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dimanche 30 janvier 2011

Une semaine aux Etats-Unis. L’hallucinante controverse sur la «Tiger mom» / Les républicains en ordre dispersé après le discours sur l’état de l’Union d’Obama / L’économie américaine se porte mieux / Les intempéries frappent une nouvelle fois la côte est / La finale du superbowl


Pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler de la «Tiger Mom» Amy Chua, voilà, résumé, sa vision de l’éducation qui a hérissé de nombreux Américains depuis que son livre a été publié il y a quelques semaines. Pour elle, Américaine asiatique, les seules notes acceptables pour ses deux filles, Sophia et Lulu, sont des A+. Elles n’ont pas le droit de regarder la télévision et de fréquenter des amis en dehors de l’école (néanmoins sa fille aînée, de 18 ans, a quand même le droit d’avoir un petit ami…). Elles doivent pratiquer un instrument de musique plusieurs heures par jour. Et quand elles ne sont pas dans la bonne ligne, elle a le droit de les insulter (comme de traiter une de ses filles de «poubelle») sans devoir sans excuser par la suite. Et le reste est à l’avenant.  Elle a même refusé la carte d’anniversaire de sa fille cadette en prétextant qu’elle n’était pas assez jolie et qu’elle méritait mieux!
Interrogée par le magazine Time, elle reconnaît que cette vision est sans doute un peu rugueuse. Elle avoue aussi qu’il y a quelques ratés dans cette éducation d’une main de fer. Pour autant, elle ne regrette pas grand-chose et indique que ses parents à elle, des immigrés venus de Chine (elle est née aux Etats-Unis) étaient encore plus stricts ce qui, selon elle, lui a permis d’arriver là où elle en est. Ses filles la défendent globalement et son mari, lui, est celui qui fait contrepoids avec un comportement beaucoup plus coulant. Amy Chua et lui sont diplômés de grandes universités et ont de très bons emplois.
Au moment où le système d’éducation aux Etats-Unis est critiqué pour ses manquements, au moment où l’on affirme que la Chine, mais aussi l’Asie en général, est en train de former des élites mondiales qui surclasseront celles des pays occidentaux et notamment l’Américaine, ce livre a fait l’effet d’une bombe et provoqué une hallucinante controverse sur fond de déclin du pays. Beaucoup ont défendu la vision de Tiger Mom pour que les Etats-Unis ne perdent pas leur leadership mondial. Néanmoins, beaucoup, également, ont dénoncé cette éducation du résultat où l’enfant n’est plus qu’un adulte en devenir et où sa personnalité et ses choix ne comptent pour pratiquement rien.
Bien sûr, le monde est difficile et il faut se battre pour réussir. Mais, comme le font remarquer quelques spécialistes de l’enfance, ce qui manque cruellement dans l’éducation qu’Amy Chua délivre à ses enfants, c’est la vie en communauté, la vie sociale qui permet de s’adapter à la vie ainsi que de coexister et de partager avec les autres. Une adaptation qui permet de réussir son existence. Alors, Sophia et Lulu seront peut-être incollables en mathématiques mais risquent bien d’être totalement nulles dans une matière bien plus importante: la vie!
Barack Obama a fait un discours sur l’état de l’Union qui a été salué par l’ensemble des médias et une majorité écrasante des Américains (voir notre analyse). Les républicains lui ont répondu petits bras et en ordre dispersé. La réponse «officielle» est venue du Représentant du Wisconsin, Paul Ryan qui a été, selon les observateurs, très terne et s’est focalisée sur les déficits sans rien proposer de concret. Mais il y a eu également une réponse du Tea Party! Elle a été faite par Michele Bachman, Représentante du Minnesota qui a fustigé «une bureaucratie qui nous dit quelles ampoules électriques il faut acheter» (sic). Cela manquait cruellement de hauteur.
La croissance de l’économie américaine a été de 2,9% en 2010 avec une accélération en fin d’année (3,2% au dernier trimestre en rythme annuel) ce qui donne du baume au cœur aux Américains. Cette croissance a été d’abord due à une accélération de la consommation. Du coup, les pertes dues à la crise économique de 2009 ont été effacées et les Etats-Unis devraient être le pays avancé qui connaîtra la meilleure croissance en 2011… sauf imprévus!
La neige, le froid et la tempête ont encore sévi sur la côte Est. New York s’est retrouvée sous une épaisse couche de neige. Heureusement, cela n’a pas paralysé l’activité comme en décembre même si les images montrées par les télévisions étaient parfois impressionnantes.
New York, encore elle, et Chicago ont failli se retrouver au Superbowl (la finale du football américain). Mais ce sera Green Bay et Pittsburgh qui se rencontreront dans ce qui demeure le spectacle télévisuel le plus regardé de l’année.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 28 janvier 2011

Barack Obama installe sa vision centriste lors de son discours sur l'état de l'Union


Le traditionnel «State of the Union speech», discours sur l’état de l’Union, que tout président des Etats-Unis se doit de prononcer au mois de janvier depuis 222 ans afin de donner le contenu et la direction de sa politique pour l’année à venir, a été, pour Barack Obama, l’occasion de promouvoir à nouveau sa vision centriste de la politique. Il faut dire qu’il peut, désormais, avancer beaucoup plus à découvert depuis que les démocrates ont perdu la majorité à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat en novembre dernier.
Car il lui faut montrer sa capacité consensuelle que personne ne peut plus lui reprocher. Tous ceux qui parlent d’une nouvelle posture politique sont dans l’erreur et dans la totale méconnaissance du positionnement politique de l’actuel pensionnaire de la Maison Blanche que pourtant il a constamment rappelé et défendu.
Pendant sa campagne électorale et dans les premiers mois de sa présidence, Barack Obama n’a eu de cesse de mettre en avant les valeurs centristes de pragmatisme, de consensualisme, d’équilibre et d’humanisme, valeurs qui ont été vilipendées par la gauche du parti démocrate et la droite du parti républicain.
Des campagnes de dénigrement ont même réussi à faire croire à la Gauche qu’il était un néolibéral et à la Droite qu’il était un socialiste! Barack Obama se trouvait alors dans l’impossibilité de se faire entendre à ce sujet tellement le matraquage était intensif, notamment de la part de l’extrême-droite républicaine.
Néanmoins, les Américains ont toujours gardé une confiance en l’homme même s’ils critiquaient son action. Ses victoires législatives au cours des deux derniers mois de 2010 lui ont permis, non seulement, de reprendre la main mais aussi de démontrer son positionnement centriste, ce qui lui a valu un regain de popularité chez les électeurs indépendants dont la majorité se positionne au centre de l’échiquier politique.
Dans son discours devant le Congrès des Etats-Unis mardi soir, centré sur l’emploi, Barack Obama a demandé aux Américains de dépasser leurs clivages politiques pour travailler ensemble afin de relever l’énorme défi de la modernisation du pays. De même, il en a profité pour, de nouveau, tendre la main à tout le monde politique, démocrates, républicains et indépendants, afin de faire avancer les réformes nécessaires de cette modernisation. Et comme d’habitude, il s’est dit preneur de toutes les bonnes idées, peu importe de quel bord politique elles viendraient.
La presse américaine et mondiale a parlé d’un «recentrage». Peu importe, en définitive, que ce soit un nouveau rappel de son centrisme si, une bonne fois pour toutes, elle a enfin compris que les valeurs et l’agir de Barack Obama sont profondément centristes.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

