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dimanche 11 septembre 2016

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Oui, certains fans de Trump sont «déplorables»

Alors que l’on commémore le quinzième anniversaire du 11 septembre 2001 qui détruisit les deux tours du World trade center à New York et fit près de 3.000 morts (en comptant l’attentat contre le Pentagone à Washington et le crash de l’avion détourné qui se dirigeait vers la Maison blanche ou le Congrès), la campagne électorale continue à battre son plein aux Etats-Unis.
Lors d’un discours devant la communauté LGBT, Hillary Clinton a ainsi affirmé que la moitié des fans présents lors des meetings de Donald Trump étaient des gens «déplorables» parce qu’ils sont «racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes».
Devant les réactions de certains médias, le lendemain, la centriste s’est excusée d’avoir fait cette déclaration.
Pourtant, elle n’aurait pas du faire ces excuses: elle disait vrai.
Comme tout ceux qui, depuis un an, suivent la campagne de Trump, le savent en écoutant ceux qui se rendent à ses réunions électorales, non seulement, elle n’avait pas tort mais elle était sans doute en-dessous de la réalité, à la fois, quantitativement et qualitativement…
Et, afin de se battre efficacement contre cette haine qui envahit de plus en plus la politique américaine mais aussi celle des démocraties républicaines occidentales, il faut bien appeler un chat, un chat, un raciste, un raciste, un sexiste, un sexiste, une fripouille «déplorable», une fripouille «déplorable»!
Car, dans les meetings de Trump, cette foule souvent fanatisée se met à crier des propos détestables tels qu’il faut emprisonner Clinton voire la tuer.
Il suffit d’interviewer quelques uns de ses représentants pour les entendre affirmer sans le moindre complexe que tout ce que dit Trump est vrai, donc que les Mexicains sont des violeurs, qu’Obama n’est pas un vrai Américain et qu’il n’aurait jamais du être président des Etats-Unis, que les journalistes sont des menteurs, que les héros de guerre n’ont pas plus de courage que lui, etc.
Reste que les fans de Trump sont loin d’être les seuls personnes «déplorables» soutenant des politiciens populistes et démagogues.
Il y a ceux de Marine Le Pen en France, ceux de Nigel Farage au Royaume Uni, ceux de Frauke Petry en Allemagne, ceux de Viktor Orban en Hongrie et bien d’autres encore, malheureusement.
Tous ces gens qui sont souvent «racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes».
Mais, chut! Il ne faut pas le dire.
Du coup, le fameux politiquement correct dénoncé sans cesse par les extrémistes de tout bord, notamment ceux de la droite extrême et radicale – et par les soutiens de Trump dès l’entame des primaires républicaines –, devrait donc fonctionner pour empêcher d’«insulter» (c’est-à-dire, en réalité, de dénoncer) ces personnages «déplorables» aux propos inqualifiables mais surtout pas en sens inverse où ces mêmes personnages «déplorables» pourraient, eux, s’en donner à cœur joie dans leurs débordements.
Pire, les dénoncer seraient être sur le même plan qu’eux selon certains commentateurs qui mélangent tout et son contraire et n’ont manifestement pas compris grand chose.
On croit rêver devant ce terrorisme «intellectuel» qui assimile ceux qui transgressent par l’insulte et le mensonge et ceux qui les dénoncent qui, en plus, se retrouvent anathématiser et stigmatiser pour simplement dire ce qui est.
Des personnes «déplorables» qui seraient donc des victimes quand on les appelle par leur nom…
Certains journalistes américains avaient déjà dénoncé ce faux parallèle entre les attaques ordurières du clan Trump et la dénonciation de ceux-ci par l’équipe de Clinton.
Ils ont raison et font leur métier.
D’autres ont également rejeté l’affirmation selon laquelle les propos de Clinton sont des insultes puisqu’ils s’appuient sur la réalité.
Ils ont raison et font leur métier.
Quant au personnel politique, il faut qu’il apprenne, une bonne fois pour toute, que tout électeur potentiel n’est pas une personne digne d’intérêt et que l’on trouve des crapules chez ceux qui ont le droite de vote.
Et, ici, parce que l’on défend la démocratie républicaine et les valeurs humanistes, on le répètera tant qu’il faudra, tant que ce sera vrai.

Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org


mardi 6 septembre 2016

Présidentielle USA 2016. Les rêves américains opposés de Clinton et Trump

Contrairement à ce que l’on pense, il n’existe pas «un rêve américain» unique qui serait, à la fois, défini exactement et qui serait commun à tous les Américains.
Le Rêve américain est multiple, on peut même dire que chaque Américain a son propre rêve (et que beaucoup de personnes, à travers le monde ont leur «rêve américain»).
Sur l’échiquier politique, le rêve se décline également par rapport aux convictions de chaque idéologie.
Néanmoins, on peut en catégoriser quatre prédominants correspondant aux quatre idéologies qui dominent la vie politique du pays.
D’ailleurs, à l’occasion de cette présidentielle, ces dernières se sont affrontées lors des primaires avec les quatre candidats principaux, Donald Trump (populiste démagogue de droite) et Ted Cruz (extrémiste de droite) du côté républicain, Hillary Clinton (centriste) et Bernie Sanders (populiste démagogue de gauche) du côté démocrate.
Pour schématiser, on peut les caractériser comme suit:
- Le rêve de Trump est celui de la réussite personnelle et de l’individu égoïste;
- Le rêve de Cruz est celui d’une nation fondée sur les valeurs chrétiennes conservatrices;
- Le rêve de Clinton est celui d’un pays des opportunités et de la solidarité;
- Le rêve de Sanders est celui de l’égalitarisme.
Le rêve de Trump l’a emporté chez les républicains et celui de Clinton chez les démocrates.
D’une certaine manière, c’est dans la normalité puisque les rêves proposés par les deux candidats en lice pour l’élection du 8 novembre prévalent dans la société américaine depuis la fondation de la nation (encore que celui de Trump soit une version extrémiste de la réussite personnelle et du rejet de l’autre) même si les rêves proposés par Cruz et Sanders ont toujours existé mais le plus souvent en retrait par rapport à ceux-ci.
Pour autant, est-ce que la question des rêves sera aussi prégnante lors de cette élection qu’elle l’a été lors ces précédentes, notamment en 2008 et 2012 lors des victoires de Barack Obama?
Il semble, pour l’instant, que la focalisation sur les personnalités des deux finalistes, surtout sur la capacité de Trump à occuper le fauteuil du bureau ovale de la Maison blanche, l’emportent sur la vision du Rêve américain comme élément déterminant.
Néanmoins, elle sera un élément important car ce sont bien deux manières de voir les Etats-Unis qui s’opposent même si du côté républicain il s’agit avec Trump d’un dévoiement certain, du rêve que le parti de Lincoln et de Theodore Roosevelt ont défendu et promu (même si, à leurs époques respectives, le concept n’était pas encore défini sous cette appellation).

Ce qu’est le Rêve américain
Le Rêve américain demeure le concept le plus emblématique de ce que recouvrent les Etats-Unis à la fois comme pays, comme nation et comme idéal.
Des premiers pèlerins qui accostèrent sur les côtes du Massachussetts au XVII° siècle aux illégaux sud-américains qui traversent quotidiennement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis en passant par tous les Européens qui débarquèrent à Ellis Island, tous ceux qui ont décidé un jour de partir pour cette terre promise moderne le recherchaient.
Comme cela reste le cas de tous les Américains d’aujourd’hui, descendants des uns et des autres.
On peut le qualifier lapidairement par la formule «avoir une vie meilleure».
C’est à la fois concis et précis mais ne donne aucunement la dimension multiple qu’il a toujours eue.
On peut même affirmer que chacun des Américains, plus, chacun de nous, habitants de la planète, a son propre «rêve américain».
Ce qui fait qu’il est «américain» depuis plus de deux siècles, vient de cette croyance qu’il est possible de le réaliser aux Etats-Unis et pas ailleurs, ce pays où même la Constitution reconnaît à tout citoyen le droit à «la poursuite du bonheur».
Jusqu’il y a quelques années, il pouvait se décliner en deux grandes réussites sociales.
D’un côté, il y avait ceux qui parvenaient à faire partie de la classe moyenne en acquérant une certaine aisance et dont les enfants se voyaient offrir les opportunités leur permettant d’avoir une vie encore meilleure que celle de leurs parents.
De l’autre, il y avait ceux qui, grâce à leur talent et leur travail, parvenaient en haut de l’échelle sociale, parfois en étant partis de rien, possédant des fortunes qui se comptaient en millions voire en milliards de dollars.
Bon an mal an, elles coexistaient grâce à une croissance soutenue mais également par une sorte de consensus bipartisan entre les démocrates et les républicains.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui où la polarisation idéologique des deux grands partis – en particulier la volonté du Parti républicain de se forger une identité plus radicale -, a remis en cause ce consensus.
Les démocrates sont devenus avant tout les défenseurs de la première réussite alors que les républicains le sont de la deuxième.
De même, la réalisation de ces deux rêves en parallèle semble actuellement bien difficile alors que l’économie, sortie il n’y a pas si longtemps de ce que les Américains appellent la «Grande Récession», demeure encore incapable d’une croissance assez forte pour la réalisation pour tous de leurs rêves sans oublier, évidemment, le creusement des inégalités entre les ultra-riches et les basses classes moyennes, sans parler évidemment des pauvres.

