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vendredi 31 décembre 2010

2010: Barack Obama, centriste dans ses bottes


Barack Obama, en à peine deux ans de pouvoir (qui seront fêtés le 20 janvier prochain), a déjà été divinisé autant de fois qu’il a été enterré dans la fosse commune des idoles déchues… La dernière période de ces retournements autant incongrus que stupides des médias et de l’opinion publique aux Etats-Unis et dans le mondes s’est déroulée entre le 2 novembre et le 25 décembre.
Le lendemain de la défaire du Parti démocrate aux élections de mi-mandat, le cercueil est prêt. Pour certains, c’est même dans un vulgaire sac qu’il faudrait balancer Obama dans les poubelles de l’histoire. Et ceux-ci ne sont pas seulement à l’extrême-droite mais se trouvent également du côté de la gauche radicale.
La cérémonie lugubre de l’enterrement va s’ouvrir lorsque les victoires s’accumulent pour le président des Etats-Unis au Congrès pendant la période de Noël avec le vote de plusieurs mesures législatives tout aussi emblématiques qu’importantes.
Dans le même temps, les économistes américaines parlent d’une possible croissance beaucoup plus forte en 2011 grâce aux plans de relance et de soutien à l’économie mis en place par la Maison blanche ainsi que du compromis trouvé entre le président et les élus républicains sur les baisses d’impôts et les allocations chômages pour les demandeur d’emploi de longue durée en fin de droit.
Barack Obama est mort, vive Barack Obama!
Médias et opinions publiques louent à nouveau les capacités de rebond de ce président décidément imprévisible. En réalité, ce n’est pas son imprévisibilité qui est la cause du ridicule des commentateurs mais leur incapacité à prendre la mesure d’un homme (et certainement pas d’un surhomme…) qui ne fait que faire ce qu’il a dit qu’il ferait et qui s’y tient globalement.
Car Barack Obama, avant d’être un homme de réformes, est un homme de méthode. Et la méthode Obama est bien connue, il faut proposer puis discuter et prendre une décision dans le consensus, c’est-à-dire avec les compromis nécessaires pour contenter le plus de personnes possibles (et non tout le monde comme le disent certains, ceci étant toujours impossible).
A la décharge de ces commentateurs frappés de cécité, il faut dire que les républicains – qui avaient bien pris la mesure d’une méthode qui risquait de les renvoyer dans les limbes oppositionnelles pour huit ans au moins – ont décidé de jouer le pire et l’affrontement dur sans aucune concession, une posture qui n’a évidemment pas permis de mettre en œuvre cette méthode. Car, pour parler et faire des compromis, il faut être au moins deux.
Toujours à la décharge de nos commentateurs, le Parti démocrate a également joué un rôle dans le refus du compromis, s’estimant légitime avec ses majorités au Sénat et à la Chambre des Représentants de faire ce qu’il avait envie de faire sans besoin de se rallier des élus républicains.
Enfin, les mouvements d’extrême-droites et populistes ont lancé, grâce à des généreux donateurs et propagandistes (comme Rupert Murdoch, propriétaire, entre autres, de la chaîne radicale de droite, Fox News), des attaques violentes et puantes contre le président des Etats-Unis, pires que celles que Clinton avaient eues à subir lors de sa présidence, pires même que celles qui avaient été menées comme Franklin Roosevelt ou Harry Truman.
Cependant, de son côté, Barack Obama est demeuré centriste dans ses bottes.
Même s’il a été agacé par les insultes outrancières dont il était l’objet ainsi que de la désinformation qui frappait chacune de ses initiatives, il a continué et il continue à promouvoir la discussion, le consensus et le compromis pour faire avancer les réformes dont les Etats-Unis ont besoin face aux énormes défis qui se présentent aux pays en ce début de XXI° siècle.
Car, l’entière posture de Barack Obama est centriste. Bien entendu, certaines de ses positions sont plus à gauche, mais d’autres sont plus à droite, ce qui permet d’ailleurs à la Droite et à la Gauche leurs attaques.
Dans les deux années qui lui restent pour terminer son premier mandat, Barack Obama va devoir gérer une situation qui ne devrait pas le gêner par rapport à ses convictions politiques. Evidemment, tout dépendra de ceux qui voudront discuter et gouverner avec lui. Néanmoins, au jour d’aujourd’hui, rien n’est venu contredire cette constatation simple: Barack Obama est profondément centriste. Comme il l’a toujours écrit. Comme il l’a toujours dit.

Alexandre Vatimbella
2010 LesNouveauxMondes.org

dimanche 26 décembre 2010

La semaine de la mondialisation. La Chine va-t-elle sauver l’Europe? / Les Etats-Unis vont-ils se relever plus vite? / Le Brics sera-t-il plus efficace que le Bric?


