INFOS USA est un site de l'agence de presse LesNüuveauxMýndes.þrg

Rechercher sur Infos USA

Les actualités sur www.infos-usa.com

samedi 31 décembre 2011

L’année 2011 aux Etats-Unis. Politique: blocage / Présidentielle: comédie des primaires républicaines / Economie: fausse sortie de crise et chômage élevé / Social: rébellion OWS et progression de la pauvreté / International: départ d’Irak et mort de Ben Laden / Une année de catastrophes naturelles / Culture: disparition de Steve Jobs / Divertissement: Lady Gaga partout / Evénements les plus suivis par les Américains


L’année 2011 aux Etats-Unis n’aura pas été une des meilleures pour le pays. Un chômage très élevé, une pauvreté en augmentation, des catastrophes naturelles à répétition ont été, avec un blocage politique, les principaux défis auxquels les Américains ont du faire face. Au rayon des satisfactions, il y a, d’abord et surtout, la mort de Ben Laden, traqué depuis dix ans par l’armée et les forces spéciales, les fameux Seals.

Politique: «gridlock»
C’est le blocage («gridlock») qui a été le maître mot en politique cette année aux Etats-Unis. Ce blocage est venu de la victoire des républicains à la Chambre des représentants en novembre 2010, inaugurant un nouvel épisode du «divided government», c’est-à-dire du phénomène de cohabitation.
Mais peut-on parler de cohabitation lorsque la seule volonté de la majorité des élus républicains a été de bloquer toutes les initiatives du président démocrate, Barack Obama, avec une idée unique et fixe en tête, faire de lui un «one term president», le président d’un seul mandat, c’est-à-dire le faire perdre, coûte que coûte et quoiqu’il en coûte au pays, lors de la présidentielle de novembre 2012.
Cette stratégie grossière a été dénoncée par une majorité d’Américains et de commentateurs. Pour autant, cela n’a pas bénéficié à Barack Obama, tout au moins, dans la majeure partie de l’année.
Ainsi, après avoir fait passé de nombreux textes par la session «lame duck» du Congrès (réunissant encore les représentants et les sénateurs de l’ancienne législature alors que les élections ont déjà eu lieu, bizarrerie typiquement US…), il s’est trouvé ensuite presque totalement bloqué dans toutes ses initiatives.
Après avoir affiché une réelle volonté de trouver un véritable consensus avec les républicains qui, du coup, se raidissaient de plus en plus, Barack Obama a changé son fusil d’épaule. Il faut dire que les électeurs démocrates commençaient à critiquer cette volonté de chercher sans relâche un accord avec des républicains qui se moquaient de lui. De même, les Américains, dans leur ensemble, le voyaient de plus en plus comme un président faible, incapable de s’imposer face à la difficulté.
Il a alors attaqué de front les républicains et notamment ceux qui étaient les plus à droite, voire à l’extrême-droite. Dans le même temps, il a fait des propositions modérées et acceptables par tous pour lutter contre la faible croissance, la montée du chômage et pour permettre à la classe moyenne de ne pas voir son pouvoir d’achat trop réduit.
Cette stratégie a été bien reçue par le pays mais les républicains ont, tout d’abord, lutté farouchement contre toute tentative d’accord. Ils ont même menacé de ne plus permettre à l’Etat fédéral de pouvoir emprunter pour rembourser sa dette (ce qu’aucun Congrès n’avait jamais fait depuis la création des Etats-Unis) ou de payer ses fonctionnaires mais aussi les pensions des retraités.
Même s’ils ont du faire machine arrière, ce ne fut qu’au prix de demi-mesures temporaires. Cependant, l’année s’est bien mal terminée pour les républicains qui, une nouvelle fois, se sont opposés aux mesures proposées par le président afin de continuer à faire bénéficier l’énorme majorité des Américains de réduction d’impôts et les chômeurs d’indemnisations. Devant le tollé provoqué par ce nouveau blocage – un mécontentement qui s’est fait jour jusque dans les rangs des républicains -, les élus républicains ont été obligés de faire machine arrière, cette fois-ci piteusement.
Cette retraite a profité à Barack Obama qui a monté dans les sondages et elle lui permettra, peut-être, d’être plus facilement réélu!
Dans ce contexte, le fait que seuls 9% des Américains ont une bonne opinion du Congrès (représentants et sénateurs) n’est guère étonnant…