lundi 24 janvier 2011

La Chine propose un cadre en cinq points pour ses relations avec les Etats-Unis


Hu Jintao, le président de la Chine veut développer les relations de son pays avec les Etats-Unis autour de cinq propositions qu’il a faites lors d’un discours à Washington.
Celles-ci sont les suivantes:
Premièrement, garder à l'esprit les intérêts généraux, adopter une perspective de long terme et mener des efforts actifs pour promouvoir le partenariat de coopération sino-américain.
Deuxièmement, profiter des opportunités et prendre des mesures innovatrices pour établir un nouveau modèle de coopération économique mutuellement bénéfique.
Troisièmement, intensifier la communication et les consultations et approfondir la coordination et la coopération entre les deux parties pour traiter les défis globaux ainsi que les principales questions internationales et régionales.
Quatrièmement, approfondir l'amitié et promouvoir vigoureusement les échanges d'amitié entre les divers secteurs des deux pays.
Cinquièmement, se comporter l'un envers l'autre avec respect, en se traitant d'égal à égal, et régler les questions majeures et sensibles de manière appropriée.
Ces cinq propositions assez générales et peu innovatrices visent en réalité, d’une part, à montrer que la Chine est ouverte sur le monde et veut assumer les responsabilités que lui confère son statut retrouvé de grande puissance mondiale. Mais, d’autre part, elles visent également à rappeler aux Etats-Unis que la Chine souhaite que l’on respecte son indépendance et son statut de puissance régionale.
Alexandre Vatimbella
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dimanche 23 janvier 2011

La semaine de la mondialisation. Les jeunes croient à la mondialisation / Mister Obama reçoit Doctor Hu / La énième étude qui prédit que la Chine va détrôner les Etats-Unis


91% de la jeunesse chinoise, 87% de la jeunesse indienne, 81% de la jeunesse brésilienne, 71% de la jeunesse américaine et de la jeunesse russe, 65% de la jeunesse européenne (mais seulement 52% de la jeunesse française) pensent que la mondialisation est une opportunité selon une enquête de TNS Opinion pour la Fondation pour l’innovation politique, «2011, la jeunesse du monde», conduite dans 25 pays auprès de 32.700 jeunes de 16 à 29 ans.
En outre, 58 % des jeunes interrogés dans le monde estiment que la Chine va jouer un rôle beaucoup plus important dans l’avenir. 36% sont dans le même cas vis-à-vis de l’Union européenne, 31% de l’Inde, 29% des Etats-Unis, 28% de la Russie et 20% du Brésil.
Tout cela n’est guère surprenant mais confirme les tendances lourdes dans chaque pays que ce soit au niveau de la perception de la jeunesse du monde mais de la population en règle générale. Et, comme d’habitude, les jeunes sont plus ouverts sur le monde que leurs aînés.

La Chine et les Etats-Unis sont condamnés à travailler ensemble. Même si les deux pays ont des intérêts divergents, il est primordial pour eux de s’entendre. Leur dépendance économique de l’un vis-à-vis de l’autre rend impossible, actuellement, une coupure de leurs liens. Et la rencontre entre Barack Obama et Hu Jintao cette semaine à Washington, lors de la première visite officielle de ce dernier aux Etats-Unis, a permis à chacun des deux grandes puissances de rappeler ses propres positions mais aussi d’affirmer vouloir travailler avec l’autre et comprendre ses priorités. Pour autant, ce sera dans les actes et non dans les paroles que l’on verra si les Américains et les Chinois sont capables de réellement travailler ensemble et non de s’affronter. Une capacité scrutée avec intérêt et appréhension par les autres pays tant celle-ci façonnera d’une manière ou d’une autre la mondialisation et l’ordre mondial dans les années à venir.

Il y a une chose qu’adorent faire les économistes, prévoir le monde dans vingt, trente, quarante voire cent ans. Pour beaucoup, aucune peur du ridicule car ils ne devraient pas être là quand tombera le couperet de la réalité sur leurs fantasmes plus ou moins vrai... Ces experts nous diront qu’ils ne font qu’extrapoler des tendances lourdes sans y inclure, évidemment, l’élément aléatoire principal qui pourrait remettre en cause tout ce travail divinatoire: la vie!
Donc, selon une étude récente du cabinet américaine de conseil et d’expertise PriceWaterhouseCoopers, l’économie de la Chine dépassera celle des Etats-Unis en 2032 (et même en 2017 si l’on prend come indicateur le PIB à parité de pouvoir d’achat). Puis, en 2050, les économies des sept principaux pays émergents, baptisé ici «E7» (Chine, Inde, Brésil, Russie, Mexique, Indonésie, Turquie selon le cabinet) devraient dépasser celles du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada) en 2020 et être supérieur de deux-tiers à celles-ci en 2050.
Mais les experts de PriceWaterhouse Coopers se veulent encore plus précis. Ainsi, en matière de PIB, l'Inde dépasserait le Japon en 2028, la Turquie, le Canada en 2035, la Russie, l'Allemagne en 2042 et le Mexique la France en 2046.
En outre, en 2050, la richesse d’un chinois représenterait 45% de celle d'un Américain en 2050 contre 14% en 2009, celle d'un Indien 28% contre 7% et celle d’un Russe, 42% à 74%. On à hâte d’être en 2050 pour faire le bilan!
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

Une semaine aux Etats-Unis. Mister Obama reçoit Doctor Hu / Miracle à Tucson / La Chambre abroge la loi sur l’assurance santé… pour du beurre! / Lieberman ne se représentera pas / Obama candidat en 2012 / Les 2 ans de l’investiture de Barack Obama / Les 50 ans de l’investiture de Kennedy / Les 20 ans de la déclaration de guerre de la première guerre contre l’Irak / Stern n’aime pas Leno