2648 milliards de dollars, tel est le montant des réserves monétaires de la Chine. Et, après les avoir massivement investies aux Etats-Unis (pour 907 milliards de dollars), Pékin s’apprête à agir de la même façon en Europe. Ceci permettra, sans doute, de donner du répit à la crise de l’euro dans les mois à venir et apaiser les angoisses des dirigeants du vieux continent.
Mais, ne nous y trompons pas, il ne s’agit absolument pas d’un geste amical de la Chine en direction de l’Union européenne et, plus particulièrement des pays de la zone euro. Point de bons sentiments. Il s’agit de l’intérêt bien compris de la première puissance exportatrice qui va protéger son principal client (l’Europe), tout en investissant ses réserves dans des produits financiers plus productifs que les bons du Trésor américains et dans des investissement économiques qui sont stratégiques pour ses produits (comme, par exemple, l’achat du port du Pirée en Grèce).
Néanmoins, les pays européens ne se plaindront pas de cet intérêt intéressé (!) de la Chine, eux qui fustigeaient voilà peu le manque de responsabilité de la désormais deuxième puissance économique dans les affaires mondiales. Mais si la mainmise chinoise sur l’Europe devait prendre des proportions beaucoup plus importantes, les sauveurs pourraient se muer en protecteurs fort encombrants…
Après les succès de Barack Obama en matière législative au cours des dernières semaines et la reconduction des baisses d’impôts couplée avec le rallongement de la durée d’indemnisation chômage pour les demandeurs d’emploi en fin de droit et le versement de nouvelles aides aux petites et moyennes entreprises, les économistes américains se montrent beaucoup plus optimistes pour la croissance en 2011 d’autant que les mesures de soutien décidées avant même la prise de fonction d’Obama, fin 2008-début 2009, semblent également permettre un redémarrage plus fort que prévu. Evidemment, tout cela devra être confirmé et le premier trimestre de l’année qui vient sera scruté avec attention…
La décision des pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine), d’admettre dans leur club, l’Afrique du Sud (club qui s’appellera désormais Brics, S pour South Africa), va-t-elle donner une plus grande ampleur à des réunions qui affirment une bonne entente entre les grands pays émergents mais qui débouchent rarement sur de grandes décisions? Peut-être pas dans l’immédiat où la forte croissance de ces pays ne les engage pas à trop se concerter entre eux mais plutôt à jouer chacun sa partition à son profit et souvent contre ses soi-disant partenaires! Néanmoins, cette structure a le grand avantage d’exister et l’on peut s’y parler entre pays qui ont des objets de conflit parfois importants. De même, dans un futur plus ou moins proche, ce club pourrait bien se poser en concurrent du G7 (et non G8 puisque la Russie serait sans doute dans le premier)…
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

samedi 25 décembre 2010

Une semaine aux Etats-Unis. La très bonne semaine d’Obama / L’économie pourrait aller mieux que prévu en 2011 / Les Etats-Unis comptent plus de 308 millions d’habitants


Traité Start sur la réduction des arsenaux nucléaires américains et russes, Loi abrogeant «Don’t ask, don’t tell» dans l’armée sur l’orientation homosexuelle des soldats, assurance maladie pour les secouristes et les travailleurs de 9/11. Après le compromis fiscal avec les républicains en échange d’assurances chômage prolongées pour les demandeurs d’emploi de longue durée et des aides aux petites et moyennes entreprises, plus quelques autres mesures législatives, l’année se termine en fanfare pour un Barack Obama que nombre de «spécialistes» donnaient pour moribond, voire avaient même enterrer définitivement, et dont d’autres réglaient leur compte de manière peu élégante avec celui accusé de n’avoir pas voulu exaucer leur rêve personnel.
Tel le Phénix, voilà Barack Obama ressuscité politiquement avec les compliments même de ses adversaires conservateurs. Du coup, beaucoup estiment qu’il a de fortes chances de se succéder à lui-même en 2012 pour un deuxième mandat. Plus question de parler d’un président d’un seul terme («one-term-president») et de manier des références peu flatteuses avec la présidence de Jimmy Carter).
Les médias américains sont peut-être en train de réitérer toutes leurs erreurs encore et encore. On est sur des montagnes russes sans fin où la moindre défaite devient Trafalgar et le moindre succès Austerlitz. Pour autant, l’année 2011 avec une Chambre des Représentants dominée par les républicains s’annonce désormais sous de meilleurs auspices. Une des raisons fondamentales est que le président américain a réussi à casser la machine infernale mise en place par les républicains les plus extrêmes qui était de ne lui laisser aucun répit et de ne jamais collaborer avec lui. Toutes les mesures dont nous venons de parler ont été adoptées avec l’aide de nombreux élus républicains. Mitch McConnell, le leader de la minorité républicaine au Sénat est la grande victime de cette fin d’année, lui qui affirmait voici peu encore que son seul but était la défaite d’Obama en 2012 à n’importe quel prix.
Au-delà de la victoire de la Maison blanche et de la défaite des plus intransigeants des républicains, il faut se féliciter de la victoire de la démocratie américaine qui a montré qu’elle pouvait encore fonctionner sur le compromis, le consensus ainsi que la recherche de l’intérêt et du bien-être des Américains. Peut-être que cette fin 2010 sera fondatrice d’une nouvelle approche politique et d’une réconciliation de la population avec ses élus. Les sondages donnent déjà une indication avec une satisfaction de celle-ci devant le travail accompli.
Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, voilà que des économistes estiment que 2011 pourrait être bien meilleure que prévu avec une croissance revue à la hausse grâce aux mesures de relance et de soutien adoptées par l’Administration Obama. Comme l’explique le New York Times, «les économistes dans les universités et à Wall Street ont relevé leurs projections de croissance pour l’année prochaine. Les ventes au détail, la production industrielle et les achats de biens de production sont à la hausse et les demandes d’indemnisation chômage ont tendance à baisser». Il faudra bien sûr attendre le premier trimestre de 2011 pour voir si tout cela se confirme.
308.745.538, tel est le nombre d’Américains selon le dernier recensement soit une progression de 9,7% en dix ans, le plus faible depuis 1940. Un seul Etat a vu sa population déclinée, le Michigan (-0,6%). Celui qui a le plus progressé est le Nevada (+35,1%) devant l’Arizona, l’Utah et le Texas.
Les Etats les plus peuplés sont la Californie (37,25 millions d’habitants) devant le Texas (25,1 millions), New York (19,4 millions), la Floride (18,8 millions), l’Illinois, la Pennsylvanie et l’Ohio. Le moins peuplé est le Wyoming (563.626 habitants) devant le Vermont (625.741) et le Dakota du Nord (672.591).
Au-delà de ces chiffres, c’est à tout un redécoupage politique que l’on va assister dans les années qui viennent. Un redécoupage qui n’a souvent rien à voir avec l’équité politique, ni même la logique (pour celui qui a vu une circonscription américaine, cela relève plus de petits bouts de territoires qui ne se touchent même pas que d’un territoire homogène). On appelle ça le «gerrymadering» que l’on peut traduire par charcutage électoral. Et comme une grande majorité des législatures au niveau des Etats est dans les mains des républicains, les temps électoraux pourraient être difficiles pour les démocrates.
Déjà, on peut noter que plusieurs Etats vont perdre des Représentants, les deux plus durement touchés étant New York et l’Ohio avec deux Représentants en moins. Le grand gagnant est le Texas avec quatre sièges supplémentaires devant la Floride (+2). Les quatre Etats qui compteront le plus de Représentants sont la Californie (53 sièges), le Texas (36 sièges), New York et la Floride (27 sièges chacun). Rappelons que pour ce qui est des Sénateurs, chaque Etat, quel que soit sa population, en a deux afin de lui garantir sa représentativité égale aux autres dans un système fédéral (la Californie avec plus de 37 millions d’habitants possède deux sénateurs et le Wyoming avec moins de 565.000 habitants en a le même nombre). Cela explique également pourquoi la Chambre des Représentants, élue pour deux ans, a une prééminence sur le Sénat car représentant réellement la peuple.
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

