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samedi 28 janvier 2012

Croissance de 2,8% au dernier trimestre 2011

C’est une relativement bonne nouvelle pour les Etats-Unis. Le taux de croissance de l’économie américaine a été de 2,8% au dernier trimestre de 2011, porté notamment par la consommation des ménages mais aussi par l’augmentation des stocks des entreprises.
C’est bien mieux que la plupart des pays avancés mais c’est moins que ce que les spécialistes avaient espéré (3%). Surtout, cette amélioration qui a permis une diminution du chômage devrait marquer un ralentissement en ce début 2012.
Rappelons que la prévision de croissance pour 2012 tourne autour de 2%.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 27 janvier 2012

Elections présidentielles 2012. Obama lance sa campagne avec son discours sur l’état de l’Union / Elire Obama, tout autant pour ce qu’il fera que pour ce qu’il empêchera les républicains de faire?! / Romney empêché de se recentrer face à la meute des conservateurs de la droite extrême


«Populiste», Barack Obama? C’est ce que certains commentateurs ont conclu en écoutant ses propos lors du troisième Discours sur l’état de l’Union que le président des Etats-Unis a prononcé en début de semaine. Et si certains affirment qu’être traité de populiste est moins négatif aux Etats-Unis qu’en France, cela signifie, tout de même, que, selon une partie de la presse américaine, Obama a choisi le petit peuple contre les élites, notamment financières, et que c’est un tournant dans sa vision politique.
Pourtant, ce n’est pas aussi simple. Il est vrai qu’Obama a décidé de passer à l’offensive depuis quelques mois face au Parti républicain qui a largement bloqué sciemment sa présidence depuis sa victoire à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de novembre 2010 et dont les membres, notamment les candidats à la primaire qui doit désigner leur candidat pour la présidentielle de novembre prochain, n’ont que mépris et, souvent, insultes à la bouche envers sa personne (la dernière offense en date vient du gouverneur de l’Arizona, Jan Brewer, qui a pointé, mercredi dernier, un doigt vengeur en direction du président lors d’une discussion semble-t-il animée, ce qui lui a valu d’être applaudie par l’extrême-droite républicaine qui demande maintenant à Newt Gingrich d’en faire sa colistière pour les présidentielles…).
On comprend, dès lors, que, d’une part, il doit se montrer conquérant et que, d’autre part, il n’a aucun cadeau à faire à des adversaires aussi virulents dont le seul mot d’ordre demeure encore de faire de lui un «one-term-president».
Mais les propos qu’il a tenus devant le peuple américain mardi soir n’ont été souvent que le rappel de sa position depuis sa campagne de 2008. Comme nous l’avons dit ici, c’est avant tout le déplacement vers la droite extrême des républicains et leur matraquage incessant sur son «socialisme» qui ont fait croire que Barack Obama s’était déplacé vers la gauche.
Disons qu’il a mis en avant, ces derniers temps, plutôt des mesures de justice sociale qui ont «gauchisé» un discours qui demeure largement centriste.
Car, pour l’essentiel, Barack Obama est resté sur ses positions de modéré cherchant le consensus et demandant avant tout que le rêve américain permette à chacun une part équitable de celui-ci s’il donne en retour son dû équitable et qu’il joue le jeu avec les mêmes règles que les autres.
Une formule qu’il va maintenant décliner jusqu’à l’élection en se posant comme le défenseur des classes moyennes, celles qui ont été les chouchoutes des présidents depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à la présidence de Ronald Reagan, surtout jusqu’à celle de George W Bush, ce dernier détruisant le consensus social américain établi dans les années 1950, cher à l’économiste Paul Krugman, pour favoriser, à la place, l’enrichissement des plus riches qui, en retour, devait entraîner l’enrichissement de toute la société mais qui a produit l’effet inverse, creusant de plus en plus un fossé entre les très riches et les autres, la crise économique ayant accentué ce mouvement.

Même si les sondages s’améliorent en ce moment pour Barack Obama, il se pourrait que son élection soit plutôt un vote contre les républicains plutôt qu’un vote en sa faveur.
Le spectacle, parfois piteux, des primaires républicaines où les candidats s’insultent avec une rare violence tout en prenant des positions idéologiques proches de l’extrême-droite et le blocage des institutions à Washington dû essentiellement aux élus républicains élus en novembre 2010 avec la vague populiste conservatrice du Tea Party (qui a très largement reflué depuis dans l’opinion publique), sont en effet deux des grands atouts actuels d’Obama pour sa réélection.
Ils pourraient permettre de mobiliser toute une frange des «liberals» qui, actuellement, ne veut pas se rendre aux urnes, déçue par le centrisme du président mais aussi faire pencher les «independents» modérés qui pourtant sont plutôt enclins à sanctionner Obama pour, selon eux, sa responsabilité dans l‘échec du gouvernement à faire baisser largement le chômage.
C’est en tout cas une arme que ne se privera pas d’utiliser l’équipe de campagne du président.

La prochaine primaire républicaine aura lieu mardi 31 janvier en Floride. Après deux débats d’une rare violence, le dernier ayant vu Mitt Romney demander à Newt Gingrich d’arrêter de l’agresser en racontant des mensonges (ce dernier l’attaquait sur ses positions «anti-immigrés» dans un Etat, la Floride, où le vote des immigrés cubains est très important…).
Romney, selon un dernier sondage, remporterait cette primaire avec 38% des voix contre 29% à Newt Gingrich. Mais, jusqu’à présent, les sondages ont souvent été démentis par les résultats des urnes…
Toujours est-il qu’en attaquant sans cesse Mitt Romney, les autres candidats de la primaire (Newt Gingrich, Rick Santorum, Ron Paul) empêchent l’ancien gouverneur du Massachussetts de se recentrer afin de ratisser large, ce qui lui sera obligatoire s’il veut remporter la présidentielle de novembre (mais qui est un handicap pour remporter les primaires…).
Et toutes les déclarations qu’il est obligé de tenir en ce moment pour gagner son certificat de bon conservateur de la droite extrême seront évidemment des armes dans les mains d’Obama par la suite.
Cependant, Mitt Romney, s’il demeure le favori de cette course républicaine, n’est pas du tout sûr de l’emporter. Même si peu de gens voient en Newt Gingrich le candidat du Parti républicain (et beaucoup de républicains espèrent qu’il ne le sera pas), celui-ci n’a pas dit son dernier mot, loin de là.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 25 janvier 2012

