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samedi 1 janvier 2011

La semaine de la mondialisation. Les plats de la mondialisation 2010 risquent bien de repasser en 2011…


Etats-Unis-Chine, G2 à haute tension / Les émergents, entre croissance et inflation / Bric devient Brics et bientôt Bricis? / L’Inde peut-elle concurrencer la Chine? / Euro, crise de croissance ou début de la fin?
En matière de mondialisation, l’année 2011 devrait ressembler à sa devancière. Les mêmes problématiques devraient se poursuivre et s’approfondir. C’est le cas, en premier lieu, de ce fameux G2 regroupant les Etats-Unis et la Chine qui existe tout en n’existant pas! Bien sûr, il n’y a pas de gouvernance mondiale organisée partagée entre les deux grands. Mais qui peut croire un instant qu’une décision importante en matière de mondialisation pourrait être prise sans l’aval de ces deux là? Plus personne. D’ailleurs, quand Yang Jiechi plaide pour l’approfondissement des liens entre les deux pays et déclare que «les relations sino-américaines doivent être coopératives et gagnant-gagnant et non pas un jeu à somme nulle», il ne fait que traduire en mots le sentiment qui a cours à Washington et à Pékin dans les cercles dirigeants et dans les milieux politiques et économiques. Et cela donne une réalité à ce groupe des deux, composé d’une superpuissance dans le doute et d’une grande puissance en pleine euphorie. C’est en tout cas l’image superficielle que l’on en a souvent.
Or, tout n’est pas encore donné de ce point de vue là. Les Etats-Unis pourraient bien sortir de leur atonie au cours de l’année et reprendre du poil de la bête alors que la Chine pourrait bien connaître des moments difficiles. Ceux-ci s’appellent inflation, bulles spéculatives, mécontentement social, pollution et faiblesses structurelles de la machine économique.
Ils ne sont pas limités à la Chine –même s’ils sont plus prégnants dans l’Empire du milieu- mais ils touchent tous les grands pays émergents, de l’Inde au Brésil en passant par la Russie, l’Indonésie ou l’Afrique du Sud qui ont vu repartir leurs croissances assez vite après une pause ou même une régression dues à la crise économique mondiale.
Des émergents qui nous jouent le jeu de l’entente cordiale dans leur club privé du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui devient cette année le Brics (avec l’Afrique du Sud en sus) et qui pourrait s’élargir encore dans les années qui viennent à l’Indonésie voire au Mexique, à l’Argentine et à quelques autres. Pour autant, ce club est tout aussi disparate que le G8 (des pays avancés + la Russie) ou que le G20. Les divergences sont au moins aussi importantes que les intérêts communs, les plus fortes étant entre la Chine et l’Inde mais pas seulement. Cependant, le Bric(s) a au moins l’énorme avantage d’être un forum où on se parle. Et, généralement, quand on se parle, on ne se fait pas la guerre…
Pour autant, la rivalité entre les deux grands émergents d’Asie, la Chine et l’Inde, ne devrait pas connaître de pause même si le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en visite à New Dehli, a plaidé pour une relation plus proche. Cela rappelle les propos de Manmohan Singh, le Premier ministre indien, qui, il y a quelques années, avait dit à Hu Jintao, le Président chinois, que l’Inde et la Chine, alliée, pourrait dominer le monde en devenant partenaires. Mais, avant de dominer le monde ensemble, encore faut-il que l’Inde joue sur un pied d’égalité avec la Chine, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui même si les croissances de deux pays se rapprochent. L’Inde a du chemin à faire pour bâtir une machine économique aussi efficace que la chinoise et à réduire sa pauvreté qui est bien plus importante que ne veulent bien le dire des statistiques officielles bien complaisantes en la matière (cela dit, les statistiques chinoises ne sont guère plus crédibles…).
Et puis, il faudra apurer tout le passif entre les deux qui ne baisse pas, bien au contraire. Car, aux différends frontaliers et aux craintes qu’inspire chaque pays à l’autre, se sont ajoutés, au fil du temps, des différends économiques et commerciaux qui ne pourront que s’amplifier dans un monde où la lutte pour le développement économique, la conquête de nouveaux marchés et l’approvisionnement en matières premières se fera de plus en plus présente.
Une lutte que l’Europe risque de regarder en simple spectateur si elle continue à se déliter et à la jouer petit bras. La crise de l’euro qui devrait encore perdurer cette année et toucher éventuellement des pays comme l’Espagne, voire l’Italie, sera toujours le révélateur d’une envie d’Europe de la part des pays de la zone euro mais aussi de l’Union européenne. Cela dit, il n’y a pas de plan B en matière monétaire car l’abandon de l’euro serait une catastrophe pour l’Europe. C’est donc à un renforcement des liens entre pays européens qu’il faut s’atteler de Berlin à Paris en passant par Londres, Madrid ou Rome. Il n’y a pas d’alternatives sauf à vouloir démanteler un espace économique et de paix qui permet encore à ses membres de peser dans le monde même si ce poids diminue de plus en plus.
Alexandre Vatimbella
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