samedi 18 décembre 2010

Une semaine aux Etats-Unis. Mark Zuckerberg, Bon Jovi, Larry King, Blake Edwards, Barack Obama et les cylcistes de New York!


Cela faisait vingt-cinq ans qu’il exhibait cinq fois par semaine ses bretelles mythiques sur les plateaux de CNN en recevant de l’inconnu au quart d’heure de gloire à la star mondiale dans Larry King Live. Larry King a dit au revoir à son émission à 77 ans mais évidemment pas à la télévision car aucune vedette du petit écran de sa stature ne prend vraiment sa retraite. Il animera dorénavant des émissions spéciales. Son remplaçant, Piers Morgan, est un Anglais, juge de l’émission «America’s got talent» et surtout ancien rédacteur en chef du journal à scandale « News of the World». Il est loin de faire l’unanimité. D’autant qu’il s’est déjà fait remarquer en affirmant qu’il ne recevrait jamais Madonna dans son show car elle était sans intérêt et une has-been depuis l’arrivée de Lady Gaga. Mais qui pourrait faire l’unanimité face à Larry King? Il faut tout même rappeler que c’est la direction de la chaîne qui a poussé Larry vers la sortie car ses taux d’audience étaient en forte baisse. Il faut dire aussi que CNN avec sa ligne éditoriale relativement neutre accuse désormais un retard face à Fox News qui est très à droite et CNBC qui est à gauche mais dont les prises de position leur attire un public important à une époque où l’Amérique est assez clivée.
Autre star, celle-là du rock, Jon Bon Jovi. Il vient d’être nommé à la tête d’une commission réunissant des personnalités chargées de réfléchir à des actions de cohésion sociale par Barack Obama. Le rocker vient du New Jersey tout comme Bruce Springsteen et il a vendu plus de 160 millions de disques. Même si sa carrière est un peu moins sous les projecteurs ces dernières années (il vient néanmoins de sortir un nouvel album), il reste très populaire et apprécié notamment parce qu’il s’occupe de nombreuses œuvres caritatives.
Encore une star, mais d’internet, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook a été désigné «Homme de l’année» par le magazine Time. Cette récompense est attendue chaque année et elle ne fait évidemment pas l’unanimité (les internautes ont voté sur le site de Time pour Julian Assange le fondateur de Wikileaks). Pour autant, comme l’a expliqué Richard Stengel, le directeur de la rédaction du magazine, au journal de Brian Williams sur NBC, cette nomination vient du fait que Facebook (avec ses 500 millions de membres) a révolutionné internet en faisant des utilisateurs des gens qui se dévoilent sur la toile alors que la première génération d’internaute étaient plutôt des personnes qui voulaient demeurer anonymes. C’est donc une révolution d’internet qui va s’amplifier dans les années à venir qu’a mise en place le prodige de 26 ans (alors que, selon le même Stengel, Assange sera oublié dans deux ans). Il a également été le plus jeune milliardaire de tous les temps à 23 ans et il vient de répondre par l’affirmative à l’appel de Bill Gates et de Warren Buffett de redistribuer une grande partie de sa fortune. Mais sa personnalité demeure controversée, telle qu’elle est apparue dans le film qui raconte son parcours «Social network», sortie cette année er sélectionné pour les Oscars.
Star, mais négative celle-là, est monsieur Sal Alosi, un des entraineurs des Jets, une des deux équipes de football américain de la ville de New York avec les Giants, qui vient d’être suspendu indéfiniment par son équipe pour avoir faire un croche-pied en plein match à un joueur de l’équipe adverse qui partait pour marquer un touchdown…
En matière politique, la semaine a été dominée par le «Tax Deal» que Barack Obama a négocier avec les républicains au grand dam de l’aile gauche du Parti démocrate et qui a été définitivement adopté («done deal») par le Congrès en fin de semaine. Contre la reconduction des baisses d’impôts décidées par George W Bush même celles pour les plus riches pendant deux ans, la reconduction des allocations pour les chômeurs de longue durée plus des aides pour les petites et moyennes entreprises ainsi que pour les étudiants ont été acceptées par les républicains. Pour les médias, il s’agit d’une victoire de Barack Obama et qui annonce d’autres arrangements entre la Maison blanche et la majorité républicaine à la Chambre des représentants. C’est en tout cas ce qu’espèrent les Américains qui ne sont pas pour un blocage du gouvernement dans les deux prochaines années selon les sondages.
Comme en Europe les intempéries ont frappé le pays. La neige a recouvert pratiquement sur toutes les régions des Etats-Unis et une ville de l’Etat de new York a vu les flocons tomber pendant 95 heures sans interruption.
A l’instar de leurs homologues parisiens, les cyclistes de New York ne respectent guère le code de la route. Toute personne habitant Big Apple ou s’y rendant peut le constater quotidiennement. La ville a fait un test et a relevé des centaines d’infractions de la part des cyclistes dont beaucoup mettent en jeu l’intégrité des piétons. D’où cette demande du New York Times de verbaliser sans concession ceux qui enfreignent les lois.
Blake Edwards, le réalisateur de «Breakfast at Tiffany’s», des Pink Panthers avec Peter Sellers, du mythique «The Party» avec le même Sellers et quelques autres perles cinématographiques est mort à 88 ans.
Enfin, la télévision a passé une scène surréaliste tournée par les caméras de surveillance lors d’une réunion d’un conseil éducatif (board of education) en Floride. Un homme dont la femme avait été licenciée de son poste de professeur est venu se venger. Après une brève conversation avec les officiels, il leur a tiré dessus à bout portant. Heureusement, pitre tireur, il n’a atteint personne et a été blessé par un garde qui a accouru puis il s’est donné la mort en se tirant une balle dans la tête.
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