Pour le FMI, la croissance mondiale sera de 3,3% en 2012 et de 3,8% en 2013

Les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international prévoient une croissance de 3,3% dans le monde cette année et de 3,8% en 2013.
L’année 2012 sera difficile pour les pays avancés avec un taux de croissance estimé à 1,2% (1,8% pour les Etats-Unis mais -0,5% pour la zone euro avec pour la France 0,2%).
Elle devrait être moins flamboyante pour les grands pays émergents même si la Chine se maintiendra au-dessus des 8% de croissance (8,2%) et que l’Inde atteindra tout de même les 7% selon les experts du FMI.
Selon ces derniers, «la reprise mondiale est menacée par les tensions grandissantes à l’œuvre dans la zone euro et les fragilités qu’accusent les autres régions. Les conditions financières se détériorent, les perspectives de croissance s’assombrissent et les risques baissiers s’intensifient.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org


2012
2013
Monde
3,3%
3,8%
Pays avancés
1,2%
1,9%
Etats-Unis
1,8%
2,2%
Zone Euro
-0,5%
1,8%
France
0,2%
1%
Pays émergents & en développement
5,4%
5,9%
Chine
8,2%
8,8%
Inde
7%
7,3%
Brésil
3%
4%
Russie
3,3%
3,5%
Afrique du Sud
2,5%
3,4%
(source: FMI, janvier 2012)

dimanche 22 janvier 2012

Elections présidentielles 2012 – Décidément les républicains n’aiment pas le «modéré» Mitt Romney / Les «independents» dubitatifs hésitent encore à (re)voter Barack Obama / Discours de l’Union: Obama parlera d’une société équitable et prospère


En Caroline du Sud, où se déroulait la dernière primaire en date pour la désignation du candidat républicain pour la présidentielle du 6 novembre prochain, un des paradoxes les plus étonnants de la politique américaine se vit quotidiennement.
C’est en effet dans le Parti républicain, celui créé par Lincoln, l’homme du Nord, le président de la lutte contre la sécession du Sud et de l’abolition de l’esclavage, que l’on trouve les pro-confédérés les plus virulents, ceux qui n’ont pas accepté la défaite il y a cent cinquante ans, ceux qui vivent encore dans le fantasme d’un Sud autonome en lutte contre l’Etat fédéral de Washington, ceux qui haïssent les Yankees (les gens du Nord).
Ceux, surtout, qui ont revisité l’Histoire en racontant la fable improbable des gentils sudistes, bons avec leurs esclaves, et qui furent agressés et massacrés par des hordes de soldats ressemblant plutôt à des bêtes sauvages, souillant à jamais la virginité de cette terre bénie de Dieu. Un thème repris, rappelons-le, par l’un des plus grands succès du cinéma américain, Gone with the wind (Autant en emporte le vent)…
Et ces mêmes défenseurs de la Confédération, sont les ennemis jurés du Parti démocrate, celui qui les défendait alors, celui qui fut le lieu où se trouvaient tous les sudistes réactionnaires et racistes jusque dans les années 1960, jusque dans les années du mouvement des droits civiques et des mesures prises par le président démocrate, texan d’origine, Lyndon Johnson, pour faire cesser la ségrégation honteuse qui rejeta ces militants peu recommandables dans les bras du Parti républicain grâce à la stratégie de «dirty dick», le président Richard Nixon.
Une Caroline du Sud qui vient, par ailleurs, de relancer les primaires républicaines…