Présidentielle: Les candidats républicains s’étripent et se déconsidèrent lors des primaires
Barack Obama sera candidat à sa propre succession lors des présidentielles de novembre 2012 même si, au moment où il était le plus bas dans les sondages, des démocrates voulaient un autre candidat pour leur parti (certains d’entre eux le souhaitent toujours mais ils sont très minoritaires).
C’est donc du côté des républicains que la bataille fait rage avec, en 2011, la précampagne pour les primaires, celles-ci ne débutant réellement que le 3 janvier prochain avec le Caucus de l’Iowa.
Pour beaucoup de républicains, le panel de candidats à l’investiture de leur parti est le plus faible que l’on ait vu depuis longtemps. On y trouve, un ex-gouverneur du Massachussetts, Mitt Romney, qui a deux gros handicaps: il est mormon et il a un passé de modéré qu’il renie, en disant qu’il fera comme président le contraire de ce qu’il a fait comme gouverneur sans parvenir à convaincre les républicains les plus durs dont il a besoin pour être le vainqueur de la course... De plus, les républicains évangéliques ne veulent pas d’un mormon comme candidat de leur parti. Pour autant, celui qui avait été battu à plate couture par John McCain lors des primaires de 2008, demeure le favori d’autant qu’il est, certainement, celui qui serait le candidat le plus dangereux pour Barack Obama.
Derrière, on retrouve, dans le désordre, Newt Gingrich, l’ancien «speaker» de la Chambre des représentants au temps de la présidence Clinton, un homme peu aimé des Américains, très suffisant et qui traîne de nombreuses casseroles mais qui a un avantage, ne pas être Mitt Romney! Ces dernières semaines, il est monté en flèche dans les intentions de vote pour les primaires mais connait, en cette fin d’année 2011, un recul car il a été attaqué par tous les autres candidats mais aussi par l’ensemble de l’establishment républicain qui ne veut pas de lui.
Il y a ensuite Ron Paul, un libertarien (un néolibéral de la droite extrême) qui vomit l’Etat fédéral et se présente à l’élection depuis de nombreuses années. Il fait des scores assez importants dans certains Etats mais ne devrait pas être capable de menacer les favoris. Cependant, la grande crainte des républicains, c’est qu’il se présente à la présidentielle comme candidat du Parti Libertarien et qu’il enlève les voix nécessaires au candidat républicain pour battre Barack Obama.
Le gouverneur du Texas, Rick Perry, semble désormais totalement hors-course (mais sait-on jamais) depuis ses bourdes à répétition, lui qui a été le favori pendant un moment et qui entrait dans la course avec la réputation de n’avoir jamais perdu une élection à laquelle il s’était présenté. Cet ancien démocrate devenu un républicain très à droite a craqué lors de tous les débats entre candidats à l’investiture, sa dernière gaffe ayant été d’être incapable de se rappeler d’une des mesures qu’il prendrait une fois président alors que c’est lui-même qui avait entrepris de la présenter…
Michele Bachmann, l’égérie du Tea Party, elle, est en chute libre et ne pourra sans doute même pas peser sur la désignation du candidat. Rick Santorum, l’ancien sénateur de Pennsylvanie, est actuellement loin derrière dans les sondages.
Jon Huntsman, l’ancien ambassadeur en Chine nommé au début de son mandat par Barack Obama et ancien gouverneur de l’Utah, lui n’a aucune chance, il est centriste, une espèce en voie de totale ou presque disparition au Parti républicain. Mais il se place, sans doute, pour la prochaine présidentielle de 2016 (ou il retrouvera, peut-être, face à lui… Hillary Clinton!).
Herman Cain, le roi de la pizza, un moment en tête, a du jeter l’éponge, piteusement, après de nombreuses gaffes politiques et des révélations sur sa vie privée houleuse, tout comme Tim Pawlenty, ancien gouverneur du Minnesota, qui n’avait aucun soutien populaire et, surtout, le fantasque Donal Trump, le magnat de l’immobilier newyorkais, qui s’est déconsidéré dans des attaques outrancières et proches du racisme concernant Barack Obama. Encore que Trump, parait-il, n’a pas abandonné tout espoir de revenir dans la course comme candidat indépendant…
Reste que nombre de républicains espèrent encore que l’oiseau rare va se déclarer dans les premières semaines de l’année 2012. Pour eux, il pourrait avoir le visage de Cris Christie, le gouverneur du New Jersey qui a pourtant affirmé qu’il ne serait pas candidat quoiqu’il arrive (d’autant qu’il a décidé de supporter Mitt Romney officiellement). Ou il pourrait avoir celui de Paul Ryan, le représentant du Wisconsin qui, lui aussi, a décliné les appels à se présenter de ses supporters.

