lui sur un téléprompteur, que «parfois, dans l’ardeur des débats et en parlant d’une multitude de problèmes, vous ne choisissez pas les bons mots ou vous dites la mauvaise chose. Je l’ai fait et, croyez-le ou non, je le regrette – et je le regrette vraiment – particulièrement lorsque cela a pu causer de la pein à quelqu’un».
Traduction: tout ceci n’était que débordements dans la fièvre de la campagne, sous-entendu ce ne sera pas la même chose une fois qu’il sera à la Maison blanche.
Mais encore faut-il croire celui qui s’est fait une spécialité dans le populisme de bas étage et la démagogie dangereuse.
Insulter pour ensuite s’excuser et certainement insulter à nouveau avant de s’excuser encore est sans doute la «nouvelle» stratégie de Trump (même s’il l’a déjà expérimenté) car on voit mal comment il pourra tenir pendant les trois derniers moins de la campagne une ligne toute en retenue et policée.
Mais, dans cette démarche de la dernière chance, il espère évidemment avoir tout à gagner.
Vis-à-vis de ses fans, il pense que ce qui restera le jour de l’élection, ce sont les débordements multiples, les insultes, les théories complotistes et les appels à la violence qui ont fait son personnage public depuis des décennies, celui pour lequel ils veulent voter.
Ceux-ci se diront que le candidat républicain a du contrôler son langage uniquement pour attirer un électorat modéré afin de gagner l’élection mais que le «vrai» Trump est celui qui leur a parlé d’une Amérique crépusculaire et qui s’en est pris à tout le monde et au monde entier.
Vis-à-vis des électeurs modérés, voire issus des minorités, il croit que ses excuses seront ce qu’ils retiendront en passant ses propos incendiaires par pertes et profits.
Néanmoins, cette stratégie envers ces derniers est assez bancale.
D’abord, Trump s’était déjà excusé pour des paroles inqualifiables qu’il avait mis sur le dos, déjà, de l’atmosphère électrique de la campagne avant de repartir de plus belle dans les invectives, les mensonges et les insultes.
Ensuite, comme l’a expliqué fort justement un spécialiste, si l’on regarde son visage et que l’on écoute ses propos lors de ce meeting, le ton et les mimiques avec lesquels Trump a fait ses «excuses» montre très clairement qu’il ne croit pas un mot de ce qu’il dit et que ses fans présents dans la salle, non plus.
Enfin, il s’est excusé d’avoir blessé des gens, non d’avoir proféré des mensonges à leur encontre ou de les avoir insultés.
Ainsi, on peut très bien blesser des gens en disant la vérité…
Sans oublier que ses «excuses» ne viennent pas du cœur mais des mathématiques.
Une manière assez grossière, en définitive, d’espérer que sa chute dans les sondages soit enrayée.
C’est pourquoi on peut prétendre sans trop se tromper que c’est une – nouvelle – escroquerie de sa part.
D’autant que les nouvelles nominations dans l’équipe de sa campagne vont plutôt dans le sens de futures attaques nauséabondes que dans un discours plus apaisé.
Son nouveau directeur de campagne n’est autre qu’un trublion d’extrême-droite, Stephen Bannon, qui dirige le média complotiste et très controversé, Breitbart News.
L’équipe de campagne d’Hillary Clinton a eu raison de réagir en expliquant que «Donald Trump a littéralement débuté sa campagne en insultant les gens. Il a continué à le faire depuis les 428 jours qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui sans honte ni regret. Nous avons appris ce soir que celui qui lui a écrit son discours pour son téléprompteur sait qu’il a beaucoup de choses pour lesquelles il doit s’excuser. Mais les excuses de ce soir sont simplement une phrase bien tournée jusqu’à ce qu’il nous dise lesquels de ces nombreux commentaires offensants, brutaux et qui sèment la division, il regrette et qu’il change dans le même temps son ton».
Et de rappeler qu’il a affirmé «ne rien regretter du tout» en attaquant la famille du héros militaire américain musulman tué en Irak ou un juge dont la famille était originaire du Mexique parce qu’il était chargé d’une plainte contre ses malversations.
Il a également refusé de s’excuser pour avoir appelé les immigrants d’Amérique du Sud des violeurs et a même demandé des excuses au journaliste qu’il avait moqué parce qu’il était handicapé!
Penser que les Américains goberont cette nouvelle supercherie assez obscène, c’est les prendre pour des crétins.
Espérons pour l’avenir de la démocratie que Trump n’y parviendra pas.