Car, en début de semaine, la course des primaires républicaines semblaient bien être définitivement pliée. On prédisait alors un long fleuve tranquille pour le mal-aimé Mitt Romney. A défaut de soulever l’enthousiasme des militants et des sympathisants, il devenait le candidat inévitable, le seul capable de battre Barack Obama, le honni, récupérant ainsi le vote utile.
Mais, comme dans un mauvais film B, tout s’est écroulé en quelques jours. Bombardé «premier prétendant à la candidature républicaine qui ne soit pas un ‘sortant’ (président ou vice-président) à avoir remporté le caucus de l’Iowa et, dans la foulée, la primaire du New Hampshire», on apprenait qu’un recomptage final des voix le mettait en deuxième position derrière le très conservateur et très fondamentaliste Rick Santorum.
Est-ce la conséquence de ce petit séisme politique? Toujours est-il qu’un séisme nettement plus important s’est produit. Alors qu’il caracolait en tête des sondages pour la primaire de Caroline du Sud qui devait lui permettre de remporter sa troisième victoire consécutive et de distancer quasiment définitivement ses adversaires, ceux-ci ont commencé à afficher une remontée spectaculaire de Newt Gingrich. Celui qui se morfondait au fin fond des sondages et dont on se demandait quand il allait jeter l’éponge, semblait reprendre du poil de la bête malgré son image de marque désastreuse.
En tout cas, pour tous les républicains qui ne se résolvent absolument pas à voir Mitt Romney, le «modéré» élitiste, représenter le parti en novembre prochain, cela a été un signal. Fini le vote utile, finie la désignation d’un candidat «électable», fini le renoncement à l’idéologie.
Mitt Romney a subi une défaite cuisante face à Newt Gingrich de plus de dix points (les dernières estimations donnent 41% à Newt Gingrich et 27% à Mitt Romney alors que ce dernier caracolait avec vingt points d’avance il y a encore quelques jours).
Du coup, il n’est plus qu’un candidat comme Santorum et Gingrich, c’est-à-dire à avoir remporté une primaire.
Tout cela est du pain béni pour Barack Obama qui espère que les primaires républicaines vont durer le plus longtemps possible, qu’elles vont devenir de plus en plus idéologiques, que les candidats vont s’écharper de plus en plus et qu’elles vont diviser le parti irrémédiablement.
Ce scénario qui semblait avoir été rejeté par les républicains, redevient d’actualité et la prochain étape des primaires, la Floride, le 31 janvier, va être très chaude et ne règlera pas définitivement la compétition.
Car la faiblesse de Mitt Romney démontre, non seulement, qu’il n’est pas imbattable mais qu’il est incapable de faire passer son message auprès des militants de son parti, fait de sérieux (je suis le seul compétent en économie) et de renoncement à tout ce qu’il était ou à fait lorsqu’il était aux affaires (je suis contre l’avortement alors que j’étais pro-choix, je suis contre une assurance maladie universelle alors que j’ai été le premier à en créer une dans le Massachussetts, etc.).
Il a beau prendre des positions extrémistes, dignes des conservateurs les plus durs, et de taper constamment sur l’hôte de la Maison blanche, il ne parvient pas à se faire accepter comme un membre de la famille, ce qui n’est pas le cas de ses opposants malgré, parfois, leurs scores très bas.
«Pire» pour lui, Romney est bien le candidat des républicains modérés, ce qui est un avantage pour la présidentielle mais pas pour la nomination du représentant des républicains à cette même présidentielle…
Ainsi, les sondages de sortie des urnes ont montré qu’une majorité de votants se disant «modérés» ou «liberals» ont voté pour lui alors que ceux qui se disent «conservateurs» ou «très conservateurs» ont voté pour Newt Gingrich.
De même, l’ancien gouverneur du Massachussetts a séduit les opposants au mouvement populiste Tea Party et les personnes les plus éduquées.
Ce qui est aussi très préoccupant pour Mitt Romney c’est qu’il a perdu cette primaire après avoir été balayé par Newt Gingrich lors des débats télévisés comme le montrent ces mêmes sondages «sortie des urnes». Il y a eu deux débats en Caroline du Sud qui ont renversé totalement la tendance et il y en aura deux en Floride également…
Du coup, à la fin de cette semaine, Mitt Romney n’est plus le flamboyant qui a remporté les trois premières étapes des primaires mais le Mitt Romney sans grand charisme et peu aimé qui n’en a remporté qu’une sur trois. Ce n’est évidemment pas du tout la même chose!

Barack Obama peut donc se délecter de cette bataille de chiffonnier qui oppose les républicains d’autant que les sondages sont meilleurs pour lui qu’il y a quelques mois, surtout ceux qui le donnent gagnant quel que soit son adversaire.
Cependant, les sondages montrent aussi que les «independents», ces fameux électeurs modérés et pour la plupart centristes, ceux qui ne se reconnaissant dans aucun des deux grands partis (c’est pourquoi l’on y trouve également des personnes se déclarant à l’extrême-droite ou à l’extrême-gauche) et qui sont primordiaux pour gagner la présidentielle, ne sont pas satisfaits de sa présidence et notamment de sa gestion de l’économie. De même, ils se disent incapables de savoir ce que veux faire le président sortant s’il est réélu.
Seuls 31% ont actuellement une opinion favorable de Barack Obama et les deux-tiers estiment qu’il n’a pas remis l’économie sur les bons rails.
Reste que ces «independents» demeurent encore plus sceptiques sur les prétendants républicains, ce qui est une chance pour l’hôte de la Maison blanche. Par ailleurs, plus de la moitié d’entre eux attendent d’en savoir plus sur Mitt Romney, le plus modéré des républicains, pour se faire une opinion sur lui.
De même, ils estiment qu’il est plus apte à prendre des décisions dans la plupart des domaines que les républicains et que ce sont ces derniers qui sont responsables du blocage des institutions en s’opposant systématiquement aux initiatives du président.
En 2008, Barack Obama avait gagné 52% des voix des «independents» contre 44% pour son rival républicain, John McCain.

Mardi 24 janvier, Barack Obama prononcera le traditionnel discours sur l’Union (State of the Union address). Ce sera son troisième et, surtout, son dernier avant la présidentielle de novembre. A cette occasion il devrait mettre l’action sur le rôle de l’Etat dans la mise en place d’une société prospère et équitable.
Dans une vidéo adressée à ses supporters, le président dévoile un peu la tonalité de son discours. Il s’agira, selon lui, de prendre des mesures afin de bâtir une économie américaine forte et résistante avec un gouvernement qui aidera le secteur privé et les personnes pour que tous puissent avoir la chance de réussir mais aussi aient une part équitable de la richesse produite et que tout le monde joue le même jeu avec les mêmes règles.
Il devrait ainsi appeler à «un retour aux valeurs américaines d’équité pour tous et de responsabilité de tous», comme il le déclare dans la vidéo.
Une des mesures emblématiques qu’il devrait à nouveau défendre est de faire payer plus d’impôts aux très riches, mesure qui est défendue par une large majorité d’Américains.
De même, Barack Obama devrait affirmer que l’évolution, ces dernières années, des républicains vers la droite extrême fait de l’élection de 2012, un événement d’une énorme importance. Et s’il y a bien un thème consensuel entre démocrates et républicains, c’est bien cette dramatisation du scrutin du 6 novembre prochain...

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 15 janvier 2012

Elections présidentielles 2012. Moins ou plus d’Etat au cœur de la problématique de la campagne / Quant Mitt Romney va-t-il devoir se recentrer?