Economie: une fausse sortie de crise et un chômage toujours très haut
L’économie a semblé donner des signes de guérison au début de 2011 mais ceux-ci n’ont pas été confirmés au cours de l’année même si la croissance a été supérieure à celles des autres pays avancés. Néanmoins, elle n’a pas permis de créer les millions d’emplois dont les Etats-Unis ont besoin pour résorber le chômage.
Même si ce dernier est tombé en-dessous de la barre des 9% de la population active en décembre, il est demeuré au-dessus tout au long de 2011, plombant la présidence Obama. Les perspectives pour 2012 ne sont guère enthousiasmantes car même si l’on prévoit une petite baisse, celle-ci ne sera pas substantielle pour redonner l’optimisme aux Américains.
Et la persistance d’un chômage élevé pourrait être aussi la raison essentielle d’une défaite de Barack Obama à la présidentielle de la fin d’année… si les républicains ont trouvé un candidat valable.

Social: rébellion OWS et progression de la pauvreté
Le mouvement Occupy Wall Street est né dans le courant de l’automne dans des circonstances bizarres par un appel à bloquer le centre financier de New York et du monde par un site canadien alternatif et sur le modèle de ce qui s’était passé, à la fois, en Espagne avec les «idignados» (les indignés) et au cours du Printemps arabe.
Les quelques milliers de manifestants qui se sont installés sur une place proche de Wall Street, Zuccotti Park, étaient surtout des jeunes mais pas seulement. Leur campement a été le point de rendez-vous de tous ceux qui, à gauche en priorité, veulent voir les choses changer.
Les syndicats, d’abord méfiants devant un mouvement qui avait plus à voir avec l’anarchisme libertaire qu’avec les luttes sociales traditionnelles, l’ont rejoint pour des manifestations dans le Lower Manhattan et sur le pont de Brooklyn.
Petit à petit, le mouvement s’est étendu dans de nombreuses villes aux Etats-Unis, de Washington à Los Angeles en passant par Oakland, ville dans laquelle les affrontements ont été les plus violents.
Le principal slogan des OWS (Occupy Wall Street) et qui a fait le tour du monde a été «We are the 99%» («Nous sommes les 99% de la population») en réponse aux statistiques qui montrent que les 1% les plus riches ont concentré une part importante de la richesse du pays et n’ont pas arrêté de s’enrichir au cours des dernières années (alors que la majorité, elle, perdait du pouvoir d’achat) surtout grâce aux réductions d’impôt décidées par George W Bush, un des présidents américains les plus idéologues qui ait existé, et sa majorité républicaine au Congrès.
Dans le même temps, les statistiques américaines ont montré une augmentation des pauvres, en particulier de ceux qui bénéficient des tickets alimentaires pour pouvoir se nourrir quotidiennement dans les banques alimentaires et alors que beaucoup de villes sont obligées de couper dans leurs budgets sociaux du fait d’un endettement record. Le problème se pose également dans les cantines scolaires qui permettent à beaucoup d’enfants de manger au moins un vrai repas par jour…

International: le départ d’Irak et la mort de Ben Laden
Barack Obama a tenu parole, les troupes américaines ont définitivement quitté l’Irak avant la fin de 2011 pour la satisfaction de la population mais sans plus.
En revanche, l’élimination par des commandos, les Seals, d’Osama Ben Laden qui «se cachait» (sans doute pas des autorités du pays) au Pakistan a été fêté par une population qui n’a pas oublié les attentats du 11 septembre à New York dont d’ailleurs on a commémoré le dixième anniversaire quelques mois après la mort de leur instigateur.

Une année de catastrophes naturelles.
Feux en Arizona et Texas, sécheresse dans ce même Texas, vague de froid au cours de l’hiver puis vague de chaleur dans le pays au mois de juillet, tornades à répétition dont une particulièrement meurtrière à Joplin dans le Missouri avec 161 morts, tempête sur la côte Est, tornade Irene à New York et, surtout, dans le Vermont en septembre sont quelques uns des phénomènes climatiques extrêmes qui ont frappé les Etats-Unis cette année et qui ont alimenté largement les médias.

