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dimanche 6 février 2011

La semaine de la mondialisation. Le spectre de l’inflation mondiale réapparait / La flambée des prix alimentaires et l’agriculture mondiale / Les troubles au Maghreb font peur aux économistes


Avant la crise, on parlait beaucoup d’inflation. Il est normal d’en parler après la crise. Car ceux qui croyaient que la crise nettoyrait en profondeur l’économie mondiale et qu’une fois terminée, tout serait parfait dans le plus beau des mondes, avaient juste oublié toutes les craintes qui se faisaient jour avant que celle-ci ne survienne. Pas assez de nourriture pour tout le monde, pas assez de pétrole pour tout le monde, etc.
Dès lors, l’inflation pourrait être le problème numéro un de la mondialisation dans toutes les économies. La problématique sera néanmoins différente selon les régions du monde. La forte inflation dans les pays émergents menace les plus pauvres (notamment par le renchérissement des prix alimentaires et de l’énergie) et les exportations. L’inflation, moins élevée, des pays avancés pourraient provoquer une stagflation, c’est-à-dire une croissance molle et une hausse des prix qui, à nouveau, fragiliseraient en priorité les pays européens.
L’inflation qui préoccupe prioritairement en ce moment la plupart des experts est celle qui touche les prix agricoles et, donc, par voie de conséquence, les prix alimentaires. Ceux-ci ont déjà connu des envolées très inquiétantes dans des pays comme l’Inde (17,5% sur un an) ou comme la Chine, sans parler des pays pauvres. Dans les pays avancés, les grands distributeurs ont annoncé que les produits alimentaires connaîtraient une hausse significative cette année.
Cette inflation dans le secteur de l’alimentation qui réapparaît à chaque fois que la croissance est au rendez-vous est compréhensible. Les populations des pays émergents consomment alors de plus en plus et se rapprochent des habitudes alimentaires des pays avancés. Cela crée évidemment des tensions sur la production et donc sur les prix. Et il faut ajouter, ces dernières années, des problèmes climatiques assez récurrents, si ce n’est exceptionnels, qui ont ajouté d’autres tensions. Les feux de l’été dernier en Russie, les inondations catastrophiques en Australie, la sécheresse en Chine, etc.
Il faut, bien entendu, rajouter à cela la géopolitique et les événements du Maghreb. Après la Tunisie, petit pays, c’est au tour de la grande Egypte de connaître un soulèvement dont on ne sait pour l’instant où cela va la mener. Tous les équilibres de la région pourraient être remis en cause à court et moyen terme. Sans oublier les quantités de pétrole qui passent par le canal de Suez en direction de l’Europe et des Etats-Unis. On voit pourquoi les économistes estiment que le réveil des populations arabes - qui pourrait d’ailleurs se répandre à d’autres pays, notamment le Yémen, la Jordanie, voire la Syrie et l’Algérie -, est largement une inconnue dans l’équation qui régit la mondialisation…
Alexandre Vatimbella
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