Les primaires républicaines ont permis à Mitt Romney de remporter sa deuxième victoire consécutive. Après le caucus de l’Iowa, il est arrivé en tête dans la primaire du New Hampshire, ce qu’aucun républicain n’avait pu réaliser jusqu’à présent sauf s’il était le président sortant.
Cela ne signifie pas qu’il est dorénavant sûr d’être nommé le candidat du parti pour l’élection présidentielle face à Barack Obama. Ces deux succès lui permettent, toutefois, de crédibiliser cette option surtout que la prochaine primaire se déroulera en Caroline du Sud, un Etat où les conservateurs évangélistes sont très puissants et où ses adversaires pourraient réaliser un très bon score même si les sondages le donne actuellement en tête.

Si l’on cherche, parmi les différences fondamentales qui opposent démocrates et républicains en ce début de deuxième millénaire, une opposition emblématique, on peut s’arrêter sur la place de l’Etat fédéral dans la société américaine.
Pour schématiser, les républicains sont pour moins d’Etat alors que les démocrates sont pour un Etat intervenant (ce qui ne veut pas dire forcément plus d’Etat).
Tous ceux qui défendent cette dernière option sont vus pas la majorité des républicains comme des «socialistes», une attaque qui n’est pas nouvelle (Franklin Roosevelt en avait été la victime), ni dans son fondement, ni dans sa virulence malgré ce que l’on croit. En revanche, ce qui a évolué, c’est que le Parti républicain, qui était autrefois divisé sur cette question, semble de plus en plus monolithique pour affirmer qu’il faut moins d’Etat, affirmant qu’un Etat minimum est gage de liberté d’entreprendre, gage elle-même du retour aux valeurs originelles du pays qui ont fondé sa prospérité.
Une autre erreur communément faite en Europe est de croire que tous les démocrates défendent un plus grand interventionnisme. Beaucoup d’entre eux estiment que l’Etat ne doit pas être partout. C’est le cas, par exemple, de Barack Obama ainsi que d’une frange importante du Parti démocrate.
Ainsi, si l’on reprend ses écrits et ses discours avant son arrivée au pouvoir, on s’aperçoit qu’il souhaitait un Etat qui agit «mieux» mais pas «plus».
Pour autant, la crise économique dont il hérite, avant même sa prise de fonction en janvier 2009, de la part de l’Administration Bush ainsi que les premières mesures interventionnistes prises par celle-ci pour la juguler (la fameuse TARP qui devait éviter le naufrage du système financier), l’oblige à mettre en place des politiques interventionnistes afin d’éviter une récession forte, voire un effondrement de l’économie américaine.
De même, lorsque les républicains affirment que sa réforme du système d’assurance santé est étatique, ils font plus de la propagande qu’ils ne décrivent la réalité. On pourrait le démontrer en citant les nombreuses critiques tout aussi dures faite par l’aile gauche du Parti démocrate qui estime que cette réforme n’a absolument pas instauré un système public d’assurance santé mais qu’elle a institué un régime hybride où, à son grand regret, les compagnies privées sont au cœur de son fonctionnement. D’ailleurs, certains démocrates de gauche avaient menacé de ne pas la voter, comme Howard Dean, ancien président du Parti.
Déjà, lors de la campagne électorale de 2008, des reproches en ce sens avaient été adressés à Barack Obama face au plan d’assurance santé, nettement plus interventionniste, d’Hillary Clinton, son adversaire lors des primaires démocrates.
Car, la vision de Barack Obama sur le rôle de l’Etat est bien centriste. Selon lui, la puissance publique n’est pas là pour gérer le système mais bien là pour le réparer quand il ne marche plus, surtout, pour le contrôler et le réguler.
Il a toujours rappelé, par exemple, que le moteur économique était l’initiative privée. De même, les mesures sociales prises pour atténuer les effets de la crise économique ne sont que provisoires pour lui et ne doivent pas survivre à un fort retour de la croissance (on ne parle pas ici évidemment des programmes sociaux pour les plus pauvres et les plus démunis).
Cette vision d’un Etat qui contrôle, régule et intervient quand cela s’avère nécessaire pour palier les déficiences des acteurs de l’économie et de la société civile est néanmoins combattue par les républicains. Pas un candidat à la primaire, à part peut-être Jon Huntsman, qui n’a aucune chance pour l’instant de la gagner, ne la fait sienne. Au contraire, c’est un de leur point de ralliement que de la vouer aux gémonies. Et quand ils veulent s’insulter, c’est notamment en s’accusant les uns, les autres, de la défendre …
Reste que si la place de l’Etat est bien un clivage idéologique fort entre démocrates et républicains, il y a, in fine, la réalité concrète. Et l’on ne peut imaginer un républicain parvenant à la présidence et supprimant la quasi—totalité des actions de la puissance publique au nom de la liberté. Ni Ronald Reagan (pourtant le chantre de la réduction de l’Etat et l’icône de tous les extrémistes républicains), ni les deux Bush, père et fils, qui sont les trois derniers présidents républicains, n’ont agi en ce sens.
Si George W Bush a été le plus idéologique en la matière et s’il a permis aux riches de s’enrichir, il n’a pas bridé la puissance publique (d’autant qu’il a conduit deux guerres avec les deniers des contribuables et en creusant le déficit public, deux choses honnies par les républicains!). Quant à Ronald Reagan, il a allègrement augmenté les impôts et s’est assis sur ses principes de conservateur pur et dur quand cela l’arrangeait…
Cela dit, la question de la place de l’Etat, quels que soient les postures électoralistes, est une vraie question qui mériterait mieux, aux Etats-Unis mais aussi dans beaucoup d’autres pays, qu’un débat d’invectives et de diffamation…

