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dimanche 30 octobre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Rebond de l’économie américaine / Le taux d’approbation du Congrès à… 9%! / Perry propose une flat tax à 20% contre celle à 9% de Cain… / Les revenus des 1% ont progressé de 275% en 30 ans contre 40% pour la classe moyenne et 18% pour les plus pauvres / Il neige sur New York!


L’économie américaine ne se porterait pas aussi mal qu’on pouvait le craindre. C’est en tout cas ce que disent les chiffres publiés par le département du Commerce (même s’ils demandent à être affinés dans les semaines à venir).
Selon ceux-ci, la croissance aurait augmenté de 2,5% en rythme annualisé au cours du troisième trimestre soit 0,8% de plus qu’au cours de deuxième trimestre.
En outre, la consommation des ménages a été plus élevée que prévu, +2,4% (contre seulement +0,7% au deuxième trimestre). De même, les exportations ont cru de 4% contre 3,6% au trimestre précédent.
Par ailleurs, la production automobile a augmenté de plus de 21% et les grandes entreprises semblent assez optimistes sur une amélioration de leurs carnets de commandes.
En revanche, même s’il y a eu création de nouveaux emplois, le taux de chômage demeure élevé au taux inchangé de 9,1%. Et cela ne risque guère de changer diamétralement puisque le plan pour l’emploi de Barack Obama semble n’avoir aucune chance d’être voté par le Congrès.

Depuis que CBS sonde les Américains, c’est la première fois que le taux d’approbation du Congrès est passé sous le seuil des 10%. Ainsi, seuls 9% des personnes interrogées ont une bonne opinion de leurs représentants et de leurs sénateurs.
C’est une véritable défiance qui montre que si les Américains estiment majoritairement que la politique de Barack Obama ne donne pas les résultats escomptés en matières économique et sociale, ils pensent que ce sont les républicains (qui contrôlent la Chambre des représentants et sont capables de bloquer le Sénat par la procédure du filibustering) qui font tout pour faire capoter celle-ci et qu’ils sont responsables du blocage actuel des institutions.
Si, au départ, les républicains ne semblaient pas très inquiets sur l’opinion à leur encontre de leurs concitoyens, ce n’est plus le cas dorénavant. Mais, comme ils sont incapables de s’assoir autour d’une table et de réellement travailler à un accord bipartisan avec la Maison blanche, ils continuent à s’enfoncer inexorablement. Une chance pour Obama pour sa réélection en 2012.

Rick Perry, le gouverneur du Texas qui souhaite être le candidat du Parti républicain à la présidentielle, veut une flat tax sur l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés à un taux unique de 20%. Celle-ci favoriserait évidemment les plus riches au détriment des plus pauvres et de la classe moyenne, tout en creusant le déficit des finances publiques.
Il a piqué l’idée à son adversaire lors des primaires républicaines, Herman Cain, qui lui veut aussi une flat tax mais à un taux bien plus bas de 9%.
Difficile après cela aux républicains de prétendre qu’ils ne sont pas les défenseurs des plus riches, même si cela procède, selon eux, d’une vision de l’économie où ce sont les riches qui sont le moteur du développement économique.

«Nous sommes les 99%», déclarent sans relâche les OWS (Occupy Wall Street) depuis qu’ils ont investi le Zuccotti Park de New York. Voilà des statistiques qui vont certainement leur donner un peu d’énergie pour continuer leur mouvement alors que le froid s’est abattu sur Big Apple et que les autorités leur ont retiré leurs générateurs au motif qu’ils ne présentaient pas la sécurité nécessaire requise.
En effet, les riches américains deviennent de plus en plus riches sans aucune pudeur et sans aucune mesure. Ainsi, selon les chiffres publiés, les revenus des 1% des Américains les plus riches ont progressé de 275% en 30 ans!
Cette indécence est encore renforcée lorsque l’on sait que la progression pour la classe moyenne au cours du même laps de temps n’a été que de 40%. Et elle devient un véritable scandale quant on la compare avec la progression des revenus des plus pauvres au cours de ces trente mêmes années: 18%...

