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dimanche 28 novembre 2010

LA SEMAINE DE LA MONDIALISATION. Pollution, Inflation, énergie, commerce, corruption


Lundi 29 novembre, s’ouvre à Cancun (Mexique), le sommet sur le climat. L’affrontement entre pays émergents et pays avancés devrait à nouveau être à l’ordre du jour avec, un face à face Etats-Unis-Chine comme à Copenhague l’année dernière. Les positions semblent bien irréconciliables pour l’instant puisque les grands pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil estiment que leur pollution est en quelque sorte plus légitime que celle des pays avancés car ils ont un retard de développement économique à rattraper. Evidemment, cette thèse n’est absolument pas partagée par les pays avancés. D’autant plus que les Etats-Unis, après les élections de mi-mandat, n’auront certainement pas envie de s’engager dans un quelconque processus, l’Administration Obama étant incapable de demander au Congrès, avec une Chambre des représentants largement républicaine, de ratifier un accord vu comme une entrave à une reprise économique que l’on espère encore, à Washington, voir décoller l’année prochaine malgré les prévisions peu optimistes.
La semaine écoulée a vu une autre tension revenir sur le devant de la scène avec les tirs d’artillerie de la Corée du Nord sur la Corée du Sud. Comme prévu, tous les pays du monde ont condamnée cette attaque meurtrière qui n’a aucune raison sauf… la Chine. Au-delà du fait que les Chinois sont des alliés indéfectibles des Nord-coréens, Pékin n’est pas prêt à lâcher un de deux seuls alliés qu’elle a dans la région (avec la Birmanie) depuis que les autres pays de la zone Asie-Pacifique se sont rapprochés des Etats-Unis inquiets de la montée en puissance économique et militaire de la Chine et de ses nombreuses sautes d’humeur vis-à-vis du Japon, de Taïwan, de l’Inde et d’autres.
Toujours en Chine, la préoccupation intérieure actuelle est l’inflation des produits alimentaires qui a atteint plus de 10% sur un an et qui fait craindre au pouvoir communiste des troubles sociaux. Pour essayer d’éviter cet engrenage, il a donc demandé que tout soit fait pour garantir les approvisionnements alimentaires à des prix raisonnables.
D’autres nouvelles venues de Chine montrent que le pays est toujours sur une voie de développement spécifique. Ainsi, l’urbanisation des régions centrales du pays est en train de faire émerger de nombreuses grandes villes dortoirs où de nouveaux paysans déracinés ou migrants viennent chercher du travail garantissant des bas coûts de production pendant encore plusieurs années même si des délocalisations spécifiques vers le Cambodge ou le Vietnam, par exemple, ont déjà eu lieu.
On se rappelle que Google a décidé de faire profil bas en Chine. Du coup, son concurrent Baidu a conforté sa première place dans les moteurs de recherche avec plus de 70% de parts de marché. Mais ce qui est nouveau – et inquiétant pour le peu de liberté des citoyens – c’est la décision des autorités de créer des moteurs de recherche eux-mêmes. C’est le cas des moteurs de recherche du Quotidien du Peuple et de Xinhua, l’agence de presse officielle.
En Inde, l’actualité est dominée par l’énorme affaire de corruption qui a permis au ministre des Télécommunications (qui a été obligé de démissionner depuis) de vendre à des sociétés «amies» de son parti, membre de la coalition au pouvoir à New Dehli, les nouvelles licences de téléphone mobiles. On estime à plusieurs milliards de dollars le manque à gagner pour le gouvernement dans cette affaire. La corruption, un mal endémique en Inde mais aussi dans tous les grands pays émergents.
Toujours en Inde, des menaces pèsent sur le microcrédit qui permet aux plus pauvres d’obtenir des prêts que leur refuse le système bancaire afin de pouvoir monter de projets. Une vague de suicides chez les paysans qui avaient emprunté auprès de certaines sociétés aux pratiques de recouvrement musclées a jeté une ombre sur leur fonctionnement. Elles pourraient, en outre, se trouver face à une crise de liquidités, les banques qui leur avance leurs fonds estimant, en effet, qu’elles n’ont pas une réelle d’utilité puisqu’il existe déjà des associations agréées qui font le lien entre ceux qui ont besoin d’argent et les banques.
Au Brésil, la police a donné l’assaut à une favela où un gang de trafiquants de drogue semait la terreur. L’intervention a été digne d’une attaque militaire avec commandos et blindés. Derrière ce fait divers, la volonté des autorités de faire le ménage est en relation avec les grands événements sportifs que le Brésil va organiser au cours de la prochaine décennie (Coupe du monde de football et Jeux Olympiques) qui sont aussi importants en terme d’image du nouveau dragon d’Amérique du Sud qu’en terme économique. Et cet «ancien» Brésil gangréné par la pègre et la corruption n’a plus sa place dans le XXI° siècle qui devrait faire du pays un des moteurs de la croissance mondiale.

Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

vendredi 26 novembre 2010

UNE SEMAINE AUX ETATS-UNIS. Thanksgiving, cadeaux de Noël et… Sarah Palin!


La semaine de Thanksgiving et de ses vacances (sans oublier la Macy’s parade de New York) s’achèvent avec le «black friday» qui, contrairement à ce que son nom l’indique n’est «noir» que pour le monde qui se rue dans les magasins pour bénéficier des prix cassés afin d’acheter tout et n’importe quoi (surtout des écrans plats, des ipad et des consoles de jeux vidéos cette année selon les sondages). C’est comme cela que commence les courses des Américains pour les cadeaux de Noël.
Cette semaine, Il a neigé un peu partout, sauf dans le Sud mais ce n’est pas cela qui inquiétait les autorités  de régulation des transports lors de ces vacances. Non, ce sont plutôt l’hostilité du public pour les scanners installés dans les aéroports pour la sécurité dans les avions et qui «déshabillent» les passagers. D’autant que, via internet, un mouvement anti-scanners s’est créé. Ceux qui ne veulent pas des scanners – ils ont le droit – doivent passer par une fouille manuelle très intrusive et qui fait perdre beaucoup de temps, d’où un dérèglement du trafic aérien ces dernières semaines. Mais les choses ont été moins pires que prévues puisqu’un autre mouvement citoyen s’est fait jour, déclarant que la sécurité des passagers valait bien le déshabillage de ces scanners. A noter que les hommes politiques ainsi que de nombreux officiels n’ont pas à passer par la fouille ou les scanners. Et Hillary Clinton a déclaré qu’elle trouverait très gênant de devoir faire l’un ou l’autre…
Dans l’hebdomadaire Newsweek, cette semaine, un papier très intéressant d’un historien de Harvard, James Kloppenberg, sur le fait que Barack Obama a toujours écrit (dans ses livres) ce qu’il ferait quand il serait au pouvoir et qu’il a fait ce qu’il a écrit. Du coup, c’est bien parce qu’il a été un des seuls hommes politiques à respecter sa parole qu’il est détesté par la droite et la gauche.
Toujours en matière politique (quoique…), Sarah Palin continue d’intriguer et de fasciner les médias et d’être l’égérie des ultraconservateurs du Parti républicain. Tout en occupant les écrans cathodiques sur Fox News mais également dans une sorte de reportage réalité sur sa vie en Alaska (ce qui a fait dire à Barbara Bush sur CNN interrogé par Larry King, que ce serait bien qu’elle y reste!) dont nous avons déjà parlé, elle vient de sortir un livre qui sera certainement vendu à plusieurs millions d’exemplaires (comme celui, d’ailleurs, du fils de Barbara Bush, George W Bush, qui vient de dépasser le million d’exemplaires vendus). Dans ce nouvel ouvrage, platitudes et attaques outrancières contre les démocrates et particulièrement contre Barack Obama se suivent. Pendant ce temps, le président américain, dans son discours à l’occasion de Thanksgiving (après avoir gracié deux dindes…) appelé à ce que les Américains s’unissent dans sa vision bipartisane de la politique. Chacun sa façon de faire de la politique.
A propos des républicains, l’ancien chef de la majorité au Sénat, Tom De Lay, un ultraconservateur particulièrement véhément contre Bill Clinton, vient d’être reconnu coupable au Texas de malversations financières dans les campagnes électorales (en ayant touché des sommes d’argent pour une campagne tout en l’utilisant pour une autre, argent venant de sociétés ce qui est interdit au Texas) et risque… la prison à vie! Personne ne pense qu’il sera condamné aussi durement mais cela rappelle que les républicains qui s’auto-désignent comme les nouveaux parangons de l’honnêteté politique contre Washington corrompu et corrupteur ont du pain sur la planche afin de convaincre les Américains de la véracité de leur affirmation péremptoire.

Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

samedi 20 novembre 2010

La semaine de la mondialisation. Croissance, inflation et coopération


Après un sommet du G20 décevant, l’actualité de la mondialisation s’est déplacée du terrain de la coopération (en panne) pourtant prônée par chacun et supportée par tous les organismes internationaux, du FMI à l’OCDE à celui de la croissance inflationniste dans les pays émergents et à la croissance molle au risque déflationniste dans les pays avancés.
Ainsi, selon l’OCDE, la croissance mondiale va faiblir en 2011 dans tous les pays du monde mais sera particulièrement faible dans les pays avancés, comme ceux de la zone euro ou les Etats-Unis. Cependant, elle demeurera élevée dans les grands pays émergents dont la peur est dorénavant que l’inflation déstabilise leurs économies et ne mange leur croissance. L’Inde et la Russie sont depuis longtemps dans cette problématique mais la Chine et le Brésil les ont rejointes. Les gouvernements des pays du Bric ont pris des mesures pour limiter les liquidités notamment par un resserrement du crédit.
La décision de la Réserve fédérale américaine d’injecter quelques 600 milliards de dollars dans l’économie américaine afin de soutenir l’activité et d’éviter la déflation continue de provoquer des remous notamment par la baisse du dollar que cette mesure a induite et qui va rendre les produits «made in usa» plus attractifs. Ben Bernanke s’est défendu de toute volonté de déstabiliser l’économie mondiale mais il a rappelé que les Etats-Unis ne pouvaient demeurer sans réaction face à l’atonie de la croissance américaine mais aussi face à des pays comme la Chine qui manipulent leurs monnaies et engrangent des excédents commerciaux importants.
La zone euro connaît de nouveau des turbulences avec les risques d’insolvabilité de l’Irlande dans les semaines à venir, sans oublier que la Grèce ne semble pas sortie d’affaire et que le Portugal pourrait être le prochain sur la liste. Pour autant, plus personne ne pense que l’euro va disparaître car ceci serait encore plus grave pour les pays qui l’ont adopté que la crise actuelle.
Si le prix du pétrole a encore baissé, en revanche, le prix du coton, lui, continue de monter. Du coup, les vêtements pourraient bien connaître une hausse de leurs prix comme l’ont indiqué les plus grandes chaînes mondiales.
A noter que les bourses chinoises ont joué au yoyo, les investisseurs craignant de nouvelles mesures afin d’éviter la spéculation et réguler le marché immobilier.
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

vendredi 19 novembre 2010

Une semaine aux Etats-Unis. De la politique et… de la royauté!