Une expression assez récente et discutée
Le concept de «rêve américain» ne se retrouve écrit noir sur blanc nulle part avant le milieu du XX° siècle.
Rien dans la Déclaration d’indépendance, rien dans la Constitution, rien dans les écrits des Pères fondateurs ou dans les discours des grands Présidents comme Washington, Lincoln ou Theodore Roosevelt.
L’expression va être utilisée la première fois en 1931 par un historien, James Adams Truslow, dans son livre «L’épopée de l’Amérique» («The Epic of America»).
Détail amusant, Truslow souhaitait appeler son livre «Le Rêve Américain» mais son éditeur refusa en lui expliquant que ce n’était pas un titre très vendeur et surtout que l’expression était beaucoup trop vague…
Toujours est-il que l’historien le définit comme suit: «Le Rêve américain est ce rêve d’une terre dans laquelle l’existence serait meilleure, plus riche et remplie pour tout le monde, avec l’opportunité pour chacun d’y parvenir grâce à ses capacités ou ce qu’il a accompli. C’est un rêve difficile à réellement conceptualiser pour les classes supérieures européennes, mais également pour beaucoup d’entre nous qui sommes de plus en plus lassés et méfiants à son encontre. Il ne s’agit pas simplement d’un rêve d’automobiles ou de hauts salaires, mais c’est un rêve d’un ordre social qui permettra à chaque homme et à chaque femme de parvenir à ce qu’ils sont capables d’atteindre naturellement et à être reconnus par les autres pour ce qu’ils sont, indépendamment des circonstances fortuites de leur naissance ou de leur statut».
Si l’on est étonné par un certain pessimisme qui perce dans ce texte, n’oublions pas que James Adams Truslow définit le Rêve américain au moment où la Grande Dépression des années 1930 frappe le pays.
C’est pourquoi il tente de revitaliser l’espoir des Américains d’avoir une vie meilleure mais aussi c’est la raison pour laquelle il parle de lassitude et de méfiance vis-à-vis de cet espoir au moment où le chômage et la pauvreté font un retour fracassant et font douter beaucoup de ses compatriotes sur la capacité des Etats-Unis à repartir de l’avant.
Cette définition est la première mais est loin d’être la seule.
Toute une littérature s’est développée depuis avec, à chaque fois, des définitions propres, certaines étant même extrêmement détaillées et il faudrait un bon gros livre pour les compiler.
Pour autant, elles demeurent toutes centrées autour de cette vie meilleure.
Evidemment, le Rêve américain a également beaucoup de détracteurs qui affirment qu’il s’agit plutôt d’un cauchemar, jusqu’à ceux qui dénient sa réalité tout court.
Citons ainsi, le bon mot de l’humoriste George Carlin, «Ils appellent ça le Rêve américain parce que vous devez être endormis pour y croire».
William Burroughs, figure de la Beat generation, disait «merci au Rêve américain pour vulgariser et falsifier jusqu’à ce que les mensonges nus ne brillent».
Quand à l’écrivain britannique J. G. Ballard, il estimait que «le Rêve américain est tombé en panne. La voiture s’est arrêtée. Elle ne fournit plus au monde ses images, ses rêves et ses phantasmes. Fini. Elle fournit au monde ses cauchemars désormais».
On peut en conclure, comme l’historien Jim Cullen, que, «le Rêve américain n’aurait pas cette importance aussi forte ou mystique s’il était une évidente tromperie ou un principe démontrable scientifiquement. L’ambigüité est à la source même de son pouvoir mythique, surtout pour ceux qui le poursuivent, mais qui ne sont pas sûrs d’atteindre leurs buts».