C’est exceptionnel. Et même si c’est très beau, c’est également très dangereux. Toute la côte Est des Etats-Unis est sous la neige. Ce manteau blanc au mois d’octobre est rarissime et donne de très belles photos de rues de New York. Mais elle a aussi provoqué la mort de trois personnes dans les Etats touchés ainsi que de graves perturbations routières et ferroviaires, notamment. Sans oublier des coupures d’électricité. Deux millions de personnes sont dans le noir dont 500.000 dans le seul Etat du New Jersey, Etat dont le gouverneur, Chris Christie, a décrété l’Etat d’urgence.
Comme les arbres ont encore leurs feuilles, la neige qui s’est collée à celles-ci fait casser les branches et menace de faire tomber nombre d’entre eux.
Pour éviter des accidents, de nombreux parcs sont fermés, comme Central Park à New York.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mardi 25 octobre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Retrait total des soldats américains d’Irak / Lions, tigres et léopards sèment la terreur dans l’Ohio! / Cain le pizzaiolo conservateur / Romney et Perry ne s’aiment pas Beaucoup


Bonne nouvelle pour les Américains, moins bonne pour les Irakiens (quoiqu’ils en disent), le retrait total des soldats US sera terminé à la fin de l’année.
«Aujourd'hui, a déclaré Barack Obama, je suis en mesure d'annoncer, comme promis, que le reste de nos troupes présentes en Irak rentreront d'ici à la fin de l'année. Après près de neuf années, la guerre menée par les Etats-Unis en Irak sera finie».
Voilà une nouvelle promesse tenue par le président américain.
Il faut dire qu’il a été un petit peu aidé par Bagdad. En effet, l’Irak souhaitait que des soldats américains demeurent sur son sol afin de continuer à former son armée qui n’est pas encore tout à fait au point. Ce que les Etats-Unis étaient prêts à lui accorder.
Mais, pour accéder à cette demande, Washington demandait l’immunité totale pour tous les soldats ce que ne voulait pas accorder les autorités irakiennes. Après de longues négociations infructueuses, Obama a logiquement décidé que tous les militaires seraient de retour au bercail avant le 31 décembre…

C’est une drôle d’histoire, à la fois surréaliste et dramatique, comme on en voit qu’aux Etats-Unis (ou presque…). Un homme vivant seul dans une ferme de l’Ohio s’est suicidé et, avant de passer à l’acte, a relâché plus de cinquante animaux sauvages qui lui appartenaient.
Dans ce lot, une dizaine de tigres, autant de lions, des léopards, des ours et des grizzlys ainsi que des lions des montagnes et un loup! Devant cet afflux d’animaux dangereux, les autorités n’ont guère eu le choix. Après avoir essayé des seringues hypodermiques (mais celles-ci doivent mettre du temps avant d’agir réellement, «ce n’est pas comme dans les films», a déclaré une vétérinaire), elles ont décidé, la mort dans l’âme d’abattre les félins. Résultat, 48 animaux tués dont dix-huit tigres du Bengal (rares), dix-sept lions, trois lions des montagnes, six léopards, six ours noirs, deux grizzlys et un loup. Un babouin est aussi mort mais le sheriff estime qu’il a pu être mangé par un lion!
Dans ce carnage, trois léopards et un grizzly ainsi que trois singes ont été sauvés.
Bien entendu, une polémique s’en est suivie, certains défenseurs des animaux estimant que l’on n’avait pas du utilisé le bon dosage dans les seringues. Cependant, les plus grands défenseurs des animaux sauvages, tout en reconnaissant que la perte était terrible, notamment pour les tigres, ont affirmé que la police ne pouvait faire autrement.
Quant au sheriff du coin, très triste d’avoir du exécuter les animaux, sa priorité des priorités était la sécurité des habitants dont beaucoup ont été obligés de se terrer chez eux en attendant que la chasse soit terminée.
L’homme qui s’est suicidé avait fait de la prison. A l’inverse de ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas parce qu’il détenait des animaux sauvages, car, dans certains Etats, comme dans l’Ohio, cela est tout à fait légal. Non, c’était parce qu’il les maltraitait…