Sondages des sondages au 19 août 2016
Trump ne dépasse pratiquement plus 40%

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
47,3%
39,6%
Clinton 7,7
Five Thirty Eight (1)
42,9 %
37,4%
Clinton 5,5
Huffington Post
48,3%
39,6%
Clinton 8,7
New York Times
43,0%
38,0%
Clinton 5,0
Polltracker
42,8%
37,9%
Clinton 4,9
Pure Polling
44,8%
38,9%
Clinton 5,9
Real Clear Politics
47,0%
41,2%
Clinton 5,8
270 to win (1) (2)
44,8%
38,8%
Clinton 6,0
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org



mardi 16 août 2016

Présidentielle USA 2016. Programme économique de Clinton: investissement, réindustrialisation, innovation et réforme fiscale

Dans «une élection qui n’est pas comme les autres», la centriste Hillary Clinton a présenté le 11 août à Warren dans le Michigan le détail de son programme économique dont elle avait déjà tracé les grandes lignes dans d’autres discours et dont la devise est: «En Amérique, si vous pouvez le rêver vous devez pouvoir l’accomplir».
Plus trivialement, il s’agit, pour la candidate démocrate de mettre en place les mécanismes permettant de créer de la croissance et faire en sorte que celle-ci bénéficie à tous en créant à son tour des emplois bien payés.
Pour cela, il faut redynamiser l’économie après que Barack Obama ait réussi à la sauver après la Grande récession de 2008 mais n’ait pu aller jusqu’au bout de ses intentions suite au blocage complet des républicains au Congrès de toute réforme.
Selon la candidate démocrate il faut un plan d’investissement qui sera le plus ambitieux depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, depuis le New deal de Franklin Roosevelt.
Afin de booster l’économie, Clinton propose d’abord de créer une banque d’investissement chargée de financer les travaux dans les infrastructures et de lancer une vaste série de grands chantiers dont le pays a urgemment besoin.
En effet, beaucoup de ponts, de routes, de centrales électriques et d’infrastructures diverses et variées, notamment dans les transports (voies de chemin de fer, aéroports, transports urbains) sont en très mauvais état, certains depuis plus de trente ans, pénalisant du même coup l’économie des Etats-Unis ainsi que le quotidien de la plupart des Américains.
Ensuite, elle se propose d’aider les PME, en particulier les plus innovantes tout en insistant sur la réindustrialisation du pays.
Si elle est élue, elle travaillera à une grande réforme fiscale plus juste pour la classe moyenne et les plus défavorisés tout en faisant payer «leur juste part» aux plus riches.
Elle se battera également pour une mondialisation plus juste notamment pour les travailleurs américains afin que leurs emplois ne soient pas délocalisés avec des accords commerciaux renégociés et des pénalités aux entreprises qui quitteraient les Etats-Unis pour trouver de la main d’œuvre moins chère ainsi que des aides pour celles qui, au contraire, veulent relocaliser leurs productions en Amérique.
Enfin, elle souhaite permettre au plus grand nombre d’avoir accès aux études supérieures tout en insistant sur le fait qu’il faut également développer les filières professionnelles pour accueillir tous ceux qui veulent se former à un métier sans passer par l’université.

Pendant ce temps, Donald Trump a accusé Barack Obama et Hillary Clinton d’avoir fondé Daesh.
A la question de savoir s’il s’agissait d’une formule rhétorique pour accuser le président américain et son ancienne secrétaire d’Etat d’être responsables de l’émergence de cette organisation terroriste (dont on rappelle qu’elle a été fondée avant même qu’Obama soit élu à la Maison blanche), il a répondu que, non, il affirmait bien qu’ils étaient ses créateurs…
En outre, il a affirmé qu’il demeurerait ce qu’il est et qu’il continuerait donc sa campagne comme il l’a mené jusqu’à présent ce qui augure d’autres dérapages identiques à celui où il a appelé les possesseurs d’armes à feu à s’occuper d’Hillary Clinton.
Devant tant d’immaturité, voire d’instabilité mentale, le professeur de sciences politiques, Larry Sabato s’est dit convaincu que Donald Trump, en ayant franchi «les limites tellement de fois», que «ce serait historiquement étrange s’il était élu président».
En tout cas, c’est ce que pensent les électeurs, les derniers sondages demeurerant largement favorables à Clinton.


Sondages des sondages au 12 août 2016
Clinton maintien son avance

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
47,4%
39,1%
Clinton 7,2
Five Thirty Eight (1)
44,4 %
38,3%
Clinton 6,1
Huffington Post
47,9%
40,3%
Clinton 7,6
New York Times
46,0%
39,0%
Clinton 7,0
Polltracker
45,2%
39,5%
Clinton 5,7
Pure Polling
47,4%
39,5%
Clinton 7,8
Real Clear Politics
47,4%
40,0%
Clinton 7,9
270 to win (1) (2)
47,4%
39,1%
Clinton 8,3
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org

samedi 6 août 2016

Présidentielle USA 2016. Les 18-29 ans votent à 41% pour Clinton… 9% pour Trump!

