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samedi 25 février 2012

Elections présidentielles 2012. Les républicains se radicalisent à la plus grande joie du centriste Obama…

«Qu’ils continuent comme ça et l’élection sera dans la poche!». Si c’était possible, ce serait sans doute ça qu’on pourrait lire dans les pensées secrètes de Barack Obama à propos des primaires républicaines.
Celles-ci sont assez remarquables pour cette élection présidentielle. D’abord, la plupart des favoris ont décidé de ne pas se présenter (de Cris Christie, le gouverneur du New Jersey, à Mitch Daniels, le gouverneur de l’Indiana). Ensuite, la plupart des prétendants ont du jeter l’éponge, soit face à des scandales potentiels (Herman Cain), soit devant l’inanité de leur candidature (Rick Perry), soit devant le manque de soutien populaire (Michelle Bachman).
Puis, le favori par défaut (c’est-à-dire, le plus «électable» mais que la base du Parti républicain n’aime pas), Mitt Romney, l’ancien gouverneur du Massachussetts, a eu l’air de s’imposer petit à petit comme le candidat incontournable, le seul à pouvoir battre Obama et à rassurer les électeurs indépendants qui sont indispensables pour gagner une élection.
Mais ça, c’était avant que Newt Gingrich, le revenant teigneux ne le fasse vaciller puis disparaisse du devant de la scène (et, pourquoi pas, qu’il renaisse de ses cendres lors du «Super Tuesday» du 6 mars où plusieurs primaires sont organisées en même temps) en laissant la place au catholique intégriste proférant des thèses proches de l’extrême-droite, Rick Santorum. L’ancien sénateur de Pennsylvanie l’a mis dans les cordes et, chose impensable il y a un mois, il le mettra peut-être KO dans les semaines à venir, une hypothèse qui n’a plus rien d’incongrue!
Problème, Rick Santorum n’a aucune chance de se faire élire président des Etats-Unis, n’en déplaisent aux ultraconservateurs qui claironnent partout que le temps de la réaction est venue (pour eux, George W Bush était un traître à la cause et Ronald Reagan n’a pas appliqué son programme…). Car les électeurs «indépendants» ne voteront jamais pour lui.
En tout cas, les batailles très dures que se livrent les prétendants républicains risquent d’être une calamité pour la campagne présidentielle. Si c’est Santorum qui emporte les primaires, le Parti républicain risque d’imploser et de se diriger vers une défaite historique. Si c’est Romney, il est tellement affaibli déjà, qu’il aura du mal à remonter la pente.
Le dernier débat de ces primaires a eu lieu il y a deux jours dans l’Arizona. Ce sera le dernier avant longtemps car les candidats ne veulent plus s’écharper en public, notamment Mitt Romney qui avait été le premier à indiquer qu’il ne serait pas présent à celui qui devait suivre en Géorgie, dans ce Sud profond où il risque d’être mis en grandes difficultés face à ses trois concurrents, Rick Santorum, Newt Gingrich et le libertarien Ron Paul. Un débat qui avait été ensuite annulé.
Les résultats de la prochaine primaire qui se déroule dans le Michigan, Etat où est né Romney, seront très intéressants. En effet, ce dernier pensait qu’il en serait le super-favori d’autant que son père en fut un gouverneur populaire et que des sondages l’avaient donné vainqueur. Oui, mais voilà, dans son opposition à Barack Obama, il a voté contre le sauvetage de l’industrie automobile américaine que le président à mis en place, ce que Rick Santorum n’a pas manqué de marteler.
Ce plan d’urgence qui a été un magnifique succès car il a, non seulement, permis de sauver Chrysler et General Motors de la faillite (Ford avait renoncé à demander des aides publiques) mais il a propulsé GM de nouveau à la première place mondiale et a permis sauver de nombreux emplois, notamment dans la capitale de l’Etat, Detroit.
Un plan tellement populaire que le vice-président, Joe Biden, a déclaré que l’on pouvait caractériser le mandat de Barack Obama par une formule qui a fait mouche, «Ben Laden est mort et General Motors est en vie»!
Une défaite de Mitt Romney face à Rick Santorum serait une nouvelle déconvenue pour le favori qui pourrait bien perdre ce statut dans les semaines à venir…