Dans la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, il se passe toujours quelque chose de nouveau, même si cela n’est guère passionnant. Ce feuilleton où certains se présentent, d’autres se retirent et d’autres se déclarent pas intéressés (ou font semblant), a vu une joute orale et presque physique entre les deux favoris, Mitt Romney et Rick Perry, le deuxième accusant le premier de tout ce qu’il trouve pour refaire son retard, et la montée en puissance de Herman Cain, l’Afro-américain conservateur et ultralibéral qui a fait fortune dans la pizza après avoir travaillé chez Coca-Cola.
Ce dernier a fait un bond dans les sondages même si ses propositions sont fantaisistes et dangereuses, notamment son idée de tout taxer à 9%, que ce soit l’impôt sur le revenu (la fameuse «flax tax» que tous les riches rêvent de voir instaurer dans le monde entier), les bénéfices des sociétés, la TVA, ce qui avantagerait évidemment les plus riches, ce qu’il revendique, et creuserait un trou géant dans les finances publiques, ce qu’il souhaite afin de réduire celles-ci, tout en ayant des conséquences néfastes sur les plus pauvres, ce dont il ne se soucie guère.
Personne ne pense, à part lui, qu’un Afro-américain peut devenir le candidat des Républicains, surtout quand on sait qu’une grande proportion de ceux qui vivent dans le Sud (et qui étaient autrefois membres des démocrates quand ceux de l’ex-Confédération haïssaient le parti de Lincoln, le Parti républicain) demeurent, sinon racistes, au minimum opposés à un président noir, qui plus est, républicain!
Alexandre Vatimbella
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samedi 22 octobre 2011

Le nouveau multilatéralisme version américaine


Première puissance mondiale et fière de l’être, les Etats-Unis veulent bien partager le pouvoir à l’échelle du monde mais seulement s’ils sont au-dessus des autres…
Une position paradoxale qui montre que, depuis la chute du communisme et de l’Union soviétique (dont les Américains exagéraient la puissance), être la seule superpuissance et pourtant avec des moyens limités, comme l’ont montré les conflits en Afghanistan et en Irak, n’est pas toujours facile à gérer.
C’est ce qu’est venu analyser lors d’une conférence au CERI (Centre études et de recherches internationales) de Sciences po Paris, le professeur de «global affairs» à l’université Rutgers de New York, Simon Reich.
Car, entre la vision de Barack Obama, «l’Amérique première parmi des égaux» et celle de George W Bush, «l’Amérique en premier», il n’y a pas autant de différence que les joutes politiques veulent le faire croire. On est soit dans le «multipolar leadership» (Obama), soit dans le «unipolar leadership» (Bush).
Dans tous les cas, la doctrine de la politique étrangère américaine est, en réalité, de retrouver ou de garder une position hégémonique. Telle est d’ailleurs la vision de l’actuelle secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.
Celle-ci parle de «civilized power» qui combine les pouvoirs militaire, économique et culturel.
Pour Simon Reich, les réalistes (néoconservateurs) et les libéraux (centre-gauche), partagent une vision proche mais qui est une chimère. Car l’hégémonie américaine comme base du multilatéralisme est, selon lui, «une illusion qui n’a jamais réellement existé sauf pour une très courte période après la fin de la Deuxième guerre mondiale».
Alexandre Vatimbella
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mardi 18 octobre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. L’indignation mondialisée


