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dimanche 28 août 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Irene n’a pas été le monstre attendu / Steve Jobs se met en retrait



Bien sûr, il y a eu des morts. Bien sûr, il y a eu de gros dégâts. Les inondations ont été au rendez-vous et le vent a soufflé fort en rafale, comme prévu. Tout comme la trajectoire que les ordinateurs avaient également prévu avec une grande précision.
Irene, l’ouragan tant craint par les Américains, est passé sur la côte est des Etats-Unis samedi et dimanche. Après les deux Carolines, le Delaware, le Maryland, la Virginie, Washington DC, le New Jersey, les pluies diluviennes et le vent violent ont atteint New York. Puis il a continué sa route vers le Canada, en passant par le Rhode Island, le Connecticut et le Massachussetts, où il doit se désintégrer dans les terres.
Cette fois-ci, les autorités n’avaient pas été prises au dépourvu comme cela avait été le cas lors de l’ouragan Katrina qui dévasta La Nouvelle Orléans, la Louisiane, le Mississipi, la Floride et quelques autres Etats du Sud en 2004.
L’organisme chargé de parer aux catastrophes, Fema, si décrié pour son incurie il y a sept ans, a mis le paquet. Tout comme les autorités fédérales, des Etats et locales.
Barack Obama n’a pas rejoué la partition si mauvaise de George W Bush qui, estiment même les politologues de son propre camp, portera a jamais la honte de ce sombre épisode.
Pour autant, et heureusement, la catastrophe annoncée 24 heures sur 24 par les chaînes d’info en continue et relayée par les chaînes généralistes et la presse écrite n’a pas eu lieu. Pour les familles des victimes, cela ne sera guère d’un quelconque réconfort. Néanmoins, l’absence de destructions massives et de victimes nombreuses dans les grandes villes et, notamment, à New York est une bonne nouvelle et pose à nouveau la question de la gestion de l’information par ces chaînes qui, en continue, sont obligées de faire mousser les nouvelles afin de faire du taux d’audience.
Celles-ci, c’est vrai, pourront arguer que les autorités ont également joué la dramatisation avec, par exemple, l’évacuation à New York, par le maire Michael Bloomberg, d’une partie de la population (environ 400.000 personnes), la fermeture des trois aéroports de la métropole, celle de toutes les lignes de métro et de bus, le transfert des malades des hôpitaux les plus exposés dans d’autres plus sûrs, l’arrêt du trafic des trains de banlieue et en martelant un discours anxiogène pour que la population ne fasse pas de bêtise.
Tout ceci afin d’éviter un nouveau Katrina qui auraient eu des conséquences politiques énormes pour l’Administration Obama ou pour les gouverneurs des Etats et les maires des villes concernées.
Ceux qui ont suivi l’épisode dans sa quasi-totalité sur les chaînes d’information, ont pu voir, depuis trois ou quatre jours, l’attente de l’arrivée d’Irene sur les côtes américaines, en provenance des Bahamas, les mesures de prévention et les déclarations politiques, les premières rafales de vent, les premières gouttes de pluie puis les averses qui s’arrêtaient puis reprenaient de plus belle (un ouragan ça tourne et, comme dans la chanson, «ça s’en va et ça revient»!), les premières destructions, les premières inondations (avec cet image de l’East River à New York commençant à envahir la route qui la longe) puis la fin de l’épisode (Irene s’en allant, rétrogradée d’ouragan en tempête tropicale) au grand étonnement de ces centaines de journalistes mobilisés qui n’avaient pas vécu le drame qu’ils avaient eux-mêmes annoncé sur la foi des discours des politiques, eux-mêmes se fiant aux indications des spécialistes.
Une sorte de happy end, comme dans les films-catastrophe. Encore un coup, diront les cyniques, de l’info-entertainement (ou «infotainement»), ce mix d’informations et de divertissements à la mode sur toutes les télévisions du monde et en provenance des écrans US!