Les Américains sont fiers de leur «révolution» qui fut plutôt une guerre d’indépendance face à l’Angleterre. Mais une guerre qui se fit contre les diktats iniques d’un roi et qui permit de fonder une démocratie, d’où la volonté d’y voir une révolution. Oui, mais voilà, comme partout ailleurs, une grande partie du peuple américain rêve par l’entremise de la vie de ceux que l’on appelle aujourd’hui les «people» et qui étaient autrefois les puissants et les riches. Du coup, les télévisions et les journaux, même les plus sérieux d’entre eux comme le New York Times, ont fait leurs gros titres avec le prochain mariage du prince William avec sa dulcinée, Kate Middleton… Pour autant, les people sont plus nombreux que les rois d’antan et certains sont de simples roturiers. Et les Américains pratiquent la dévotion pour quelques autres people dont, par exemple, la famille Kennedy. Reste que l’on ne peut qu’espérer qu’un jour les peuples s’émanciperont et que les individus vivront leurs vies directement et non par procuration. Mais il faudra, cette fois-ci, une vraie révolution!
En matière politique, les analystes en sont encore à essayer de trouver du sens aux élections de mi-mandat. Bien sûr, la première raison de la défaite de Barack Obama (et non de la défaire démocrate ou de la victoire républicaine qui n’en sont, toutes deux, que des conséquences) vient d’un chômage très élevé qui désespère le rêve américain. Mais les sondages continuent d’être complètement contradictoires et font ressortir, en gros, que l’on attend de Barack Obama qu’il donne du travail au peuple américain et que si les Américains ont élu en majorité des républicains à la Chambre des représentants, ils ne croient guère en leur possibilité de réellement changer les choses, ni même dans leur programme qui se résume à «faisons des économies et réduisons les déficits publics… tout en baissant les impôts»!. D’ailleurs, les Américains croient quasiment autant en leur capacité qu’en celle des démocrates qui pourtant ont pris une rouste. Sale temps pour les politiques…
Les Américains sont déboussolés par la situation économique de leur pays mais également par ce flot d’information qui dit tout et n’importe quoi avec des commentateurs et des analystes qui brouillent les messages au lieu d’essayer de les clarifier, de les simplifier et de les unifier. Mais, taux d’audience et recettes publicitaires obligent, la guerre des médias fait rage et dans cette guerre tous les coups sont permis, comme on le voit avec Fox News, pour attirer le chaland, Même les mensonges les plus grossiers. Sale temps pour le journalisme…
Toujours en matière politique, Nancy Pelosi a été réélue à la tête des représentants démocrates alors même que ceux-ci sont devenus minoritaires à la Chambre. Pas de sanction pour l’égérie des libéraux, élue de San Francisco. En revanche, le représentant démocrate de Harlem depuis quarante ans, Charles Rangel, sera, lui, sanctionné après avoir été reconnu coupable de manquements à l’éthique par ses pairs. Il devrait être rappelé à l’ordre en séance publique. Et - est-ce de la politique? - le premier épisode de la série réalité sur Sarah Palin a été diffusé avec un très fort taux d’écoute. Résultat, la «mama grizzli» de l’Alaska (où son protégé a été, en fin de compte, battu aux élections sénatoriales par son ennemie républicaine, Lisa Murkowski) se voit à la Maison Blanche dans deux ans. Elle a ainsi déclaré qu’elle se sentait tout à fait capable de battre Barack Obama aux prochaines présidentielles. Mais elle semble être la seule à la croire…
Le procès d’un terroriste présumé détenu à Guantanamo depuis plusieurs années devant une cour de New York a été un désaveu pour George W. Bush puisque sur les 298 charges qui pesaient sur lui, une seule a été retenue par les juges! Camouflet donc pour l’ancien président qui vient de publier ses mémoires et qui fanfaronne sans vergogne sur toutes les chaînes alors qu’il a quitté ses fonctions avec un taux de popularité des plus bas. Par ailleurs, il a expliqué avoir autorisé la torture après les attentats du 11 septembre et qu’il n’en avait aucun remord.
En matière économique, la croissance américaine s’essouffle et le chômage demeure important. Reste que General Motors, moribond il y a deux ans, a fait son retour à la Bourse de New York. Si le cours n’a pas bondi après le premier jour de cotation, il a tout de même progressé. Comme quoi, tout est possible au pays de l’Oncle Sam…
Alexandre Vatimbella
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lundi 15 novembre 2010

G2: Pas besoin d’être amis pour gouverner le monde


D’un côté, les Etats-Unis, pays démocratique, première puissance mondiale en réparation. De l’autre, la Chine, pays autoritaire, deuxième puissance mondiale en pleine forme. Au milieu, le monde qui regarde ces deux grandes puissances s’affronter tout en étant obligées de s’entendre, attendant de savoir à quoi va ressembler l’ordre mondial dans lequel il va évoluer. Voilà, en un raccourci, ce qu’est la mondialisation aujourd’hui.
Car, le G2 est bien une réalité dans le sens où rien ne peut réellement se faire sans un aval tacite des Etats-Unis et de la Chine. Ce n’est certes pas une gouvernance mondiale explicite au sens où les deux pays ne son pas des alliés au sein d’un gouvernement uni. Ils ne poursuivent pas non plus un but général commun même si leurs destins semblent lier pour l’instant. C’est d’ailleurs cette destinée commune qui fait que ce duo pèse sur toute décision mondiale. Une sorte de gouvernance mondiale implicite, une gouvernance mondiale par défaut.
Ni la Chine, ni les Etats-Unis n’ont intérêt à un monde déstabilisé, ni à déstabiliser les sphères d’influence de chacun des deux pays à l’inverse de ce qui passait pendant la guerre froide soviéto-américaine. Et ils ont les mêmes ennemis, le terrorisme mondial qui frappe sans discernement leurs ressortissants. De ce point de vue le G2 est plutôt une force positive.
Bien sûr, les tensions ne manquent pas et elles vont se développer dans les années qui viennent que ce soit, par exemple en matière de zones d’influences politiques et économiques respectives ou de course aux matières premières de plus en plus rares. Néanmoins, on peut supposer que les Etats-Unis et la Chine essaieront d’abord de s’entendre ensemble pour se partager le gâteau avant d’en proposer les miettes aux autres. Ni l’Europe désunie, ni l’Inde, ni le Brésil, ni la Russie ne peuvent contrebalancer, chacun de leur côté, les deux grandes puissances et le G20 a montré ses limites quand la situation n’a pas d’urgence.
Après avoir nié l’existence d’un quelconque G2, les dirigeants chinois et américains ont fait de plus en plus référence à une concertation commune pour régler leurs problèmes qui sont souvent identiques aux problèmes du monde. Récemment, au sommet de Séoul, Barack Obama n’a pas dit autre chose à Hu Jintao même si la chaleur relationnelle ne semble pas être au rendez-vous. Mais on n’a pas besoin d’être amis pour gouverner le monde, juste de s’arranger pour faire prévaloir ensemble ses intérêts.
Alexandre Vatimbella
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samedi 13 novembre 2010