Une question taraude les commentateurs politiques américains: quand est-ce que Mitt Romney va se recentrer? On a déjà dit ici qu’il devait se radicaliser lors des primaires républicaines face à un électorat très à droite, voire très réactionnaire (notamment pour faire oublier qu’il a été proche du centre-gauche lorsqu’il était gouverneur du Massachussetts), mais qu’il devrait, tôt ou tard, se recentrer afin de conquérir les électeurs modérés, les fameux «independents», ces «swing voters» (ces électeurs qui hésitent entre les démocrates et les républicains), qui font l’élection d’un président des Etats-Unis.
Et cela risque de lui poser quelques problèmes. Car, on peut estimer qu’il commencera réellement à le faire au moment où il sera pratiquement sûr de gagner la primaire républicaine. Mais cela risque d’être déjà trop tard.
C’est pour cela qu’il espère que sa victoire sera le plus rapide possible. Cela lui éviterait, d’une part, de prendre la tête d’un parti encore plus divisé par une longue bataille sanglante et odieuse qui oppose dès à présent Romney à tous ses adversaires de droite, et, surtout, d’autre part, de ne pas avoir à multiplier à l’infini des prises de positions radicales qui détourneront de lui ces «independents» et qui seront largement utilisées par le camp Obama pour de décrédibiliser.
Ce recentrage ne devra pourtant pas lui faire perdre l’électorat républicain même celui le plus à droite. Dans ce sens, il espère, qu’une fois nommé, il sera intronisé le candidat «anti-Obama», le candidat de tous les républicains, même ceux qui le détestent, car le but sera alors de battre, quel que soit son adversaire, l’homme qu’ils haïssent le plus depuis quatre ans, Barack Obama.
Et son pari est que si pendant des mois le Parti républicain a cherché un candidat «not-Mitt-Romney» (tout sauf Mitt Romney), il se regroupera, in fine, derrière un candidat «not-Barack-Obama».
Rien n’est moins sûr, néanmoins. Notamment si un candidat indépendant et à sa droite se présente. Cette hypothèse n’a rien d’une fiction, bien au contraire. Il pourrait s’agir de Ron Paul, l’élu du Texas qui fait de bons scores lors des primaires républicaines actuelles et qui se présenterait en tant que libertarien. Même si son score ne menacerait pas Romney, il pourrait - comme lorsque la candidature du consumériste de gauche Ralph Nader empêcha le démocrate Al Gore de battre George W Bush en 2000 -, lui barrer la route de la Maison blanche en l’empêchant d’obtenir les voix qui feront la différence.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 12 janvier 2012

La Chine et les Etats-Unis tentent de relancer leur coopération sur fond de grande méfiance


Tim Geithner, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis vient de terminer une visite en Chine pour relancer une coopération économique peu active et tenter d’amener enfin les autorités de Pékin à prendre des mesures responsables contre les visées nucléaires de l’Iran.
Sur ce dernier point, il revient bredouille, comme d’habitude, les Chinois ne souhaitant pas se fâcher avec un de leurs principaux fournisseurs en pétrole.
Quant au premier, il a fait l’objet de déclarations d’intentions qui ne masquent pas le malaise entre les deux pays.
Car, au même moment, le Wall street journal annonçait que le président Barack Obama est en train de mettre sur pied un groupe de travail pour surveiller les éventuels manquements de la Chine à ses obligations internationales, notamment en matière commerciale et qui comprendra des responsables des du Trésor, du Commerce et de l'Energie. Une information qui n’a pas été confirmée par la Maison blanche.
Reste que Tim Geithner a déclaré, après un entretien avec Xi Jinping, le prochain président de la république et secrétaire général du Parti communiste chinois, que Washington souhaitait «renforcer et approfondir sa coopération avec la Chine sur de nombreuses questions économiques et stratégiques».
Il a également profité de cet entretien pour rappeler que les Etats-Unis désiraient augmenter leurs exportations vers la Chine afin de réduire leur déficit commercial bilatéral qui s’est encore aggravé selon les chiffres officiels américains au cours des huit premiers mois de 2011. Ce qui sous-entend que la Chine ne fasse pas barrage à celles-ci par des mesures protectionnistes plus ou moins déguisées.
De son côté, la Chine a mis l’accent sur la reprise économique mondiale. Selon l’agence de presse officielle chinoise Xinhua, le vice-premier ministre Wang Qishan a déclaré lors d’un entretien avec le secrétaire au Trésor américain que «la reprise économique mondiale doit rester la priorité de toutes les nations, la situation économique demeurant ‘très complexe et sombre’».
Et il a ajouté que «la partie chinoise est disposée à collaborer avec la partie américaine pour renforcer la coopération dans les domaines, entre autres, économique, commercial, financier, de l'investissement et des infrastructures, afin de relancer l'économie, favoriser la création d'emplois et créer davantage de bénéfices pour les peuples des deux nations».
Mais il n’a pas oublié non plus les desideratas chinois de longue date, demandant aux Etats-Unis d’assouplir leur position quant aux exportations de produits américains de haute technologie vers la Chine (frappées encore par un embargo datan de la répression féroce de la place Tienanmen) et de ne pas multiplier les recours commerciaux (contre les pratiques commerciales de la Chine jugées déloyales par Washington). Néanmoins, il serait étonnant qu’il soit entendu sur ces deux points.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 10 janvier 2012

L’économie américaine affiche un mieux notable en ce début 2012


Ce n’est pas encore l’embellie totale, encore moins le retour au beau fixe. Pour autant, l’économie américaine donne, en ce début 2012, de nombreux signes positifs dont le dernier est d’avoir créé en décembre, 200.000 nouveaux emplois, du jamais vu depuis février 2009, faisant baisser à nouveau le taux de chômage qui s’établit désormais à 8,5% (contre 9,4% il y a un an, soit un recul d’un point).
Du côté des prévisions de croissance, elles sont révisées à la hausse est oscillent entre 1,5% et un peu plus de 2%. C’est bien sûr peu, pas assez pour réduire drastiquement le chômage, bien éloigné des taux de croissance des grands pays émergents d’Asie mais c’est nettement mieux que les pays européens.
Surtout, les experts y voient une des preuves d’un redémarrage en cours de la machine économique américaine avec une production industrielle en hausse, tout comme l’investissement.
Quant aux bonnes nouvelles sur le front de la consommation des ménages lors des fêtes de fin d’année, notamment du «Black Friday», elles demandent à être confirmées.
Fini donc, pour le moment, les craintes d’une nouvelle récession, de ce fameux «double-dip» (récession-croissance-récession) qui avait la préférence des analystes il y a encore peu.
il faut dire que les autorités ont  pris des mesures de relance avec, notamment, une politique monétaire expansionniste de la Fed (la Réserve fédérale américaine, la banque centrale).
Evidemment, tout cela demeure encore fragile et il faudra attendre les chiffres des trois prochains mois pour la confirmation qu’il s’agit d’un mouvement de fond.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 9 janvier 2012