Irene a évidemment occulté tous les autres événements de la semaine aux Etats-Unis. Trop d’ailleurs ont dit certains Américains qui ont regretté ce déferlement médiatique qui a accompagné le déferlement pluvieux. Certains se sont même indigné que l’on parle autant de New York, oubliant sans doute, un peu vite, qu’il s’agit de la ville la plus importante du pays où vivent, dans son agglomération, pas moins de 30 millions de personnes, soit presque 10% de la population américaine…

Mais il nous faut aussi parler d’un autre événement qui a fait figure d’un ouragan dans son domaine, le départ de Steve Jobs de son poste de président exécutif d’Apple, société qu’il avait créé le 1er avril 1976 avec Steve Wozniak.
L’homme – aimé ou détesté - faisait l’unanimité quant à ses compétences et sa réussite. Il est considéré comme le plus grand patron de ces dernières décennies. Et il est naturellement couvert d’éloges au moment de son nouveau départ de la société, notamment par Steve Wozniak qui, lui-même sur le plateau de CNN a dit toute son admiration pour son ex-associé.
Rappelons que depuis son retour à la tête d’Apple, Jobs est payé 1 dollar par an pour diriger l’entreprise… Bien sûr, il a des actions de l’entreprise ce qui fait de lui, avec la valorisation de l’entreprise en bourse (numéro un mondial avant l’annonce de son départ et depuis quelques jours seulement), un homme très riche.
Rappelons que le Californien a révolutionné l’ordinateur avec le MacIntosh, premier vrai ordinateur personnel (PC) de masse avec une souris, sorti en janvier 1984, puis avec l’ordinateur totalement compatible avec internet, l’iMac (1998), l’écoute de la musique avec l’iPod (2001) et iTunes (2003), le téléphone avec l’iPhone (2007), la lecture de livres avec l’iPad (2010).
Dans tous ces domaines, il s’est montré, avant tout, un visionnaire quant à l’utilisation de ces nouvelles technologies pour lesquelles il n’est pas toujours l’inventeur.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 26 août 2011

Sondage: Obama au plus bas, les Républicains encore plus!



Pour la première fois de sa présidence, il y a plus d’Américains mécontents de sa manière de gouverner que de satisfaits selon une enquête du Pew Research Center. Ils sont ainsi 43% à l’approuver contre 49% qui sont d’un avis contraire.
Mais, dans le même temps, seuls 22% d’entre eux se disent satisfaits de la manière de gouverner des Républicains! Les Démocrates s’en sortent mieux avec… 29% de satisfaits.
La classe politique a du mouron à se faire car 79% des Américains sont mécontents sur la manière dont les choses se passent dans le pays. 86% se disent frustrés ou même en colère contre le gouvernement fédéral (ce qui signifie, aux Etats-Unis, le Président, son Administration et le Congrès).
Et les «sortants» en 2012, à la Chambre des représentants et au Sénat peuvent nourrir de sérieuses inquiétudes quant à leur réélection. Plus, en tout cas, que Barack Obama qui n’a pas encore de candidat républicain réellement capable de le battre. Mais il reste plus d’un an avant la présidentielle…
(Sondage du Pew Research Center effectué du 17 au 21 août auprès de 1.509 adultes)
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

jeudi 25 août 2011

Le marché chinois d’ordinateurs numéro un mondial devant l’américain



Ce n’est encore qu’un phénomène symbolique. Pour la première fois, au deuxième trimestre de cette année, il s’est vendu plus d’ordinateurs en Chine (18,5 millions) qu’aux Etats-Unis (17,7 millions), faisant du marché chinois numéro un mondial. D’un côté, +14% de ventes et de l’autre -4,8%.
Néanmoins, à la fin de 2011, le marché américain devrait être encore le plus important de la planète/
En revanche, selon les analystes du secteur, le marché chinois devrait prendre définitivement le pouvoir en 2012 bénéficiant, à la fois, de l’augmentation du nombre d’acheteurs et des difficultés économiques des Etats-Unis.
Nicolo Morfino
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 12 août 2011

Une semaine aux Etats-Unis. Majoritairement les démocrates ne souhaitent pas qu’Obama soient confrontés à un autre candidat du parti en 2012 / Apple numéro un mondial de la capitalisation boursière / Les trois Dougherty mieux que les quatre Dalton?! / Fermeture de la Statue de la Liberté pendant un an / Un film sur l’élimination de Ben Laden en tournage et objet d’une controverse politique



Malgré les attaques acerbes de la gauche, malgré la fragilité de sa position actuelle du fait de la dégradation de la note de la dette américaine après le bras de fer qui a opposé les démocrates et les républicains quant au relèvement du plafond de celle-ci, une grande majorité de membres et de sympathisants déclarés du Parti démocrate (59%) ne veulent pas d’un concurrent du même bord politique contre Barack Obama lors de primaires contre 32% qui sont d’un avis contraire. C’est mieux qu’en novembre 2010 après la «raclée» prise lors des élections de mi-mandat par les démocrates au Congrès où 38% d’entre eux souhaitaient alors d’autres candidats démocrates lors de primaires.