«Occupy Wall Street» n’a sans doute pas inventé l’indignation démocratique. Ni même le «printemps arabe» ou les indignés de la Puerta del Sol de Madrid – qui pourtant le revendiquent -, Stéphane Hessel ou les Altermondialistes. Mais ils sont tous des mouvements naturels qui naissent lors de transformations plus ou moins radicales de la société sans qu’ils soient d’ailleurs contre cette transformation mais plutôt contre son utilisation par certains ou contre ses effets néfastes. Ainsi, le slogan fédérateur de tous les mouvements des indignés est «United for a global change» (Unis pour un changement global), un mot d’ordre très mondialisé…
Les indignés de New York ne sont, ainsi, certainement pas contre une culture métissée ou une mondialisation médiatique dont ils se nourrissent et qu’ils propagent d’ailleurs par le biais de canaux mondialisés. Ils sont contre une certaine globalisation économique, celle qui permet au 1% de la population («nous sommes les 99%» est leur slogan) de s’enrichir sur le dos des autres, les plus nombreux, mais pas celle qui multiplie les échanges à travers la planète et qui est, quoiqu’en dise, un facteur de paix.
Et ils ont le soutien des habitants de Big Apple. Selon un sondage que l’université de Quinnipiac, 67% des newyorkais sont d’accord avec le ressentiment d’Occupy Wall Street vis-à-vis du monde financier. 73% sont même pour une plus grande régulation des établissements bancaires.
Bien sûr, la résonnance de «Occupy Wall Street» qui est le dernier en date des mouvements d’indignation vient de ce qu’il se situe dans la capitale mondiale et mondialisée emblématique (ce n’est pas pour rien que les terroristes rétrogrades se sont attaqués à elle), New York, et dans la principale puissance mondiale, qui plus est, une démocratie (difficile d’imaginer «Occupy Red Place» à Pékin…).
Cette indignation mondialisée veut dire que le phénomène de la mondialisation doit être équilibré, qu’il doit être démocratique et qu’il doit permettre à tous d’en profiter et que, tous, sociétés civiles, Etats, individus, acteurs économiques privés et publics, etc. doivent agir en ce sens avec toute la responsabilité nécessaire.
Bien sûr, on trouvera des revendications extrêmes, utopistes, irréalisables, mensongères et même stupides dans tout ce que demandent les indignés de la planète, sans oublier des demandes paradoxales. Cependant, le fond du mouvement veut un monde ouvert et fraternel.
Ce qui, rappelons-le, est depuis toujours la recherche des deux principales pensées politiques de la démocratie, le libéralisme et le socialisme qui ont toujours prôné un universalisme et un solidarisme de tous les habitants de la terre.
Certains espèrent que les indignés seront capables de se structurer. Est-ce réellement nécessaire? Quoiqu’on en pense, les mouvements de 1968 à travers le monde ont échoué à devenir une force politique cohérente. Mais ils ont irrigué toutes les sociétés du monde, acquérant certainement plus de puissance qu’aurait pu avoir quelques partis politiques disséminés dévoyant leur message libertaire.
C’est aussi pourquoi il sera très difficile à qui que ce soit de récupérer le mouvement. On ne sait si Barack Obama le souhaite. Mais il serait sage pour lui de ne pas écouter certains de ses conseillers qui le pensent. D’autant que le président américain a, à son crédit, une loi de régulation des établissements financiers dont il pourra se prévaloir le moment venu sans besoin d’aucune récupération.

Alexandre Vatimbella
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lundi 17 octobre 2011