vendredi 17 décembre 2010

Les investissements ne quitteront pas les Etats-Unis pour les pays émergents



La forte croissance se trouve actuellement dans les pays émergents. Ainsi que les gros profits sur les marchés boursiers. De même que les bonnes affaires pour les capitaux à la recherche des meilleurs rendements. Pour autant, en termes de maximisation des investissements, les Etats-Unis sont encore le pays où il vaut mieux mettre son argent.
Tout simplement parce que la sécurité de l’investissement s’y trouve alors que le risque, dans les pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil demeure important. C’est ce qu’a rappelé Eric Chaney, chef économiste chez Axa, et William Gale, chercheur à la Brookings Institution, lors de la conférence annuelle sur les Etats-Unis organisée par l’IFRI (Institut français des relations internationales).
Dès lors, il y a peu de risques, dans les années à venir, que le marché financier américain soit asséché par le manque de capitaux. De même, d’ailleurs, que pour ceux des principaux marchés européens. Et ce, même si, en terme de rattrapage économique, Eric Chaney estime que la crise mondiale a fait gagner trois à quatre ans aux pays émergents face aux pays avancés.
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

jeudi 16 décembre 2010

Y a-t-il un «nouvel Obama»?


La «raclée» prise lors des élections de mi-mandat par son parti, le Parti démocrate, a-t-il fait naître un nouvel Obama? Est-ce celui dépeint par certains commentateurs, un homme qui se serait recentré, qui serait moins arrogant et plus concerné par la politique politicienne mais aussi par le quotidien de ses compatriotes – notamment le grave problème du chômage - plutôt que par les grands projets pour modeler une Amérique du XXI° siècle.
Il est certain que Barack Obama a changé de stratégie. Ce qui semble normal lorsque l’on perd une élection et avec autant de marge que celle-ci. Il ne peut plus avancer avec une majorité dans les deux chambres du Congrès (le Parti démocrate n’étant plus que majoritaire au Sénat et nettement minoritaire, désormais, à la Chambre des représentants). Donc, ses projets, notamment en matière d’emplois verts et de lutte contre le réchauffement climatique, ne pourront pas être adoptés au cours des deux prochaines années et certaines de ses réformes pourraient être écornées, comme celle de l’assurance maladie.
De même, Barack Obama doit se faire plus accommodant dans le discours mais aussi dans les actes vis-à-vis des républicains car ils ont gagné les élections et en démocratie il est évidemment que l’on doit respecter la volonté des urnes.
De plus, et on l’a bien vu ces derniers jours, le président des Etats-Unis a adopté un ton plus ferme et plus conquérant (plus populiste?) car il doit maintenant se battre contre une majorité républicaine à la Chambre des représentants qui ne compte lui faire aucun cadeau, certains nouveaux élus représentants et sénateurs de droite ayant même affirmé que le but premier de leur parti était de faire en sorte qu’il ne soit pas réélu en 2012. Mais il devra aussi batailler contre la gauche du Parti démocrate qui estime qu’il vaut mieux une confrontation avec les républicains de la droite dure afin de ressouder la base électorale du parti et montrer aux Américains que le Parti républicain est bien la formation du «no» et est incapable de gouverner.
Il y a donc un nouvel Obama dont on pourra voir encore mieux les contours au début de 2011 lorsqu’il aura remanié assez profondément son équipe à la Maison blanche et lors de son discours sur l’état de l’union courant janvier.
Cependant, il serait faux de dire que Barack Obama s’est recentré et qu’il est obligé de tendre la main aux républicains. Car, depuis sa campagne électorale de 2007-2008, Barack Obama s’est situé au centre de l’échiquier politique et il n’en a pas bougé malgré les allégations de la Droite et les récriminations de la Gauche. Depuis son élection, il n’a pas cessé de tendre la main à des républicains qui l’ont systématiquement  refusée en jouant l’obstruction maximum au Congrès et ont lancé des campagnes malveillantes et mensongères sur la personne du président américain et sur sa politique.
Pour analyser correctement cette stratégie, Il faut bien comprendre le désarroi et l’angoisse qui ont submerger le Parti républicain au sortir de l’élection présidentielle de 2008 ainsi que ses réflexes haineux qui datent, eux, des attaques contre Bill Clinton dans les années 1990 (repris ensuite avec succès par Karl Rove, conseiller de George W Bush) même si des hommes comme Franklin Roosevelt, dans les années 1930, et Harry Truman, dans les années 1950 avaient été, eux aussi, victimes de campagnes calomnieuses. La défaire cuisante de 2008 après une fin de mandat délétère de George W Bush indiquait que le Parti républicain allait sans doute demeurer dans l’opposition pour une longue traversée du désert tant la donne semblait avoir changé dans le pays.
Dès lors, la seule politique républicaine a été celle de la terre brûlée. Et elle a marché. Si elle a si bien fonctionné c’est sans doute parce que Barack Obama a cru, lui aussi, que la voie était dégagée pour un bon bout de temps de la menace républicaine mais aussi parce que la situation économique ne s’est pas améliorée au cours des deux premières années de son mandat, ce qui était prévisible et qu’il avait d’ailleurs annoncé aux Américains après la «Grande Récession» de 2008-2009. Et ces derniers, au lieu de donner crédit à Obama pour avoir évité une catastrophe pire que la Grande dépression des années 1930 avec ses mesures de soutien à l’économie du pays, n’ont vu que le taux de chômage monter.
Le terrain était alors mûr pour que les attaques les plus virulentes et les plus basses (sur la nationalité d’Obama, sur sa religion, sur ses soi-disant problèmes psychiatriques, sur son incompétence et ainsi de suite, le tout en le comparant à Hitler et Staline!) qui ont eu un impact certain sur une partie de l’électorat et pas seulement la plus à droite. Et comme la gauche du Parti démocrate n’a pas été en reste en faisant procès d’intention sur procès d’intention à son encontre, Barack Obama s’est retrouvé sous les feux de critiques croisées d’une importance qu’il n’avait sans doute pas imaginée alors que quelques mois auparavant certains n’hésitaient pas à en faire un dieu vivant…
Tout ceci démontre, une fois de plus, la difficulté qu’il y a d’être un centriste. On mécontente les extrêmes et ceux-ci, dans une alliance objective, tentent de détruire ce qui est, pour elles, une menace majeure en cas de succès pour leurs politiques clientélistes. Sans doute que Barack Obama l’a compris, malheureusement un peu trop tard pour réagir avant ces élections. Son nouveau ton semble le confirmer.
Il est évidemment difficile de dire ce que seront les deux années qui viennent et s’il pourra gérer une situation difficile au plan politique mais aussi économique et sociale avec des ennemis un peu partout. Néanmoins, les capacités du président américain peuvent lui permettre de remonter la pente.
Surtout qu’un dernier sondage indique que les Américains sont en faveur des dernières mesures qu’il a prises (en particulier sur les baisses d’impôts et le rallongement des indemnités chômages) et qu’ils le considèrent comme un homme aux grandes qualités humaines même si, pour l’instant, ils doutent qu’il ait celle d’un chef d’Etat. Mais ceci n’est pas une surprise le lendemain d’une défaite électorale cuisante.
Reste que les intentions de vote pour 2012 sont un motif d’optimisme pour lui. Ainsi, il l’emporterait 47%-42% contre Mitt Romney, le favori actuel des primaires républicaines et écraserait Sarah Palin, 55%-33%. A noter que cette dernière est, au mois de novembre, la personnalité politique la moins aimée des Américains. Tout n’est donc peut-être pas perdu de l’honneur US!

Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

dimanche 12 décembre 2010

La semaine de la mondialisation. La Chine hausse le ton… et les prix / Brésil: Rafale ou pas Rafale / Les faux achats français de l’Inde / La Russie proche de l’OMC grâce à l’Europe / Les Etats-Unis entre deux législatures