C’est fait, Apple, la société innovante créée par Steve Jobs, est devenu la société la plus importante de la bourse au niveau mondial avec une capitalisation de 337,2 milliards de dollars devant Exxon Mobil (330,8 milliards de dollars) mais aussi toutes les grandes sociétés chinoises qui, il y a quelques temps, caracolaient en tête à force de bilan peu crédibles.
Une réussite extraordinaire pour le Californien, génial créateur du Macintosh, de l’iPod, de l’iPhone et de l’iPad dont la société avait déjà dépassé, en mai 2010, la capitalisation boursière du Microsoft de Bill Gates.
Rappelons qu’il y a quinze ans, après son succès dans les PC, les ordinateurs personnels, Apple était au bord de la faillite. Et après l’avoir mis dehors comme un malpropre, la société avait rappelé à sa tête un certain… Steve Jobs.

La traque des Dougherty s’est terminée au Colorado après une course poursuite et des tirs entre la police et les malfaiteurs dans la plus pure tradition hollywoodienne. Mais il s’agissait là d’un fait réel et non d’un film, impliquant trois membres d’une même famille, un frère et une sœur et leur demi-frère qui étaient en cavale depuis plusieurs jours après avoir tiré sur un policier qui voulait les contrôler en Floride puis cambriolé une banque en Géorgie.
Cette cavale, digne des frères Dalton à l’époque du Far West (ou, en tout cas, de l’image que nous en a donné Morris dans Lucky Luke!) a passionné les médias américains d’autant que Lee Grace Dougherty, 29 ans, l’aînée du trio infernal, était une belle fille qui a été strip-teaseuse et dont on peut trouver des photos totalement dénudées sur internet…
Lors de leur arrestation, c’est elle qui a visé un policier avec son révolver avant que ce dernier ne la blesse à la jambe. Pendant son premier interrogatoire, elle a déclaré qu’elle aurait mérité d’être abattue pour ce qu’elle avait fait…

Avis aux touristes. A partir du mois d’octobre, la Statue de la Liberté sera fermée pendant un an. On pourra toujours se rendre sur l’île et dans le parc qui l’entoure mais il ne sera pas possible de la visiter.
Tout cela pour la moderniser et la mettre aux normes de sécurité avec un nouvel escalier, des ascenseurs et des sorties de secours rénovées.

L’ex-femme du célèbre metteur en scène canadien, James Cameron (réalisateur de Titanic et Avatar), Kathryn Bigelow, est au centre d’une polémique politique.
La première femme à avoir jamais obtenu, en 2010, les oscars du meilleur film et du meilleur metteur en scène pour Démineurs, va tourner le film de la traque et de l’élimination de Ben Laden. Baptisé «Kill Ben Laden», le long métrage sortira en octobre 2012.
Mais le Représentant newyorkais de la droite républicaine, Peter King, qui s’était déjà signalé pour des propos controversés sur les musulmans américains, vient de lancer une controverse en affirmant qu’elle avait bénéficié d’informations «top secret» pour tourner son film.
On ne sait d’où il tient le fondement de ses accusations, il ne l’a pas dit, mais le Département d’Etat et la Maison blanche ont, tous deux, démenti ses allégations.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mardi 9 août 2011

Mais qui note les agences de notation?!