Le rêve démocrate versus le rêve républicain
Si l’on voulait grossir les traits de l’opposition entre républicains et démocrates sur le Rêve américain, on pourrait dire que c’est le Tea Party contre Occupy Wall Street, ces deux mouvements extrémistes, le premier de droite et vaguement libertarien, le deuxième de gauche et teinté d’anarchisme libertaire, qui ont vu le jour durant la première présidence d’Obama.
Les divisions sur le Rêve américain se sont beaucoup radicalisées depuis l’an 2000 et l’arrivée à la Maison blanche de George W Bush.
L’affirmation de Barack Obama comme quoi «nous pouvons venir de différents endroits et avoir des histoires différentes, mais nous partageons des espoirs communs et un seul Rêve américain» semble plus s’appuyer sur une fiction que sur la réalité.
Pour les démocrates et les progressistes, le Rêve américain est celui qui permet à chacun de vivre une vie décente, de pouvoir faire vivre sa famille sans l’angoisse du lendemain et d’espérer que ses enfants, grâce à son travail et à l’éducation qu’ils reçoivent, pourront s’élever socialement et avoir un meilleur avenir que celui de leurs parents et que les enfants de leurs enfants aient, à leur tour également la même opportunité.
Dans ce cadre, le gouvernement a un rôle actif à jouer pour offrir cette opportunité à tous.
Pour les républicains et les conservateurs, le Rêve américain est celui qui offre l’opportunité, à celui qui en a les capacités et l’envie, de s’élever socialement sans entrave, sans rien devoir à personne, surtout pas au gouvernement qui ne doit pas intervenir en la matière, et qui a le droit, une fois fortune faite, de jouir de tout ce qu’il a récolté grâce à son travail.
Ces deux versions du Rêve américain peuvent très bien cohabiter en période d’abondance et de forte croissance comme ce fut le cas, par exemple, de la fin de la Deuxième guerre mondiale jusqu’au début dans années 1970.
Le prix Nobel d’économie, Paul Krugman, ardent défenseur du keynésianisme et éditorialiste à succès au New York Times, s’en rappelle avec nostalgie dans son ouvrage, paru en 2007, l’«Amérique que nous voulons» («The Conscience of a Liberal»).
En revanche, lorsque le pays se trouve dans une situation économique plus délicate, comme aujourd’hui, les deux rêves ne sont plus complémentaires, ils se confrontent.
C’est, soit l’un, soit l’autre.
Ou, en tout cas, c’est ce que prétendent les démocrates et les républicains.
L’antagonisme sur le Rêve américain entre les deux grands partis est une des expressions les plus vives de leurs oppositions idéologiques de plus en plus exacerbées.
Chacun des deux dénoncent dans le rêve de l’autre une perversion du «vrai» rêve qui est, bien évidemment, celui qu’il promeut.
Le Rêve américain ne serait donc plus cette vision collective qui guiderait la nation mais un enjeu idéologique et politique.
C’est la vision même de la fonction de la communauté américaine qui est en jeu. Pour les démocrates, ceux qui ont doivent aider ceux qui n’ont pas.
Pour les républicains, ceux qui ont n’ont aucune obligation en la matière autre que morale et, en ce qui concerne ceux qui n’ont pas, ils les voient plutôt comme «ceux qui n’ont pas encore»…
Du coup, ce n’est pas en leur donnant des aides, ces fameux «entitlements» («droit à») qu’ils s’en sortiront mais en leur donnant la même chance d’y parvenir («equality of opportunity») que les autres, rien de plus.


Sondages des sondages au 5 septembre 2016
L’écart entre Clinton et Trump se réduit

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
46,5%
41,8%
Clinton 4,5
Five Thirty Eight (1)
41,8 %
38,8%
Clinton 3,0
Huffington Post
47,1%
41,7%
Clinton 5,4
New York Times
43,0%
40,0%
Clinton 3,0
Polltracker TPM
44,8%
43,4%
Clinton 1,4
Pure Polling
45,9%
41,2%
Clinton 4,7
Real Clear Politics
46,0%
42,1%
Clinton 3,9
270 to win (1) (2)
46,0%
41,8%
Clinton 4,2
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org



lundi 22 août 2016

Présidentielle USA 2016. En chute libre, Trump se déguise en «centriste»