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 20 février 2012

La Chine entrouvre un peu plus son marché aux films américains

Jusqu’à présent, les cinéphiles chinois ne pouvaient voir qu’une vingtaine de films américains par an. Non pas qu’ils n’aimaient pas les productions hollywoodiennes, ni que les producteurs américains ne s’intéressaient pas au marché chinois, bien au contraire. Celui-ci est considéré comme une sorte d’Eldorado avec ses deux milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2011… Tout simplement, la Chine avait imposé des quotas très stricts au motif de protéger son industrie cinématographique (sans oublier que la distribution devait obligatoirement passer par la compagnie publique chinoise).
Si cette raison était en partie vraie, il y avait également, de la part du pouvoir communiste, la peur de la subversion démocratique véhiculée par de nombreux films américains (mais aussi occidentaux).
Ainsi, la Chine, non seulement, violait les accords de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) mais était une terre de prédilection de copies pirates à grande échelle, d’abord pour contenter les millions de Chinois qui voulaient voir les productions «made in USA».
D’ailleurs, après une plainte en 2007, l’OMC avait condamné la Chine en 2009 pour ces pratiques discriminatoires.
Une situation qui énervait particulièrement Hollywood, dont le lobby est très puissant aux Etats-Unis, mais aussi les autorités politiques. L’administration Obama s’était montrée particulièrement irritée à de nombreuses reprises contre ces mesures totalement discriminatoires.
Du coup, la décision de Pékin d’assouplir cette règle, en marge de la visite d’une semaine de Xi Jinping, le vice-président chinois et futur chef de l’Etat, a été saluée comme il se doit par Washington et l’industrie cinématographique américaine.
Cependant l’accord n’est pas aussi exceptionnel que les réactions dithyrambiques américaines le laissent penser. S’il prévoit une plus grande pénétration des films américains sur cinq ans, ce n’est qu’une augmentation de leur nombre de 50%, ce qui est, certes, une avancée mais qui ne permet pas à ceux-ci d’être distribués très largement, ni indépendamment, en outre, puisqu’ils continueront à être essentiellement distribué par la compagnie publique. Sans oublier que la dîme prélevée par Pékin est exorbitante, même si elle est revue à la baisse. Et certaines productions au contenu trop «politiquement incorrect» pour le pouvoir communiste resteront toujours à la frontière de l’Empire du Milieu…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 18 février 2012

Elections présidentielles 2012. Obama: en bonne voie de réélection, sauf si… / Romney: plus les Américains le connaissent, moins ils l’aiment! / Santorum: le préféré des républicains

Barack Obama semble en bonne positon pour se succéder. Les raisons: l’économie va mieux, les républicains vont mal et les sondages sont meilleurs avec des taux d’approbation en hausse et des intentions de vote qui remontent. Ainsi, dans tous les duels proposés face aux républicains qui se présentent aux primaires en vue d’être désignés candidat officiel du parti, il est désormais vainqueur.
Il y a donc une grande chance qu’il soit réélu sauf si…
Sauf si un certains nombre d’événements ont lieu d’ici à novembre prochain. Et il faut dire qu’ils sont nombreux ceux qui pourraient lui coûter une réélection facile, voire une réélection tout court.
Il y a d’abord l’économie. L’amélioration est notable et le chômage est en baisse. Voilà qui devrait suffire à la réélection d’Obama. Sauf que cette embellie peut n’être qu’un feu de paille. D’autant que les prévisions économiques, notamment sur le taux de croissance (même de la part des services de la Maison blanche), ne sont pas exceptionnelles. Du coup, le nombre de demandeurs d’emploi pourrait repartir à la hausse, ce qui pourrait se révéler un handicap rédhibitoire pour son avenir présidentiel.
Il y a, ensuite, la situation internationale. Pour l’instant, elle semble maîtrisable. Mais les risques de dérapages demeurent énormes. La confrontation avec l’Iran pourrait prendre un tour extrêmement dangereux si Israël se mettait à bombarder les installations nucléaires perses. La situation en Syrie pourrait continuer à se détériorer et embraser tout le Moyen Orient, permettant aux extrémistes de déstabiliser toute la région, en particulier les réseaux Al Qaida qui, comme vient de le révéler le directeur des renseignements américains, sont en train de phagocyter la résistance à Hafez el Assad. Mais il ne faut pas oublier, non plus, la situation en Grèce (et plus largement celle de la zone euro) qui peut dégénérer, les relations tendues avec la Chine qui change bientôt de dirigeants et celles, ambivalentes, avec la Russie qui va voter dans les semaines à venir.
Il y a, enfin, la situation intérieure du pays. Un attentat de grande ampleur ou des troubles sociaux importants seraient potentiellement négatifs pour un Obama qui s’est présenté comme un homme qui a sécurisé le pays depuis son accession à la présidence et qui pratique le dialogue social. D’autres problèmes pourraient survenir, notamment en matière sociétale. Pour l’instant ces questions sont demeurées peu présentes mais la fameuse «guerre culturelle» pourrait revenir sur le devant de la scène.
La polémique qui a opposé le clergé catholique (et non les catholiques comme on l’a raconté à tort) à l’Administration Obama sur l’obligation de prévoir un remboursement pour la contraception dans les assurances santé que l’église propose à ses salariés a bien montré que l’extrême-droite conservatrice, les evengelicals les plus bornés, n’attendent que ça.