Se rappellera-t-on que la prochaine crise économique, s’il y en a une, sera due à une agence de notation et à sa volonté d’infliger un blâme à des politiques au-delà d’une réalité économique et financière? Que c’est sur des arguments éminemment politiques qu’elle a justifié sa décision de dégrader la note de la dette américaine, ce qui est une première dangereuse et une incongruité, aucune agence privée ne pouvant s’attribuer le droit de dicter à des élus leur conduite. Barack Obama a eu raison de critiquer, de ce point de vue, les agissements de Standard & Poor’s.
Pour autant, il n’est pas question de nier les difficultés économique et financières des Etats-Unis. Ni même de condamner cette «ridicule» et «dégoûtante» (selon les mots mêmes des Américains interrogés par le Pew research center) guéguerre washingtonienne entre démocrates et républicains, ces derniers jouant la politique du pire afin de mettre le président américain dans l’embarras à un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle. Le crédo de l’extrême-droite du parti républicain, le Tea party (dont les médias et les Américains découvrent enfin le populisme dangereux et haineux) n’est-il pas de faire d’Obama un «one-term president», le président d’un seul mandat?
Néanmoins, la conjoncture était-elle aussi grave pour légitimer la dégradation de la dette américaine comme l’a fait l’agence de notation Standard & Poor’s (décision non suivie, ne l’oublions pas, par les deux autres grandes agences du «Big three», Moody’s et Fitch)? Et, par voie de conséquence, de créer une panique dans les milieux boursiers dont on sait depuis toujours qu’ils sont plus sensibles aux éléments psychologiques qu’aux bilans financiers et aux projections économiques…
Et, surtout, de créer une possible crise économique.
Il semble que non. Les Etats-Unis ont toujours été des débiteurs qui ont remboursé ce qu’ils devaient en temps et en heure, rubis sur l’ongle. La dette américaine a toujours été un placement sans risque adoré par les investisseurs nationaux et internationaux. De plus, celle-ci est très majoritairement détenue par des opérateurs américains.
Alors, qu’est-ce qui a poussé Standard & Poor’s à prendre une décision dont elle savait qu’elle risquerait de causer de très graves dommages à l’économie mondiale? Selon le communiqué de presse de l’agence, c’est l’atmosphère politique de Washington qui pourrait faire en sorte que le pouvoir politique soit incapable de prendre les bonnes décisions concernant la réduction des déficits publics et les bonnes mesures pour relancer l’économie.
Si c’est cela la raison principale, on se demande si S&P ne s’est pas arrogée, comme on l’a dit plus haut, un rôle politique qui dépasse ses attributions car sa seule missions est de noter selon des critères techniques.
Mais l’on pourrait rétorquer, avec raison, que la situation est bien difficile. D’ailleurs, de nombreux économistes - surtout ceux qui voient le verre toujours à moitié vide, il est vrai – s’attendaient à cette dégradation de la dette américaine de triple A à double A+.
Cependant, la justesse des analyses de S&P doit aussi être mise en regard de l’action des agences de notation sur le long terme, depuis leur naissance en 1841 après la crise économique qui frappa l’Amérique en 1837. Cependant, leur essor date du début du XX° siècle et une notation systématique des collectivités publiques, elle, date des années 1970-1980.
Or, l’histoire des agences de notation est jalonnée d’erreurs, de collusions et d’opacité. Ce qui est en total contradiction avec leurs obligations de crédibilité, d’indépendance et de transparence. De plus, elles doivent agir avec responsabilité mais elles ont trouvé le moyen de contourner ce qui pourrait être une source de contentieux, en affirmant qu’elles n’émettent que des «opinions»…
Dès lors, elles peuvent dire n’importe quoi sans risquer d’être traduites en justice et sanctionnées. Pour autant, elles doivent obtenir un agrément de la part des autorités boursières américaines qui leur ont donné, en contrepartie, une importance démesurée. Mais la dernière crise de 2008-2009, la «Great Recession», a montré que ces autorités n’étaient pas au-dessus de tout soupçon.
Et l’on peut égrainer les «opinions» erronées de ces agences, de l’incapacité à prévoir la crise de 1929, de la note triple A donnée à la société Enron jusqu’au jour même de son effondrement pour d’immenses malversations et escroqueries ayant durées des années, à l’aveuglement total sur la survenance de la dernière crise économique déclenchée par une crise des «subprimes» dont elles sont en partie responsable puisque ce sont elles qui ont mis au point avec d’autres les fameux produits de «titrisation» (où l’on mélange allègrement des produits financiers divers et variés, même souvent avariés!), certaines banques n’ayant fait, d’ailleurs, que suivre leurs recommandations.
Sans oublier la dégradation de la note de la Grèce dans les années 1930 par Moody’s qui provoqua un coup d’Etat dans le pays, ce que l’agence regrettera par la suite. Espérons que l’histoire n’est pas seulement un éternel recommencement…
Pourtant, personne ne note les agences de notation malgré leurs erreurs, voire leurs fautes. Depuis 2008, beaucoup estiment qu’il faut renforcer leur contrôle et édicter une réglementation plus contraignante. Certains voudraient même que les notations soient abolies et que seul le rôle de conseil des agences perdure.
D’autant qu’une question se pose: si S&P, au lieu d’émettre une simple «opinion» sur la dette américaine était responsable judiciairement de sa décision de dégrader la note de celle-ci, aurait-elle agi comme elle l’a fait? Mais ceci n’est qu’une simple… opinion!
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

lundi 8 août 2011

Crise de la dette: la Chine donneuse de leçons aux européens et aux américains avant de plonger elle-même?!