La question du troisième parti centriste aux Etats-Unis


Il existe plusieurs initiatives actuellement aux Etats-Unis en vue de la création d’un troisième «grand» parti situé au centre de l’échiquier politique (il existe plusieurs petits partis qui se réclament du centre, The Modern Whig Party ou The Centrist Party) et d’un «troisième homme» centriste pour aller défier lors de la présidentielle de 2012, les candidats des partis républicain et démocrate.
La question d’une troisième offre politique consistante est récurrente dans la vie politique américaine (on se rappelle notamment la candidature de Theodore Roosevelt en 1912 à la tête d’un parti progressiste) mais a pris de l’ampleur depuis les années 1980.
C’est la radicalisation du Parti républicain, devenu un vrai parti de droite (et parfois d’extrême-droite), laminant son centre, qui a déclenché la réflexion tout comme l’idée que le corps électoral américain se droitisait.
De son côté, le Parti démocrate a répondu de deux façons. Avec une frange qui se radicalisait à gauche mais aussi avec les tentatives de troisième voie dont celle, la plus connue, de Bill Clinton, «Third Way» qui influença le Parti travailliste en Grande Bretagne et permit à Tony Blair de diriger le pays pendant une décennie.
Pour autant, un «troisième candidat» (il faut rappeler que de nombreux candidats se présentent à chaque présidentielle, mais que ces «petits» candidats n’obtiennent que peu de voix même si, en 2000, la présence de l’activiste de gauche et ancien défenseur emblématique des consommateurs, Ralph Nader, a sans doute coûté son élection à Al Gore face à George W Bush), n’a jamais été élu, ni même n’est arrivé en deuxième position.
De même, il ne s’est pas toujours situé au centre. Ainsi, Ross Perot, le troisième larron des élections de 1992 (sa présence fut un des éléments qui permit l’élection de Bill Clinton face à George H.W. Bush) et 1996, et dont les scores furent plus qu’honorables, était situé à droite du Parti républicain et de son candidat de centre-droit (Bush père en 1992 et Bob Dole en 1996).
Par ailleurs, il faut se demander si une telle candidature se justifie actuellement alors que le président des Etats-Unis en place est un centriste, considéré comme tel par la majorité des politologues sérieux.
Comme le remarquent plusieurs observateurs, comme Michael Tomasky du Daily Beast et de Newsweek, un troisième homme ne ferait que prendre des voix au candidat centriste «officiel» (en l’occurrence Barack Obama) et favoriserait l’élection d’un Républicain qui risque d’être très à droite. Ce serait donc totalement contreproductif et aboutirait à polariser encore plus la vie politique américaine au lieu d’y apporter du consensus.
Sauf si, évidemment, il avait une grande chance de l’emporter.
Mais rien ne vient étayer cette éventualité, au contraire.
Cela n’empêche pourtant pas les initiatives de se poursuivre. Elles sont plus ou moins structurées, plus ou moins sérieuses.
Il y a de simples appels à une candidature centriste comme ceux de Thomas Friedman ou de David Brooks, deux éditorialistes vedettes du New York Times - le premier du centre-gauche, le deuxième du centre-droit - ou encore de Matt Miller, du Washington Post.
Il y a la création d’organisations comme «No Labels» qui veulent organiser un vote de la population pour désigner leur héraut. On trouve aussi des médias, comme le site Politico.com qui proposent plusieurs candidats aux internautes en leur demandant de voter pour leur préféré.
Pour autant, la grande question que devraient se poser tous les responsables de ces initiatives est: qu’est-ce qu’un troisième candidat centrisme ferait de mieux ou de différent que ce qu’a fait et ce que fait Barack Obama et, ceci, indépendamment des résultats mais dans le cadre économique et politique actuel?
La réponse est, sans doute, pas grand-chose. Car, dès qu’il parviendrait au pouvoir, il serait, comme Barack Obama l’a été (et alors qu’il bénéficiait d’un très large crédit dans l’opinion), l’objet d’attaques virulentes de la Droite et de la Gauche. Il serait également l’objet d’un blocage de la droite du Parti républicain sans avoir, lui, le soutien de l’aile gauche du Parti démocrate. Et ses idées, si elles sont centristes, ressembleraient beaucoup à celles de Barack Obama.
Du coup, il est sans doute légitime de se demander si des mesures et une pratique politique centristes sont capables de sortir les Etats-Unis des graves problèmes auxquels le pays a à faire face (il ne semble pas que celles de droite et de gauche soient beaucoup plus capables de faire mieux et seraient sans doute pires) mais pas de dénier à Barack Obama d’occuper fermement le centre de l’échiquier politique.

Alexandre Vatimbella
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dimanche 9 octobre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. La mort de Steve Jobs / Occupy Wall Street v. Tea Party / Amanda Knox acquittée et libérée, de retour à Seattle / Cris Christie et Sarah Palin ne seront pas candidats à la primaire républicaine


Il était un génie et un visionnaire de la création et du marketing salué par la terre entière. Il est célébré comme un véritable héros américain au moment où les Etats-Unis doutent de leur exceptionnalisme, de leur présent et de leur futur et ont un grand besoin de se rassurer sur leurs capacités.
Steve Jobs, le co-fondateur d’Apple, le créateur du MacIntosh, le premier véritable ordinateur personnel grand public, de l’iMac, de l’iPod, de l’iPhone et de l’iPad est mort après une lutte de sept ans contre un cancer du pancréas, ce qui fut aussi un autre challenge sachant que, généralement, on ne lui survit que deux ans lorsqu’il est dépisté.
Jobs est donc élevé au panthéon des grands inventeurs et des grands entrepreneurs US, aux côtés d’un Edison, d’un Ford et de quelques autres titans du même genre. Et l’hommage national (mais aussi mondial) est aussi un symbole fort pour dire que, si les Etats-Unis peuvent engendrer de tels phénomènes, tout est alors encore possible.
D’ailleurs, Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, ou les deux créateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, sans oublier, évidemment, Bill Gates de Microsoft ne sont-ils pas là pour démontrer que cet incubateur de génies qu’est l’Amérique est encore debout? Il faudra voir si c’est toujours le cas avec leurs éventuels successeurs…

