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dimanche 29 mai 2011

Une semaine aux Etats-Unis. Nouvelle tornade meurtrière / Les républicains perdent un de leurs fiefs dans l’Etat de New York / Lady Gaga, bourreau de travail / On ne peut plus fumer dans les parcs de New York


142 morts, bilan encore provisoire, Joplin dans le Missouri est la nouvelle ville martyre des tornades qui frappent les Etats-Unis depuis le début du printemps. Et c’est le plus grand nombre de victimes en une seule tornade depuis 1947.
Cela fait suite aux 354 victimes du mois précédent notamment dans l’Etat de l’Alabama et dans la ville de Tuscaloosa.
Lorsque l’on regarde les images que diffusent les télévisions et qui s’affichent en une des journaux, on ne peut qu’être saisi par ces vues de rues dévastées avec des maisons rasées. Cela rappelle les tremblements de terre et les tsunamis ou encore les bombardements massifs lors des guerres.
Mais il faut rappeler deux choses que ne montrent pas les caméras. La première est que, même si la tornade de Joplin était très large, ses dévastations ne concernent qu’une langue de terre assez réduite et non la ville toute entière. La deuxième est que la majorité des maisons individuelles, aux Etats-Unis, sont construites en bois. C’est une tradition et cela coûte moins cher. En contrepartie, cela a un gros inconvénient: en cas de phénomènes climatiques extrêmes, elles sont totalement détruites et le bilan humain est particulièrement élevé.
Ainsi, à Joplin, l’hôpital a été touché de plein fouet par les vents tourbillonnant qui peuvent souffler à plus de 300 km/h a vu ses vitres volées en éclat et a subi des dommages mais, grâce à ses murs de béton, il est encore debout et n’a pas connu de morts dus directement à la tornade, ce qui n’est pas le cas des maisons de bois aux alentours.

Il y a un peu plus de six mois, le parti républicain remportait triomphalement les élections à la Chambre des représentants (mais, rappelons-le, pas au Sénat qui demeurait majoritairement démocrate). Une des raisons avancées pour cet échec (outre la principale, la situation économique dégradée et son corollaire un taux élevé de chômage), était la réforme sur l’assurance santé voulue par Obama et votée par le Congrès démocrate.
Du coup, les idéologues du Parti républicain se sont crus autorisés à partir à l’assaut de toute la protection sociale au nom de la nécessaire réduction des déficits publics (mais la raison profonde est une allergie à toute solidarité nationale). Un des leurs, le représentant du Wisconsin, Paul Ryan, a concocté un plan d’une rigueur extrême avec une remise en cause, au-delà de la réforme d’Obama, de tous les avantages de l’assurance santé publique pour les personnes âgées, Medicare. Mauvaise pioche.
Car il faut savoir qu’une large frange de l’électorat républicain tient à cette assurance (et croit, dans le même temps, qu’elle n’est pas gérée par les pouvoirs publics!). Quand ces électeurs ont appris la volonté des élus républicains de la remettre en cause en diminuant progressivement ses remboursements et sa couverture, ils ont pris peur. Et le résultat est la perte d’un des grands fiefs du parti, qu’il détenait depuis plus de cinquante-huit ans dans l’Etats de New York.
Dans une élection partielle suite à la démission forcée du détenteur du siège impliqué dans un scandale de mœurs, la circonscription a été remportée par la candidate démocrate, Kathy Hochul, alors que personne n’aurait parié un cent sur son nom il ya deux mois.
Une élection où l’argent des conservateurs a pourtant coulé à flot et où les ténors du Parti républicain sont venus soutenir leur candidate, Jane Corwin, comme le Speaker de la Chambre des représentants, John Boehner.
Cela n’a pas suffit. Le plan Ryan était passé par là… A un an de l’élection présidentielle et en mal de candidats crédibles, les républicains ont de quoi être inquiets.