Elections présidentielles 2012. Une fois désigné candidat du Parti républicain, Mitt Romney reviendra-t-il un centriste?! / Le Parti républicain centriste de Lincoln et de Theodore Roosevelt n’est plus qu’un souvenir très, très lointain / Un électorat plutôt à droite


Pour bien comprendre les candidatures, souvent étonnantes pour des Européens, lors des primaires des deux grands partis, républicain et démocrate, Politico explique qu’en «Amérique, ce n’est peut-être pas très vrai que n’importe qui peut grandir pour devenir président, mais c’est de plus en plus vrai que n’importe qui peut grandir pour se présenter pour la présidentielle». Du coup, ajoute le site internet américain spécialisé en politique, c’est la raison pour laquelle, «beaucoup de républicains dans les primaires de cette élection l’ont fait même s’ils ont en réalité peu de chance de gagner mais ont pensé, avec raison, que c’était une bonne façon de faire avancer leurs carrières».

Si Mitt Romney remporte ces primaires républicaines, redeviendra-t-il, comme l’espèrent beaucoup de modérés, le centriste qu’il était auparavant, c’est-à-dire quand il était gouverneur du Massachussetts? C’est une possibilité encore qu’il devra compter sur les voix des républicains extrémistes pour être élu à la Maison Blanche. D’un autre côté, il devra aussi convaincre les électeurs indépendants, qui se disent majoritairement modérés, de voter pour lui pour gagner. Ce sera un vrai dilemme…
Ce retour vers le centre de l’échiquier politique est évidemment la crainte et le cauchemar des républicains les plus à de droite qui phagocytent le débat à l’intérieur du parti (et largement à l’extérieur à coups de millions venus de généreux donateurs).
C’est d’ailleurs pour cela que ceux-ci sont les principaux investigateurs de l’opération «tout sauf Romney» consistant à trouver n’importe quel candidat de la droite de la droite afin de l’opposer à celui qui demeure, malgré tout, le favori des primaires.
Mitt Romney, quand il dirigeait le Massachussetts, un des Etats les plus à gauche des Etats-Unis était un gouverneur de centre/centre-gauche qui fut le premier a instauré une assurance maladie universelle et qui fut un grand libéral en matières de mœurs. Un épisode de sa vie publique qu’il occulte et renie tous les jours depuis le début de la campagne républicaine faisant de lui un des plus grands «flip-floppers» de l’histoire politique du pays, c’est-à-dire quelqu’un qui dit et fait tout et son contraire, sans réelle ligne directrice autre que l’opportunisme ou le manque de personnalité. Mais cela lui permet, pour l’instant, de repousser le plus possible le vrai débat sur ce qu’il pense et qu’il faudra bien qu’il accepte un jour, surtout s’il devient le candidat des républicains à la présidentielle de novembre prochain.

Quand on parle des extrémistes du Parti républicain, il fallait écouter la logorrhée verbale de Michelle Bachmann (lorsqu’elle prend la parole, elle est inarrêtable, répétant dix fois la même chose) au moment où elle a annoncé son retrait de la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle pour s’apercevoir les fantasmes extravagants de ces républicains de la droite la plus dure et la plus idéologique, ceux qui n’hésitent pas à dire qu’il vaut mieux perdre une élection que d’avoir un élu qui ne soit pas exactement dans la ligne….
Selon elle, elle s’était présentée parce que la prochaine présidentielle est la «dernière chance» d’éviter la «mise en place du socialisme» aux Etats-Unis, notamment par l’instauration d’une assurance santé pour tous et par un contrôle plus effectif des marchés financiers. Citant Dieu à tout va pour s’en recommander, comme le font les intégristes américains continuellement, elle a dit continuer le combat pour que les Etats-Unis existent encore demain.
Un discours apocalyptique qui correspond bien à ces bretteurs populistes d’estrade qui ont fait de la peur leur unique fond de commerce.

C’est aussi en écoutant ces mêmes bretteurs que l’on voit bien que le Parti républicain centriste de Lincoln et de Theodore Roosevelt n’est plus qu’un souvenir très, très lointain.
Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la création du Parti républicain par Abraham Lincoln et quelques autres était un acte progressiste. Sans parler, bien sûr, de la lutte de Lincoln contre la sécession des Etats du Sud et contre l’esclavage, surtout de son engagement à défendre, quoiqu’il arrive, l’existence du seul régime démocratique dans le monde de l’époque. Pour tout cela, il est aujourd’hui le président le plus admiré par les Américains, ce qui n’a pas été toujours le cas.
Nombre de ses successeurs, dont beaucoup furent des modérés jusqu’à l’élection de Richard Nixon (qui, néanmoins ne remis pas en cause le pacte social du New Deal de Franklin Roosevelt) puis celle de Reagan et, surtout, celle de George W Bush.
Parmi eux, on trouve Theodore Roosevelt, adulé lorsqu’il fut au pouvoir de 1900 à 1908, non seulement aux Etats-Unis mais aussi dans le monde entier. Il fut le pourfendeur des ententes du big business (contre lequel il n’avait rien en tant que tel mais dont il ne supportait pas les comportements en marge de la légalité), le promoteur sans succès d’une couverture maladie universelle et l’instaurateur de mesures pour contrôler les activités industrielles et financières au bénéfice de la protection des consommateurs. Grand chasseur, il fut aussi celui qui fut le premier grand défenseur de la nature et on lui doit la plupart des parcs nationaux américains.
Sans nul doute, Theodore Roosevelt serait aujourd’hui membre du Parti démocrate même s’il était un défenseur du système capitaliste et de la méritocratie. D’ailleurs, Barack Obama s’est inspiré de lui pour son dernier grand discours à Osawatomie dans le Kansas pour parler de la défense de la classe moyenne et pour défendre la mise en place de régulations pour faire fonctionner correctement le système.
Rappelons que les pires réactionnaires racistes que l’on trouve aujourd’hui du côté des républicains ont été très longtemps membres du Parti démocrate. Ces «dixie democrats» régnaient sur les Etats du Sud jusqu’aux mesures prises dans les années soixante, en particulier par le président originaire du Texas, Lyndon Johnson, contre la ségrégation et pour les droits civiques des noirs. Ils furent alors récupérés par le parti républicain grâce à la volonté explicite de Richard Nixon d’élargir la base du parti.