Manifestement, Donald Trump ne représente pas l’avenir des Etats-Unis pour les jeunes américains.
Dans un sondage publié le 5 août, il ne recueille que 9% des intentions de vote des 18-29 ans, loin derrière Hillary Clinton (41%) mais aussi le candidat libertarien, Gary Johnson (23%) et la candidate écologiste, Jill Stein (16%).
Même si les candidats républicains sont généralement distancés par les candidats démocrates, le score de Trump est ridiculement bas.
Par comparaison, les derniers représentants républicains à la présidentielle avaient obtenus 36% des votes de cet électorat en 2012 (Mitt Romney) et 32% en 2008 (John McCain).
Ce n’est évidemment pas la seule mauvaise nouvelle sondagière pour le candidat républicain puisqu’Hillary Clinton le distance dans toutes les enquêtes d’opinion avec parfois des avances très importantes (7 points pour IBD, 8 points pour NBC et IPSOS Reuters, 9 points pour CNN, 10 points Fox news) qui vont jusqu’à quinze points (McClatchy-Marist) au niveau national.
Mais la centriste le distance nettement aussi dans nombre d’Etats qui seront ceux qui seront cruciaux pour la victoire.
Cette situation se retrouve dans les sondages des sondages où la candidate démocrate possède, au minimum, 4 points d’avance et jusqu’à 9 points.
Il semble que Trump ait du mal à se sortir des multiples polémiques qu’il a lui-même créé par ses déclarations et que ceux-ci commencent réellement à choquer une partie de l’électorat républicain même s’il a obtenu le soutien pour le moins étonnant et consternant de Clint Eastwood dont les propos sont malheureusement ceux d’un vieil homme qui se croient encore dans un western.
Plus sérieusement, de nombreuses autres polémiques sont en train de voir le jour sur ses capacités réelles à gouverner au-delà même de ses sorties médiatiques ainsi que sur l’histoire de sa famille bien moins glamour qu’il a voulu le faire croire.
S’il ne parvenait pas à reprendre la main, cela prouverait qu’il y a peut-être une limite dans une stratégie populiste et démagogue aussi grossière, une bonne nouvelle pour la démocratie.
Néanmoins, l’élection présidentielle est le 8 novembre et beaucoup de choses peuvent encore se passer d’ici là.


Sondages des sondages au 5 août 2016
Clinton loin devant

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
45,9%
43,2%
Clinton 4,1
Five Thirty Eight (1)
44,3 %
39,4%
Clinton 7,0
Huffington Post
46,3%
41,4%
Clinton 6,8
New York Times
44,0%
41,0%
Clinton 5,0
Polltracker
47,5%
39,5%
Clinton 8,9
Pure Polling
46,6%
42,6%
Clinton 4,8
Real Clear Politics
45,5%
42,0%
Clinton 5,1
270 to win (1) (2)
47,3%
41,0%
Clinton 7,2
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org



mardi 2 août 2016

Présidentielle USA 2016. Le vrai Trump enfin démasqué par les électeurs? / Clinton reprend le large dans les sondages