Culture: la disparition de Steve Jobs
Mettre la disparition de Steve Jobs, le fondateur d’Apple, dans la rubrique culturelle peut paraître une erreur. Mais, avec la création de l’ordinateur personnel grand public (le MacIntosch) puis avec celle de l’ipod qui a révolutionné la façon dont on écoute la musique puis avec celle de l’iphone qui en a fait de même avec l’utilisation du téléphone et enfin avec l’ipad, Jobs a révolutionné la façon dont nous utilisons culturellement ces outils.
Steve Jobs a été un grand inventeur, non pas par la technologie des produits qu’il a créés mais surtout par sa vision de ce à quoi ils devaient servir. De ce point de vue, il se rapproche de la grande figure de l’invention américaine et mondiale, Thomas Edison.

Divertissement: Lady Gaga partout
Même si elle a partagé le haut de l’affiche avec d’autres et même si la chanteuse Adele a vendu plus d’albums qu’elle, Lady Gaga par son engagement dans la vie et dans la défense de multiples causes est demeurée unique en son genre en 2011.

Les événements les plus suivis par les Américains en 2011
Les événements qui ont le plus intéressés la population sont, selon une étude du Pew research center, dans l’ordre décroissant:
- le tsunami au Japon
- le prix du pétrole et de l’essence
- la mort de Ben Laden
- l’économie
- la fusillade mortelle en Arizona contre la représentante démocrate Gabrielle Gifford
- la bataille sur la fermeture des administrations faute de budget voté par le Congrès
- l’accord sur le relèvement du plafond de la dette fédérale
- les tornades qui ont dévasté le Midwest
- les tempêtes dans le Sud
- la tornade Irene
- le dixième anniversaire du 11 septembre
- les 30 commandos tués en Afghanistan après la chute de leur hélicoptère
- les manifestations en Egypte
- les violences en Libye
- la vague de chaleur en juillet
- les frappes aériennes en Libye
- le débat sur le droit du travail dans le Wisconsin
- la question du chômage
- le retrait des troupes américaines d’Irak
- le scandale pédophile à l’université de Penn State

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 30 décembre 2011

Anné agitée pour le Centre aux Etats-Unis en 2011


Le Centrisme a connu une année agitée aux Etats-Unis. Vilipendé par les courants extrémistes, en particulier celui d’extrême-droite et populiste du Tea Party, qui hait par-dessus tout les «modérés» dans le Parti républicain (mais aussi par le courant le plus «libéral» du Parti démocrate qui les dénonce dans son propre camp et qui a abouti au mouvement Occupy Wall Street), il a eu pourtant les honneurs tout au long de l’année.
D’abord, parce que la radicalisation des républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, a fait voler en éclats ce qui restait d’un certain consensus à l’américaine où l’on arrive toujours, au dernier moment à se mettre d’accord sur une ligne médiane où chacun a fait les concessions nécessaires pour parvenir à un compromis.
Or, en 2011, les élus les plus à droite ont constamment refusé de lâcher du lest sauf sous la pression de leur électorat ou des sondages, et encore. D’où une volonté de trouver une solution centriste à la crise politique.
Ensuite, parce qu’un débat, initié là aussi par les républicains les plus à droite (et qui n’est que la continuation d’autres attaques du même genre les années précédentes), s’est instauré sur le centrisme de Barack Obama (qui est pourtant de plus en plus évident, ce qui d’ailleurs lui est reproché par certains qui estiment qu’il recherche trop le consensus).
Par des manœuvres pourtant très grossières, c’est-à-dire en défendant des thèses extrémistes et ensuite en accusant le président des Etats-Unis de ne pas faire le grand pas qu’ils lui demandaient dans leur direction (c’est-à-dire très à droite), les républicains proches de l’extrême-droite ont réussi à faire vivre ce débat repris par certains commentateurs peu inspiré sur ce coup comme deux des éditorialistes-vedettes du New York Times, Thomas Friedman (démocrate) et David Brooks (républicain) qui se présentent comme modérés.
Enfin, parce que le blocage de Washington a remis au goût du jour le «troisième homme» (assez récurrent dans les élections américaines) pour la prochaine présidentielle, en novembre 2008, qui serait le candidat centriste idéal capable de réunir les Américains et de refonder un lien social mis à mal par les extrémistes de tous bords.
Une organisation baptisée «no labels» («pas d’étiquettes») a ainsi vu le jour, regroupant des démocrates et des républicains modérés qui souhaitent promouvoir une candidature indépendante des deux grands partis. Une autre initiative, veut faire désigner un candidat modéré par un vote sur internet, candidat qui ensuite se lancerait dans la bataille présidentielle.
De même, les partis centristes (on oublie qu’il existe plusieurs partis centristes aux Etats-Unis, comme le Centrist Party, le Modern Whig Party ou l’American Centrist Party, même s’ils sont peu puissants et que nombre de centristes préfèrent militer dans les deux grands partis, démocrate et républicain), sont montés au créneau pour réclamer une candidature centriste.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mercredi 21 décembre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Les Américains quittent l’Irak / Les républicains bloquent les baisses d’impôts pour la classe moyenne et les indemnités pour les chômeurs / Newt Gingrich, l’homme que (presque) personne ne veut / Les déclarations honteuses de Gingrich