Le nouvel album de Lady Gaga est dans les bacs après la sortie des trois premiers singles dont celui du titre du nouvel opus de l’égérie pop américaine, «Born This Way». Ce qui a de remarquable avec la chanteuse native de New York, c’est son énergie et sa force.
Elle est toujours en mouvement et travaille tout le temps, disent d’elle les gens qui partagent son quotidien. Même ses producteurs lui demandent de lever le pied alors qu’avec les autres rock stars, ce serait plutôt le contraire…
Ainsi, pendant sa dernière tournée, elle a composé et enregistré la plus grande partie de son deuxième album. De même, elle veut, comme l’explique au New York Times DJ White qui a coproduit certaines de ses chansons, tout contrôler à «100% de 100%».
De plus, elle met un point d’honneur à chanter en live sur scène en même temps qu’elle se démène dans un show endiablé du genre de ceux qui permettent à Madonna et à d’autres (Michael Jackson était de ceux-là!) de justifier le fait de ne chanter qu’en playback.
Son succès, elle le vit comme une revanche sur son adolescence où elle était marginalisée par les autres et sur ses débuts dans le show business où peu de gens croyaient en elle. Du coup, elle se veut la porte-parole de tous les «little monsters», comme elle les appelle, ces petits monstres qui connaissent des problèmes d’intégration et d’identité identiques à ceux qu’elle en a connu.

Il est désormais interdit de fumer dans Central Park, à Times Square et Coney Island. Plus généralement, on ne peut plus le faire dans les parcs, sur les plages, les bords de mer et les marinas ainsi que dans les places piétonnes de New York. Une décision prise par le maire, Michael Bloomberg, après que celui-ci ait été convaincu de la dangerosité pour les non-fumeurs de la cigarette dans les lieux publics.
Une décision - qui concerne pas moins de 1.700 parcs et vingt-deux kilomètres de plages - diversement appréciées, on s’en doute. Mais les autorités espèrent que l’esprit civique américain jouera à plein et qu’elles n’auront pas à verbaliser les contrevenants (50 $ par infraction) et s’attirer les foudres des fumeurs. Pas sûr que ce soit le cas car le nombre de lieux où ils peuvent désormais allumer une cigarette dans Big Apple sont de plus en plus réduits.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

dimanche 22 mai 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Les médias entre débordement du Mississippi et affaire Strauss-Kahn / Une application pour téléphone mobile permet de savoir où il y a des places de stationnement libres / Terminé pour Terminator?! / Barack Obama «made in the USA» / Trump à la trappe / Attention, nous devions tous mourir le 21 mai!

Le Mississippi continue de submerger les villes et les terres tout autour de lui et, dans certains endroits, la décrue ne se fera pas avant un mois. Des inondations historiques qui ont déplacé des milliers de personnes et détruit de très nombreuses récoltes. En attendant, les digues tiennent bon même si certaines donnent des signes de fatigue.

S’il s’agit d’un des sujets les plus diffusés par les télévisions, celles-ci, ainsi que la presse dans son ensemble, se sont emparées de l’affaire d’accusation de viol envers Dominique Strauss-Kahn. Non pas parce qu’il est étranger mais parce que l’acte dont l’accuse sa victime est particulièrement scabreux s’il est avéré et parce qu’il était connu pour être un «sex addict», ce qui renforce les présomptions à son encontre.
Les médias sont très sévères avec le président du Fonds monétaire international, comme ils le sont avec toutes les personnalités riches et célèbres qui commettent des actes graves. Cela a toujours été le cas dans un pays où la morale puritaine demeure une référence (à défaut d’être une réalité) où la fortune et le pouvoir donnent des obligations sociales et éthiques que beaucoup de riches et de puissants transgressent allègrement.
Dès lors, les journalistes ne font pas de quartier même si quelques affaires ont pu passer à travers les mailles du filer par oubli ou complaisance.
Idem pour la police, même si la NYPD (New York police department), la police newyorkaise n’est pas exempte de comportements à la marge de la légalité et est souvent montrée du doigt par les habitants de Big Apple.
A noter que la vision de Dominique Strauss-Kahn menotté qui s’est étalée partout fait partie des accords que passent les policiers avec les journalistes pour que la presse puissent, dans toutes ces affaires, puissants ou non, diffuser les images d’un accusé dans un contexte peu valorisant pour sa personne.
De même, une fois que le système judicaire s’est mis en marche, il avance sans faille le plus souvent quel que soit le présumé coupable. Et ceux qui, en France, critiquent avec une virulence indécente son fonctionnement tout en glorifiant la justice française, devraient se rappeler de tous les couacs, de tous les dysfonctionnements, de toutes les erreurs de cette dernière.
Des deux côté de l’Atlantique, la justice rendue au nom des humains par d’autres humains est et a toujours été faillible et imparfaite. Et le restera.