La Chine et les Etats-Unis sont condamnés à travailler ensemble. Même si les deux pays ont des intérêts divergents, il est primordial pour eux de s’entendre. Leur dépendance économique de l’un vis-à-vis de l’autre rend impossible, actuellement, une coupure de leurs liens. Et la rencontre entre Barack Obama et Hu Jintao cette semaine à Washington, lors de la première visite officielle de ce dernier aux Etats-Unis, a permis à chacun des deux grandes puissances de rappeler ses propres positions mais aussi d’affirmer vouloir travailler avec l’autre et comprendre ses priorités. Pour autant, ce sera dans les actes et non dans les paroles que l’on verra si les Américains et les Chinois sont capables de réellement travailler ensemble et non de s’affronter. Une capacité scrutée avec intérêt et appréhension par les autres pays tant celle-ci façonnera d’une manière ou d’une autre la mondialisation et l’ordre mondial dans les années à venir.
Gabrielle Giffords, la représentante de l’Arizona qui a reçu une balle dans la tête lors d’un de ses meetings dans sa circonscription à Tucson a déjà quitté l’hôpital après un début de guérison ultra-rapide qui étonne l’Amérique et la ravit. Pour autant, elle n’est pas sortie totalement d’affaire et elle vient d’entamer une longue période de rééducation dans un centre spéciliasé à Houston (Texas).
Les républicains se sont amusés à abroger la loi sur l’assurance santé cette semaine. Pourquoi «amusés»? Parce qu’ils savent qu’ils n’ont aucune chance d’y parvenir. Pour cela, il faudrait que le Sénat le fasse également (il est à majorité démocrate) puis que Barack Obama n’y oppose pas son veto ou que le Congrès l’adopte aux deux tiers de ses voix pour passer outre le veto présidentiel. Mais cela leur permet de dire à leurs électeurs ultras qu’ils ont rempli cette promesse électorale… à peu de frais.
Joe Lieberman, le sénateur controversé du Connecticut a annoncé qu’il ne se représenterait pas à la prochaine élection. Lieberman est aujourd’hui un indépendant depuis qu’il a été viré du Parti démocrate pour avoir soutenu son ami républicain John McCain à l’élection présidentielle de 2008 contre Barack Obama (alors qu’il avait été le colistier d’Al Gore lors de l’élection présidentielle de 2000 contre George W Bush). Déjà, auparavant, il s’était montré conciliant plus d’une fois avec George W Bush, l’ennemi mortel de ses amis démocrates. Pour autant, Lieberman est demeuré affilié aux démocrates au Sénat et il a été à leurs côtés pour voter des mesures emblématiques comme, par exemple, celle la réforme de l’assurance santé ou l’abrogation de la loi contre les discriminations envers les homosexuels dans l’armée. Un travail législatif salué par le très démocrate New York Times…
Barack Obama sera sans doute candidat en 2012 à sa propre succession. Mais si cette information a fait le buzz, qui pouvait en douter? Aucun président au cours de ces cent dernières années, sauf Lyndon Johnson et ceux qui sont morts lors de leurs premiers mandats, Harding et Kennedy, n’ont pas été candidats à leur succession. Et encore, Johnson avait été président avant sa première élection lorsqu’il avait pris la place de Kennedy assassiné. Les bons sondages lui permettent d’envisager cette réélection d’autant que, pour l’instant, aucun candidat républicain d’envergure ne semble émerger. Mais il reste deux dans et, au début de 2006, qui aurait parié un cent sur un inconnu nommé Barack Obama pour l’élection de 2008?!
Toujours à propos de Barack Obama, celui-ci a soufflé les bougies de ces deux ans de prise de fonction. Et comme les Américains adorent les anniversaires, ils ont fêté le cinquantième anniversaire de la prise de fonction de John Kennedy et le vingtième anniversaire de l’invasion l’Irak, la première, à la suite de l’invasion par Saddam Hussein et l’annexion du Koweït par ce dernier. Une victoire pour George Bush père mais inachevée puisque le dictateur irakien avait gardé le pouvoir alors que Bush allait perdre l’élection présidentielle face à Bill Clinton. Un camouflet qui donna une bonne raison pour le fils de finir le travail en engageant son pays dans une aventure qui dure maintenant depuis huit ans et au prix de milliers de morts du côté américain…
Jay Leno a récupéré son poste d’amuseur numéro un de la chaîne NBC en étant de nouveau l’hôte du fameux Tonight Show, talk show légendaire qui vit passer dans le fauteuil du présentateur Johnny Carson ou encore Ed Sullivan. Il a profité des mauvais scores de Conan O’Brien qui avait attendu le poste pendant des années mais dont le profil beaucoup plus caustique n’a pas séduit l’Américain moyen alors qu’il est une star auprès des jeunes et du public des côtes Est et Ouest. Mais le limogeage d’O’Brien – qui vient de faire son retour triomphal sur HBO après une tournée tout aussi populaire à travers les Etats-Unis – avait été très critiqué par la communauté des présentateurs des talk shows, dont le célèbre David Letterman de CBS, qui n’aiment pas beaucoup Jay Leno et qui l’avaient accusé d’avoir agi en coulisse pour descendre son confrère. Le présentateur radio vedette des Etats-Unis, Howard Stern, lui non plus, ne porte pas Leno dans son cœur. Il vient de le redire lors du nouveau talk show sur CNN de Piers Morgan, le remplaçant de l’irremplaçable Larry King, a dit tout le mal qu’il pensait de Jay Leno. Mais tout cela n’est que très habituel dans l’univers médiatique américain impitoyable…

Alexandre Vatimbella
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samedi 22 janvier 2011

La Chine et les Etats-Unis veulent promouvoir le yuan


Dans un communiqué commun publié lors de la rencontre entre Barack Obama et Hu Jintao au premier jour du voyage officiel de ce dernier aux Etats-Unis, les deux présidents ont fait par de leur souhait de faire du yuan, une monnaie de réserve internationale.
Cette concordance de vue qui permettrait de donner une plus grande stabilité au système monétaire international et à la mondialisation, serait un bienfait pour les deux pays.
Si la monnaie chinoise s’intègre au système monétaire international, cela voudra dire que son taux de change sera fixé essentiellement par le marché ce qui évitera une trop grande manipulation par Pékin afin de la maintenir trop bas par rapport aux autres devises pour donner un avantage à ses exportations, une pratique dénoncée inlassablement par Washington.
Mais cela permettra à la Chine de réorienter son économie vers sa consommation intérieure tout en ayant une monnaie internationale qui lui donnera un poids nettement plus important dans la mondialisation.
Dans ce communiqué, les Etats-Unis indiquent appuyer la Chine pour que, «avec le temps, le yuan soit intégré dans le panier de monnaies déterminant la valeur des droits de tirages spéciaux». Ces derniers sont les unités de compte du FMI (Fonds monétaire international). Actuellement leur valeur est déterminée par un panier de devises dans lequel on trouve le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling.
En contrepartie, la Chine fera «avancer la réforme du taux de change du yuan» afin «d'améliorer sa flexibilité».
Reste que, au-delà des déclarations de bonne intention, cette conversion du yuan en monnaie dont le taux est fixé par le marché et à vocation internationale ne se fera pas en un jour. Et les controverses entre les deux grandes puissances à son propos risquent de continuer et de parasiter leurs relations pendant longtemps encore.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 21 janvier 2011

La Chine passe commande pour 45 milliards de dollars aux Etats-Unis


Le déploiement du tapis rouge et les honneurs réservés aux hôtes illustres sont sans doute plus justifiés que jamais pour la visite officielle du Président de la Chine aux Etats-Unis. Car, au-delà des divergences entre les deux gouvernements, Hu Jintao a amené, dans ses valises, pas moins de quarante-cinq milliards de dollars de commandes.
Selon l’Administration Obama qui tient désormais des comptes précis en la matière, cela permettra de sauver 235.000 emplois sur le sol des Etats-Unis. Plus de soixante-dix contrats ont été ou seront signés avec des entreprises américaines dans douze Etats différents.
Parmi les plus gros contrats, c’est encore une fois l’aéronautique qui se taille la part du lion avec la commande de deux cents avions Boeing pour la somme de dix-neuf milliards de dollars. General Electric, quant à elle, a signé cinq contrats pour un montant de deux milliards de dollars. De son côté, Caterpillar va vendre pour 1,4 milliards de machines-outils.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

jeudi 20 janvier 2011

Tous les sondages montrent un fort rebond de la popularité de Barack Obama


Les sondages sur la popularité de Barack Obama se suivent et se ressemblent au grand plaisir du pensionnaire de la Maison Blanche. Car tous font état d’un fort rebond des opinions favorables sur la personne du président américain ainsi que sur son action. Les sondages des deux chaînes nationales, ABC avec le Washington Post et NBC avec le Wall Street Journal vont dans le même sens que ceux de Gallup, de l’université de Quinnipiac et du Pew Research Center publiés auparavant, en amplifiant la tendance. Car, non seulement les opinions favorables sur Barack Obama dépassent les 50% et sont plus élevée que les opinions défavorables mais il faut remonter à son intronisation au premier semestre de 2009, avant la discussion sur la réforme de l’assurance santé, pour obtenir un score aussi élevé. Pour le sondage ABC-Washington Post, 55% des Américains ont une opinion favorable du président et pour celui de NBC-Wall Street Journal, 53% sont dans le même cas.

dimanche 16 janvier 2011

La semaine de la Mondialisation. Chine-Etats-Unis, vers un véritable G2? / Pour les Américains, la Chine plus importante que l’Europe / L’Inde achète beaucoup d’Airbus mais manque d’aéroports et de pilotes! / Après la Chine, le Japon aide la zone euro