Les «derniers» soldats américains (en fait, il en reste un peu moins de deux cents pour protéger l’ambassade) ont quitté l’Irak, neuf ans après le déclenchement de la guerre par George W Bush qui a vu la chute de Saddam Hussein. Et Barack Obama a assisté, le 20 décembre à la cérémonie du retour du drapeau américain.
Est-ce le départ d’une armée victorieuse ou défaite? Ni l’un, ni l’autre. Même si les cérémonies ont été peu médiatisées, les Etats-Unis se sont, malgré tout, débarrassés d’un de leur principaux ennemis de ce dernier demi-siècle et d’un des plus cruels dictateurs de la planète. Mais le prix a été élevé, que ce soit en pertes humaines et en perte d’image.
Reste que l’Irak est (encore) une démocratie même si les risques sont grands de voir, dans les prochaines années, une mainmise de la majorité shiite sur le pouvoir et/ou à une reprise de la guerre civile.
De même, pour certains analystes, le Printemps arabe en Tunisie, en Egypte ou en Libye serait un cousin éloigné de cette guerre, cette dernière ayant prouvé que les dictateurs n’étaient pas éternels.

Si l’on veut savoir pourquoi seuls 9% des Américains ont une bonne opinion du Congrès, il suffit de regarder les agissements des républicains à la Chambre des représentants.
Alors que les sénateurs avaient trouvé un terrain d’entente pour reconduire les baisses d’impôts et payer les indemnités chômage, les représentants républicains, emmenés par les plus extrémistes d’entre eux, ont refusé de le faire.
Du coup, s’ils ne reviennent pas sur ce vote, au 1er janvier, les chômeurs ne seront plus indemnisés et la grande majorité de la population paiera plus d’impôts.
La haine de Barack Obama semble être, dorénavant, le seul moteur politique des républicains…

Newt Gingrich s’est installé dans le rôle de favori de la primaire républicaine. Au grand dam de la majorité de l’establishment… républicain! Celui-ci voit d’un très mauvais œil le succès populaire de l’ancien speaker de la Chambre des représentants lors de la présidence Clinton.
Car c’est un homme haï par une majorité de la population, détesté par ses anciens collègues, un provocateur qui divise avec ses propos et son comportement suffisants et même insultants pour les autres. Du coup, Mitt Romney devient leur recours. Pas sûr que les militants du parti républicain soient du même avis…

Pour bien camper le personnage de monsieur Gingrich, ce dernier a récemment déclaré que «les enfants vraiment pauvres dans les banlieues vraiment pauvres n’ont pas l’habitude de travailler et n’ont personne autour d’eux qui travaille. Du coup, ils n’ont aucunement l’habitude de se lever le lundi. Ils n’ont aucunement l’habitude de rester en place toute la journée. Ils n’ont aucunement l’habitude de dire ‘je fais ceci et vous me donnez un salaire’ à moins que ça ne soit illégal».
Au-delà de la méchanceté et de la stupidité d’une telle déclaration, toutes les statistiques montrent qu’elle est erronée.
Mais cela donne une idée assez précise de qui est, peut-être (même si les sondages disent que non actuellement), le prochain président des Etats-Unis…

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mercredi 14 décembre 2011

Dilemme chez les républicains, les militants ont une préférence, les électeurs une autre!