Le mouvement populiste de droite, Tea Party, a dorénavant son pendant à gauche. Il s’appelle «Occupy Wall Street». Mouvement de la base et également populiste, dont les instigateurs sont des jeunes activistes plutôt libertaires, ce dernier a un ennemi principal, le banquier de Wall Street. Il se bat avant tout contre le monde financier jugé responsable de tous les malheurs de la planète mais réclame également du travail pour tous et une meilleure répartition de la richesse.
Bien sûr, cela demeure des revendications très larges et imprécises, comme le font remarquer les commentateurs mais aussi le monde du travail encore assez dubitatif sur le devenir du mouvement sur le moyen et le long terme. Gageons, cependant, que, s’il dure, il se structurera dans les semaines et les mois à venir.
Pour l’instant, Occupy Wall Street, ce sont quelques centaines de personnes, surtout des jeunes, qui occupent une place sur Broadway, près de Wall Street, à New York, le Zucchotti Park, rebaptisé, pour l’occasion, le Liberty Park. Ils ont fait des émules dans plusieurs villes américaines, de Washington à Los Angeles, et se réclament du printemps arabe et du mouvement des indignés européens, notamment espagnols.
La police newyorkaise, la NYPD, n’est pas tendre avec ces indignés «made in America» alors qu’ils n’ont, jusqu’à présent, causé aucun dégât et qu’ils se présentent comme des pacifistes.
On peut les suivre 24 heures sur 24 sur internet sur leur site avec un direct où tous ceux qui s’intronisent porte-paroles viennent parler les uns après les autres.

Ange ou démon, les médias américains ont choisi la première option et ont fêté son acquittement en appel par la justice italienne.
Amanda Knox est rentrée chez elle à Seattle (Etat de Washington) en héroïne après avoir passé quatre ans en prison pour le meurtre et le viol, avec deux complices (dont l’un a aussi été acquitté en appel), de sa colocataire britannique, ce qu’elle avait toujours nié.
Même si le procureur italien a fait appel de ce jugement, il faut noter que les investigations de la police avaient été mal faites et les rapports des experts s’appuyaient sur des analyses douteuses.

Ils ne seront pas candidats alors que certains Républicains les attendaient comme les messies qui auraient pu les sauver lors de la présidentielle de 2012, vu le peu de qualité actuelle des candidats déclarés.
Le premier, Cris Christie, le gouverneur du New Jersey, était le héraut des républicains, sinon modérés, en tout cas les moins ultras. La deuxième, Sarah Palin, était la préférée des plus populistes et des plus haineux.
Le premier s’est dit pas encore prêt pour se présenter à la présidentielle. Quant à la seconde, on ne sait pas trop pourquoi elle ne veut pas y aller sauf que son étoile pâlit de plus en plus et que son «momentum» (son moment privilégié) semble définitivement derrière elle au grand soulagement de ceux qui pensent que la politique n’est pas une comédie pour incompétents qui désirent leur quart d’heure de gloire en s’emplissant les poches…

Alexandre Vatimbella
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mercredi 5 octobre 2011