Les sondages se sont donc nettement améliorés ces derniers jours pour Barack Obama. Ainsi, il gagne en popularité dans toutes les dernières enquêtes d’opinion. Il est en tête pour ce qui concerne l’élection présidentielle du 6 novembre prochain.
Bien entendu, cette embellie est due à celle de l’économie. Et, comme l’explique au site web Politico, Carroll Doherty qui codirige de Pew research center, la pérennité de celle-ci «dépendra de l’évolution de la situation économique dans les prochains mois». Mais, note-t-elle, «il est de nouveau autour des 50% dans les sondages ce qui est, traditionnellement un point de référence pour les présidents sortants».
Un sondage de ce centre montre ainsi que Barack Obama battrait Mitt Romney avec 52% des voix contre 44%, soit huit points de plus.
De son côté, deux sondages réalisés, l’un pour le New York Times et CBS, l’autre pour le Washington Post et ABC, indiquent que le taux d’approbation du président américain est de 50%.
Et ce taux concernant sa gestion de l’économie est de 44%, le plus haut depuis le printemps 2010.
En outre, dans les duels avec les possibles candidats républicains qui lui seront opposés en novembre prochain, il est à son top, les battant dans tous les sondages, même le principal d’entre eux, Mitt Romney, par une marge de six à huit points.
Pour mémoire, il y a juste trois semaines, dans le sondage New York Times-CBS, Barack Obama et Mitt Romney étaient à égalité à 45%.
Même si les progressions ne sont pas spectaculaires, elles sont néanmoins significatives et importantes pour faire la différence le jour de l’élection.
Ce qui est également intéressant pour Barack Obama, c’est qu’il tient bon dans les Etats clés pour l’élection comme l’Ohio, par exemple, où il est en tête.

Selon une étude du Pew research center les Américains sont de plus en plus nombreux à être optimistes sur une reprise économique. Ils sont maintenant 54% à dire, soit que l’économie est déjà en train de repartir (25%), soit qu’elle va repartir très bientôt (29%), un gain de 10% par rapport à avril 2011.
Surtout, 44% des Américains déclarent qu’ils pensent que la situation économique sera meilleure dans un an alors qu’ils n’étaient que 34% en janvier et 28% en décembre.
Cela va de pair avec une amélioration de l’image de Barack Obama en matière de leadership. 47% approuvent la manière dont il gouverne contre 43% qui sont d’un avis contraire, un retournement par rapport au mois précédent où les pourcentages étaient, respectivement, de 44% et 48%.
A noter que cette embellie dans ce sondage vient principalement des électeurs «independents» (qui se déclarent ni démocrates, ni républicains), qui est l’électorat essentiel pour l’élection de tout président des Etats-Unis.

Bruce Springsteen votera bien pour Barack Obama dont il estime qu’il a fait du bon travail, notamment en sauvant l’industrie automobile, en faisant voter la loi sur l’assurance maladie pour tous ou en éliminant Oussama Ben Laden. Mais il a quand même été déçu par le centrisme du président américain dans certains domaines et il n’a pas apprécié que la prison de Guantanamo, où se trouvent les terroristes islamistes radicaux plus ou moins présumés, ne soit pas fermée, alors qu’il s’agissait d’une promesse de la campagne de 2008.
Du coup, le rocker superstar a décidé de ne pas s’investir comme il l’avait fait il y a quatre ans pour le démocrate affirmant qu’il n’était pas un professionnel des campagnes lors d’un passage à Paris où il venait présenter son nouvel album qui sort début mars.
Il a ainsi déclaré: «Je préfère rester en marge et je crois sincèrement qu'un artiste est supposé être le canari dans la mine de charbon, et qu'on se porte mieux quand on prend ses distances par rapport au pouvoir».