On comprend l’inquiétude de la Chine fasse à l’aggravation de la situation économique en Europe ou aux Etats-Unis. On comprend même sa panique à voir que la situation financière des pays occidentaux semblent hors de contrôle, elle qui a placé les énormes excédents de son commerce extérieur dans leurs emprunts d’Etat.
Car si les pays européens et les Etats-Unis entrent à nouveau en récession et ne peuvent plus rembourser leurs dettes respectives, cela se traduira par une double-peine pour la Chine. Non seulement ses meilleurs clients réduiront leur train de vie et les exportations chinoises, principal moteur de la croissance du pays, risquent de dégringoler. Mais, en plus, tout l’argent qu’elle y a placé pourrait s’évaporer.
D’où un discours très agressif de Pékin sur ce qui se passe actuellement sur le vieux continent et en Amérique. Et même cette injonction assez stupéfiante aux gouvernements occidentaux de s’atteler sans délai à la réduction des déficits publics.
Une agressivité étonnante pour les spécialistes qui ne manquent pas de rappeler que la sous-évaluation du yuan est une des raisons des difficultés des économies européennes et américaine. Surtout, que la dette de la Chine, sous-évaluée par le pouvoir communiste, est une sacré bombe à retardement.
Celle-ci vient, en partie, des énormes investissements en infrastructures de l’Etat dont beaucoup ne servent et ne serviront à rien et donc n’auront aucune rentabilité (il fallait soutenir artificiellement l’activité économique notamment pendant la crise de 2008-2009). Mais elle vient aussi de tous les investissements et prêts pourris des gouvernements locaux qui représentent une somme considérable que Pékin tente de minimiser.
Demain, le donneur de leçons sera peut-être celui à qui celles-ci auraient été le plus utiles… Décidément, l’hubris de la Chine semble sans limite.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

dimanche 7 août 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Trente soldats américains tués en Afghanistan / La crise de la dette: la note des Etats-Unis dégradée - Les hommes politiques américains se ridiculisent et énervent leurs concitoyens – 82% des Américains ont une opinion défavorable du Congrès


Les difficultés économiques et financières des Etats-Unis avec le blocage au Congrès ont dominé complètement le débat dans les médias américains au cours de la semaine. Seule l’attaque d’un hélicoptère de l’armée en Afghanistan a eu également une couverture journalistique importante.
Il a été détruit par un missile tiré par des Talibans, causant la mort de 30 soldats dont la plupart étaient des «navy seals», ces commandos d’unités spéciales dont le dernier fait d’arme a été de tuer Ben Laden, il y a quelques semaines.

Les Etats-Unis ne sont pas encore dans la tourmente même si cela y ressemble de plus en plus. On connaît la capacité de résilience du pays et du peuple américain. Pour autant, la situation économique, mais aussi politique, est très préoccupante.

Ainsi, la dégradation de la note de la dette américaine (passant de triple A à double A+) par l’agence de notation Standard & Poor’s est venu conclure cet effarant débat au Congrès sur le relèvement de la dette américaine.
D’ailleurs, l’agence explique sa décision par l’instabilité politique existant actuellement dans le pays. Et elle n’exclut pas une autre dégradation dans les prochains mois.
Les deux autres agences n’ont pas encore bougé, gardant la plus haute note à la dette américaine.
Rappelons que les agences de notation ont pour but de noter tout un tas d’acteurs économiques et financiers afin de renseigner les investisseurs sur les risques qu’ils encourent à prêter de l’argent à tel ou tel. Cependant, ces agences qui jouent les parangons de vertu n’avaient absolument pas émis de mis en garde avant la crise des subprimes et les risques très grands des produits financiers concoctés par les banques et les sociétés de crédit…
Une dégradation signifie théoriquement que les taux de crédit que l’on peut obtenir sont plus élevés. Il faudra voir si c’est le cas, les Etats-Unis demeurant, malgré tout, un acteur sûr sur les places financières.