Américains et Chinois ont, tout d’abord, nié qu’ils voulaient mettre en place un groupe de deux (G2) qui gouvernerait le monde. Mais ils n’ont pu empêcher que celui-ci se mette en place de facto sans pour autant être omnipotent. Aujourd’hui, les deux pays sont de plus en plus enclins à estimer que ce partenariat volontaire pourrait leur être bénéfique, être un accord gagnant-gagnant. La visite du Hu Jintao, le président chinois, aux Etats-Unis, la semaine qui vient, donnera une indication sur la volonté d’aboutir et sur les efforts que chaque partie compte faire pour y parvenir.
Les peuples des deux grandes puissances semblent désormais convaincus que la mondialisation sera rythmée par la relation sino-américaine. Ainsi, un sondage du Pew research center montre que la zone Asie est plus importante que la zone Europe pour les Etats-Unis (47% contre 37%). C’est une première lourde de conséquences, notamment pour une Europe qui risque d’être marginalisée. Et pour 58% des Américains, il faut construire une relation plus forte avec la Chine (53% estimant qu’il faut être plus dur en ce qui concerne les problèmes commerciaux et économiques). Il y a même 47% des sondés qui estiment que la Chine est la puissance économique dominante contre seulement 31% qui pensent que ce sont les Etats-Unis.
Quid de l’Europe et du G7, quid du Bric(s) dans cette configuration qui se dessine lentement et même du G20? Si les Etats-Unis et la Chine ont des intérêts évidents à traiter l’un avec l’autre, ils en ont tout autant à garder leurs alliés et des forums alternatifs de discussion qui leur permettront, quand cela est nécessaire, de faire pression l’un sur l’autre et réciproquement. Cela dit, la mondialisation, si elle demeurera une question débattue mondialement, le sera aussi et, peut-être prioritairement, au sein de ce G2 dans un avenir proche sauf bouleversement géopolitique et économique.
La compagnie aérienne indienne IndiGo, spécialisée dans les vols intérieurs vient de passer commande de 180 Airbus A320. Une commande record dans les annales de l’aviation qui permet à l’européen Airbus de repasser devant l’américain Boeing dans ce jeu à deux qui devrait devenir dans les années à venir un jeu à concurrents multiples avec l’arrivée des Chinois et la montée en puissance des Canadiens et des Brésiliens, en attendant peut –être le retour des Russes.
Néanmoins, la question du développement du transport aérien en Inde n’est pas le manque d’avions ni celui du manque de passagers, ces derniers étant en constante augmentation chaque année, mais un manque d’infrastructures aéroportuaires flagrant tout autant qu’un manque de pilotes bien formés. La balle est dans le camp du gouvernement indien qui s’est fixé comme une priorité le développement des infrastructures de transport et d’énergie dans son plan qui court jusqu’en 2012 mais dont les objectifs seront certainement reconduits pendant encore de nombreuses années.
La survie de l’Euro intéresse la planète entière ce qui est une des raisons qui permet de dire que la monnaie unique ne disparaîtra pas de sitôt. Après les encouragements de Washington aux Européens à défendre leur monnaie et leur espace financier communs, après les annonces et les investissement de la Chine dans la dette des pays de la zone Euro et de l’achat de la devise européenne, voici le Japon qui a indiqué qu’il allait acquérir plus de 20 % des premières obligations émises par le Fonds européen de stabilité financière. Cette soudaine annonce est, selon les experts, une volonté du Japon de montrer sa solidarité avec l’Europe, un de ses principaux clients, une volonté de participer à la relance d’un marché vital pour ses exportations et donc son industrie ainsi qu’un désir de montrer aux Européens qu’il n’y a pas que les Chinois qui se préoccupent de leur avenir. Car, même à des milliers de kilomètres, la rivalité Chine-Japon est bel et bien vivace…
Alexandre Vatimbella
© 2010 LesNouveauxMondes.org

Une semaine aux Etats-Unis. Une «Tragedy in Tucson» / Un discours présidentiel remarqué / Une lecture de la constitution à la Chambre des représentants / Une peine de mort qui pourrait être abolie dans l’Illinois


La tuerie de Tucson (prononcez «tussonne») dans l’Arizona a complètement dominé l’actualité aux Etats-Unis. La mort de six personnes - dont une petite fille de neuf ans née le 11 septembre 2011! – lors d’un meeting de proximité, rendez-vous traditionnel de la politique américaine, de la représentante démocrate Gabrielle Giffords a choqué une population pourtant habituée à ce genre d’événements violents. Sauf qu’il s’agissait cette fois d’une élue et dans une atmosphère tendue d’invectives et même d’appels au meurtre de la part de l’extrême-droite américaine. L’auteur de cette tuerie est un jeune homme de vingt-deux ans, sans doute dérangé et dont rien ne prouve pour l’instant qu’il a agit par mobile politique et en réponse aux attaques des républicains extrémistes contre certains démocrates dont Gabrielle Giffords (que Sarah Palin avait appelé à éliminer politiquement en mettant une cible sur sa circonscription…).
Les Américains se demandent encore une fois comment la situation a pu déraper. Mais cette violence qui traverse la société continuera à provoquer de tels drames d’autant que les armes à feu ne sont pas prêtes à être interdites. Reste qu’il serait simpliste de ne voir les Etats-Unis que comme un pays de violence et de confrontation. La réaction de la population dans sa grande majorité et le discours de Barack Obama à Tucson en mémoire aux victimes en témoigne. Du coup, les invectives de la droite extrême aux réactions indignées à cet acte inqualifiable, notamment des commentateurs de la chaîne Fox news, toujours eux, et les justifications indécentes de ses propos de haine par Sarah Palin ont été fortement critiquées par une majorité des Américains.
Quant au discours de Barack Obama, il a été applaudi pour sa profondeur qui a touché tous ceux qui l’ont écouté. Il a demandé que ceux qui ont payé de leur vie ne soient pas morts pour rien et que ses concitoyens s’unissent, reprenant les accents de sa campagne électorale quand il parlait d’une seule Amérique rouge (républicaine) et bleue (démocrate).
Juste avant cette tragédie, la majorité républicaine à la Chambre des représentants avaient mis au point un agenda chargé qui devait démontrer leur volonté de «changer Washington» et de défaire les mesures les plus honnies par eux comme la loi sur l’assurance santé. Un agenda qui a été repoussé après la tragédie. Avant de commencer, les républicains avaient décidé de lire à haute voix la Constitution des Etats-Unis à la Chambre. Car, pour eux, c’est parce que celle-ci n’est pas respectée à la lettre que l’on connait les dérives d’un Etat fédéral omniprésent et liberticide. Bien que leur vision figée d’une Constitution ne soit pas partagée par de nombreux juristes, même des conservateurs, ils espèrent ainsi ramener le pays dans le droit chemin, c’est-à-dire dans celui du chacun pour soi qui est plus un mythe qu’une réalité ayant jamais existé même au cours du XIX° siècle du boom économique et de la conquête de l’Ouest.
Ironie du sort, la lecture du Premier amendement, garantissant la liberté d’expression, fut lu par Gabrielle Giffords. Celle-ci avait déclaré être très honorée d’avoir été choisie pour le faire…
Beaucoup d’étrangers pensent que les Etats-Unis sont le pays de la peine de mort. Et les nombreuses exécutions capitales semblent leur donner raison. Cependant, il faut savoir que le pays est loin d’être monolithique en la matière. Ainsi la peinde de mort a été abolie dans quinze Etats (contre trente-cinq où elle est toujours en vigueur). De même, la réflexion est vive parmi la population. Dans ce cadre, le vote par le Congrès de l’Illinois d’abolir la peine de mort en est une nouvelle preuve. Il reste au Gouverneur, un républicain, à signer la loi afin qu’elle entre en vigueur. Le cas de cet Etat est emblématique de la problématique de la peine de mort aux Etats-Unis. C’est un autre gouverneur, lui aussi républicain, qui avait suspendu sine die la peine capitale parce qu’un rapport accablant avait démontré que de nombreux innocents avaient été exécutés, ce qui est le cas dans beaucoup d’autres Etats.
Mais c’est peut-être une autre raison qui perrmettra d’abolir définitivement la peine de mort dans l’Illinois puis dans le reste des Etats-Unis: son coût! Il est en effet excessivement cher d’exécuter des criminels alors qu’il est beaucoup moins cher de les garder en prison leur vie durant. A noter qu’il faudrait que vingt-six Etats, soit la moitié plus un, qui abolissent la peine de mort pour que celle-ci soit supprimée automatiquement dans les autres Etats.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