Si l’on cherchait encore l’excès de confiance en soi de la Chine, ses rodomontades indécentes à propos du prix Nobel décerné au démocrate pacifiste Liu Xiabo emprisonné dans les geôles de Pékin, la pression qu’elle a exercé pour que les pays n’assistent pas à la remise du prix à Oslo (les régimes totalitaires comme l’Iran ou des républiques bananières comme le Venezuela ont répondu favorablement à cette demande mais aussi des pays soi-disant démocratiques), en sont une preuve éclatante et quelque peu inquiétante. Tout cela démontre, en outre, que le Parti communiste chinois ne parvient pas à garder son calme et n’a encore pas vraiment intériorisé les réflexes démocratiques dans son fonctionnement opaque et totalitaire. Pékin aurait sans doute mieux à faire en s’attaquant réellement à l’inflation qui n’arrête pas de grandir mois après mois. Mais l’incapacité actuelle du pouvoir à régler le problème vient de la volonté de privilégier à tout prix la croissance en injectant des liquidités à ne plus savoir qu’en faire dans la machine économique tout en initiant des grands travaux inutiles pour beaucoup d’entre eux (les fameuses «roads to nowhere», c’est-à-dire des routes qui ne conduisent nulle part - en réalité terme qui vaut pour toutes les infrastructures inutiles -  mais que l’on construit pour doper l’activité). Du coup, l’inflation pourrait bien, sans mesures drastiques, être le cauchemar des caciques du PCC dans les prochains mois.
De son côté, la Russie qui ne parvient pas à initier une vraie démocratie (elle n’a pas envoyé de représentants à la remise du prix Nobel, suite à la demande chinoise, comme au bon vieux temps de l’Union soviétique…) va enfin faire son entrée à l’OMC (Organisation mondiale di commerce), l’Union européenne, après les Etats-Unis, ayant levé ses dernières réserves et signé un accord cette semaine à Bruxelles avec Moscou.
La croissance brésilienne a connu un petit ralentissement au cours mois d’octobre selon les statistiques officielles. De même, les tensions inflationnistes ont été importantes ce qui a amené la Banque de réserve du Brésil à intervenir. Comme les autres pays émergents, le pays est victime d’une très forte croissance qui pourrait dérégler les équilibres économiques internes.
A noter que la président brésilien, Lula da Silva, grand ami de Nicolas Sarkozy, surtout depuis qu’il avait décidé d’équiper l’armée de son pays de l’avion de combat français invendable à l’étranger, le Rafale, vient de décider de ne pas décider in fine de l’achat de ce dernier en refilant la patate chaude à sa successeur, Dilma Rousseff, qui prendra ses fonctions en 2011. Selon certains analystes, cela enterre le contrat, qui n’avait pas les faveurs de l’état major brésilien, même si Paris veut encore y croire.
Toujours en matière de contrats à l’exportation de la France, Nicolas Sarkozy a voulu faire le buzz lors de son voyage en Inde en indiquant que cette dernière avait acheté pour 15 milliards d’euros de produits français, une performance meilleure que celle de Barack Obama quelques semaines plus tôt. Mais il se trouve que la majorité des annonces faites ne concernent que des intentions d’achat et non des contrats fermes et que dans le reste il y a des contrats signés de longue date…
Aux Etats-Unis, la session de l’ancien Congrès se terminera fin décembre avant que les nouveaux élus issus des «mi-term elections» ne prennent leur place à partir de janvier. Mais, à l’inverse de ce que souhaitait Barack Obama, peu de textes ont été votés par ce Congrès encore dominé par les démocrates dans les deux chambres. Du coup, le président américain a déjà décidé de passer des accords avec les républicains, notamment au niveau des baisses d’impôts et de la prorogation des allocations chômage pour les demandeurs d’emplois en fin de droits, au grand dam des démocrates dont certains crient à la trahison. De même, il semble bien que le traité Start de limitation des ogives nucléaires signé avec la Russie sera bien ratifié grâce à l’appui de plusieurs élus républicains.
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

samedi 11 décembre 2010

Une semaine aux Etats-Unis. Bill Clinton à la Maison Blanche / Constitutionnal conservatism / Cherche candidat de gauche contre Obama / Accord Obama-républicains sur les remises d’impôts