Barack Obama est devenu un «looser» mais les républicains n’ont pas l’air capable d’être des «winners»

Il y a deux ans, Barack Obama était adulé par tous les médias américains sans aucune retenue, ni distance. Pas un média qui ne louait son intelligence et ses capacités et voyait en lui un homme providentiel capable de guérir les Etats-Unis de tous leurs maux, un nouveau Lincoln et un nouveau Franklin Roosevelt. Lisez aujourd’hui un quotidien, écoutez la radio, regardez la télévision et cherchez un compliment sur l’hôte de la Maison Blanche. Bonne chance! Ce ne sont plus que critiques et analyses négatives sur l’incapacité d’un président trop sûr de lui, trahi par son hubris, qui est en train de sombrer par sa propre faute.
Bien sûr, quand on travaille depuis longtemps dans les médias et dans le journalisme, on sait la versatilité de la presse qui n’est qu’un reflet de la versatilité de l’opinion publique avec, en plus, l’obligation de vendre du papier ou de faire du taux d’écoute. Néanmoins, on ne peut que ressentir un certain malaise devant un retournement de veste aussi total.
Pendant la campagne pour la désignation du candidat démocrate, j’avais écrit qu’il était indécent de voir les médias et les journalistes dénigrer Hillary Clinton avec tant de méchanceté et de désinvolture et de tresser des couronnes avec tant d’impudeur et d’absence de déontologie à Barack Obama. Aujourd’hui, cette impudeur est dans la découverte par ces mêmes médias et journalistes que le président des Etats-Unis avait en réalité tous les défauts de la terre. Et tout cela en deux ans!
Les Etats-Unis ne sont bien sûr pas le seul pays où le temps médiatique s’est nettement accéléré avec la création des télévisions d’information en continue (dont on fête le vingt-cinquième anniversaire de la doyenne, CNN) qui doivent trouver tous les jours quelque chose à vendre à leurs téléspectateurs. D’où, par exemple, lors de la discussion de la réforme de l’assurance santé, ces commentaires qui prédisaient un jour que Barack Obama allait à l’échec et qu’il entrerait dans l’histoire comme le plus mauvais président et le lendemain qu’il allait remporter la victoire et qu’il serait un des plus grands présidents que le pays ait jamais eu!
Reste que l’information n’est pas du spectacle et que «l’infotainement» pratiqué maintenant par tous les chaînes de télévision du monde, mêlant information et divertissement, pose bien des questions essentielles sur la bonne information que tout citoyen est en droit de recevoir dans une démocratie.
Revenons à la raison qui fait que Barack Obama a été déboulonné de son piédestal médiatique, la défaite du parti démocrate aux élections de mi-mandat que le président des Etats-Unis a qualifié lui-même d’un terme «shellacking» qui veut dire, littéralement «écrasement», et que l’on peut traduire par «une bonne raclée» dans l’esprit dans lequel il l’a prononcé.
Avec les années, on croit que l’on a tout lu et écouté mais c’est toujours avec surprise et amusement que l’on lit et qu’on écoute les raisons avancées d’un échec électoral. En effet, on trouve autant de commentateurs que de raisons différentes. Cela n’échappe pas à la défaite des démocrates lors de ces élections. Le plus étonnant c’est que ces divergences d’analyse s’appuient sur des sondages et des données chiffrées qui devraient démontrer leurs exactitudes.
Comment dire d’un côté que les électeurs indépendants ont voté pour les républicains quand de l’autre on indique qu’ils ne se sont pas déplacés et que, pour la première depuis longtemps, la majorité de l’électorat qui a voté en novembre dernier, était composée de conservateurs et de personnes âgées?! Comment prétendre, sondage à l’appui, que les indépendants rejettent en masse la réforme d’assurance santé quand un autre sondage montre qu’une majorité d’entre eux ne souhaite pas que la loi soit abrogée?!
Sans oublier qu’il semble bien que les électeurs ont d’abord voté contre la crise (et donc les démocrates au pouvoir) mais pas pour les républicains qui vont maintenant devoir prouver leur capacité à gouverner avec un programme qui veut baisser fortement les impôts tout en baissant les déficits publics en même temps! Avec, en plus, en leur sein, des populistes irresponsables du Tea Party dont les seules idées politiques étaient d’être contre tout et dont le seul but est de faire perdre Barack Obama en 2012.
De même, les commentateurs se demandent si Obama sera-t-il capable de rebondir? Mêmes divergences avec des références solides. Pour les uns, il n’en sera pas capable car il n’a pas le sens politique requis pour le faire. Pour les autres, au contraire, ce sont les républicains qui vont démontrer leur incapacité de gouverner et Barack Obama sera réélu dans un fauteuil…
De tout cela, on peut en conclure que Barack Obama n’était pas Dieu, ni même superman et que son élection, il la doit en même temps à ce qu’il est, un homme brillant et extrêmement intelligent, et à l’air du temps qui faisait qu’un démocrate était sûr d’être élu après les huit années de George W Bush et que, en plus, dans un élan de rédemption, une majorité d’Américains ont voulu faire en sorte de mettre, pour la première fois, un afro-américain à la tête de leur pays.
Pour le reste, rendez-vous dans un an et demi pour le vrai bilan de sa présidence et pour apprécier ses chances de faire un deuxième mandat. Tout le reste n’est que spéculations.
Alexandre Vatimbella
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vendredi 12 novembre 2010