Barack Obama a, lui, présenté le budget des Etats-Unis pour l’année fiscale (débutant en octobre) 2012-2013 qui s’appuie sur une taxation des plus riches et sur des dépenses pour relancer et soutenir l’économie. Un budget de centre-gauche dans la lignée de son offensive pour faire bouger les choses mais également pour montrer que les républicains sont contre imposer les riches comme les autres Américains et contre toute relance de l’économie qui permettrait de faire baisser le chômage.
Pour le justifier, Obama a déclaré «que nous avons le choix. Nous pouvons nous contenter d’un pays où quelques personnes s’en sortent très bien, et toutes les autres sont à la peine. Ou nous pouvons rétablir une économie où tout le monde a une chance, où tout le monde fait son dû, et tout le monde joue selon les mêmes règles, Washington, Wall Street et la classe moyenne».
C’est la raison pour laquelle la plupart des commentateurs ont estimé qu’il s’agissait d’un budget de campagne électorale. Ce qui est vrai en partie mais il est en accord, également, avec tous les combats du président depuis trois ans.
«La reprise s’accélère, a ainsi affirmé Obama. Et la dernière chose dont nous avons besoin à l’heure actuelle est de revenir aux mêmes politiques qui nous ont fait tomber dans ces problèmes. La dernière chose dont nous avons besoin est de voir Washington se mettre en travers du retour des Etats-Unis».
Les dépenses prévues sont de 3.800 milliards de dollars avec plus de 350 milliards de dollars de dépenses pour stimuler l’emploi et 476 milliards pour construire des infrastructures et rénover les anciennes.

Les républicains préfèreraient maintenant voir Rick Santorum comme leur candidat à la présidentielle selon un sondage CBS News. Parmi ceux qui votent dans les primaires du parti, 30% sont pour l’ancien sénateur de Pennsylvanie contre 27% pour Mitt Romney. En janvier, 28% supportaient Romney contre 16% seulement pour Santorum (et 21% alors pour Gingrich, deuxième, qui n’a plus maintenant que 10% de supporters, moins que Ron Paul qui en a 12%)…
A noter, tout de même, que 60% de ces électeurs déclarent qu’il pourrait encore changer d’avis ce qui dénote un certain désarroi de la base républicaine qui, décidément, n’arrive pas à choisir son héraut.

Il faut dire que Mitt Romney ne convainc vraiment pas. Selon le sondage pour le Washington Post et la chaîne ABC, plus les Américains le connaissent, moins ils l’aiment et par une écrasante majorité de deux contre un! Et c’est même le cas pour les électeurs républicains… Il peut, bien sûr, se consoler, en constatant que la rapport est de trois contre un pour Newt Gingrich, celui qui était jusqu’à il y a peu son principal concurrent dans les primaires républicaines.
Du coup, il pourrait bien s’effondrer au moment de la campagne face à Barack Obama. De quoi donner des sueurs froides aux responsables républicains.
Car, pour l’instant, la grande majorité des Américains ne savent que très peu de choses de Romney, qu’il est un républicain, qu’il est riche et qu’il est candidat à la primaire. En revanche, ne connaissent pas grand-chose de son programme. Or, celui-ci est assez radical pour favoriser les riches et les entreprises, ce qui est actuellement très mal vu dans la population. Sans parler des multiples gaffes et des déclarations désastreuses faites par l’ancien gouverneur du Massachussetts.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauMondes.org

mardi 14 février 2012

Barack Obama: la collaboration Etats-Unis-Chine «doit permettre de rendre le monde plus sûr»

En recevant Xi Jinping, le vice-président chinois et futur numéro un du pays, au premier jour de sa visite d’une semaine aux Etats-Unis, Barack Obama a déclaré, à l’issue de leur entretien à la Maison Blanche, qu’il souhaitait qu’il y un «commerce équilibré entre les Etats-Unis et la Chine ainsi qu’avec l’ensemble des pays du monde».
Le président américain a également déclaré que les Etats-Unis étaient un pays de paix et qu’il désirait développer les relations avec la Chine dans ce cadre. Il a ajouté que «la collaboration des Etats-Unis et de la Chine dans le G20 doit permettre de rendre le monde plus sûr».
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella

Aux Etats-Unis, on peut devenir une véritable star du jour au lendemain. Comme on peut sombrer dans l’anonymat aussi vite que l’on est monté. Bien sûr, cela peut se passer partout dans le monde. Mais en Amérique, quand ça arrive, on passe rapidement la surmultipliée. C’est sans doute du à ce fameux «Rêve américain» que chacun espère vivre et que la public adore voir vivre par les idoles qu’elle se donne.
En début d’année, l’équipe de football américain des Giants de New York perdait beaucoup de matchs. Du coup, le quaterback (le meneur de jeu et le passeur), Eli Manning, était considéré comme un bon joueur, sans plus, loin des qualités de son frère, le quaterback vedette des Colts d’Indianapolis, Peyton Manning. Et puis l’équipe s’est réveillée en fin de saison puis a littéralement explosé lors des play-offs avant de gagner la finale.
Tout cela, elle l’a du, en grande partie, à l’étonnante adresse d’Eli Manning qui est devenu une star, éclipsant, lors de la finale d’Indianapolis, la superstar Tom Brady, le quaterback des Patriots de la Nouvelle Angleterre. Il a même été élu MVP (Most valuable player), le meilleur joueur, de ce match.
Cette vénération du public, un autre joueur de New York est en train de la gagner. Il s’agit de Jeremy Lin, vingt-trois ans, Américain d’origine asiatique (ses parents ont émigré de Taïwan) originaire de Palo Alto dans la Silicon Valley, près de San Francisco. Lui, il joue au basket aux Knicks avec le numéro 17. Voici cinq matchs, il était un parfait inconnu. Sorti de Harvard, les spécialistes commençaient à se demander pourquoi il avait choisi le basket professionnel au lieu de devenir un golden boy de la finance ou un futur associé d’un grand cabinet d’avocats.
Et puis, le 4 février dernier, il a été titularisé au poste de meneur de jeu en l’absence de nombreux titulaires dans une équipe une nouvelle fois, était en train de rater sa saison.
Au cours de ces cinq matchs, il a, au moins, marqué vingt points à chaque rencontre avec un record de 38 points lors de la rencontre contre les mythiques Lakers de Los Angeles, éclipsant la star de la côte ouest, Kobe Bryant. Ce sont les meilleures statistiques jamais réalisées par un joueur au cours de ses premières titularisations.
Son coéquipier, Jared Jeffries s’émerveille: «le niveau auquel il joue en ce moment, je n’ai jamais vu cela. C’est inouï pour un type d’entrer dans une équipe, d’en devenir son leader et de rebondir comme il l’a fait. Il nous a inspiré pour jouer plus à fond parce que c’est ce qu’il donne tous les jours».
De son côté, Carmelo Anthony, la star des Knicks, s’est amusé en déclarant que, «partout où je vais on me parle de Lin. Lin, Lin, Lin! Même mon fils me demande des nouvelles de Lin!».
Du coup, nombre de Newyorkais qui ne regardaient plus le basket depuis des années se retrouvent devant les écrans des bars, une bouteille de bière à la main, pour regarder les exploits du petit prodige.
Les prochains matchs des Knicks au Madison Square Garden se joueront à guichets fermés et les prix des billets au marché noir ont fait un bond. Même l’action de la célèbre salle polyvalente de New York a bénéficié du phénomène Lin en gagnant plusieurs points à Wall Street!
Cette trajectoire rappelle la célébrité qui a frappé d’un coup le quaterback de Denver, Tim Tebow. Alors qu’il avait raté les premiers matchs de la saison, il est parvenu ensuite à faire quelques exploits, emmenant son équipe dans les play-offs. Mais ce qui l’a vraiment propulsé en haut de l’affiche, c’est qu’après chaque touchdown de son équipe, il se mettait un genou à terre et, dans une position ressemblant à celle du penseur de Rodin, commençait à prier. Il a ainsi fait le buzz sur internet où des milliers d’Américains ont posté des photos les représentant dans la même position que Tebow…

Elle, elle était une star depuis ses dix-huit ans. Et, trente ans après, après quelques tubes planétaires et quelques 170 millions d’albums vendus, elle est morte dans la baignoire d’une chambre de l’hôtel Hilton de Beverly Hill où devait se tenir la pré-soirée des Grammy Awards (la cérémonie de remise des prix pour les meilleurs artistiques musicaux de l’année).
Elle, c’est Whitney Houston, la chanteuse à la voix d’or et au physique de top model (ce qu’elle a été) mais à la vie particulièrement tumultueuse. Car, s’il est trop tôt pour dire quelle est la raison de son décès, l’on suspecte fortement un mélange médicamenteux avec, peut-être, de l’alcool et de la drogue.
Il faut dire que Houston a connu une descente aux enfers particulièrement dure, notamment après son mariage avec le rappeur violent Bobby Brown. Droguée à tout et n’importe quoi, ses frasques ont remplacé ses hits à la une des tabloïds. Elle en a même perdu sa voix et ses «come back» ont tous été des flops, sa dernière tournée mondiale s’achevant même lamentablement alors qu’elle chantait totalement faux sur scène, un comble pour elle.
Pour autant, sa mort a soulevé un grand élan en sa faveur parmi ses fans encore nombreux et elle a été fêté lors de la cérémonie des Grammy Awards (dont la grande gagnante a été une autre grande voix de la chanson, Adele, la britannique de 23 ans).