samedi 15 janvier 2011

Timothy Geithner pour de nouvelles relations sino-américaines

La Chine et les Etats-Unis cherchent à pacifier leurs relations, notamment économiques, afin d’en faire un challenge gagnant-gagnant. La prochaine visite du Président chinois, Hu Jintao, à Washington, la semaine prochaine, devrait y être largement consacrée. En attendant, les officiels des deux côtés du Pacifique multiplient les déclarations en ce sens sans pour autant faire des concessions sur le fond.
Derniers en date, les propos apaisants du secrétaire au Trésor de l’Administration Obama, Timothy Geithner lors d’un discours à l’université John Hopkins dont il a été un des étudiants. Pour celui qui a pourfendu la politique économique chinoise avant même sa prise de fonction, la Chine et les Etats-Unis ont tout à gagner dans le succès de l’autre et devraient être plus que des rivaux. Néanmoins, il a rappelé les revendications traditionnelles américaines, que la Chine libéralise son économie, qu’elle abaisse ses barrières protectionnistes vis-à-vis des produits américains, qu’elle arrête de manipuler sa monnaie et qu’elle sévisse contre l’appropriation illégale de la technologie US par des entreprises chinoises.
Le but est de rééquilibrer le commerce entre les deux pays en augmentant les importations américaines en Chine grâce à la croissance de sa consommation intérieure de celle-ci. En résumé, Timothy Geithner préférerait que la Chine investisse dans son marché domestique plutôt que dans les subventions à ses exportations. Pas sûr que le gouvernement chinois entende cet appel. En tout cas, pas tout de suite même si a forte inflation que devrait connaître le pays cette année devrait l’y encourager.
Alexandre Vatimbella
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vendredi 14 janvier 2011

Rebond de la popularité de Barack Obama


La plupart des sondages réalisés en ce début d’année indiquent un rebond de la popularité du président américain. Ainsi, dans le sondage Gallup, Barack Obama passe à nouveau la barre des 50% d’opinions favorables (Rappelons qu’un autre sondage Gallup faisait de lui la personnalité masculine la plus admirée par les Américains pour la troisième année consécutive). Celui de l’université de Quinnipiac lui donne 48% d’opinions favorables contre 44% de défavorables. Quant au sondage du Pew Research Center, il donne 46% d’approbation du travail du président contre 44% de désapprobation.
Alexandre Vatimbella
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jeudi 13 janvier 2011

Croissance mondiale de 3,3% en 2011 selon la Banque mondiale


Selon la Banque mondiale le taux de croissance du PIB mondial sera de 3,3% en 2011 contre 3,9% en 2010 et de 3,6% en 2012. Ce sont les pays en développement qui tireront cette croissance avec des taux de 6% en 2011 et 6,1% en 2012 contre 7% en 2010, Les pays à revenu élevé, quant à eux ne verront leur PIB croître que de 2,4% en 2011 et de 2,7% en 2012 contre 2,8 % pour 2010.
C’est la région Asie de l'Est-Pacifique, dont le PIB a cru de 9,3% en 2010, qui a était à l’origine de la reprise mondiale avec évidemment la Chine en locomotive (+10 % de croissance et un gonflement de 35 % des importations). Le reste de la région a connu une hausse de son PIB de 6,8 %. En 2011 le taux de croissance devrait être de 8% et de 7,8% en 2012. Vient ensuite la région de l’Asie du Sud avec un taux de croissance de 8,7% en 2010 et une hausse moyenne du PIB de 7,9 % sur la période 2011-2012, avec, ici, une locomotive appelée Inde.
Commentant ces chiffres, Justin Yifu Lin, économiste en chef de la Banque mondiale estime que «sur un plan positif, la forte expansion de la demande intérieure dans les pays en développement tire l'économie mondiale; toutefois les difficultés qui persistent dans le secteur financier de certains pays à revenu élevé continuent de menacer la croissance et nécessitent l’adoption immédiate de mesures gouvernementales».
Louis-Jean de Hesselin
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mardi 11 janvier 2011

Le Brésil accuse la Chine et les Etats-Unis de manipuler leurs monnaies


Le Brésil ne décolère pas depuis des mois devant la manipulation des monnaies de la part de plusieurs pays. Pendant longtemps, sous le règne de Lula da Silva, les attaques étaient centrées quasi-uniquement sur les Etats-Unis. La prise de fonction de Dilma Rousseff en tant que présidente aurait-elle changé la donne? En tout cas, Guido Mantega, le ministre de l’Economie critique maintenant à égalité les Américains et les Chinois. Ces derniers sont considérés par la communauté internationale comme les plus grands manipulateurs mais le Brésil souhaitait jusqu’à présent ménager son partenaire dans le club du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) et son premier partenaire commercial.
Cette stratégie qui n’a donné aucun résultat, la Chine n’ayant fait aucun acte concret pour freiner la montée du real brésilien face à sa monnaie, le yuan, les autorités brésiliennes, très inquiètent pour leurs exportations et par la multiplication des capitaux spéculatifs qui se portent sur son marché financier, a décidé de réagir.
Selon Guido Mantega, «c'est une guerre des devises qui est en train de tourner à la guerre commerciale. (…) Nous avons d'excellentes relations commerciales avec la Chine (...) mais il y a quelques problèmes. (…) Bien sûr, nous souhaitons voir une réévaluation du yuan».
Quant au dollar, le ministre estime que le déficit de la balance commerciale américano-brésilienne en défaveur de son pays est le fruit d’une politique monétaire mise en place par Washington. Et il a indiqué qu’il allait porter l’affaire de la manipulation du dollar et du yuan devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce).
Alexandre Vatimbella
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La tuerie de Tucson visait une représentante démocrate centriste


Le tueur d’extrême-droite qui a perpétré une tuerie lors d’un meeting d’une représentante du Congrès des Etats-Unis dimanche dans une centre commercial de Tucson (Arizona) voulait éliminer une élue démocrate centriste, Gabrielle Giffords. Celle-ci a été blessée grièvement alors que six personnes qui se trouvaient sur les lieux ont été tués dont une fillette de neuf ans.
L’homme qui a tiré détestait depuis longtemps les prises de positions modérées de la représentante qui avait notamment voté la réforme de la santé de Barack Obama et s’était opposée à la loi contre l’immigration clandestine en Arizona qui a soulevé une indignation dans le pays pour ses mesures discriminatoires envers tous les latinos, en règle ou non.
Pour la majorité des commentateurs, le climat de haine entretenu par les extrémistes de droite et, plus particulièrement, par les populistes du mouvement du Tea Party relayés par les stars des talk shows de Fox News, la chaîne de télévision de la droite radicale, sont coupables d’avoir envenimé le débat politique et avoir désigné, nommément, de nombreux élus démocrates à abattre. Ainsi, Gabrielle Giffords avait été dénoncée par Sarah Palin, l’égérie de tous ces extrémistes et ancienne colistière du républicain John McCain lors de la dernière présidentielle. Le nom de la démocrate apparaissait accompagné d’une cible sur le site internet de madame Palin…

Alexandre Vatimbella
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dimanche 9 janvier 2011

La semaine de la mondialisation. L’Europe se vend sans amour propre à la Chine / La lutte contre l’inflation, grande cause des émergents / La Chine espionne l’industrie française / Les Etats-Unis en mal d’innovation