Sondage: Hillary Clinton battrait Barack Obama de 20 points si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui


Selon un sondage de SurveyUSA pour Newsmax auprès d’un échantillon de mille personnes publié récemment, Hillary Clinton remporterait l’élection présidentielle américaine si elle était opposée à Barack Obama avec vingt points d’écart, 60% contre 40%.
Bien entendu, cette configuration est hautement improbable puisque les deux personnalités politiques sont des démocrates et travaillent désormais ensemble, Hillary Clinton étant la secrétaire d’Etat de l’Administration Obama. Mais cela montre que l’ancienne prétendante démocrate et longtemps favorite pour la nomination démocrate en 2008 est restée très populaire (des sondages ont montré qu’elle était la personnalité politique préférée des Américains) alors que son vainqueur, Barack Obama, traverse une situation difficile, même si son taux d’approbation dans l’opinion publique demeure élevé, de l’ordre de 47%.
Hillary Clinton est notamment demeurée populaire auprès des ouvriers et des employés blancs dont beaucoup se méfient de Barack Obama et n’ont pas voté pour lui en 2008. Mais elle l’est également auprès des personnes âgées, des hispaniques et devancerait même Obama parmi l’électorat jeune (54% contre 46%) qui est celui qui a pourtant voté en masse pour ce dernier lors de la dernière présidentielle.
Rappelons qu’Hillary Clinton et Barack Obama se définissent tous les deux comme des centristes.
Alexandre Vatimbella
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mardi 9 novembre 2010

La Chine et les Etats-Unis préparent leur affrontement au G20


Le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, a beau expliqué que la Chine était d’accord avec les Etats-Unis pour rééquilibrer le G20 afin que les pays émergents réajustent leurs monnaies par rapport à leur croissance et à leur poids croissant dans l’économie mondiale, le gouvernement chinois ne semble pas être réellement sur la même longueur d’onde. Surtout, il vient de se déclarer très inquiet par les récentes mesures prises par la Fed, la banque de réserve américaine, d’injecter six cents milliards de dollars dans l’économie américaine pour la doper et créer les conditions d’une croissance plus forte ce qui pourrait produire un déséquilibre monétaire au profit des Etats-Unis en rendant sa monnaie plus faible et donc plus compétitive de manière unilatérale. Une préoccupation d’ailleurs partagée par les autres pays du G20 qui y voient, en outre, une contradiction avec les déclarations de l’Administration Obama de résoudre ensemble les problèmes.
A deux jours du sommet du G20 de Séoul (Corée du Sud), les deux pays n’ont pas l’air d’accord sur grand-chose même si un clash n’aura sans doute pas lieu dans le cadre feutré de la réunion internationale. Il n’en reste pas moins vrai que l’affrontement entre les deux puissances en sera l’arrière-plan et, au-delà des communiqués lénifiants, leurs intérêts divergents vont certainement continuer à rythmer la mondialisation dans les mois qui viennent.
Alexandre Vatimbella
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mercredi 3 novembre 2010