Ce qui semble le plus dramatique dans cette histoire, c’est l’irresponsabilité dont font de plus en plus preuve les élus, notamment, les Républicains (en particulier, les élus d’extrême-droite du Tea party qui ne font plus rigoler personne, ni même qui trouvent des admirateurs en dehors de leurs électeurs ultras) dont l’obsession de faire battre Barack Obama par tous les moyens pourrait bien aboutir, in fine, à faire perdre les Etats-Unis, tout court...
Bien sûr, il ne faut pas balayer d’un revers de main toute explication logique à propos de l’affrontement qui met en lumière les spécificités américaines sur lesquelles reposent encore la vision d’une partie importante de la la population.
Les Etats-Unis ont, depuis toujours, une culture différente quand à la façon de concevoir le rôle de l’Etat dans la société. Même su celui-ci est devenu omniprésent ces dernières décennies, les Américains le voient toujours avec méfiance et préfèreraient se passer de lui, estimant qu’il bride plus les opportunités de réussir qu’il ne les permet.
Cette vision n’est plus vraiment réelle (beaucoup d’Américains ignorent que c’est l’Etat qui paye tout un tas d’allocations et les assurances santé pour les plus âgés…) mais elle accompagne cette idée que l’on peut toujours réussir si on le veut vraiment et que cette réussite sera toujours la récompense d’une volonté et d’un travail personnels acquis sans aucun concours de la société et des pouvoirs publics.

La situation économique du pays n’était déjà guère florissante mais tenait bon malgré un chômage important et une dette publique élevée. Ce qui a mis le feu aux poudres a été la volonté des républicains de mettre Barack Obama dans l’embarras en refusant de relever automatiquement le plafond de la dette du pays, une décision qui revient au Congrès dans lequel les républicains sont majoritaires à la Chambre des représentants. En faisant cela, ils ont peut-être déclenché une crise qui ne sera pas seulement américaine mais mondiale.

Les Américains sont d’ailleurs furieux de la situation.
Selon un sondage pour le New York Times et CBS, 82% des personnes interrogées désapprouvent désormais la manière dont le Congrès (Chambres des représentants et Sénat) accompli sa tâche. C’est le plus haut pourcentage de mauvaises opinions depuis que ce sondage a été réalisé pour la première fois en 1977. Notons tout de même que cela fait longtemps que ce sondage montre une grande défiance de la population vis-à-vis de ses élus nationaux.
Quatre personnes sur cinq estiment que la dernière bataille sur le relèvement du plafond de la dette n’était pas mue par la volonté d’améliorer la situation du pays mais uniquement pour des manœuvres politiciennes. Et près des trois-quarts d’entre eux pensent que ce débat a écorné l’image des Etats-Unis dans le monde.
Selon une enquête du Pew Research Center pour le Washington Post, 72% des Américains interrogés (75% des républicains, 72% des démocrates et 72% des indépendants) ont décrits les récentes négociations au Congrès de «ridicules», «dégoûtantes», «stupides», «frustrantes» et autres termes négatifs. Seules 2% d’entre elles ont trouvé des adjectifs positifs pour en parler…
Il serait temps que les élus du Congrès prennent conscience de l’image désastreuse qu’ils véhiculent dans le pays par leurs agissements et qu’ils cherchent des solutions pour sortir d’un affrontement dont la seule victime sera les Etats-Unis.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