Les républicains devant un dilemme: Romney plaît aux électeurs mais pas aux militants alors que c’est exactement le contraire avec Gingrich
Selon un sondage pour la chaîne NBC, Barack Obama remporterait l’élection présidentielle s’il était opposé à Mitt Romney ou à Newt Gingrich. Mais, dans le premier cas, il obtiendrait 47% des voix contre 45% alors que dans le deuxième, il remporterait haut la main l’élection avec 51% des voix contre 40%.
Problème, Gingrich est nettement en tête dans les intentions de vote pour les primaires républicaines devant Mitt Romney.
Et, pour ajouter au désarroi des républicains, 50% des personnes interrogées ont indiqué qu’elles ne voteraient jamais pour Gingrich considéré comme un extrémisme par les électeurs indépendants (ceux qui se disent ni démocrates, ni républicains)…
Selon un sondeur interrogé par Brian Williams, lors du journal du soir de NBC, si la présidentielle est un référendum sur la personne Barack Obama, le président sortant est sûr de la perdre. En revanche, si elle est un affrontement de deux candidats et de deux visions, elle a une grande chance de l’emporter.
Reste que les Américains estiment à une large majorité que les choses n’ont jamais été aussi mauvaises et  que cela va continuer, mettant dans le même sac les démocrates et les républicains. Du coup, ressort le serpent de mer du «troisième candidat» qui pourrait mettre tout le monde d’accord.
Pour l’instant il se fait attendre et personne n’est capable de mettre un nom sur lui-même si beaucoup rêve que ce soit... Hillary Clinton qui n’a jamais été aussi haute dans les sondages!
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

lundi 12 décembre 2011

Durban accouche d’un accord ad minima


«Nous sommes entrés dans une période d'incertitude économique, une ère d'austérité fiscale. Mais je ne pourrais jamais trop souligner à quel point il est crucial que les pays développés tiennent leurs engagements»
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon sait bien, en effet, que la crise économique actuelle n’est pas très favorable à des mesures fortes en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Croissance élevée ou environnement sain, les Etats et les peuples ont toujours choisi la première contre le second.
C’est pourquoi l’on peut considérer avec certains commentateurs que l’accord trouvé à Durban (Afrique du Sud), hier, lors de la clôture de la «17° Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques» est une sorte de succès.
Evidemment, aucun accord contraignant n’a été signé mais, en revanche, on a évité l’échec qui aurait été désastreux. Ainsi, plusieurs pays émergents se sont engagés volontairement à limiter la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Surtout, ce qu’il y a d’important, c’est que tous les représentants des 194 pays présents ont, sans exception - même les plus rétifs à un quelconque texte contraignant comme beaucoup de pays émergents, au premier rang desquels ont trouver l’Inde et la Chine -, adopté une «feuille de route» afin d’aboutir à un accord dans les années qui viennent même si l’on ne sait pas quelle sera sa forme et sa valeur juridique (le communiqué final parle d’«un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale»).
Comme l’a déclaré Todd Stern, le représentant américain, «l'affaire s'est finalement bien terminée. C'est la première fois que l'on va voir des pays en développement accepter d'être tenus par un accord légal.»
De même, les pays industrialisés (les Européens en premier lieu) qui ont signé l’accord de Kyoto sur la limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre, ont décidé de le reconduire jusqu’en 2015.
Futur accord et reconduction de Kyoto ont permis à la commissaire européenne en charge du climat Connie Hedegaard  d’affirmer qu’il s’agissait d’une «percée historique».
Reste qu’éviter un réchauffement de la température sur terre de deux degrés Celsius ou plus, objectif affiché de cette conférence internationale, sera difficile à tenir au vu des résultats de Durban.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

dimanche 11 décembre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole dans les décennies à venir?! / La suffisance de Newt Ginrich, le nouveau favori de la primaire républicaine / Taux de chômage en baisse à 8,6%, bonne nouvelle pour Obama / Rod Blagojevich condamné à 14 ans de prison / En 2020, 83% des hommes et 72% des femmes aux Etats-Unis seront obèses / Alec Baldwin débarqué d’un avion parce qu’il ne voulait pas éteindre son portable!