Ça y est, la grande mystification trumpienne se pare maintenant d’un déguisement centriste…
Alors que les pronostics de victoire donnent entre 87% et 89% de chances à Hillary Clinton de gagner la présidentielle, la nouvelle stratégie de Donald Trump, après avoir clivé la société américaine comme jamais jusqu’à aujourd’hui – sauf peut-être Barry Goldwater en 1964 et encore – tente désormais de promettre tout à tout le monde dans ce qu’il veut une attitude «centriste».
Celle-ci n’est en réalité qu’un vulgaire avatar de son populisme démagogue qui ne s’embarrasse pas de fausses promesses, de mensonges éhontés et d’une croyance que les électeurs peuvent tout gober alors que ses outrance sans fin lui ont détourné une partie de l’électorat même du Parti républicain.
Le voilà dorénavant qui demande aux noirs de voter pour lui – avec cet étonnant slogan, «qu’avez-vous à perdre à m’essayer»! –, qu’il affirme pour séduire les latinos, que le mur qu’il veut construire entre les Etats-Unis et le Mexique ne se fera pas aussi sûrement qu’il le prétendait auparavant, que les musulmans ne sont pas ses ennemis, qu’il aime les femmes et les respecte, qu’il ne pourra pas tout accomplir tout seul mais avec une Amérique consensuelle et ainsi de suite.
La raison n’est évidemment pas une soudaine lucidité ou une soudaine conversion centriste, ni même une prise de conscience lorsqu’il lit les discours qu’on lui écrit désormais et qu’il débite d’une voix monocorde tel un robot sans âme en les découvrant sur des téléprompteurs, mais la seule volonté électoraliste de récupérer les voix des minorités, mais pas seulement, sans lesquelles il n’a aucune chance d’être élu.
Actuellement, les sondages lui donnent 1% du vote afro-américain!
Mais il est également minoritaire chez tous les Américains qui ont un quelconque diplôme et qui sont tous du côté de Clinton.
S’il est trop tôt pour savoir si cette nouvelle stratégie peut réussir, personne ne semble dupe du «nouveau» Donald qui ressemble énormément à l’ancien.
D’autant que l’électorat d’Hillary Clinton n’est absolument pas soluble dans celui de Trump comme l’ont montré plusieurs études.
Reste à savoir comment les médias, qui préfèrent les taux d’audience (donc une compétition serrée) à l’information sérieuse, réagiront devant cette nouvelle supercherie.
Peut-être avec la responsabilité adéquate.


Sondages des sondages au 22 août 2016
Trump toujours loin derrière

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
46,4%
41,2%
Clinton 5,2
Five Thirty Eight (1)
43,0 %
38,1%
Clinton 4,9
Huffington Post
47,1%
39,1%
Clinton 8,0
New York Times
43,0%
38,0%
Clinton 5,0
Polltracker
45,3%
40,1%
Clinton 5,2
Pure Polling
43,9%
38,4%
Clinton 5,5
Real Clear Politics
46,8%
41,5%
Clinton 5,3
270 to win (1) (2)
44,8%
38,8%
Clinton 6,0
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org






vendredi 19 août 2016

Présidentielle USA 2016. Trump: l’escroquerie de sa stratégie de la dernière chance