Y aurait-il une limite dans l’irrespect, l’irresponsabilité, l’inculture et l’infamie qui, une fois atteinte, permet enfin de démasquer un personnage comme Donald Trump pour une partie des Américains, en particulier parmi ses fans?
Cette question qui taraude les «pundits» (experts politiques) depuis que le promoteur newyorkais a annoncé en juin 2015 sa candidature à la présidentielle aurait-elle enfin une réponse positive?
Avec toutes les précautions nécessaires et face aux incertitudes d’une campagne électorale – notamment celle-ci –, il semble que la réponse soit positive et qu’un processus est en train, doucement, de se mettre en place après les dernières sorties de Trump qui ont tellement inquiété nombre d’observateurs qu’ils sont même allés jusqu’à s’interroger sur sa santé mentale...
En quelques jours, il a réussi à insulter les parents d’un héros de guerre alors même qu’il se soit fait réformer pour un problème médical inventé de toute pièce afin de ne pas aller au Vietnam tout en estimant que gagner des milliards de dollars étaient un sacrifice fait pour son pays identique à celui qui donne sa vie, à affirmer vouloir casser la figure à l’ancien maire de New York, à demander aux Russes d’espionner Hillary Clinton et à assurer que Poutine n’envahirait jamais l’Ukraine alors qu’il l’a déjà fait en annexant la Crimée, tout en rendant les médias responsables de l’ensemble de ses bourdes, comme d’habitude.
Tout cela vient après un an de déclarations insensées et honteuses, le plus souvent mensongères, qui n’avaient pourtant pas entamé le cœur de ses soutiens.
Cela vient après qu’il ait insulté un autre héros de guerre, membre de son propre parti, le sénateur et ancien candidat à la présidence, John McCain, ainsi que tous les candidats à la primaire républicaine, de Ted Cruz (ainsi que sa famille) à John Kasich en passant par Marco Rubio, et bien évidemment tous les candidats à la primaire démocrate et même le colistier de Clinton, Tim Kaine, reconnu par ses opposants comme un homme intègre et qu’il a traité dans un tweet, juste après sa désignation, de «corrompu».
Cela vient après qu’il ait insulté les Mexicains les accusant d’être des criminels et des violeurs.
Cela vient après qu’il ait traité les Chinois de «tueurs brutaux».
Cela vient après qu’il ait insulté nombre de femmes de Rosie O’Donnell à Megyn Kelly en passant par Carly Fiorina ou Arianna Huffington avec des grossièretés indignes.
Cela vient après qu’il se soit moqué d’un journaliste handicapé en le mimant à la tribune lors de l’un de ses meetings.
Cela vient après qu’il ait expliqué qu’il pourrait tuer n’importe qui dans la Cinquième avenue de New York sans perdre le moindre vote.
Cela vient après qu’il ait avancé qu’il ne soutiendrait pas les alliés des Etats-Unis au sein de l’OTAN si ceux-ci étaient attaqués, notamment par la Russie.
Sans même parler de toutes les affirmations sur lesquelles il est revenu comme celle qu’il connaissait bien Poutine pour dire aujourd’hui qu’il ne l’a jamais rencontré ou pour annoncer l’interdiction d’entrée de tous les musulmans aux Etats-Unis en assurant ensuite qu’il ne s’agissait que de quelques uns avant de prétendre qu’il parlait de tous ceux qui venaient de pays où il y a du terrorisme.
Sans même parler de toutes les affirmations mensongères sur lesquels il n’est jamais revenu comme de prétendre qu’Hillary Clinton voulait supprimer le deuxième amendement de la Constitution, qu’il avait rencontré Ronald Reagan à la Maison blanche, que sa fortune se montait à plus de dix milliards de dollars ou qu’il avait réussi à lever des fonds pour les anciens combattants alors même qu’il avait du faire un chèque d’un million de dollars pour que le montant corresponde à ses assertions.
Sans même parler de ses attaques, pendant des années, bien avant de se lancer dans la présidentielle, contre Barack Obama, l’accusant de ne pas être un Américain, sous-entendant qu’il était un Kenyan musulman.
Sans même parler des mensonges de sa femme – que l’on peut voir nue dans le New York Post – sur ses parents, son parcours et ses diplômes ainsi que de son plagiat du discours de Michelle Obama.
Le Washington Post, à la fin de l’année 2015, avait recensé  68 personne ou groupes de personnes que Trump avait publiquement insultés…
Cette liste est malheureusement loin d’être limitative pour celui qui s’autoproclame «la personne qui se présente à la présidentielle qui ait le plus réussie dans la vie».
Mais elle est déjà assez longue pour que les sondages ne lui donnent qu’une poignée de pourcentage.
Or ce n’est évidemment pas le cas jusqu’à présent.
Trump obtient toujours des scores élevés même si Hillary Clinton vient à nouveau de creuser l’écart.
La centriste bénéficie ainsi des propos de celui-ci et des controverses qu’ils ont créées mais aussi de l’«effet» convention où un candidat monte en général de quelques points supplémentaires dans les enquêtes d’opinion après qu’elle se soit tenue.
Sans oublier que la convention démocrate a été une réussite alors même que la républicaine a été proche du désastre.
Les semaines qui viennent devraient en dire plus sur la situation de Trump d’autant que, désormais, il y a un nombre incalculable de gens qui veulent lui voir mordre la poussière ce qui pourrait délier les langues et engendrer nombre de révélations désastreuses pour lui.
Encore que la personne capable de faire le plus de mal à Trump est Trump lui-même.


Sondages des sondages au 2 août 2016
Clinton creuse l’écart

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
45,9%
43,2%
Clinton 2,7
Five Thirty Eight (1)
44,3 %
39,4%
Clinton 4,9
Huffington Post
46,3%
41,4%
Clinton 4,9
New York Times
44,0%
41,0%
Clinton 3,0
Polltracker
47,5%
39,5%
Clinton 8,0
Pure Polling
46,6%
42,6%
Clinton 4,0
Real Clear Politics
45,5%
42,0%
Clinton 3,9
270 to win (1) (2)
47,3%
41,0%
Clinton 6,3
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org