Ce que la défaite de Barack Obama peut nous apprendre sur la pratique centriste de gouvernement


La défaite est dure même si elle aurait pu être pire Voilà l’enseignement premier que les démocrates vont pouvoir tirer de leur revers aux élections de mi-mandat qui a vu la Chambre des représentants basculée dans le camp des républicains et la majorité démocrate au Sénat largement écornée. Une défaite annoncée tant les électeurs américains, déboussolés, en veulent à tout le monde, des banquiers de Wall Street à leurs élus en passant par les compagnies pétrolières, les Chinois, les musulmans américains, les professionnels de l’immobilier et bien d’autres encore sur fond de problèmes économiques non-résolus et d’un chômage très élevé.
Mais si la victoire des républicains et de la frange la plus à droite du parti de l’éléphant (le Tea Party qui, quoiqu’on essaie de le faire croire est bien largement dominé par des militants ou des sympathisants républicains) était prévue depuis des semaines, il ne faut pas oublier que, deux ans plus tôt, ces mêmes républicains étaient chassés du pouvoir par une vague bleue (la couleur démocrate) qui voyait un Barack Obama succéder triomphalement – ou presque – à un George W Bush honni par une majorité d’Américains.
Cependant, ce retournement n’est pas aussi improbable que ce que veulent nous faire croire des médias toujours en quête de sensationnalisme afin de doper leur taux d’écoute. D’abord parce que ces mêmes médias qui avaient encensés le premier président «noir» des Etats-Unis sont aussi ceux qui n’ont pas cessé de vouloir se rattraper de cette forfanterie peu déontologique en lui cherchant constamment la petite bête. Ensuite, parce que la versatilité de l’électorat dans une démocratie médiatique est de plus en plus une donnée de nos systèmes politiques occidentaux. Les milliers de sondages qui nous abreuvent chaque année permettent de remettre en cause toutes les légitimités politiques sorties des urnes, de susciter des campagnes de dénigrement ou de glorification sans relation avec la réalité, de monter en épingle des initiatives aussi peu reluisantes que, par exemple, les manifestations où Obama était traité à la fois de Hitler, de Staline et de socialiste européen…
Car si Barack Obama est (aussi) un phénomène médiatique – rappelons-nous la diabolisation d’Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle de 2008 par la presse au profit de son rival dans les primaires démocrates – le mouvement du Tea Party procède de la même volonté de créer l’événement et non de le relater. Un bon thème d’examen pour journalistes en herbe serait «qu’est-ce que serait devenus Barack Obama et le Tea Party sans la couverture outrancière des médias à leur sujet?».
Bien sûr, les faits sont là – la défaite démocrate et la fragilisation d’Obama - et il convient de les analyser, surtout lorsque l’on est centriste car la politique menée par le président américain a bien été une politique centriste. Passons sur ces «experts» français qui expliquent que Barack Obama va devoir «recentrer» sa politique (difficile de recentrer une politique centriste…) et sur les déclarations des républicains les plus à droite qui disent la même chose, ceux-là même qui ont refusé toute concertation avec le président et qui ont torpillé toutes ses tentatives de consensus.
Ce qui doit interpeller aujourd’hui les centristes du monde entier, c’est la fragilité d’un pouvoir réellement centriste (même si, concédons-le, parfois Barack Obama a du céder aux demandes de la gauche du parti démocrate mais il a du aussi le faire à celles des républicains). Tous les commentateurs sérieux s’accordent pour dire que l’Administration Obama a bien suivi une politique centriste au grand dam d’ailleurs des «liberals» démocrates qui souhaitaient des mesures beaucoup plus fortes et clientélistes.
De ce fait, comme on pouvait le prévoir, Barack Obama n’a pas eu qu’un seul ennemi mais deux. Un ennemi à droite, les républicains et quelques démocrates conservateurs, un ennemi à gauche, la frange le plus libérale du parti démocrate. Ces deux ennemis n’ont eu de cesse de critiquer toutes les actions et les mesures prise depuis deux ans. Un déluge de récriminations qui a fragilisé le président américain.