samedi 6 août 2011

Barack Obama, cet indécrottable centriste


Les attaques contre Barack Obama après le compromis sur le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis, voté, in extremis, par les Républicains et les Démocrates au Congrès ont été d’une rare violence. Et elles sont venues des deux bords de l’échiquier politique.
Voilà un type faible, un homme politique inconsistant qui ne fait pas le poids, qui recherche obsessionnellement le consensus, qui ne veut pas prendre de risques, qui n’est pas capable de prendre des décisions difficiles et tranchées, qui n’est décidemment pas le «commandant en chef» dont la plus grande puissance mondiale a besoin. Un centriste, quoi!
Le gros mot est lâché. Que ce soit aux Etats-Unis où les gens de gauche s’étranglent de colère devant ce renégat et les gens de droite se gaussent de ce président transparent. Que ce soit en Europe où ces mêmes gens de gauche se sentent trahis et les gens de droite découvrent un leader qui n’est pas le «leader du monde libre» à la mode Reagan ou à la mode George W Bush.
Oui, Barack Obama est un centriste. Et, non seulement, il le revendique mais, en plus, il agit en tant que tel. Inconcevable!
Cette «manie» centriste comme l’appelle le mensuel français proche de l’extrême-gauche, Le Monde diplomatique, le perdra, annonce tous les analystes et experts qui ont la particularité de se tromper nettement plus souvent que Paul Le Poulpe mais qui ont oublié une chose fondamentale… Barack Obama n’a jamais dit qu’il était autre chose qu’un homme du Centre et il s’est toujours présenté comme tel devant les électeurs en 2008.
Et ce centriste, qui est voué aux gémonies depuis son accession au pouvoir par les gens de gauche et de droite (n’oublions pas les attaques outrancières dont il est victime depuis son élection), est pourtant celui qui, en à peine deux ans, a le plus réformé son pays de tous les présidents des Etats-Unis. De la réforme de l’assurance-santé à la réforme du système financier, il a accompli un travail législatif qui n’avait jamais été réalisé jusqu’à présent, même pas par Franklin Roosevelt et son New Deal ou Lyndon Johnson et sa Great Society.
Il a mis en place le plan de sauvetage de l’économie («stimulus paackage») le plus important jamais vu dans le monde au moment où la «Great Recession» de 2008-2009 s’est abattue sur les Etats-Unis et le monde entier. Un plan qui, selon tous les économistes sérieux, a empêché le naufrage du pays même s’il n’a pas réussi à faire repartir la machine économique autant qu’espéré.
En outre, il a mené, dans l’ombre la traque réussie d’Ossama Ben Laden qui a été tué lors d’un raid au Pakistan. Il est venu en aide à l’industrie automobile, pourvoyeuse d’emplois, qu’il a sauvé de la disparition. Il a mis fin à la ségrégation des homosexuels dans l’armée américaine. Il a presque terminé la guerre en Irak et va rapatrier une bonne partie des soldats américains d’Afghanistan. Il a nommé le premier représentant de la communauté hispanique à la Cour Suprême, Sonia Sotomayor, etc.
Durant la première année de son mandat, sur les 502 promesses qu’il avait faites lors de sa campagne, Barack Obama en a réalisées 91 et a fait des progrès sur 285 autres selon le site PolitiFact.com.
Pour un faible qui ne sait pas prendre de décisions, on repassera!
Néanmoins, il est vrai qu’il existe une vraie incompréhension de qui est le «vrai» Barack Obama par une partie de la population américaine notamment pour nombre de gens qui ont voté pour lui en 2008. Ils n’ont pas compris ce qu’était le changement qu’il proposait alors, croyant qu’il allait révolutionner le pays ou, tout au moins, qu’il allait agir dans le sens qu’ils voulaient qu’il agisse.
Ceci est dû, en partie, à la campagne du candidat Obama à la Maison Blanche et aux slogans qu’il a utilisés. Il avait ainsi joué intelligemment de ceux-ci en ne se présentant pas comme le vecteur principal de sa propre campagne mais en faisant que ce soit le «changement» («Change, we can beleive in») qui le soit. Un changement que chacun pouvait s’approprier pour en voir ce qu’il désirait («Yes, we can!»).
Du coup, cette campagne, aussi géniale fut-elle en termes de communication, portait en germe cette incompréhension puis cette déception perceptibles chez de nombreux Américains.
Pour autant, David Axelrod, le principal conseiller de Barack Obama, a toujours expliqué que le changement prôné par ce dernier s’appuyait sur trois piliers identifiables: réunir le pays, revitaliser le «bipartisan government» à Washington afin de donner une large place au consensus et lutter contre les intérêts particuliers. Un changement centriste.
N’oublions pas, non plus, que, dans ses discours et ses déclarations, Obama est demeuré proche de sa vision de la politique et de celle des Etats-Unis, sans essayer de tromper qui que ce soit sur ses objectifs.
Il a toujours professé une vision centriste de la politique, de l’économie et du rêve américain qu’il se proposait de revitaliser.
En même temps, il a été pris dans la tourmente de la crise économique venue des inconséquences de son prédécesseur. Et l’on peut dire que Barack Obama, en décidant de s’attaquer sans attendre à cette crise dès la fin de 2008, a pris ses fonctions bien avant le terme de la présidence de George W Bush et de sa propre intronisation le 20 janvier 2009, endossant par là-même, les erreurs de ce dernier qui lui sont imputées aujourd’hui par de nombreux Américains qui, s’ils voient bien en lui celui qui a pris les décisions difficiles pour éviter que le pays ne plonge dans une crise encore plus profonde que celle de 1929 au moment où celle-ci se mettait en place, voient aussi en lui celui qui a pris les premières mesures controversées alors que celles-ci viennent de l’Administration Bush (comme le plan Paulson de sauvetage des banques) et que la crise a bien commencé sous le gouvernement de cette dernière (la crise des subprimes et le naufrage de ces mêmes banques qui s’en est suivi et qui étaient responsables de celle-ci).
Barack Obama n’est pas le messie, ni de près, ni de loin, venu sauver les Etats-Unis de tous les maux comme l’a espéré une grande partie du peuple américain, même beaucoup de ceux qui n’ont pas voté pour lui.
Cet investissement démesuré dans un homme qui pouvait symboliser la repentance des pêchers passés (l’esclavagisme et le racisme endémique du Sud) et, en même temps, le renouveau du rêve américain avec le retour de la grandeur et de l’opulence passées du pays, le tout dans une pureté morale aux idéaux professés depuis l’indépendance, ne pouvait que se fracasser devant la réalité de l’Amérique et du monde actuels.
Une réalité que Barack Obama n’a jamais niée, bien au contraire. Pour lui, il était essentiel de faire prendre conscience aux Américains, du monde dans lequel ils vivent afin de pouvoir mettre en place les réformes responsables dont le pays a un urgent besoin.
Réalisme, réformisme, responsabilité, pragmatisme, consensualisme sont les termes qui définissent sa gouvernance. Autant de termes d’une politique centriste. Autant de termes qui sont à l’opposé de ceux utilisés par les politiciens de droite et de gauche. Autant de termes qui ne vont pas de pair avec leurs clientélismes politiques destructeurs. Autant de termes qui, malheureusement, peuvent aussi plomber une popularité et même faire perdre une élection…