Les habitants de San Francisco qui cherchent des places de stationnement sont responsables de 30% des embouteillages de la ville. D’où l’ide de la municipalité d’installer des capteurs dans le sol pour indiquer où sont les places libres. Grâce à une application pour les smart-phones, l’automobiliste peut désormais voir s’afficher en vert où celles-ci se trouvent a proximité de l’endroit où il cherche à se garer.
Génial, direz-vous (ou, tout au moins, quelle bonne idée)?
Le problème avec cette application et le système mis en place par la ville californienne, toujours à la pointe de la technologie et de la modernité, c’est que, légalement, on ne peut pas utiliser son téléphone mobile en conduisant! Comment dès lors savoir où sont ces places sans transgresser la loi… appliquée par San Francisco!

Fin de parcours politique pour Arnold Schwarzenegger. Après avoir occupé le poste de gouverneur de Californie pour deux mandats maximum, il se cherchait une autre occupation. Certains le voyaient - à défaut de pouvoir se présenter à la présidence des Etats-Unis comme il l’avait souhaité ainsi que nombre de ses supporters (il est né en Autriche) - futur président de son pays natal, voire le premier président de l’Union européenne… Mais, patatras, voilà qu’il se sépare de sa femme, Maria Shriver, journaliste célèbre et membre de la famille Kennedy, et que l’on en apprend la raison: il y a dix ans, il a eu un enfant avec une de ses employées de maison tout en étant marié!

L’équipe chargée de la campagne de Barack Obama pour la présidentielle de 2012 vend un t-shirt sur lequel figure un portrait du président américain sous lequel il y a écrit «Made in the USA». Et au dos, se trouve le fameux certificat de naissance complet dévoilé il y a peu…

Un t-shirt que pourrait maintenant porter Donal Trump depuis qu’il a annoncé son retrait de la présidentielle de 2012. Il a affirmé qu’il préférait les affaires à la politique. Au-delà du fait qu’il était sans doute grillé par ses attaques outrancières et mensongères contre Obama (notamment sur l’inexistence de ce fameux certificat présent sur le t-shirt), il est sûr qu’il préfère, depuis toujours, son argent au bien de la communauté.
Interrogé par CNN, ses concitoyens newyorkais ne regrettent pas du tout sa décision, bien au contraire. Et les seules personnes tristes aux Etats-Unis de son absence du grand cirque de la bataille présidentielle sont tous les humoristes qui avaient réactivé le filon Trump dans leurs talk-shows avec un grand bonheur!

Ouf! Or donc, l’Humanité est donc toujours vivante. Car un pasteur californien obscur un peu dérangé nous avait prédit la fin du monde le 21 mai suite à un tremblement de terre gigantesque. Et il avait réussi à entraîné dans son délire un certain nombre de gens un peu plus dérangés que lui. Ceux-ci ont distribué la bonne parole un peu partout aux Etats-Unis, la semaine dernière, jusque dans le métro de New York. L’un d’eux interrogé sur ce qui se passerait s’il la fin du monde ne survenait pas le 21 mai a répondu: «il y aura la fin du monde». La discussion est souvent impossible avec les illuminés…

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

dimanche 15 mai 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Retour en force du «Made in USA»? / Le Mississipi déborde de partout / Au Texas, mentir sur la taille du poisson que l’on pêche sera un délit!,