Si le Parti républicain penche de plus en plus à droite, c’est peut-être pace qu’aussi l’électorat est de plus en plus conservateur. Dans le sondage annuel qu’effectue le Pew Research Center pou savoir quelles sont les appréciations des Américains des grands termes politiques, le mot «progressiste» arrive en tête avec 67% d’opinions positives (contre 22% de négatives) mais est talonné par le mot «conservatisme» avec 62% d’opinions positives (contre 30%, négatives), loin devant le mot «liberal» (désignant une politique et des gens de gauche) 50% d’opinion positives (contre 39%, négatives). Quant au terme Capitalisme, il obtient seulement 50% d’opinions positives (contre 40%, négatives), loin devant, néanmoins, le terme «socialisme» avec 31% d’opinions positives (contre 60%, négatives). Entre eux deux, le terme «libertarien» obtient 38% d’opinions positives (contre 37%, négatives). Même si les différences ne sont guère importantes d’une année sur l’autre (le terme «capitalisme» a, quand même, baissé de plusieurs points par rapport à l’année dernière, crise économique et comportements controversés des financiers de Wall Street oblige), on voit bien que la balance penche plutôt à droite.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 4 janvier 2012

Primaires républicaines: Dieu a choisi son candidat… en tout cas, c’est ce qu’affirme ce dernier!


Après bien des hésitations entre des conservateurs réactionnaires (qui se divisent entre proches du Tea Party, focalisés sur les problèmes économiques, et ceux qui se font appeler pudiquement «social conservatives», soit «sociaux-conservateurs», centrés sur les problèmes sociétaux), le Ciel a donc choisi. Ce sera le social-conservateur Rick Santorum qui portera ses couleurs lors de la primaire républicaine et plus si affinités!
Evidemment, Dieu n’a pas publié de communiqué de presse en ce sens, c’est Santorum qui l’affirme lui-même. En ayant prié tous les jours pour qu’il soit l’«élu», ses résultats lors du caucus de l’Iowa ont été une divine surprise, si ce n’est un miracle (il est arrivé en seconde position, à huit voix du premier, Mitt Romney). Du Dieu dans le texte, en quelque sorte…
N’oublions pas, cependant, que l’invocation de Dieu dans la politique américaine est constante et traditionnelle, que ce soit du côté républicain comme du côté démocrate. Mais, là, pour Rick, force est de constater qu’il y a eu de la multiplication des voix dans les frimas hivernaux de l’Amérique profonde comme il y eut celle, en son temps, des pains dans la chaleur de la Palestine.
Il y a encore peu, Santorum, chrétien ultraconservateur, se traînait lamentablement à la dernière place dans les sondages. Mais, il était dit qu’il aurait son tour. D’ailleurs, les autres candidats conservateurs réactionnaires avaient eu le leur, tous en invoquant le Très-Haut qui manifestement se tâtait. Michele Bachmann puis Rick Perry, puis Herman Cain puis Newt Gingrich ont bien essayé de faire tomber la grâce céleste sur eux, sans succès autre qu’éphémère.
Et c’est bien ce qui menace ce nouveau et énième croisé républicain contre la modernité (mariage gay, théorie de l’évolution, homosexuels déclarés dans l’armée, contraception et avortement même en cas de viol ou de danger mortel pour la mère ou le fœtus, etc.), qui, plus est, nie le réchauffement climatique, est un adepte de la torture contre les ennemis de l’Amérique et est un va-t-en guerre contre l’Iran, entre autres...
Va-t-il s’imposer comme le candidat «not-Mitt-Romney», celui qui sera tout sauf Mitt Romney, le favori républicain mais beaucoup trop «modéré» (et mormon) pour les franges les plus à droite et les plus évangéliques du parti qui le haïssent presqu’autant qu’Obama, ce qui n’est pas peu dire?!
Ou va-t-il s’évanouir, comme tous les autres, dans les limbes de l’oubli? Selon les sondages et les dires des experts, il peut rallier à lui les extrémistes et exister encore pendant quelques temps (même si la prochaine primaire du New Hampshire devrait lui être défavorable) mais il n’a aucune chance d’être le candidat du Parti républicain à l’élection présidentielle et défier Barack Obama en novembre prochain.
Mais, au fait, qui sait? Dieu, bien sûr! Mais il ne semble pas avoir donné la réponse à Santorum, ni à ses adversaires.
Ah! l’insondable volonté céleste…

Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mardi 3 janvier 2012

Elections présidentielles 2012 - Les forces en présence


En novembre 2012 aura lieu l’élection présidentielle américaine. S’il est encore difficile d’affirmer que Barack Obama sera réélu, il est, néanmoins et malgré les difficultés économiques, le favori comme le montrent la quasi-totalité des sondages réalisés jusqu’à présent.
Il faut dire qu’il n’a pas encore de candidat républicain crédible face à lui. Quels qu’ils soient, Obama est toujours gagnant alors même qu’une majorité d’Américain ne souhaitent pas qu’il se représente et que le candidat républicain «idéal» le battrait.
Oui mais voilà, le Parti républicain ne parvient pas à trouver cet homme ou cette femme «idéal(e)». Ceux qui se présentent sont, soit trop à droite, soit pas assez forts. Pour autant, le repositionnement au centre de celui qui sera désigné en août lors de la Convention républicaine de Floride pourrait permettre une confrontation plus ouverte et plus indécise que celle qui se profile actuellement.