Le Sénat américain adopte une loi contre la sous-évaluation du yuan


Même s’il faut que la Chambre des représentants adopte également ce texte et qu’ensuite le président Barack Obama le promulgue, la décision du Sénat américain est une première.
A l’instigation de sénateurs, à la fois démocrates et républicains, et sous la houlette de Charles Schumer (démocrate de New York) et de Lindsay Graham (républicain de Caroline du Sud), deux hommes politiques en pointe depuis longtemps sur cette question, la chambre haute du Congrès a voté une loi obligeant le président des Etats-Unis d’imposer des droits de douane à des produits chinois (en dehors d’une liste où il peut se décider librement) s’il est avéré que le yuan est manipulé afin que son taux de change lui soit avantageux vis-à-vis du dollar.
Le passage de ce texte qui est, pour l’instant, plus une manière pour les élus de montrer qu’ils ne restent pas sans rien faire devant une situation que les Américains supportent de moins en moins face au ralentissement de l’économie et à la persistance d’un fort taux de chômage, a, évidemment, enragé les autorités chinoises qui sont immédiatement montées au créneau.
Que ce soit le ministère du Commerce, la Banque populaire (la banque de réserve) ou le ministère des Affaires étrangères, les critiques nombreuses ont été particulièrement virulentes. La presse officielle a évidemment relayé cette réaction à la mesure des craintes de Pékin.
Car la Chine tente depuis des années d’empêcher toute réelle mesure de rétorsion à l’égard de sa politique monétaire qui est de sous-évaluer le yuan malgré ses dénégations auquel personne ne croit, même ceux qui l’approuvent. Elle y est parvenue jusqu’à présent en mélangeant positions fermes, ruses et accommodements. Si cette loi été votée, ce n’est pas tellement les effets réels qu’elle induirait sur les exportations chinoises qui seraient le plus inquiétant pour Pékin mais plutôt la brèche qui serait ouverte dans cette résistance opiniâtre à tout «diktat» venant de l’extérieur. Et, pire encore, les autorités «perdraient la face»…
Alexandre Vatimbella
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lundi 3 octobre 2011

Une Semaine aux Etats-Unis. Cris Christie, nouvel espoir républicain? / Trop gros pour être président?! / Accélération de l’activité économique au printemps / Le docteur de Michael Jackson de plus en plus sur la sellette lors de son procès


Le gouverneur du New Jersey pourrait être le (nouveau) sauveur du Parti républicain qui n’en finit pas de susciter des candidatures pour aller affronter Barack Obama à la présidentielle de 2012 avant de les broyer par l’étalement des incompétences ou des inconsistances, voire de leurs mensonges, des différents prétendants lors des débats télévisés qui se succèdent.
Ainsi, le gouverneur du Texas, Rick Perry, adulé il y a peu, est actuellement dans une très mauvaise passe après que des révélations sur ses pratiques à la tête du plus grand Etat de la fédération se soient succédé.
Du coup, c’est au tour de Cris Christie d’être sollicité. Elu en novembre 2009 dans un Etat traditionnellement démocrate, il est le chantre de la lutte contre les déficits publics tout en n’augmentant pas les impôts, dans la plus pure vision étriquée des Républicains!
A cause de lui, les millions de personnes qui doivent se déplacer entre New York city et sa banlieue du New Jersey vont devoir continuer à perdre des heures et des heures dans les embouteillages depuis qu’il a refusé de participer à la construction d’un nouveau tunnel ferroviaire reliant les deux rives de l’Hudson, projet pourtant prévu depuis longtemps et dont tous les spécialistes s’accordaient à le voir comme indispensable.
Il est également sorti vainqueur d’un bras de fer avec les enseignants.
Ces deux épisodes ont fait de lui une star chez les militants républicains…
Le problème est que Cris Christie a répété partout à qui voulait l’entendre qu’il ne serait jamais candidat à la présidentielle de 2012. «Ma femme me tuerait si je l’étais» a-t-il déclaré et ses deux enfants ont affirmé lors d’une émission sur CNN qu’il leur a même juré qu’il ne le serait pas, ajoutant qu’ils croyaient leur père incapable de leur mentir.
L’avenir dira si le bon époux et le bon père s’est laissé tenter par les feux de la rampe politique…

Une des raisons – mauvaises – qui pourraient faire renoncer Cris Christie sont les attaques sur son apparence physique. Il est obèse et des voix se sont élevées pour dire que l’on ne pouvait avoir à la tête des Etats-Unis quelqu’un qui est en très grande surcharge pondérale.
Evidemment, ces propos ont été critiqués partout et des supporters du gouverneur du New Jersey sont allés chercher des présidents qui avaient de l’embonpoint pour démontrer que cela n’avait aucune importance.
Reste que cette apparence physique pourrait jouer pour certains électeurs. Ce critère fonctionne aux Etats-Unis comme il fonctionne dans le monde entier, quoiqu’on en dise, quoiqu’on le déplore…