Est-ce le retour en force du «Made in USA»? Selon le cabinet de consultant Boston consulting group (BCG), on pourrait assister, dans les cinq années à venir, à un vaste mouvement de relocalisation d’entreprises américaines parties chercher des coûts de production plus bas, en particulier en Chine. Comme l’explique un expert de BCG, «nous nous attendons à ce que les coûts nets de travail pour la production en Chine et aux Etats-Unis convergent autour de 2015».
La raison de ce bouleversement en cours? Avec la crise, beaucoup d’Etats de l’union ont des coûts de main d’œuvre parmi les plus bas dans le monde développé. Du coup, le pays pourrait connaître une renaissance industrielle selon les auteurs du rapport.
Ainsi, estime BCG, avec «une hausse des salaires chinois de 17% par an et une valeur du yuan qui continue à s’apprécier, la différence entre les coûts de production aux Etats-Unis et en Chine se rétrécissent rapidement. Dans le même temps les lois permettant une plus grande flexibilité du travail et les incitations prises par plusieurs Etats – comme le Mississipi, la Caroline du Sud et l’Alabama – augmentent la compétitivité pour être des bases à bas coûts afin de pourvoir le marché américain».
D’autant que d’autres études ont montré que les délocalisations n’avaient pas toujours été bénéfiques pour les entreprises avec de nombreux problèmes causés par la production dans un pays étranger, loin du marché où les produits sont commercialisés et fabriqués par une main d’œuvre sous-qualifiée.
La relocalisation est d’ailleurs déjà en cours et les experts démontrent avec force d’arguments que produire aux Etats-Unis est souvent une décision beaucoup plus rationnelle et efficace.

Le Mississipi est-il un fleuve indomptable comme le croyait Mark Twain? Oui et non répond le magazine Time cette semaine alors qu’il déborde de partout et menace La Nouvelle Orléans après avoir submergé Memphis et quelques autres grandes villes qu’il longe.
Mais, au-delà des images montrées en boucle par les télévisions américaines de fermes sous l’eau, de champs inondés et de personnes réfugiées, ce qui est préoccupant c’est que le Mississipi déborde de plus en plus souvent avec des crues que les ingénieurs de l’armée américaine, responsables de la protection des habitants, n’avaient prévues qu’une fois tous les cinquante ou les cent ans, voire tous les deux cents ans!
Car le travail effectué au cours des décennies pour dompter le fleuve mythique des Etats-Unis a donné des résultats, sauf que personne ne pensait qu’il fallait s’attendre à des débordements aussi rapprochés.

Vous avez pêché un tout petit poisson de rien du tout et vous racontez partout que vous avez attrapé un requin voire une baleine. Bon, ce n’est pas très bien mais cela demeure un petit mensonge. Voire… Car, au Texas – où décidément rien n’est comme ailleurs – cela pourrait devenir un délit passible de plusieurs années de prison et d’une forte amende!
Il faut dire que les concours de pêche sont très nombreux aux Etats-Unis et notamment au Texas avec des prix très élevés pour ceux qui ramènent les plus grosses prises. D’où cette décision étonnante du parlement de l’Etat de voter une loi pour interdire la tricherie. Il ne reste plus qu’au gouverneur républicain à la promulguer… ou non.
Car les gens sont de plus en plus prêts à tout pour gagner. Certains, par exemple, bourrent les poissons avec des matériaux très lourds pour augmenter le poids de leurs prises. Beaucoup d’observateurs estiment que si agir de cette façon n’est pas bien, la raison de la multiplication de ces tricheries vient avant tout des difficultés économiques que rencontrent les gens dans leur vie quotidienne et de l’existence d’un fort taux de chômage.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mercredi 11 mai 2011

Le dialogue stratégique sino-américain accouche de bons sentiments


La troisième série du dialogue stratégique économique sino-américain qui s’est tenue à Washington a accouché d’un accord où l’on retrouve tous les grands principes d’une bonne coopération sans évidemment aucune contrainte de les appliquer...
Le document final indique que «les Etats-Unis et la Chine travailleront ensemble -- sur la base de l'intérêt commun, de la promotion d'une coopération d' un point de vue durable, stratégique et primordial -- pour bâtir un partenariat global et économiquement bénéfique pour les deux pays, accroître la prospérité et le bien-être, et parvenir à une croissance forte, durable et équilibrée de l'économie mondiale».
Au-delà de ce texte lénifiant et malheureusement sans lendemain, les deux grandes puissances économiques ont tout intérêt à travailler ensemble malgré leurs divergences profondes et leurs rivalités fortes.
Ainsi, les Etats-Unis ont absolument besoin des futurs investissements chinois tout comme ils ont besoin actuellement des achats de leurs bons du Trésor par le gouvernement de Pékin. Timothy Geithner l’a rappelé en mettant en sourdine les critiques contre la politique économique chinoise, même si les Américains ont encore une fois rappelé leur désir de voir le yuan s’apprécier plus fortement face au dollar.
 Et la Chine se doit de supporter l’économie américaine qui demeure le principal débouché de leurs exportations et donc de leur croissance. Sans oublier la technologie US qu’elle souhaite acquérir pour pérenniser son développement et qui lui est, pour l’instant, largement refusée par les autorités des Etats-Unis.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

dimanche 8 mai 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Les Etats-Unis éliminent avec fierté Ben Laden / L’économie crée plus d’emplois que prévu / Les Américains, peu au fait de la réalité des inégalités sociales, veulent plus d’égalité