Beaucoup se sont demandés pourquoi Barack Obama s’est si mal vendu auprès du peuple américain au vu des réformes et des décisions qu’il a prises et qui sont très importantes. Ainsi, il a évité que les Etats-Unis tombent dans une récession dramatique avec son plan de relance de près de 800 milliards de dollars. Il a mis en place une réforme de l’assurance santé et de la finance. Il a permis aux étudiants d’avoir plus de bourses pour étudier et a baissé les impôts de 95% des Américains, etc. Prenons d’ailleurs cette dernière mesure. Voilà un démenti pour tous ceux qui ne parlent que d’augmentation des impôts. Oui, mais voilà, seuls 8% des Américains savent que leurs impôts ont baissé…
Alors, Barack Obama mauvais communiquant? Pour certains c’est le cas et cela leur paraît une découverte extraordinaire vu sa campagne de 2008 où on l’avait baptisé grand communiquant devant l’éternel. Pour expliquer cette déficience, certains politologues expliquent qu’il n’aime pas les foules, qu’il est capable de se vendre lui-même mais pas son action et qu’il a une trop haute estime de lui-même pour s’abaisser à se justifier. Tout cela est en partie vrai. Néanmoins, il faut rajouter que Barack Obama, comme beaucoup de politiques sincères, a cru que ses actions seraient, en elles-mêmes, ses justifications. D’où son amertume perceptible à la fin de la campagne, lorsqu’il s’est aperçu que les électeurs semblaient plus sensibles au travestissement grossier de celles-ci qui n’avaient plus rien à voir avec un débat politique sérieux et responsable.
Mais une des causes principales, si ce n’est la cause principale, de l’échec de Barack Obama dans ces élections de mi-mandat, c’est l’incompréhension de l’électorat d’une politique centriste et d’un discours centriste qui l’accompagne. Bien sûr, nous savons que la Droite et la Gauche, une fois aux commandes, se doivent de gouverner pragmatiquement au centre. Pour autant, afin de contenter leurs clientélismes respectifs, elles gardent leurs phraséologies extrémistes et leurs discours clivants. Du coup, un discours consensuel et responsable qui explique une action politique équilibrée et pragmatique peut être un handicap. Et, aux Etats-Unis, il l’a été ces deux dernières années face à un déchaînement de critiques violentes venu des deux bords extrêmes de l’échiquier politique.
Comment le Centre peut se sortir d’une situation déjà vécue dans d’autres temps et dans d’autres pays (la défaite de Valéry Giscard d’Estaing en 1981 est bien due en partie à la conjonction de deux discours véhéments, l’un venu du RPR de Jacques Chirac et l’autre du Parti socialiste de François Mitterrand). D’autant que la pédagogie qu’a voulu instaurer Barack Obama ainsi que sa volonté de toujours permettre un rapprochement des points de vue a été utilisées par ses adversaires pour le caricaturer à l’extrême.
Une des réponses est de se rappeler – qu’on l’approuve ou non - que l’action politique ne vaut pas grand-chose aux yeux des électeurs si elle n’est pas expliquée, réexpliquée et mise en scène, non pas pour tromper les citoyens mais bien pour leur permettre de comprendre réellement les tenants et les aboutissants de celle-ci afin que leurs opinions et leurs votes soient le moins parasitées par de la propagande violente et la mauvaise foi.
De même, le consensus et la concertation sont évidemment essentiels pour les centristes sans pour autant qu’ils deviennent une obsession paralysante face à des forces qui pratiquent la stratégie de la terre brûlée. Il ne faut jamais renoncer à dialoguer et à trouver des terrains d’entente mais il faut avancer et (dé)montrer sa volonté politique.
Reste que nous pouvons également réfléchir sur le sens du désaveu que reçoivent souvent les vrais réformistes qui sont généralement des centristes. La politique consiste à agir pour le bien de sa communauté et non pas pour se faire réélire en adoptant les postures clientélistes irresponsables. Et même si la défaite est amère, tout vrai centriste réformateur et responsable doit se rappeler que son action politique est risquée mais que, quel que soit ce risque, elle en vaut la chandelle et, souvent, une place dans l’Histoire...
Alexandre Vatimbella
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