Bill Clinton était de retour à la Maison blanche cette semaine. Il est apparu dans la salle de presse pour répondre aux questions des journalistes… Il venait aider son «ami» Barack Obama et affirmer que la politique de ce dernier était la bonne. Voilà bien une image quelque peu surréaliste même si les rapports entre les deux hommes sont bons depuis l’investiture d’Obama en janvier 2009 et la présence d’Hillary Clinton à Washington comme de secrétaire d’Etat. Mais pour ceux qui ont la mémoire un peu moins courte, les attaques dures et peu fair-play du clan Obama contre le clan Clinton (et réciproquement) durant la campagne pour la désignation du candidat démocrate en 2008 font qu’une image des deux hommes parlant de politique officiellement à la Maison blanche est malgré tout quelque peu étonnante…
Les révélations de Wikileaks continuent à faire leurs effets malgré l’arrestation de Julian Assange, le responsable du site internet par les autorités britanniques (pour une affaire de mœurs en Suède). Il y a deux opinions qui s’affrontent sur la publication des documents du département d’Etat. Il y a ceux qui estiment que leur contenu montre une Amérique qui ne contrôle pas vraiment le jeu diplomatique. Et il y a ceux qui, au contraire, estiment que les Etats-Unis sont assez fidèles à leurs idéaux et que le contenu des dépêches et des mémos publiés montrent une bonne qualité d’analyse des diplomates américains…
Barack Obama a conclu un accord pour proroger pour deux ans les baisses d’impôts décidées par George W Bush, même pour les plus riches, contre une extension de treize mois des allocations chômage pour les demandeurs d’emploi en fin de droits, au grand dam de la gauche du parti démocrate. Celle-ci rue dans les brancards et menace de ne pas voter cet accord. Elle menace également de présenter un candidat contre Barack Obama pour les présidentielle de 2012. Problème, aucune personnalité de premier plan de la gauche démocrate ne semble être prête actuellement à se confronter au président en place comme l’avait fait Edward Kennedy contre Jimmy Carter en 1980 provoquant en grande partie la défaite de ce dernier, ensuite, face à Ronald Reagan ainsi qu’un traumatisme à l’intérieur du parti démocrate.
A Washington, on discute aussi de comment réduire les déficits des finances publiques. Les trois domaines qui ont le plus les faveurs des analystes sont les dépenses militaires, les pensions de retraite et les déductions fiscales pour l’achat d’un logement. Les mesures qui pourraient être prises, permettraient selon les experts de faire d’importantes économies. Problème, ces trois secteurs sont très sensibles. Le secteur militaire a, pour l’instant, non seulement échapper à toute coupe budgétaire, mais a vu ses crédits croître sans qu’aucun responsable politique n’y trouve à redire alors que beaucoup de programmes n’ont aucun intérêt sauf à enrichir le fameux complexe militaro-industriel, dénoncé déjà en son temps par le président Eisenhower… Toucher aux pensions de retraite serait très mauvais électoralement car les Américains qui veulent que le gouvernement fasse des économies selon les sondages sont pourtant contre des coupes dans les budgets sociaux et les déductions d’impôts selon les mêmes sondages… C’est pourquoi il sera aussi difficile de couper dans les déductions fiscales pour l’achat d’un logement qui font partie du paysage économique du pays.
Un des courants du parti républicain qui devraient tenir le haut du pavé lors des deux ans à venir est ce que l’on appelle le «Constitutional conservatism». Il s’agit, pour ses tenants, de ne voter que des textes législatifs qui sont justifiés par la constitution américaine. Le seul problème c’est que la constitution n’est pas toujours très claire, qu’elle a évolué et qu’il faut prendre en compte la volonté de ceux qui l’on écrite (ce que font les tribunaux et la Cour suprême depuis toujours). De même, ce serait nier l’évolution de la société depuis plus de deux siècles et même revenir en arrière par rapport aux politiques mises en œuvre par les démocrates (c’est le but, évidemment) mais aussi par les républicains…
Alexandre Vatimbella
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jeudi 9 décembre 2010