Le 11 septembre 2001 et les jours suivants, cela faisait longtemps, depuis l’assassinat de John Kennedy, que les télévisions et les radios n’avaient consacré ;la totalité de leurs informations qu’à la couverture d’un seul événement, les attaques terroristes d’Al-Qaida. Et le 1er mai, la couverture de ces mêmes médias été uniquement consacrés à la mort du responsable de ces attaques.
C’est dire si l’événement avait du sens pour eux. Car, les Américains sont fiers d’avoir ont tué Ben Laden. Ben Laden, l’homme honni et à l’origine  de la destruction du World trade center le 11 septembre 2001. L’homme qui a fait près de 3.000 morts aux Etats-Unis et dont les agissements ont causé des milliers et des milliers de victimes à travers le monde, a donc été éliminé par les commandos de marine dans une opération modèle du genre.
Une mort qui est à mettre au crédit de Barack Obama pour l’ensemble des médias américains car il a consacré des moyens importants à la traque du terroriste saoudien ainsi que la volonté d’aller jusqu’au bout. Ainsi, il a pris la décision finale d’intervenir qui était très risquée politiquement. Car si celle-ci avait échoué, il aurait été comparé à un perdant faible comme le fut Jimmy Carter lors du fiasco de l’intervention armée pour libérer les otages de l’ambassade d’Iran en 1980.
Ce qui est certain, c’est que la cote de popularité du président a bondi même si cela ne veut pas dire qu’elle demeurera élevée jusqu’à la prochaine présidentielle de 2012. Néanmoins, devant la pauvreté actuelle des candidatures de l’opposition républicaine, Barack Obama a marqué un avantage supplémentaire.
Un point intéressant et pas assez relevé dans la presse a été les lapsus de nombreux journalistes qui ont annoncé la mort d’«Obama Bin Laden»! Il faut se rappeler qu’une des attaques les plus dures des républicains et de leur frange extrémiste a été de prétendre, non seulement, qu’Obama était un musulman mais que son nom ressemblait fort au prénom de Ben Laden (Bin Laden pour les Américains). Un rapprochement qui n’était évidemment pas anodin.
Or, le fait que ce soit Obama qui ait permis l’élimination d’Osama est une sacré victoire pour le président sur ses détracteurs les plus durs (le titre d’un des articles du magazine Time est «Obama 1, Osama 0»). En en attendant d’autres, bien sûr…

Il est encore difficile de dire si l’économie américaine est vraiment sortie de la crise. Les informations sont contradictoires. La croissance est moins élevée que prévue mais l’activité semble malgré tout assez soutenue. Les derniers chiffres de l’emploi résument bien cela. D’une part, le taux de chômage a légèrement augmenté, de 8,8% en mars à 9% en avril, mais, dans le même temps, l’économie américaine a créé plus d’emplois que prévus (268.000 et, tous, dans le secteur privé, ce qui fait un solde positif de 244.000)…
Ces chiffres ont quelque peu désorienté les experts mais, bonne nouvelle, tous les spéculateurs également. Du coup, les prix de certaines matières premières qui avaient grimpé de manière indécente, comme le pétrole, l’or et l’argent, en autres, ont connu des baisses drastiques en quelques heures (30% pour l’argent, par exemple).
Pour les spécialistes des marchés des matières premières, il s’agit peut-être d’un coup d’arrêt à cette spéculation et aux hausses pour un bon bout de temps.