Le pétrole contenu dans les schistes bitumineux va-t-il permettre aux Etats-Unis de redevenir le premier producteur de pétrole du monde avec des réserves énormes? C’est la question qui se pose depuis ces découvertes à travers le pays ces dernières années.
Mais des objections fortes pour exploiter cette manne existent. La principale est que cela aurait un impact dramatique sur l’environnement et, plus grave, sur les nappes phréatiques pour deux raisons.
D’une part, il faut énormément d’eau, projetée à haute pression, pour séparer le pétrole de la roche, ce qui risque de diminuer les réserves d’eau potable des Etats-Unis alors que celles-ci s’amenuisent déjà par une consommation bien trop élevée, certaines régions étant proche du stress hydrique, d’autres, comme la Californie, n’en étant pas très éloignées, non plus.
D’autre part, cette technique pourrait polluer les nappes elles-mêmes, les rendant impropres à la consommation.
Une commission nommée par le président Obama a réfléchi à ces questions. Selon certains de ses membres, opinion qui n'est cependant pas partagée par tous, il est possible de gérer les problèmes qui naîtraient de cette exploitation.
On voit bien l’enjeu pour la première puissance mondiale dont le système économique est énergivore et basé sur une énergie à bas prix. Au-delà des lobbies des compagnies pétrolières et des industries de toutes sortes, c’est bien le modèle américain qui est en jeu. C’est pourquoi, beaucoup pensent que le jeu en vaut la chandelle.
Reste à savoir ce que va décider Barack Obama qui est déjà sous pression de la part des compagnies pétrolières et des républicains, alliés traditionnels de celles-ci, pour permettre l’exploration et l’exploitation sans restriction du pétrole des fonds marins malgré la marée noire géante du Golfe du Mexique suite à un accident sur une plateforme de BP voici deux ans.

Newt Gingrich, l’ancien speaker républicain de la Chambre des représentants qui mena une guerre sans merci – qu’il perdit lamentablement – contre Bill Clinton, lorsque celui-ci était président des Etats-Unis, a fait une remontée spectaculaire dans les sondages comme favori de la primaire républicaine.
Il faut dire qu’il n’a même pas eu besoin d’être bon pour y parvenir, il n’a eu qu’à attendre que les favoris se cassent la figure les uns après les autres par des gaffes et des bêtises. Ce fut le cas du gouverneur du Texas, Rick Perry, et du magnat de la pizza, Herman Cain.
Quant à la concurrence de Mitt Romney, ce dernier est tellement détesté par une frange du Parti républicain qu’on a l’impression que ces primaires sont devenues un processus sur comment choisir n’importe qui sauf Romney!
Gingrich est donc à nouveau sur le devant de la scène et toute sa morve ainsi que sa suffisance qui l’avaient fait détesté d’une grande partie des Américains revient en force et, ce, malgré le fait qu’il séduit de plus en plus de militants républicains.
Son problème, se croire au-dessus des autres et de le dire sans cesse alors que rien ne permet aujourd’hui de lui permettre de se comporter ainsi. Reste à savoir s’il tiendra plus longtemps que les anciens favoris…

Bonne nouvelle, le taux de chômage est en baisse à 8,6% de la population active et donc en-dessous de la barre des 9% qui semblait infranchissable ces derniers mois. Il est trop tôt pour savoir s’il s’agit d’une tendance de fond ou juste d’un répit. Car, selon les observateurs, l’économie américaine ne crée par encore suffisamment d’emplois pour espérer une chute importante du chômage dans les prochains mois.
Pour autant, Barack Obama est intervenu immédiatement pour se féliciter tout en reconnaissant, lors de la fameuse émission «60 minutes», qu’il faudrait certainement plus d’un autre mandat de quatre ans pour remettre le pays sur la voie de la prospérité.
Quelques jours auparavant, il avait délivré un discours qui fera date dans la ville d’Osawatomie dans le Kansas (Etat d’où sa mère est originaire), là même où Théodore Roosevelt avait présenté son programme du «square deal» en 1910, juste avant de se présenter, sans succès, en candidat indépendant à la présidentielle de 1912.
Comme l’avait déclaré Roosevelt, Obama a plaidé pour un pays qui ne laisse pas tomber les plus pauvres mais qui, également, fait en sorte que l’Américain moyen (on dit «les classes moyennes» aujourd’hui) puisse vivre le rêve américain et ne soit pas écrasé par les grands trusts et les plus riches.
Rappelons que Theodore Roosevelt était un centriste, comme Barack Obama, mais qu’il était républicain (et président des Etats-Unis de 1900 à 1908).