Or donc Donald Trump a changé l’équipe de sa campagne devant les sondages désastreux qui lui prédisent une défaite à plate couture le 8 novembre prochain face à la centriste Hillary Clinton.
Et un «nouveau style» a semblé émerger avec, lors d’un meeting en Caroline du Nord, les excuses surprises du promoteur newyorkais pour les insultes proférées depuis les quatorze mois de sa campagne.
Il a affirmé, en lisant avec attention un texte écrit pour lui sur un téléprompteur, que «parfois, dans l’ardeur des débats et en parlant d’une multitude de problèmes, vous ne choisissez pas les bons mots ou vous dites la mauvaise chose. Je l’ai fait et, croyez-le ou non, je le regrette – et je le regrette vraiment – particulièrement lorsque cela a pu causer de la pein à quelqu’un».
Traduction: tout ceci n’était que débordements dans la fièvre de la campagne, sous-entendu ce ne sera pas la même chose une fois qu’il sera à la Maison blanche.
Mais encore faut-il croire celui qui s’est fait une spécialité dans le populisme de bas étage et la démagogie dangereuse.
Insulter pour ensuite s’excuser et certainement insulter à nouveau avant de s’excuser encore est sans doute la «nouvelle» stratégie de Trump (même s’il l’a déjà expérimenté) car on voit mal comment il pourra tenir pendant les trois derniers moins de la campagne une ligne toute en retenue et policée.
Mais, dans cette démarche de la dernière chance, il espère évidemment avoir tout à gagner.
Vis-à-vis de ses fans, il pense que ce qui restera le jour de l’élection, ce sont les débordements multiples, les insultes, les théories complotistes et les appels à la violence qui ont fait son personnage public depuis des décennies, celui pour lequel ils veulent voter.
Ceux-ci se diront que le candidat républicain a du contrôler son langage uniquement pour attirer un électorat modéré afin de gagner l’élection mais que le «vrai» Trump est celui qui leur a parlé d’une Amérique crépusculaire et qui s’en est pris à tout le monde et au monde entier.
Vis-à-vis des électeurs modérés, voire issus des minorités, il croit que ses excuses seront ce qu’ils retiendront en passant ses propos incendiaires par pertes et profits.
Néanmoins, cette stratégie envers ces derniers est assez bancale.
D’abord, Trump s’était déjà excusé pour des paroles inqualifiables qu’il avait mis sur le dos, déjà, de l’atmosphère électrique de la campagne avant de repartir de plus belle dans les invectives, les mensonges et les insultes.
Ensuite, comme l’a expliqué fort justement un spécialiste, si l’on regarde son visage et que l’on écoute ses propos lors de ce meeting, le ton et les mimiques avec lesquels Trump a fait ses «excuses» montre très clairement qu’il ne croit pas un mot de ce qu’il dit et que ses fans présents dans la salle, non plus.
Enfin, il s’est excusé d’avoir blessé des gens, non d’avoir proféré des mensonges à leur encontre ou de les avoir insultés.
Ainsi, on peut très bien blesser des gens en disant la vérité…
Sans oublier que ses «excuses» ne viennent pas du cœur mais des mathématiques.
Une manière assez grossière, en définitive, d’espérer que sa chute dans les sondages soit enrayée.
C’est pourquoi on peut prétendre sans trop se tromper que c’est une – nouvelle – escroquerie de sa part.
D’autant que les nouvelles nominations dans l’équipe de sa campagne vont plutôt dans le sens de futures attaques nauséabondes que dans un discours plus apaisé.
Son nouveau directeur de campagne n’est autre qu’un trublion d’extrême-droite, Stephen Bannon, qui dirige le média complotiste et très controversé, Breitbart News.
L’équipe de campagne d’Hillary Clinton a eu raison de réagir en expliquant que «Donald Trump a littéralement débuté sa campagne en insultant les gens. Il a continué à le faire depuis les 428 jours qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui sans honte ni regret. Nous avons appris ce soir que celui qui lui a écrit son discours pour son téléprompteur sait qu’il a beaucoup de choses pour lesquelles il doit s’excuser. Mais les excuses de ce soir sont simplement une phrase bien tournée jusqu’à ce qu’il nous dise lesquels de ces nombreux commentaires offensants, brutaux et qui sèment la division, il regrette et qu’il change dans le même temps son ton».
Et de rappeler qu’il a affirmé «ne rien regretter du tout» en attaquant la famille du héros militaire américain musulman tué en Irak ou un juge dont la famille était originaire du Mexique parce qu’il était chargé d’une plainte contre ses malversations.
Il a également refusé de s’excuser pour avoir appelé les immigrants d’Amérique du Sud des violeurs et a même demandé des excuses au journaliste qu’il avait moqué parce qu’il était handicapé!
Penser que les Américains goberont cette nouvelle supercherie assez obscène, c’est les prendre pour des crétins.
Espérons pour l’avenir de la démocratie que Trump n’y parviendra pas.