L’American Dream qui est une composante essentielle de l’imaginaire des Etats-Unis, celui qui permet à tous de pouvoir réaliser son rêve et devenir quelqu’un par la force de son travail et de sa volonté ainsi que de ses rêves, est, depuis des décennies plus un fantasme qu’une réalité.
Les études montrent que le pourcentage de pauvres qui sen sortent est bien moins important que cela tandis que les riches continuent à s’enrichir. Il faut dire que les aides aux plus démunis sont en forte baisse alors que les mesures protégeant le patrimoine des riches connaissent le phénomène inverse. Du coup, les héritiers surpassent de loin les fameux «self-made men».
Cette réalité est peu connue de la population elle-même comme le montrent des études. Ainsi, alors que les 20% les plus riches possèdent 84% de la richesse nationale, les sondages montrent que les Américains évaluent ce chiffre à 59%.
Mais ce qui est intéressant au pays de l’individualisme-roi où l’on prétend souvent que la population estime que celui qui ne réussit pas, c’est celui qui ne le veut pas, c’est que ces mêmes études révèlent qu’une majorité d’Américains, même chez les plus riches et les électeurs républicains, souhaitent une meilleure redistribution des richesses (ils voudraient, par exemple, que les 20% les plus riches ne puissent posséder plus de 32% de toutes les richesses).

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

samedi 7 mai 2011

Pourquoi Barack Obama devrait être réélu en 2012


Même si la mort de Ben Laden, tué par les commandos de marine américains, va booster la cote de popularité de Barack Obama ainsi que ses chances de remporter la prochaine présidentielle, elle n’a pas changé fondamentalement la donne.
Avant même cet événement, le locataire de la Maison Blanche, qui a annoncé officiellement sa candidature pour 2012, avait déjà de très grandes chances de se succéder à lui-même sauf catastrophe dans les dix-huit mois qui viennent, comme un attentat meurtrier ou une nouvelle grave crise économique.
Pour sept grandes raisons:
- Son bilan n’est pas mauvais: de nombreuses réformes ont été mises en place, le cataclysme qui était possible lors de sa prise de fonction n’a pas eu lieu parce qu’il a pris les mesures qu’il fallait et certains résultats positifs commencent à se voir en matière économique.
- La prime au sortant: aux Etats-Unis, il y a une forte prime au sortant qui bénéficie d’un avantage très important. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, seuls deux présidents candidats à un deuxième mandat n’ont pas été réélus: Jimmy Carter et George Bush père (et Gérald Ford mais celui-ci n’avait pas été élu, il avait été nommé après le départ de Richard Nixon).
- Il est du Centre et gouverne au centre: c’est là où une majorité d’électeurs se trouvent, en particulier ceux qui se définissent comme indépendants et qui sont essentiels pour un candidat s’il veut remporter la présidentielle.
- Il n’a pas d’opposants républicains de son niveau: pour l’instant, aucune des grosses pointures républicaines ne se sont lancées dans la campagne (en existe-t-il, d’ailleurs?!). Et si la situation demeure ce qu’elle est, beaucoup de candidats républicains potentiels ne voudront pas y aller, attendant plutôt 2016. Aux Etats-Unis, il y a généralement peu de chances qu’un perdant puisse se représenter indéfiniment à la présidentielle pour un grand parti, à l’opposé de ce qui se passe en France…
- Il est noir: cette raison semble a priori paradoxale. Mais si on l’analyse, on peut penser que les Américains ne voudront pas faire perdre le premier président noir de leur histoire de peur d’être accusés de racisme et voudront, par fierté, confirmer leur vote historique de 2008 qui, s’il était invalidé, pourrait n’avoir été qu’anecdotique dans l’histoire des Etats-Unis.
- Le métissage de plus en plus grand de la population américaine: non seulement les «blancs» sont en recul avec la montée des hispaniques, des asiatiques et des noirs mais il y a de plus en plus d’Américains aux origines métissées. Et tous ces gens métissées ou des minorités ethniques votent majoritairement démocrate et ont apporté largement leurs votes à Obama en novembre 2008.
- Il est apprécié des Américains: même si sa cote politique peut jouer au yoyo (même si elle reste assez élevée, toujours au-dessus de 40% voir de 45%), sa cote personnelle, en tant qu’homme, a toujours été très élevée. Les Américains aiment l’homme même s’ils n’aiment pas toujours sa politique…
Sans parler de la huitième grande raison: la mort de Ben Laden.