La tournée de Li Keqiang, cette semaine, en Europe a été l’occasion pour le vice-premier ministre chinois de porter la bonne parole de Pékin aux pays européens dans le plus grand doute sur leur avenir. Ses visites en Espagne, en Grande Bretagne et en Allemagne ont été l’occasion d’un accueil amical dans l’espoir de juteux contrats, comme d’habitude, mais aussi, et c’est nouveau, d’une aide économique et financière. Quelle belle revanche pour l’Empire du milieu humilié par les européens à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle, pays sous-développé au sortir de la deuxième guerre mondiale, et qui va devenir le principal banquier d’une Europe, autrefois arrogante et bien peu fière aujourd’hui d’accepter des milliards de dollars d’un pays où règne un parti unique et où un régime autoritaire bride les libertés fondamentales…
L’inflation devrait bien être le problème numéro un des grands pays émergents au cours de l’année 2011, surtout si leur croissance continue à atteindre des sommets comme l’annoncent les différents prévisionnistes. Ainsi, au moment où l’Inde annonce une hausse de son PIB de 9% à 10% pour cette année, les prix alimentaires s’envolent à nouveau après des pluies tardives qui remettent en question les bonnes récoltes prévues après une bonne mousson. Au Brésil, l’inflation n’avait jamais été aussi haute depuis 2004 et les autorités monétaires devraient à nouveau intervenir. La Chine, de son côté, a mis en place tout un arsenal pour éviter un dérapage des prix.
La Chine est également dans l’actualité pour être fortement suspectée d’avoir espionnée Renault et pour avoir réussi à voler des secrets importants concernant les futurs véhicules électriques de la marque française. Ainsi, trois de ses cadres auraient touché de l’argent contre des brevets sur des batteries. Renault a investi quatre milliards d’euros dans la mise au point d’une voiture électrique compétitive et a déjà déposé 56 brevets (et devraient en déposer une centaine d’autres). Ce ne serait guère étonnant tellement les entreprises chinoises ont besoin des technologies de pointe des occidentaux pour se développer et franchir un palier dans la qualité de leurs produits. Et comme elles ne parviennent pas à les acquérir légalement, ni même en forçant les entreprises étrangères à leur donner leurs dernières innovations contre une entrée sur le marché chinois, il reste à les acquérir illégalement. Comme l’a expliqué un spécialiste de la question à l’AFP, «Les grandes entreprises chinoises ont de gros budgets recherche et développement, dont une partie est utilisée pour faire du renseignement avec d'importants budgets pour acheter les gens». Rappelons, toutefois, que l’espionnage industriel est une activité internationale et que pas un seul pays au monde n’y échappe en tant qu’espion et espionné…
Selon la Fondation américaine pour les Technologies de l'Information et l'Innovation (ITIF), les Etats-Unis occupent la sixième place des pays les plus compétitifs en matière d'innovation. Et, en prenant les dix dernières années, le pays ne se classe plus que quarantième en matière de progression de sa compétitivité! Rappelons que les Américains régnaient en maître dans le domaine de l’innovation à la fin des années 1990. Selon l’ITIF, cela provient d’une adaptation insuffisante de l’économie US à la globalisation. De même, la capacité d’innovation du pays est moins prégnante vis-à-vis de ses concurrents. D’autres rapports disent à peu près la même chose et les pouvoirs publics, conscients du problème, tentent de relancer la machine à innover. Cependant, un des programmes phares de Barack Obama en la matière, la création de millions d’emplois verts, n’a pu voir le jour et aura du mal à être mis en route maintenant que les républicains sont majoritaires à la Chambre des représentants, eux qui se sont opposés depuis le début à la mis en place de ce plan. Néanmoins, la Silicon Valley et les autres lieux innovants des Etats-Unis travaillent sur des projets qui pourraient inverser cette tendance au déclin.
Alexandre Vatimbella
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samedi 8 janvier 2011

Une semaine aux Etats-Unis. Loto à 355 millions de dollars: deux gagnants dans l’Idaho et Washington State / Obama, sa nouvelle équipe et son projet en une phrase magique / Que vont faire les républicains / Le sacrilège fait à Huckleberry Finn / Pluie d’oiseaux morts dans l’Arkansas et le Mississipi / Le commandant du porte-avions Entrepris viré / Pas de miracle pour les Giants


C’était la plus grosse cagnotte jamais mise en jeu par le loto de New York, le plus important du pays: 355 millions de dollars. Les gens ont fait la queue devant les kiosques des rues et des avenues de Big Apple. Mais, encore une fois, ce sont des habitants d’autres Etats qui ont gagné! Deux, un dans l’Idaho et un autre dans l’Etat de Washington. Ce dernier, si content de repartir avec un chèque de plus de 175 millions de dollars est venu le dire à la télévision en montrant son visage aux caméras. Pas sûr que cette dernière initiative lui porte chance…
La cohabitation «made in USA» (que l’on appelle «divided government») a débuté à Washington. Le challenge pour Barack Obama est de tenir pendant deux ans en pratiquant une politique d’ouverture et en prenant des initiatives populaires. De même, lui conseillent certains «pundits» (c’est-à-dire des experts renommés), il lui faut trouver une formule-choc qui va caractériser sa nouvelle orientation. En attendant de l’avoir trouvée, le président a décidé de remplacer un grand nombre de ses collaborateurs à la Maison blanche (comme c’est de plus en plus le cas pour tous les présidents, le travail harassant dans l’équipe présidentielle ne pouvant souvent pas être exercé pendant les quatre ans d’un mandat).
Evidemment, dans une optique de cohabitation, il a choisi de nombreux démocrates centristes qui ont travaillé avec Bill Clinton et qui ont fait leurs preuves face à un Congrès dominé par les républicains, même si, cette fois-ci, seule la Chambre des représentants est à majorité républicaine. Son nouveau «chief of staff» (chef de cabinet) vient de Chicago et de la famille Daley, maire de père en fils et initiatrice de la «machine Daley» qui n’a pas toujours navigué en eau claire et saine… Mais William, lui, n’a pas été maire comme son frère et son père, «seulement» ministre du commerce de Bill Clinton et était, avant sa nomination, un des dirigeants de la banque JP Morgan Chase.
Autre nouveau collaborateur, Gene Sperling, qui va prendre en main l’économie, avait déjà occupé un tel poste lors de la présidence Clinton. Barack Obama ne voulait pas suivre les pas de Bill Clinton. C’est en tout cas ce qu’il avait déclaré lors des primaires du Parti démocrate afin de n’être pas lâché par les libéraux, les démocrates les plus à gauche, nécessaires pour son investiture face à Hillary Clinton, détestée par ceux-ci. Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Surtout quand on prend un «shellaking» (une rouste) lors des élections de mi-mandat…
Quant aux républicains, leur challenge va être de devoir démontrer leur capacité à gouverner. Leur large victoire, paradoxalement, mais aussi leur absence de leaders naturels vont être un handicap d’autant que le parti républicain est traversé par de nombreuses tendances et que certains élus n’ont aucunement l’intention de faire allégeance au mouvement réactionnaire Tea Party même s’ils sont des conservateurs bons teints.
Mark Twain va peut-être se retourner dans sa tombe. Encore qu’il ne se faisait pas trop d’illusions sur la nature humaine. Voilà que son chef d’œuvre, Huckleberry Finn est, de nouveau sur la sellette, pour l’emploi du mot «nigger» (nègre), qui est aujourd’hui considéré comme outrageant envers la communauté noire, ou, plutôt, afro-américaine. Ce qui n’était évidemment pas le cas à l’époque où écrivait celui qui est considéré comme le plus grand auteur américain. Un livre vient de sortir où «nigger» a été remplacé par «slave» (esclave). Son «auteur» a expliqué qu’il souhaitait ainsi que l’œuvre soit à nouveau étudiée à l’école et disponible dans de nombreuses bibliothèques, ce qui n’est plus le cas avec la version originale.
Si quelques uns ont applaudi à cette initiative, la plupart des commentateurs ont rué dans les brancards accusant cette morale politiquement correcte et bien-pensante de réécrire des chefs d’œuvres et, à tout le moins, d’être ridicule. Ceci rappelle une citation savoureuse d’un afro-américain: «Avant j’étais un nègre. Puis je suis devenu un homme de couleur avant d’être un noir. Aujourd’hui, je suis un afro-américain. Mais je n’ai jamais vu la différence»!
Des oiseaux morts sont tombés du ciel sur des habitants de l’Arkansas et du Mississipi sans que l’on sache pour l’instant le pourquoi de cet étrange phénomène même si les explications n’ont pas manqué. Les plus sérieuses sont celles qui expliquent le phénomène par les tirs de feu d’artifice du nouvel an qui auraient pu provoquer une véritable panique chez ces oiseaux qui voient très mal la nuit et qui se seraient heurtés les uns les autres mais aussi dans tout un tas d’obstacles comme les maisons et les arbres. En attendant de savoir, si ce sera possible, la vraie raison, les journaux télévisés américains n’ont pas manqué l’aubaine d’en faire leurs gros titres.
Owen Honors était un as de l’aviation et un soldat sans peur. Mais il n’est plus sans reproche depuis qu’internet a dévoilé ses émissions de télévision alors qu’il était capitaine en second d’un des porte-avions emblématiques du pays, l’Entreprise. Il animait ainsi une sorte de talk-show pour les membres de l’équipage et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faisait dans l’humour graveleux et un peu «beauf». Devant ce spectacle ridicule à portée d’un large public mais déjà connu de sa hiérarchie, l’US Navy a d’abord décidé de suspendre celui qui était devenu depuis le capitaine du navire. Puis, elle l’a tout simplement viré arguant que ses apparitions télévisuelles ne permettaient plus d’avoir confiance en lui, ni dans ses capacités de commandement. Pourtant, toujours sur internet, nombre de ses subordonnés lui ont apporté leur soutien sur des pages facebook créées pour l’occasion…
Les Giants ne joueront pas les play-offs du championnat de football américain. Ils sont passés près de la qualification mais l’équipe newyorkaise a, une nouvelle fois, failli à participer à la deuxième phase de la saison et déçu ses nombreux fans. Les joueurs avaient pourtant bien commencé, comme d’habitude, avant de s’effondrer, comme d’habitude…
Alexandre Vatimbella
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mercredi 5 janvier 2011