Le centriste Bloomberg se repositionne pour les prochaines présidentielles


Il avait affirmé qu’il ne serait pas candidat à la prochaine élection présidentielle même si c’était la seule élection qui l’intéresse et les observateurs estimaient ses chances de l’emporter en tant que candidat indépendant assez faibles. Oui, mais voilà, les élections de mi-mandat sont passées avec la «raclée», dixit Obama, que les républicains ont infligé aux démocrates et les deux ans à venir risquent d’être placés sous le signe d’une extrême polarisation.
Du coup, le maire de New York, le milliardaire Michael Bloomberg qui s’est toujours positionné au centre de l’échiquier politique, quand il était démocrate puis républicain – il est aujourd’hui indépendant – pense sans doute que ses chances pourraient être plus élevées qu’il ne le pensait voici encore peu.
En tout cas, il vient de délivrer un discours à Brookyln dans lequel il a fustigé Washington et a renvoyé, dos à dos, les idéologues de gauche qui veulent trop dépenser et taxer, et les idéologues de droite qui ne veulent pas entendre de mesures pour aider l’économie à redémarrer.
«Alors que les familles américaines ont des difficultés pour joindre les deux bouts, a-t-il expliqué, je ne vois personne qui prend le temps de les écouter et de les comprendre. Depuis quand le mot succès est devenu un gros mot dans notre pays? Pourquoi ne croit-on plus en notre gouvernement?»
De même, il s’est permis de mettre en garde Barack Obama sur lequel il était demeuré, jusqu’à présent, bienveillant.
Et d’affirmer, dans la foulée: «Nous pouvons avoir une économie en pleine croissance, créer de nouveau des emplois et remettre en route notre système aujourd'hui en panne. Si on décide vraiment à mettre en place ces objectifs, alors nous aurons enfin les résultats attendus».
En outre, dans les jours à venir, il doit assister à une rencontre organisée par une nouvelle organisation baptisée «No Labels» qui regroupe des démocrates et des républicains déçus par les dérives idéologiques de leurs partis respectifs. Sans oublier son passage à l’émission politique la plus connue et la plus ancienne, Meet the Press sur NBC, ce dimanche.
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

dimanche 5 décembre 2010

La semaine de la mondialisation. Wikileaks, euro, jeux olympiques, Sarkozy en Inde


La publication des documents diplomatiques américains par le site internet Wikileaks  (où l’on trouve peu d’informations économiques, financières ou commerciales) n’a pas provoqué, pour l’instant, d’onde de choc particulièrement importante dans les relations internationales. Sans doute parce que ce qui est dit ne sont pas des révélations même si la façon dont c’est dit peut choquer parfois. La Chine a décidé de bloquer le site et de ne pas parler du contenu, la Russie s’est offusquée par la voix de son Premier ministre Vladimir Poutine, l’Europe est demeurée solidaire des Etats-Unis sauf en Allemagne où le Parti libéral a congédié un proche de son leader qui était un informateur de l’ambassade de Etats-Unis et l’Iran a expliqué qu’il s’agissait d’un complot international téléguidé par Washington…
Nicolas Sarkozy, l’ami de l’Amérique selon les dépêche diplomatiques US, est parti en fin de semaine pour l’Inde afin d’y passer quatre jours pour une «visite de travail» pour laquelle il a emmené avec lui quelques soixante-dix chefs d’entreprise surtout dans les domaines du nucléaire, de l’aérospatiale et du militaire. Une visite du président français essentiellement économique et commerciale  même si on y parlera également sécurité et terrorisme. La France peine dans beaucoup de pays émergents à augmenter ses parts de marché qui sont déjà assez basses. L’Inde est pourtant bien disposée pour commercer plus avec la France au-delà du nucléaire et du militaire (pour autant, elle n’a pas voulu acheter les avions Rafales…). D’autant plus que Paris fait les yeux doux à New Dehli en appuyant notamment l’Inde dans ses revendications pour que son poids dans les institutions internationales soit plus important et pour qu’elle puisse faire partie du Conseil de sécurité des Nations unies. Néanmoins, on ne s’attend pas à ce que des annonces de gros contrats soient faites (mais des accords économiques et financiers devraient être signés).
La FIFA (Fédération internationale du football) qui est une organisation opaque vient de créer la surprise en accordant les deux prochaines coupes du monde de football 2018 et 2022 – après le Brésil en 2014 - à la Russie (ce qui est une demi-surprise) et au Qatar (ce qui est une totale surprise). Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une histoire de gros sous, notamment pour le Qatar, petit pays, petite nation de football et qui ne possède actuellement aucune infrastructure digne de ce nom pour recevoir un tel événement mais qui a beaucoup de pétrodollars dans ses caisses. Néanmoins, Jeux Olympiques et Coupe du monde de football sont aujourd’hui les deux événements sportifs majeurs de la planète et, de ce fait, des événements également économiques, financiers et commerciaux de première importance. Il n’est donc pas étonnant que le lobbying entourant la désignation des pays organisateurs soit toujours soupçonné de faire la part belle aux intérêts financiers des deux parties.
L’euro s’est retrouvé une nouvelle fois dans la tourmente avec les problèmes de solvabilité de l’Irlande et de ses banques. La nouvelle poussée de fièvre après celle de la Grèce semble avoir été circonscrite et la devise européenne, après une baisse au début de la semaine, s’est reprise ces derniers jours. Pour autant, on attend maintenant le prochain épisode qui pourrait se dérouler au Portugal et en Espagne. Cependant, personne, à part quelques anti-européens notoires – ne remet en cause l’euro car son abandon serait encore plus catastrophique pour les pays de la zone euro (mais aussi pour toute l’Union européenne) que la crise larvée actuelle même si celle-ci pourrait s’aggraver.
Alexandre Vatimbella
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samedi 4 décembre 2010

