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samedi 13 novembre 2010

Barack Obama est devenu un «looser» mais les républicains n’ont pas l’air capable d’être des «winners»

Il y a deux ans, Barack Obama était adulé par tous les médias américains sans aucune retenue, ni distance. Pas un média qui ne louait son intelligence et ses capacités et voyait en lui un homme providentiel capable de guérir les Etats-Unis de tous leurs maux, un nouveau Lincoln et un nouveau Franklin Roosevelt. Lisez aujourd’hui un quotidien, écoutez la radio, regardez la télévision et cherchez un compliment sur l’hôte de la Maison Blanche. Bonne chance! Ce ne sont plus que critiques et analyses négatives sur l’incapacité d’un président trop sûr de lui, trahi par son hubris, qui est en train de sombrer par sa propre faute.
Bien sûr, quand on travaille depuis longtemps dans les médias et dans le journalisme, on sait la versatilité de la presse qui n’est qu’un reflet de la versatilité de l’opinion publique avec, en plus, l’obligation de vendre du papier ou de faire du taux d’écoute. Néanmoins, on ne peut que ressentir un certain malaise devant un retournement de veste aussi total.
Pendant la campagne pour la désignation du candidat démocrate, j’avais écrit qu’il était indécent de voir les médias et les journalistes dénigrer Hillary Clinton avec tant de méchanceté et de désinvolture et de tresser des couronnes avec tant d’impudeur et d’absence de déontologie à Barack Obama. Aujourd’hui, cette impudeur est dans la découverte par ces mêmes médias et journalistes que le président des Etats-Unis avait en réalité tous les défauts de la terre. Et tout cela en deux ans!
Les Etats-Unis ne sont bien sûr pas le seul pays où le temps médiatique s’est nettement accéléré avec la création des télévisions d’information en continue (dont on fête le vingt-cinquième anniversaire de la doyenne, CNN) qui doivent trouver tous les jours quelque chose à vendre à leurs téléspectateurs. D’où, par exemple, lors de la discussion de la réforme de l’assurance santé, ces commentaires qui prédisaient un jour que Barack Obama allait à l’échec et qu’il entrerait dans l’histoire comme le plus mauvais président et le lendemain qu’il allait remporter la victoire et qu’il serait un des plus grands présidents que le pays ait jamais eu!
Reste que l’information n’est pas du spectacle et que «l’infotainement» pratiqué maintenant par tous les chaînes de télévision du monde, mêlant information et divertissement, pose bien des questions essentielles sur la bonne information que tout citoyen est en droit de recevoir dans une démocratie.
Revenons à la raison qui fait que Barack Obama a été déboulonné de son piédestal médiatique, la défaite du parti démocrate aux élections de mi-mandat que le président des Etats-Unis a qualifié lui-même d’un terme «shellacking» qui veut dire, littéralement «écrasement», et que l’on peut traduire par «une bonne raclée» dans l’esprit dans lequel il l’a prononcé.
Avec les années, on croit que l’on a tout lu et écouté mais c’est toujours avec surprise et amusement que l’on lit et qu’on écoute les raisons avancées d’un échec électoral. En effet, on trouve autant de commentateurs que de raisons différentes. Cela n’échappe pas à la défaite des démocrates lors de ces élections. Le plus étonnant c’est que ces divergences d’analyse s’appuient sur des sondages et des données chiffrées qui devraient démontrer leurs exactitudes.
Comment dire d’un côté que les électeurs indépendants ont voté pour les républicains quand de l’autre on indique qu’ils ne se sont pas déplacés et que, pour la première depuis longtemps, la majorité de l’électorat qui a voté en novembre dernier, était composée de conservateurs et de personnes âgées?! Comment prétendre, sondage à l’appui, que les indépendants rejettent en masse la réforme d’assurance santé quand un autre sondage montre qu’une majorité d’entre eux ne souhaite pas que la loi soit abrogée?!
Sans oublier qu’il semble bien que les électeurs ont d’abord voté contre la crise (et donc les démocrates au pouvoir) mais pas pour les républicains qui vont maintenant devoir prouver leur capacité à gouverner avec un programme qui veut baisser fortement les impôts tout en baissant les déficits publics en même temps! Avec, en plus, en leur sein, des populistes irresponsables du Tea Party dont les seules idées politiques étaient d’être contre tout et dont le seul but est de faire perdre Barack Obama en 2012.
De même, les commentateurs se demandent si Obama sera-t-il capable de rebondir? Mêmes divergences avec des références solides. Pour les uns, il n’en sera pas capable car il n’a pas le sens politique requis pour le faire. Pour les autres, au contraire, ce sont les républicains qui vont démontrer leur incapacité de gouverner et Barack Obama sera réélu dans un fauteuil…
De tout cela, on peut en conclure que Barack Obama n’était pas Dieu, ni même superman et que son élection, il la doit en même temps à ce qu’il est, un homme brillant et extrêmement intelligent, et à l’air du temps qui faisait qu’un démocrate était sûr d’être élu après les huit années de George W Bush et que, en plus, dans un élan de rédemption, une majorité d’Américains ont voulu faire en sorte de mettre, pour la première fois, un afro-américain à la tête de leur pays.
Pour le reste, rendez-vous dans un an et demi pour le vrai bilan de sa présidence et pour apprécier ses chances de faire un deuxième mandat. Tout le reste n’est que spéculations.
Alexandre Vatimbella
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