Sondage: Barack Obama remonte à 50% d’opinions favorables


Selon le traditionnel sondage Gallup sur la popularité du président des Etats-Unis, Barack Obama, obtient un taux de 50% d’opinions favorables dans sa dernière édition réalisée fin décembre et début janvier (à titre de comparaison, Ronald Reagan était à 39% à la même période de son premier mandat avant d’être réélu triomphalement deux ans plus tard). Un pourcentage que le locataire de la Maison Blanche n’avait pas obtenu depuis juin dernier.
Ce regain de popularité peut s’expliquer par les dernières victoires législatives de Barack Obama (baisses d’impôts, reconduction des allocations chômages pour les demandeurs d’emploi en fin de droits, abrogation de la loi sur l’impossibilité pour les militaires américains d’avouer leur homosexualité, mesures pour les petites et moyennes entreprises, etc.). Des victoires qui ont montré sa capacité à trouver des compromis et à mettre en place un consensus et qui confortent son positionnement centriste.
Pour autant, la nouvelle année s’annonce périlleuse pour le président américain puisque une nouvelle législature prend les commandes avec une majorité de républicains à la Chambre des représentants. Ces derniers ont déjà prévu de demander l’annulation de la loi sur l’assurance santé qui est la principale mesure des deux premières années de présidence de Barack Obama.
Il est très peu probable que les républicains puissent parvenir à leurs fins mais la pression sur la Maison blanche sera forte et Barack Obama devra être fin tacticien afin de sortir vainqueur de ce bras de fer pour pouvoir être réélu en 2012.
Alexandre Vatimbella
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dimanche 2 janvier 2011

Une semaine aux Etats-Unis. Barack Obama et Hillary Clinton, les plus admirés / Intempéries de la côte Est et report du match de NFL / Libération contre un don de rein / Facebook continue son ascension / Oprah Winfrey lance sa chaîne de télévision


Comme en 2008, comme en 2009, Barack Obama arrive en tête des hommes les plus admirés par les Américains. Selon le sondage Gallup pour le quotidien USA Today, il obtient 22% des votes des sondés devant George W Bush (5%) et Bill Clinton (4%). A noter que son pourcentage est en constante baisse (30% en 2009 et 32% en 2008)
En ce qui concerne les femmes, Hillary Clinton se hisse à la première place pour la quinzième fois en dix-huit ans, depuis son apparition en 1992 après l’élection de son mari à la présidence. Avec 17% des votes, elle devance Sarah Palin (12%), Oprah Winfrey (11%) et Michelle Obama (5%).
Sacrilège au pays du football américain, le mythique match du dimanche soir retransmis sur NBC a été reporté par les autorités de la ville de Philadelphie où il devait se dérouler et par les officiels de la NFL (National football league). Jamais ce match n’avait été reporté. S’il l’a été c’est pour une bonne raison, assurer la sécurité des fans du fait des intempéries qui ont frappé la côte Est des Etats-Unis et dont on a vu l’importance avec des chutes de neiges et des tempêtes de grande ampleur.
Mais, ont rétorqué les fans de football, dont le gouverneur de Pennsylvanie, le démocrate Ed Rendell, dont Philadelphie est la capitale, si le championnat a lieu en hiver, c’est parce que, quoiqu’il arrive, on joue un match et les conditions atmosphériques font partie du jeu et de son côté spectaculaire qui plait tant au public. Et puis ce report démontre, a ajouté Rendell, que les Américains ont perdu le goût de se battre et cet esprit pionnier qui a fait le succès de la nation. Rien de moins que ça! La rencontre a été rejouée le mardi soir et les Eagles de Philadelphie ont été punis puisqu’ils ont perdu devant les Vikings du Minnesota 14 à 24. Il est fort à parier qu’ils accepteront de jouer dans le pire blizzard la prochaine fois…
Concernant les intempéries, la ville de New York a été complètement ensevelie sous la neige et, comme d’habitude, a été incapable de gérer correctement cet épisode. Michael Bloomberg, le maire de la ville, a été vertement critiqué pour sa gestion de la crise et a fait amende honorable. Il faut dire que la rue où il habite avait été rapidement déneigée alors que la majorité des rues newyorkaises demeuraient, elles, impraticable recouvertes de plus de 60 cm de neige.
Car, à New York, si les grandes artères comme les avenues, les voies rapides et les autoroutes sont généralement balayées et rendues à la circulation dans un court délai, il n’en est pas de même des rues. Ces difficultés de circulation ont été aussi la cause de retards ou de l’annulation de vols dans les aéroports car de nombreux employés de ceux-ci et des compagnies aériennes ont été dans l’impossibilité de se rendre à leur travail…
Cependant, ce sont bien les pistes enneigées qui ont semé une véritable pagaille dans les trois aéroports de la ville (JFK, Newark et La Guardia). Annulations de vols, retards, passagers devant dormir par terre ou sur des lits de camp, avions atterrissant et bloqués pendant des heures sur le tarmac faute de place pour se garer (à cause des avions qui ne pouvaient décoller), la désorganisation a été totale comme cela avait été le cas en Europe quelques jours auparavant.
Une histoire a fait la une ces derniers jours. Elle concerne deux sœurs noires, les sœurs Scott, qui avaient participé à un cambriolage dans le Mississipi et qui avaient été condamnées à la prison à vie, un verdict extrêmement sévère puisqu’elles n’avaient utilisé aucune violence. Jamie et Gladys viennent d’être graciées par le gouverneur de l’Etat, Haley Barbour, un républicain pur et dur qui a des visées pour être le prochain candidat de son parti aux élections présidentielles de 2012 (ceci expliquant cela pour certains). Mais il y a eu une condition à cette grâce, le don de rein d’une sœur à l’autre qui a besoin d’une transplantation urgente pour demeurer en vie.
Beaucoup ce sont émus de cette grâce avec condition notamment les professionnels des transplantations qui estiment que la loi a été violée puisque le don doit être gratuit et venant d’un consentement libre et sans pression ce qui ne correspond pas à ce cas là. Néanmoins, les observateurs estiment que le gouverneur a utilisé ce subterfuge pour libérer les deux sœurs dont la détention devenait un véritable scandale mais qu’il préfèrerait le faire pour une raison «humanitaire» afin de ne pas être accusé par les radicaux républicains de faiblesse face au crime…
Facebook continue son ascension irrésistible. Selon l’organisme Experian Hitwise, le réseau social aurait été le site le plus visité aux Etats-Unis sur les onze premiers mois de 2010 avec 9% du total des connections et aurait ainsi détrôné le moteur de recherche Google (7,2% des visites). Une année faste pour Mark Zuckerberg, son fondateur, qui a été élu homme de l’année par le magazine Time et héros d’un film consacré à son exceptionnelle aventure ayant fait de lui le plus jeune milliardaire de tous les temps à 23 ans. A noter qu’au niveau mondial, Google garde sa première place devant Facebook selon une étude de ComScore.
Oprah Winfrey n’a peut-être pas été élue la femme la plus admirée des Américains mais elle vient de lancer sa propre chaîne de télévision le 1er janvier 2011. Celle qui a, tout de même, été élue «femme la plus influente des Etats-Unis» a ainsi décidé de voler de ses propres ailes et de capitaliser sur sa formidable popularité qui draine ainsi tous les jours sept millions de téléspectateurs sur ABC pour regarder son talk show et qui lui permet de vendre 2,4 millions d’exemplaires de son magazine chaque mois. Baptisée avec modestie «Oprah Winfrey Network» (!), la chaîne se donne pour mission de «distraire, inspirer et éduquer». Si l’animatrice ne sera pas tout le temps à l’antenne, elle a du, néanmoins, augmenté son temps de présence sur les plateaux à la demande de son partenaire, Discovery Communications.
A noter, enfin, que les festivités du nouvel an de Times Square à New York ont rassemblé 1,5 millions de personnes et que tout s’est bien déroulé sous le regard de quatre cents caméras de surveillance. Happy New Year!
Alexandre Vatimbella
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samedi 1 janvier 2011