Alexandre Vatimbella

vendredi 6 mai 2011

Les investissements directs chinois colossaux pourraient éviter les Etats-Unis


Après avoir été le réceptacle des investissements directs des pays avancés au cours des trente dernières années, la Chine pourrait devenir le principal investisseur dans ces mêmes pays dans les dix ans à venir selon une étude de l’Asia society de New York et du Woodrow Wilson center for international scholars de Washington.
Ainsi, les 2.000 milliards de dollars que la Chine s’apprête à investir dans le monde au cours de la prochaine décennie pourraient être principalement dépensés dans les pays avancés, notamment par l’acquisition d’entreprises, d’usines, de gisements de matières premières et de terres agricoles.
Si les pays européens devraient être parmi les principaux bénéficiaires, l’étude s’inquiète d’un possible désintérêt de la Chine pour les Etats-Unis à cause de leur politique hostile à Pékin et de la rivalité des deux pays sur la scène internationale.
L’hostilité manifestée part les officiels et les élus américains ainsi que par la population de voir les capitaux chinois racheter des entreprises américaines mais aussi la peur de voir celles-ci se délocaliser ensuite avec leurs machines en Chine pourraient également barrer la route à ces investissements.
Sans parler de la possibilité pour les Chinois de s’emparer des dernières technologies US.
De même, la crainte est grande de voir le gouvernement chinois posséder directement ces acquisitions puisque la délimitation entre le secteur privé et le secteur public en Chine est souvent peu claire.
Car, même si les banques américaines se battent pour attirer les investissements directs chinois sur le sol américain et si Washington affirme qu’ils sont les bienvenus, de grandes préventions demeurent.
Mais, un des obstacles à ces capitaux pourraient aussi venir d’infrastructures déficientes (d’autant que le réseau routier est en mauvais état, que Congrès n’a pas voté les dépenses nécessaires pour développer un réseau ferroviaire à grande vitesse, sans parler du réseau électrique qui nécessite une modernisation urgente).
Dernier problème pour les Etats-Unis: si la Chine ne pouvait investir sur le territoire américain, elle pourrait prendre des mesures de rétorsions vis-à-vis des entreprises américaines qui veulent investir sur le territoire chinois.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

lundi 2 mai 2011

La Semaine de la Mondialisation. Les villes mondiales, moteur de la mondialisation, se déplacent vers le Sud / New York demeurera le premier centre urbain mondial dans quinze ans devant Tokyo et Shanghai / Les villes chinoises de plus en plus riches


La Mondialisation est avant tout un phénomène urbain. Aujourd’hui, six cents centres urbains, représentant un cinquième de la population du globe, génèrent 60% du PIB mondial (dont 380 villes dans les pays avancés qui représentent 50% de ce PIB mondial).
C’est dire l’importance du déplacement de ces agglomérations vers le Sud et l’Asie plus particulièrement dans les quinze ans qui viennent.
Selon une étude de McKinsey Global Institute, un tiers des villes des pays avancés qui se trouvent dans ce groupe des 600 n’y seront plus en 2025, remplacées par 136 de leurs homologues des pays émergents.
Si l’on prend le classement des vingt-cinq premiers centres urbains, le déplacement n’est pas aussi important même si un phénomène saute aux yeux. Aucune ville chinoise ne s’y trouvait en 2007, sept y seront en 2025!
Ainsi, si New York demeurera la ville la plus riche du monde dans quinze ans, toujours suivie de Tokyo, Shanghai sera troisième devant Londres et Pékin. Los Angeles sera en sixième position juste devant Paris et Chicago.
Les autres villes chinoises classées sont Shenzhen (11°), Tianjin (12°), Chongqing (18°), Guangzhou (20°) et Hong Kong (25°). A noter que l’on y trouve également deux villes des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) avec Sao Paulo (10°) et Moscou (16°) mais aucune ville indienne ni sur le continent africain.
A noter que, selon le McKinsey Global Institute, le phénomène d’urbanisation de la planète a sorti plus de personnes de la pauvreté qu’aucun autre mouvement dans l’histoire des êtres humains.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

dimanche 1 mai 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Plus de 300 morts dans plus de 300 tornades! / Barack Obama publie son certificat de naissance au grand dam des républicains / Les législatures des Etats prennent des décisions extrémistes