Du côté des Démocrates, il n’y aura donc pas de surprise, le président et son vice-président seront le ticket du parti. Un ticket centriste. Pendant un temps, un mouvement de gauche s’est dessiné pour demander qu’un challenger se déclare. Certains ont même lancé un appel à Obama pour qu’il abandonne l’idée de se représenter. Mais tout cela est du passé, Barack Obama sera candidat à sa propre succession.

Du côté des Républicains, dont les primaires commencent aujourd’hui, 3 janvier, avec le caucus de l’Iowa, le favori demeure, malgré tout, Mitt Romney. Malgré tout car l’ancien gouverneur du Massachussetts a un bilan centriste de son action politique mais fait tout pour le cacher.
La raison en est simple, les électeurs des primaires républicaines sont beaucoup plus à droite que ceux des décennies passées et une large frange d’entre eux, notamment ceux qui se disent du Tea Party (le mouvement populiste créé en 2009 dont beaucoup de thèses sont proches de elles de l’extrême-droite) sont à la droite de la droite. Du coup, Romney est devenu un «flip-flopper», c’est-à-dire un homme politique qui dit aujourd’hui le contraire de ce qu’il disait hier et qui promet de faire l’opposé de ce qu’il a fait lorsqu’il était gouverneur, lorsqu’il sera président...
Pour autant, ces reniements ne parviennent pas à le rendre sympathique aux républicains les plus à droite qui n’y voient qu’une manœuvre pour s’accaparer leurs votes. Ce qui est d’ailleurs la réalité, Romney sachant, en outre, que les plus extrémistes des républicains voteraient pour lui malgré tout à la présidentielle tant ils haïssent Obama qu’ils ont comparé ces quatre dernières années à Staline, à Hitler, au Joker dans Batman ou… à un socialiste européen!
Pour le moment, ils lui préfèrent n’importe quel autre candidat pourvu qu’il ne soit pas Mitt Romney! Pour Norman Ornstein, expert politique à l’American entreprise institute, think tank proche des républicains, «la course à l’investiture républicaine se résume à un match Romney contre «not-Romney»!
C’est pour cela que l’on a vu au cours des derniers mois de 2011 une valse des favoris à la nomination républicaine. Cela a d’abord été Michele Bachmann puis Donald Trump puis Rick Perry puis Herman Cain puis Ron Paul puis Newt Gingrich et, celui qui monte en ce moment, Rick Santorum.
Un des seuls qui n’aient pas eu l’honneur d’être mis en avant est le seul vrai centriste de la course (même si Romney est, au fond de lui, un modéré), Jon Huntsman, qui n’a aucune chance en 2012 mais qui pourrait bien, en se faisant connaître du grand public, être un candidat crédible en 2016 surtout si les républicains sont battus en novembre prochain et que le retour du balancier vers le centre se fasse comme condition de leur possible victoire dans quatre ans.
Il pourrait alors affronter… Hillary Clinton.

La secrétaire d’Etat et ancienne rivale d’Obama lors de la primaire démocrate de 2008, a annoncé que, quoiqu’il arrive, elle se retirerait des affaires publiques en 2013. Et elle a fermement démentie toute velléité de se présenter à la présidentielle de 2012, même en cas d’effondrement de la popularité d’Obama.
Mais, pour beaucoup d’analystes politiques, elle pourrait revenir sur le devant de la scène politique en 2016 où elle aura alors 69 ans. Ainsi, selon Larry Sabato, professeur de politique à l’Université de Virginie, qui a recueilli les confidences de proches collaborateurs d’Hillary Clinton, «elle n’ira pas en 2012 même sur un ticket avec Obama. Elle veut se reposer mais elle n’exclut pas d’y aller en 2016»
Il faut dire qu’Hillary Clinton aurait tort de gâcher l’opportunité historique d’être la première femme présidente des Etats-Unis. Elle est, depuis deux ans, au top des sondages en terme de popularité, plus haute qu’Obama.
La dernière enquête d’opinion sur le sujet, la plaçait en tête des femmes politiques les plus populaires, le président étant le préféré des hommes politiques.
Du coup, certains ont émis l’idée, du côté des démocrates, d’un «ticket idéal» Obama-Clinton! Ce serait certainement une arme puissante pour les démocrates (avec un noir et une femme, une nouvelle première dans l’histoire politique du pays) mais plusieurs difficultés quasi-insurmontables ne permettent pas de le prendre au sérieux.
D’une part, comme nous l’avons dit, Hillary Clinton veut faire une pause dans son très long parcours politique.
Ensuite, le vice-président actuel, Joe Biden, n’a absolument aucune intention de laisser sa place à Hillary, même s’il s’agit d’une amie de longue date.
En outre, Hillary Clinton lorgne plus le poste de numéro un que celui de numéro deux qui n’a souvent que peu d’intérêt sauf en cas de disparation du président élu!
Enfin, les candidats à la présidentielle prennent rarement des colistiers qui peuvent leur faire de l’ombre et Hillary Clinton pourrait en faire beaucoup à Barack Obama.
Reste qu’«impossible» et «jamais» sont des mots qui n’ont guère cours dans le milieu politique…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org