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dimanche 7 août 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Trente soldats américains tués en Afghanistan / La crise de la dette: la note des Etats-Unis dégradée - Les hommes politiques américains se ridiculisent et énervent leurs concitoyens – 82% des Américains ont une opinion défavorable du Congrès


Les difficultés économiques et financières des Etats-Unis avec le blocage au Congrès ont dominé complètement le débat dans les médias américains au cours de la semaine. Seule l’attaque d’un hélicoptère de l’armée en Afghanistan a eu également une couverture journalistique importante.
Il a été détruit par un missile tiré par des Talibans, causant la mort de 30 soldats dont la plupart étaient des «navy seals», ces commandos d’unités spéciales dont le dernier fait d’arme a été de tuer Ben Laden, il y a quelques semaines.

Les Etats-Unis ne sont pas encore dans la tourmente même si cela y ressemble de plus en plus. On connaît la capacité de résilience du pays et du peuple américain. Pour autant, la situation économique, mais aussi politique, est très préoccupante.

Ainsi, la dégradation de la note de la dette américaine (passant de triple A à double A+) par l’agence de notation Standard & Poor’s est venu conclure cet effarant débat au Congrès sur le relèvement de la dette américaine.
D’ailleurs, l’agence explique sa décision par l’instabilité politique existant actuellement dans le pays. Et elle n’exclut pas une autre dégradation dans les prochains mois.
Les deux autres agences n’ont pas encore bougé, gardant la plus haute note à la dette américaine.
Rappelons que les agences de notation ont pour but de noter tout un tas d’acteurs économiques et financiers afin de renseigner les investisseurs sur les risques qu’ils encourent à prêter de l’argent à tel ou tel. Cependant, ces agences qui jouent les parangons de vertu n’avaient absolument pas émis de mis en garde avant la crise des subprimes et les risques très grands des produits financiers concoctés par les banques et les sociétés de crédit…
Une dégradation signifie théoriquement que les taux de crédit que l’on peut obtenir sont plus élevés. Il faudra voir si c’est le cas, les Etats-Unis demeurant, malgré tout, un acteur sûr sur les places financières.

Ce qui semble le plus dramatique dans cette histoire, c’est l’irresponsabilité dont font de plus en plus preuve les élus, notamment, les Républicains (en particulier, les élus d’extrême-droite du Tea party qui ne font plus rigoler personne, ni même qui trouvent des admirateurs en dehors de leurs électeurs ultras) dont l’obsession de faire battre Barack Obama par tous les moyens pourrait bien aboutir, in fine, à faire perdre les Etats-Unis, tout court...
Bien sûr, il ne faut pas balayer d’un revers de main toute explication logique à propos de l’affrontement qui met en lumière les spécificités américaines sur lesquelles reposent encore la vision d’une partie importante de la la population.
Les Etats-Unis ont, depuis toujours, une culture différente quand à la façon de concevoir le rôle de l’Etat dans la société. Même su celui-ci est devenu omniprésent ces dernières décennies, les Américains le voient toujours avec méfiance et préfèreraient se passer de lui, estimant qu’il bride plus les opportunités de réussir qu’il ne les permet.
Cette vision n’est plus vraiment réelle (beaucoup d’Américains ignorent que c’est l’Etat qui paye tout un tas d’allocations et les assurances santé pour les plus âgés…) mais elle accompagne cette idée que l’on peut toujours réussir si on le veut vraiment et que cette réussite sera toujours la récompense d’une volonté et d’un travail personnels acquis sans aucun concours de la société et des pouvoirs publics.

La situation économique du pays n’était déjà guère florissante mais tenait bon malgré un chômage important et une dette publique élevée. Ce qui a mis le feu aux poudres a été la volonté des républicains de mettre Barack Obama dans l’embarras en refusant de relever automatiquement le plafond de la dette du pays, une décision qui revient au Congrès dans lequel les républicains sont majoritaires à la Chambre des représentants. En faisant cela, ils ont peut-être déclenché une crise qui ne sera pas seulement américaine mais mondiale.

Les Américains sont d’ailleurs furieux de la situation.
Selon un sondage pour le New York Times et CBS, 82% des personnes interrogées désapprouvent désormais la manière dont le Congrès (Chambres des représentants et Sénat) accompli sa tâche. C’est le plus haut pourcentage de mauvaises opinions depuis que ce sondage a été réalisé pour la première fois en 1977. Notons tout de même que cela fait longtemps que ce sondage montre une grande défiance de la population vis-à-vis de ses élus nationaux.
Quatre personnes sur cinq estiment que la dernière bataille sur le relèvement du plafond de la dette n’était pas mue par la volonté d’améliorer la situation du pays mais uniquement pour des manœuvres politiciennes. Et près des trois-quarts d’entre eux pensent que ce débat a écorné l’image des Etats-Unis dans le monde.
Selon une enquête du Pew Research Center pour le Washington Post, 72% des Américains interrogés (75% des républicains, 72% des démocrates et 72% des indépendants) ont décrits les récentes négociations au Congrès de «ridicules», «dégoûtantes», «stupides», «frustrantes» et autres termes négatifs. Seules 2% d’entre elles ont trouvé des adjectifs positifs pour en parler…
Il serait temps que les élus du Congrès prennent conscience de l’image désastreuse qu’ils véhiculent dans le pays par leurs agissements et qu’ils cherchent des solutions pour sortir d’un affrontement dont la seule victime sera les Etats-Unis.

Alexandre Vatimbella
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