333 morts pour 320 tornades! Le bilan (encore provisoire) des victimes a augmenté d’heures en heures, au fur et à mesure que l’on prenait conscience de la tragédie causée par ces tornades à répétition qui ont dévasté le pays, les pires qu’il ait connues depuis longtemps, notamment le Sud, depuis les années 1930... Il dépasse donc maintenant largement les 300 morts dont beaucoup en d’Alabama (plus de 200 morts), et, en particulier, dans la ville de Tuscaloosa, la plus touchée avec plus de 130 morts.
Barack Obama s’est rendu sur place. Il a déclaré qu’il n’avait jamais vu de lieux aussi ravagés et les télévisions montrent ces amas de bois et de briques où apparaissent des vêtements et autres objets qui étaient autrefois des maisons.
Seul problème, mais de taille, la saison des tornades ne fait que commencer. Et toutes les statistiques indiquent que le mois de mai est bien plus prolifique en la matière…
A noter que les services de secours et d’aide aux sinistrés ont eu l’air de fonctionner correctement et à temps, ce qui n’avait pas été le cas, on s’en rappelle, lors du passage de l’ouragan Katrina en Louisiane et à La Nouvelle Orléans en 2005 qui avait fait près de 1.900 morts. Un dysfonctionnement qui avait coûté cher à George W Bush en termes de popularité.

Pour beaucoup d’observateurs, l’événement constitue un nouveau palier dans l’ère de la communication débridée et immédiate que nous connaissons depuis l’apparition d’internet et la diffusion de toutes sortes d’informations qui sont souvent de la propagande ou des mensonges.
Ainsi, la publication par Barack Obama de la version longue de son acte de naissance pour faire taire les allégations des «birthers», ces activistes républicains d’extrême-droite qui mettaient en doute la naissance du président américain actuel sur le sol des Etats-Unis (condition indispensable pour pouvoir occuper le poste) reprises par le milliardaire controversé Donald Trump.
Jamais ce genre d’attaques en dessous de la ceinture n’avait fait l’objet de réponses officielles. Mais, jamais également elles n’avaient perturbé autant le fonctionnement de la vie politique et de l’action publique.
Car c’est bien pour que le débat politique se concentre sur les vrais problèmes et non sur ces «bêtises», selon les mots du président, qu’il a décidé de publier son acte de naissance. Du coup, les républicains ont du adopter un profil bas. Certains d’entre eux, malgré tout, ont contre-attaqué en accusant Barack Obama d’avoir tardé à répondre exprès pour des vulgaires raisons tactiques! Le ridicule en politique, décidément, ne tue pas…

Les législatures des Etats prennent des décisions de plus en plus extrémistes depuis que les républicains ont remporté les élections de mi-mandat selon des études.
Car, une des caractéristiques principales de leur victoire en novembre dernier – et qui a été peu médiatisé - a été un gain de pas moins de 700 sièges dans les parlements des Etats en enlevant, en outre, dix-neuf chambres des représentants aux démocrates.
Et celle-ci comme toutes celles détenues déjà par les républicains n’ont pas tardé à agir. Et le résultat est assez impressionnant.
Ainsi, vingt Etats ont voté des mesures limitant les droits et les salaires des fonctionnaires, les ennemis irréductibles des républicains conservateurs. Trente Etats ont voté des mesures contre l’immigration illégale. Plusieurs ont déclaré légales comme monnaies officielles, les pièces d’or et d’argent et deux ont interdit que la Shari’a ou des lois étrangères soient prises en compte par les tribunaux américains (ce qui est bien sûr interdit déjà par la Constitution)! Et ainsi de suite. sans oublier les débats sur la demande à chaque candidat à la présidence de prouver qu’il est bien américain (on peut penser que la publication de l’acte de naissance complet de Barack Obama va refroidir cette dernière ardeur…).
Un mouvement «à la base» qui pourrait se propager jusqu’à Washington même si nombre de républicains sérieux commencent à s’inquiéter de ces activistes irresponsables. Non seulement pour les prochaines élections car ils pourraient coûter cher au parti en effrayant les électeurs indépendants modérés qui sont indispensables pour remporter toute victoire nationale mais aussi parce qu’ils sont en train de changer ce que sont les Etats-Unis en profondeur au nom d’un passé qui n’a jamais existé et d’un futur qui les angoisses.

Alexandre Vatimbella
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