L’ancien gouverneur démocrate de l’Illinois, Rod Blagojevich, a écopé de quatorze ans de prison après avoir été reconnu coupable de dix-huit fraudes et faits de corruption dont, notament, celui d’avoir voulu négocier, contre de l’argent, le siège de sénateur au Congrès laissé vacant par Barack Obama lorsque ce dernier accéda à la Maison blanche en 2008 (rappelons que, dans certains cas, le gouverneur d’un Etat peut pourvoir, entre deux élections, un siège de sénateur vacant en nommant directement son nouvel occupant sans devoir passer par une élection).
Blagojevich qui s’était affiché alors avec une assurance malvenue a fait son autocritique devant le tribunal, reconnaissant toutes les charges contre lui.
Il sera emprisonné au début de l’année prochaine dans une prison où il retrouvera son prédécesseur, républicain, qui purge une peine de six ans pour de faits de corruption également!
Chicago et l’Illinois sont malheureusement connus pour avoir une des classes politiques les plus corrompues du pays…

Alors que le taux d’obésité de la population américaine semblait se stabiliser, de nouvelles prévisions présentées lors du symposium annuel de l'American Heart Association (AHA), qui s’est tenu en novembre dernier, estiment que pas moins de 83% des hommes et 72% des femmes auront des problèmes d'obésité ou de surpoids et plus de la moitié auront du diabète ou seront susceptibles d'en développer dans les années à venir. Quant aux obèses, on comptera dans cette catégorie 43% des hommes et 42% des femmes en 2020 contre, actuellement, 32% et 34%...

Alec Baldwin est amusant et séduisant. Il est un des acteurs les plus populaires aux Etats-Unis, triomphant depuis plusieurs années dans la série «30 Rock». Cela ne l’a pas empêché d’être débarqué sans ménagement d’un avion pour n’avoir pas voulu éteindre son téléphone portable lors de la phase de décollage comme cela est obligatoire.
L’urgence qui faisait qu’il ne pouvait l’éteindre était qu’il… jouait au scrabble en ligne!
A noter, tout de même, qu’il s’est excusé ensuite de son comportement agressif lorsque le personnel de bord lui avait demandé d’éteindre son mobile…

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 2 décembre 2011

Barack Obama au plus bas dans les sondages et donné battu aux élections de 2012


Sale temps pour Barack Obama. Sa cote de popularité est au plus bas à 43% d’opinions positives et les observateurs font, à nouveau, la comparaison entre son parcours et celui de Jimmy Carter qui fut battu lors de sa campagne pour un deuxième mandat en 1980 par Ronald Reagan. La comparaison va même, maintenant, jusqu’à Lyndon Johnson qui, en 1968, refusa de se représenter tellement sa cote de popularité (par rapport à la guerre du Vietnam) était mauvaise.
Une comparaison pas aussi incongrue qu’on peut le penser puisque Johnson et Obama sont les deux présidents centristes qui, depuis Franklin Roosevelt, ont accompli le travail législatif le plus important, notamment pour les classes moyennes et les plus pauvres.
Au jour d’aujourd’hui, selon les sondages, il serait battu par le candidat républicain. Ce qui est nouveau est, qu’auparavant, il était donné gagnant face aux prétendants républicains et battu par le candidat républicain «idéal» et sans nom. Dorénavant, il est battu par les prétendants à l’investiture du Parti républicain comme, par exemple, Newt Gingrich qui est désormais en tête dans les sondages en tant que candidat préféré des électeurs républicains (avec un score de 50%).
Evidemment, la crise économique et le fort taux de chômage sont les raisons principales des difficultés de Barack Obama. Ce qui est inquiétant pour lui c’est que les prévisions sont mauvaises quant à la croissance et à l’emploi dans les prochains mois alors que l’élection est dans moins d’un an.
Mais il ne faut pas oublier, non plus, que le centrisme de Barack Obama est aussi critiqué par une partie de la population qui n’y voit qu’une faiblesse de leadership et une incapacité à se faire respecter par une Chambre des représentants à majorité républicaine et dont le seul projet politique est de le faire perdre en 2012.
Ainsi, sa volonté constante de trouver un consensus et de ne pas polariser la vie politique a été utilisée par les extrémistes du Parti républicain pour l’empêcher de gouverner. Ce dont les Américains sont conscients. D’ailleurs, le taux de popularité des représentants et des sénateurs est de 9%! Mais cela ne les empêche pas de ne pas vouloir, actuellement, de Barack Obama pour quatre ans de plus…

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org