Une semaine aux Etats-Unis. Wikileaks, lundi noir à 1 milliard de dollars sur internet, «happy Christmas» versus «happy holidays»


La semaine aux Etats-Unis a été dominée par la publication des documents diplomatiques par le site internet Wikileaks. Ces divulgations ont semé une certaine zizanie à Washington même si les experts considèrent que les révélations n’en sont pas vraiment car elles ne concernent pas de vrais secrets mais plutôt la façon dont les diplomates perçoivent le monde. Cela n’a pas empêché certains élus républicains de la droite extrême de réclamer la peine de mort pour ceux qui ont fourni ces documents au controversé Julian Assange, un Australien qui n’aime manifestement pas les Etats-Unis et qui se prétend le défenseur de la démocratie et de la liberté de la presse. Mais, n’oublions pas que les lignes sont assez perméables puisque le très sérieux New York Times est partenaire du site Wikileaks dont il a publié les documents tout en se justifiant d’avoir voulu leur donner une explication. Reste que l’on a appris un certain nombre de choses sur, par exemple, les missiles iraniens qui peuvent atteindre l’Europe ou sur le piratage de Google par la Chine.
Les ventes de Noël ont été plus importantes cette année que ce soit dans les magasins ou par internet. Ainsi, après un «black friday» (le vendredi suivant Thanksgiving où les prix sont cassés) réussi dans les magasins à travers le pays, le «black Monday» sur internet a été la première journée à un milliard de dollars de vente sur la toile.
La réunion entre Barack Obama et les leaders démocrates et républicains au Congrès n’a rien donné, chacun campant sur ses positions comme prévu, et l’on voit mal comment une politique bipartisane va pouvoir se mettre en place dans les mois qui viennent. Un pourrissement de la situation et un blocage institutionnel ne sont pas à exclure pendant les deux ans qui viennent sans que l’on sache exactement qui en sera le vainqueur. On peut déjà penser qu’il sera très difficile à la session du Congrès qui va s’achever à la fin décembre (la session «lame duck» avec les anciens élus, notamment ceux qui ont été battus) de faire passer un certain nombre de législation dont les réductions d’impôt puisque les démocrates ne veulent les faire perdurer que pour la classe moyenne (ceux qui gagnent moins de 250.000 dollars par an) et les républicains veulent que tout le monde en profite, même les très riches. A ce propos, un certain nombre de milliardaires et de millionnaires sont montés au créneau en demandant à payer plus d’impôt afin de redistribuer une partie de l’argent qu’ils ont gagné au moment où le pays est dans une situation difficile. Un mouvement qui avait été initié par le milliardaire Warren Buffett.
Un des problèmes qui se poseront à Washington dans les mois à venir est de savoir où peut-on réduire les déficits. Une commission nommée par Barack Obama a récemment rendu ses conclusions et elles sont critiquées à la fois par les démocrates et les républicains car elles touchent leurs clientèles respectives… Pendant ce temps, le président américain a annoncé un gel des salaires des fonctionnaires fédéraux qui devrait rapporter deux milliards de dollars cette année et vingt-huit en 2011.
Autre problème, la loi «Don’t ask, don’t tell» concernant les homosexuels servant dans l’armée. On sait que Barack Obama veut la révocation de cette loi qui interdit aux homosexuels de déclarer leur préférence sexuelles (et aux autorités militaires de leur demander) et qui a été mise en place par Bill Clinton (ce qui était une avancée à l’époque). Les républicains sont contre arguant que cela créerait des problèmes dans les casernes. Mais un sondage vient d’indiquer que 70% des membres de l’armée sont pour la révocation de cette loi ce qui change la donne et devrait faire rebondir le débat.
L’église catholique de New York fait actuellement une campagne d’affichage pour rappeler que ce que l’on fête bientôt c’est Noël et la naissance du Christ. Il faut se rappeler que l’on ne dit plus «happy Christmas» aux Etats-Unis mais «happy holidays» afin d’être politiquement correct et de ne pas heurter les sensibilités de ceux qui ne sont pas chrétiens, qu’ils aient embrassé une autre religion ou qu’ils soient athéistes. A propos de ces derniers, ils ont contre-attaqué avec des affiches rappelant que Noël n’est que la transposition d’une fête païenne, la fête du solstice d’hiver, et que le Jésus n’était qu’un homme comme les autres…
Alexandre Vatimbella
© LesNouveauxMondes.org