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dimanche 16 janvier 2011

Une semaine aux Etats-Unis. Une «Tragedy in Tucson» / Un discours présidentiel remarqué / Une lecture de la constitution à la Chambre des représentants / Une peine de mort qui pourrait être abolie dans l’Illinois


La tuerie de Tucson (prononcez «tussonne») dans l’Arizona a complètement dominé l’actualité aux Etats-Unis. La mort de six personnes - dont une petite fille de neuf ans née le 11 septembre 2011! – lors d’un meeting de proximité, rendez-vous traditionnel de la politique américaine, de la représentante démocrate Gabrielle Giffords a choqué une population pourtant habituée à ce genre d’événements violents. Sauf qu’il s’agissait cette fois d’une élue et dans une atmosphère tendue d’invectives et même d’appels au meurtre de la part de l’extrême-droite américaine. L’auteur de cette tuerie est un jeune homme de vingt-deux ans, sans doute dérangé et dont rien ne prouve pour l’instant qu’il a agit par mobile politique et en réponse aux attaques des républicains extrémistes contre certains démocrates dont Gabrielle Giffords (que Sarah Palin avait appelé à éliminer politiquement en mettant une cible sur sa circonscription…).
Les Américains se demandent encore une fois comment la situation a pu déraper. Mais cette violence qui traverse la société continuera à provoquer de tels drames d’autant que les armes à feu ne sont pas prêtes à être interdites. Reste qu’il serait simpliste de ne voir les Etats-Unis que comme un pays de violence et de confrontation. La réaction de la population dans sa grande majorité et le discours de Barack Obama à Tucson en mémoire aux victimes en témoigne. Du coup, les invectives de la droite extrême aux réactions indignées à cet acte inqualifiable, notamment des commentateurs de la chaîne Fox news, toujours eux, et les justifications indécentes de ses propos de haine par Sarah Palin ont été fortement critiquées par une majorité des Américains.
Quant au discours de Barack Obama, il a été applaudi pour sa profondeur qui a touché tous ceux qui l’ont écouté. Il a demandé que ceux qui ont payé de leur vie ne soient pas morts pour rien et que ses concitoyens s’unissent, reprenant les accents de sa campagne électorale quand il parlait d’une seule Amérique rouge (républicaine) et bleue (démocrate).
Juste avant cette tragédie, la majorité républicaine à la Chambre des représentants avaient mis au point un agenda chargé qui devait démontrer leur volonté de «changer Washington» et de défaire les mesures les plus honnies par eux comme la loi sur l’assurance santé. Un agenda qui a été repoussé après la tragédie. Avant de commencer, les républicains avaient décidé de lire à haute voix la Constitution des Etats-Unis à la Chambre. Car, pour eux, c’est parce que celle-ci n’est pas respectée à la lettre que l’on connait les dérives d’un Etat fédéral omniprésent et liberticide. Bien que leur vision figée d’une Constitution ne soit pas partagée par de nombreux juristes, même des conservateurs, ils espèrent ainsi ramener le pays dans le droit chemin, c’est-à-dire dans celui du chacun pour soi qui est plus un mythe qu’une réalité ayant jamais existé même au cours du XIX° siècle du boom économique et de la conquête de l’Ouest.
Ironie du sort, la lecture du Premier amendement, garantissant la liberté d’expression, fut lu par Gabrielle Giffords. Celle-ci avait déclaré être très honorée d’avoir été choisie pour le faire…
Beaucoup d’étrangers pensent que les Etats-Unis sont le pays de la peine de mort. Et les nombreuses exécutions capitales semblent leur donner raison. Cependant, il faut savoir que le pays est loin d’être monolithique en la matière. Ainsi la peinde de mort a été abolie dans quinze Etats (contre trente-cinq où elle est toujours en vigueur). De même, la réflexion est vive parmi la population. Dans ce cadre, le vote par le Congrès de l’Illinois d’abolir la peine de mort en est une nouvelle preuve. Il reste au Gouverneur, un républicain, à signer la loi afin qu’elle entre en vigueur. Le cas de cet Etat est emblématique de la problématique de la peine de mort aux Etats-Unis. C’est un autre gouverneur, lui aussi républicain, qui avait suspendu sine die la peine capitale parce qu’un rapport accablant avait démontré que de nombreux innocents avaient été exécutés, ce qui est le cas dans beaucoup d’autres Etats.
Mais c’est peut-être une autre raison qui perrmettra d’abolir définitivement la peine de mort dans l’Illinois puis dans le reste des Etats-Unis: son coût! Il est en effet excessivement cher d’exécuter des criminels alors qu’il est beaucoup moins cher de les garder en prison leur vie durant. A noter qu’il faudrait que vingt-six Etats, soit la moitié plus un, qui abolissent la peine de mort pour que celle-ci soit supprimée automatiquement dans les autres Etats.
Alexandre Vatimbella
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