Alexandre Vatimbella
2011 LesNouveauxMondes.org

mardi 2 août 2011

Etats-Unis-Economie. Crise de la dette: Barack Obama n’est pas le vaincu, loin de là



Les républicains et les démocrates ont enfin trouvé un terrain d’entente afin de résoudre la crise causée par les républicains les plus à droite, voire d’extrême-droite, qui avaient décidé de ne pas voter le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis, menaçant le pays d’une grave crise financière et économique afin de fragiliser le président pour les prochaines présidentielles où il n’a pas encore d’adversaire assez crédible pour le battre.
Majoritaires à la Chambre des représentants, l’équivalent américain de l’Assemblée nationale française, les républicains voulaient obliger Barack Obama à couper dans les budgets sociaux et à ne pas augmenter les impôts pour les plus riches.
Ils n’ont pas totalement réussi mais ils ont été capables d’imposer des coupes budgétaires (pas dans les programmes sociaux prioritaires) et, surtout, qu’il n’y ait pas de hausse de la fiscalité.
Du coup, de nombreux observateurs ont affirmé que le président américain était le grand perdant de ce bras de fer.
Ils ont tort.
En effet, Barack Obama sait et dit depuis longtemps qu’il va falloir s’attaquer aux déficits publics abyssaux des Etats-Unis. Il sait également que les Américains ne sont pas prêts à voir leurs impôts augmenter mais qu’ils veulent un Etat plus sobre. Il n’ignore pas, non plus, que le pays doit contrôler ses dépenses dans le futur pour ne pas aller tout droit dans le mur.
Bien sûr, il aurait préféré avoir un plan plus équilibré qui lui aurait permis de jouer avec une hausse de la fiscalité pour les plus riches ce que tous les économistes sérieux préconisent aujourd’hui pour que l’Amérique puisse restaurer ses comptes publics.
Le seul problème, c’est qu’il ne pouvait avancer à découvert fasse aux démocrates les plus à gauche dont il a besoin et qui grondent depuis son élection ne voyant en lui que ce qu’il est, un centriste (ce qu’il a d’ailleurs toujours affirmé qu’il était!).
Dès lors, ce couteau républicain sur sa gorge lui permet de faire passer une partie des mesures qu’il estimait indispensable de prendre après les mesures de relance du début de sa présidence.
L’analyse que l’on peut faire de cette crise montre qu’Obama devrait en bénéficier sur le moyen et le long terme, en ayant montré toute sa responsabilité dans cette affaire aux yeux des Américains, ce qui sera plus difficile pour les républicains qui, eux, selon les sondages, sont accusés d’en être les instigateurs et sont montrés du doigt pour leur irresponsabilité.
Alexandre Vatimbella
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