Sondages des sondages au 19 août 2016
Trump ne dépasse pratiquement plus 40%

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
47,3%
39,6%
Clinton 7,7
Five Thirty Eight (1)
42,9 %
37,4%
Clinton 5,5
Huffington Post
48,3%
39,6%
Clinton 8,7
New York Times
43,0%
38,0%
Clinton 5,0
Polltracker
42,8%
37,9%
Clinton 4,9
Pure Polling
44,8%
38,9%
Clinton 5,9
Real Clear Politics
47,0%
41,2%
Clinton 5,8
270 to win (1) (2)
44,8%
38,8%
Clinton 6,0
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

© 2016 LesNouveauxMondes.org



mardi 16 août 2016

Présidentielle USA 2016. Programme économique de Clinton: investissement, réindustrialisation, innovation et réforme fiscale

Dans «une élection qui n’est pas comme les autres», la centriste Hillary Clinton a présenté le 11 août à Warren dans le Michigan le détail de son programme économique dont elle avait déjà tracé les grandes lignes dans d’autres discours et dont la devise est: «En Amérique, si vous pouvez le rêver vous devez pouvoir l’accomplir».
Plus trivialement, il s’agit, pour la candidate démocrate de mettre en place les mécanismes permettant de créer de la croissance et faire en sorte que celle-ci bénéficie à tous en créant à son tour des emplois bien payés.
Pour cela, il faut redynamiser l’économie après que Barack Obama ait réussi à la sauver après la Grande récession de 2008 mais n’ait pu aller jusqu’au bout de ses intentions suite au blocage complet des républicains au Congrès de toute réforme.
Selon la candidate démocrate il faut un plan d’investissement qui sera le plus ambitieux depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, depuis le New deal de Franklin Roosevelt.
Afin de booster l’économie, Clinton propose d’abord de créer une banque d’investissement chargée de financer les travaux dans les infrastructures et de lancer une vaste série de grands chantiers dont le pays a urgemment besoin.
En effet, beaucoup de ponts, de routes, de centrales électriques et d’infrastructures diverses et variées, notamment dans les transports (voies de chemin de fer, aéroports, transports urbains) sont en très mauvais état, certains depuis plus de trente ans, pénalisant du même coup l’économie des Etats-Unis ainsi que le quotidien de la plupart des Américains.
Ensuite, elle se propose d’aider les PME, en particulier les plus innovantes tout en insistant sur la réindustrialisation du pays.
Si elle est élue, elle travaillera à une grande réforme fiscale plus juste pour la classe moyenne et les plus défavorisés tout en faisant payer «leur juste part» aux plus riches.
Elle se battera également pour une mondialisation plus juste notamment pour les travailleurs américains afin que leurs emplois ne soient pas délocalisés avec des accords commerciaux renégociés et des pénalités aux entreprises qui quitteraient les Etats-Unis pour trouver de la main d’œuvre moins chère ainsi que des aides pour celles qui, au contraire, veulent relocaliser leurs productions en Amérique.
Enfin, elle souhaite permettre au plus grand nombre d’avoir accès aux études supérieures tout en insistant sur le fait qu’il faut également développer les filières professionnelles pour accueillir tous ceux qui veulent se former à un métier sans passer par l’université.

Pendant ce temps, Donald Trump a accusé Barack Obama et Hillary Clinton d’avoir fondé Daesh.
A la question de savoir s’il s’agissait d’une formule rhétorique pour accuser le président américain et son ancienne secrétaire d’Etat d’être responsables de l’émergence de cette organisation terroriste (dont on rappelle qu’elle a été fondée avant même qu’Obama soit élu à la Maison blanche), il a répondu que, non, il affirmait bien qu’ils étaient ses créateurs…
En outre, il a affirmé qu’il demeurerait ce qu’il est et qu’il continuerait donc sa campagne comme il l’a mené jusqu’à présent ce qui augure d’autres dérapages identiques à celui où il a appelé les possesseurs d’armes à feu à s’occuper d’Hillary Clinton.
Devant tant d’immaturité, voire d’instabilité mentale, le professeur de sciences politiques, Larry Sabato s’est dit convaincu que Donald Trump, en ayant franchi «les limites tellement de fois», que «ce serait historiquement étrange s’il était élu président».
En tout cas, c’est ce que pensent les électeurs, les derniers sondages demeurerant largement favorables à Clinton.


Sondages des sondages au 12 août 2016
Clinton maintien son avance

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
47,4%
39,1%
Clinton 7,2
Five Thirty Eight (1)
44,4 %
38,3%
Clinton 6,1
Huffington Post
47,9%
40,3%
Clinton 7,6
New York Times
46,0%
39,0%
Clinton 7,0
Polltracker
45,2%
39,5%
Clinton 5,7
Pure Polling
47,4%
39,5%
Clinton 7,8
Real Clear Politics
47,4%
40,0%
Clinton 7,9
270 to win (1) (2)
47,4%
39,1%
Clinton 8,3
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella

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