L’activité économique des Etats-Unis a été meilleure que ce que l’on pouvait penser au cours des derniers mois selon la publication des chiffres officiels du département du Commerce.
Ainsi, au deuxième trimestre 2011, le PIB du pays a progressé de 1,3% en rythme annuel par rapport aux trois mois précédents (il s’agit d’une révision à la hausse de 0,3% de l’estimation de la fin août).
Selon le département du Commerce, cela provient d’une «révision à la hausse des dépenses de consommation des ménages, (d’)une révision à la baisse des importations, et (d’)une révision à la hausse des exportations».
Et, selon certains experts, le PIB américain devrait avoir crû entre 2% et 2,5% environ au cours du troisième trimestre qui s'achève vendredi.

Le procès du médecin de Michael Jackson, Conrad Murray, accusé de lui avoir fourni des produits dangereux et de n’avoir pas su réagir le jour de son décès tout en cachant des preuves sur son implication dans celui-ci s’est ouvert.
Les médias en font évidemment une importante couverture et l’on voit défiler de nombreux témoins qui, tous, décrivent un comportement pour le moins anormal de Murray.
L’accusation lui reproche, notamment, d’avoir fourni à la star du Propofol, un puissant anesthésiant, et d’avoir commis une faute en lui en administrant une trop grande quantité qui lui aurait causé une intoxication fatale.
Le docteur est dans une position de plus en plus difficile car, de jour en jour, sa défense se lézarde face aux témoignages de tous ceux qui étaient présents au domicile de Michael Jackson ou qui sont intervenus ce 25 juin 2009.
Murray risque quatre ans de prison pour homicide involontaire. A noter, qu’il est actuellement en liberté sous caution.

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

Les Etats-Unis… nouvelle puissance pétrolière!


On savait que le Brésil était assis sur une manne pétrolière gigantesque. On sait moins que le Venezuela est le pays qui a sans doute les réserves les plus importantes du monde ou que la Colombie devient un acteur de premier plan grâce à sa production qui augmente sans cesse.
Dans la même veine, on pensait que les Etats-Unis n’étaient plus qu’une superpuissance économique, énergivore et incapable d’être autosuffisante avec sa production pétrolière déclinante après avoir dominé le monde.
L’on va devoir revoir cette vision avec la découverte de gisements énormes, notamment au Texas et dans le Dakota du Nord. Evidemment, ils ne sont pas faciles d’accès et des questions environnementales se posent quant à leur exploitation (utilisation de beaucoup d’eau et de produits chimiques qui pourraient contaminer les nappes phréatiques). Mais les nouvelles techniques mises au point, comme le forage horizontal, permettent aujourd’hui de récupérer le pétrole emprisonné dans les roches.
La production pétrolière étasuniennes, tout comme celles de tous les pays producteurs américains (Brésil, Colombie, Venezuela, Mexique, Canada, entre autres), est en augmentation. Des puits sortent déjà une quantité égale à la moitié de sa consommation et elle pourrait dépasser les deux millions de barils par jour en 2020.
Si, comme certains experts le prévoient, les Américains sont capables de redevenir indépendants en matière énergétique, alors l’avenir de la première puissance mondiale redevient souriant. D’autant que son challenger, la Chine, est loin de pouvoir prétendre à la même autosuffisance…
Pour autant, cela ne doit pas dispenser de continuer à chercher des solutions alternatives à la dépendance mondiale du pétrole qui, de toute façon, n’est pas inépuisable et source de pollution.
Comme l’expliquait Hugues de Jouvenel, le directeur du think tank et de la revue du même nom, Futuribles, dans un numéro récent de cette dernière consacrée aux énergies de demain, «l’énergie qui nous fait le plus défaut est peut-être celle de la volonté de changer résolument de modèle de développement alors pourtant que, année après année, nous nous approchons, au plan tant écologique que social, d’une situation manifestement insoutenable» (1).
Alexandre Vatimbella
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(1) Hugues de Jouvenel, Quelles énergies pour demain, Futuribles 376, juillet-août 2011