La semaine de la mondialisation. Les plats de la mondialisation 2010 risquent bien de repasser en 2011…


Etats-Unis-Chine, G2 à haute tension / Les émergents, entre croissance et inflation / Bric devient Brics et bientôt Bricis? / L’Inde peut-elle concurrencer la Chine? / Euro, crise de croissance ou début de la fin?
En matière de mondialisation, l’année 2011 devrait ressembler à sa devancière. Les mêmes problématiques devraient se poursuivre et s’approfondir. C’est le cas, en premier lieu, de ce fameux G2 regroupant les Etats-Unis et la Chine qui existe tout en n’existant pas! Bien sûr, il n’y a pas de gouvernance mondiale organisée partagée entre les deux grands. Mais qui peut croire un instant qu’une décision importante en matière de mondialisation pourrait être prise sans l’aval de ces deux là? Plus personne. D’ailleurs, quand Yang Jiechi plaide pour l’approfondissement des liens entre les deux pays et déclare que «les relations sino-américaines doivent être coopératives et gagnant-gagnant et non pas un jeu à somme nulle», il ne fait que traduire en mots le sentiment qui a cours à Washington et à Pékin dans les cercles dirigeants et dans les milieux politiques et économiques. Et cela donne une réalité à ce groupe des deux, composé d’une superpuissance dans le doute et d’une grande puissance en pleine euphorie. C’est en tout cas l’image superficielle que l’on en a souvent.
Or, tout n’est pas encore donné de ce point de vue là. Les Etats-Unis pourraient bien sortir de leur atonie au cours de l’année et reprendre du poil de la bête alors que la Chine pourrait bien connaître des moments difficiles. Ceux-ci s’appellent inflation, bulles spéculatives, mécontentement social, pollution et faiblesses structurelles de la machine économique.
Ils ne sont pas limités à la Chine –même s’ils sont plus prégnants dans l’Empire du milieu- mais ils touchent tous les grands pays émergents, de l’Inde au Brésil en passant par la Russie, l’Indonésie ou l’Afrique du Sud qui ont vu repartir leurs croissances assez vite après une pause ou même une régression dues à la crise économique mondiale.
Des émergents qui nous jouent le jeu de l’entente cordiale dans leur club privé du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui devient cette année le Brics (avec l’Afrique du Sud en sus) et qui pourrait s’élargir encore dans les années qui viennent à l’Indonésie voire au Mexique, à l’Argentine et à quelques autres. Pour autant, ce club est tout aussi disparate que le G8 (des pays avancés + la Russie) ou que le G20. Les divergences sont au moins aussi importantes que les intérêts communs, les plus fortes étant entre la Chine et l’Inde mais pas seulement. Cependant, le Bric(s) a au moins l’énorme avantage d’être un forum où on se parle. Et, généralement, quand on se parle, on ne se fait pas la guerre…
Pour autant, la rivalité entre les deux grands émergents d’Asie, la Chine et l’Inde, ne devrait pas connaître de pause même si le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en visite à New Dehli, a plaidé pour une relation plus proche. Cela rappelle les propos de Manmohan Singh, le Premier ministre indien, qui, il y a quelques années, avait dit à Hu Jintao, le Président chinois, que l’Inde et la Chine, alliée, pourrait dominer le monde en devenant partenaires. Mais, avant de dominer le monde ensemble, encore faut-il que l’Inde joue sur un pied d’égalité avec la Chine, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui même si les croissances de deux pays se rapprochent. L’Inde a du chemin à faire pour bâtir une machine économique aussi efficace que la chinoise et à réduire sa pauvreté qui est bien plus importante que ne veulent bien le dire des statistiques officielles bien complaisantes en la matière (cela dit, les statistiques chinoises ne sont guère plus crédibles…).
Et puis, il faudra apurer tout le passif entre les deux qui ne baisse pas, bien au contraire. Car, aux différends frontaliers et aux craintes qu’inspire chaque pays à l’autre, se sont ajoutés, au fil du temps, des différends économiques et commerciaux qui ne pourront que s’amplifier dans un monde où la lutte pour le développement économique, la conquête de nouveaux marchés et l’approvisionnement en matières premières se fera de plus en plus présente.
Une lutte que l’Europe risque de regarder en simple spectateur si elle continue à se déliter et à la jouer petit bras. La crise de l’euro qui devrait encore perdurer cette année et toucher éventuellement des pays comme l’Espagne, voire l’Italie, sera toujours le révélateur d’une envie d’Europe de la part des pays de la zone euro mais aussi de l’Union européenne. Cela dit, il n’y a pas de plan B en matière monétaire car l’abandon de l’euro serait une catastrophe pour l’Europe. C’est donc à un renforcement des liens entre pays européens qu’il faut s’atteler de Berlin à Paris en passant par Londres, Madrid ou Rome. Il n’y a pas d’alternatives sauf à vouloir démanteler un espace économique et de paix qui permet encore à ses membres de peser dans le monde même si ce poids diminue de plus en plus.
Alexandre Vatimbella
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