Le procès d’Ann Pettway passionne l’Amérique, tout comme elle a été passionnée par l’affaire Carlina White qui en est la raison. Ceux-ci sont aussi l’exemple qui fait que tous les parents du monde qui sont confrontés à la terrible disparition de leurs enfants après un enlèvement peuvent garder espoir. Carlina a été Kidnappée alors qu’elle n’avait que dix-neuf jours, le 4 août 1987 dans une chambre d’hôpital de Harlem où elle était soignée pour fièvre, devant sa mère par Ann Pettway qui s’était fait passée pour infirmière. Cette dernière l’a élevée pendant plus de deux décennies et rebaptisée Nejdra Nance.
Nejdra-Carlina a, elle-même, contactée un jour sa mère biologique, Joy White, pour lui dire qu’elle était peut-être sa fille. Elle avait vu, en effet, des photos d’un bébé, sur un site internet d’enfants disparus, mis en ligne par sa vraie mère, qui ressemblaient énormément à celles qu’elle possédait d’elle au même âge.
La ravisseuse, Ann Pettway, a alors été arrêtée et Carlina, qui vivait alors à Atlanta, a pu rencontrer sa vraie mère à New York et lui présenter Samina, sa petite-fille de cinq ans, vingt-quatre ans plus tard...
Il s’agit bien sûr d’une histoire hors du commun dont le «happy end» est, malheureusement, loin d’être la règle dans ce genre de cas.
Jugée en ce moment, Ann Pettway risque entre dix et douze ans de prison ce qui est, pour la mère de Carlina nettement insuffisant, celle-ci rappelant la violence avec laquelle sa fille a été enlevée et toutes ses années où elle n’a pu vivre avec sa fille.

19% des ventes de matériels électroniques grand public (en valeur) pendant les fêtes de fin d’année aux Etats-Unis, ont été réalisées par Apple (hors les achats sur la toile)! Voilà un chiffre exceptionnel qui montre encore une fois l’image de marque incroyablement positive des produits créés par Steve Jobs.
Et les ventes de la firme californienne sont en hausse de 36% alors que celles de tous ses concurrents principaux sont en recul. Une des raisons de ce succès, ce sont les magasins, les «Apple store» qui ne désemplissent pas.
Tout ceci vient après des annonces de profits record et de «trésor de guerre» avoisinant les 100 milliards de dollars.
Il sera intéressant de voir, toutefois, quelle va être la réaction des fans de la marque à la pomme après les révélations du New York Times sur la fabrication des iPhones et autres iTunes et iPads dans des usines chinoises qui ressemblent peu aux bureaux spacieux où il fait bon vivre du siège de Cupertino dans la Silicon Valley près de San Francisco…

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 13 février 2012

Li Xinping aux Etats-Unis / sommet UE-Chine: la politique occidentale Chinoise va être scrutée

Demain, mardi 14 février, sera une journée bien remplie pour la politique extérieure de la Chine. Li Xinping, le successeur probable d’Hu Jintao à la tête de la Chine cette année et actuel vice-président, sera reçu par Barack Obama à la Maison blanche. Et, dans le même temps, Hu Jintao et son premier ministre, Wen Jiabao, recevront, dans le cadre du 14° sommet Union européenne-Chine, Herman Von Rompuy et José Manuel Barroso à Pékin.
Deux événements qui vont préciser, sous l’œil attentifs des analystes, la politique de la Chine envers l’Occident. Car les choses évoluent même si Pékin semble faire du surplace. Les Occidentaux ont, en effet, décidé d’accentuer leurs pressions vis-à-vis des dirigeants chinois pour que ceux-ci adoptent des positions plus souples et plus responsables dans de multiples domaines.
Evidemment, ces derniers détestent cette façon de procéder et feront tout pour montrer que rien ne change et que si quelques chose doit changer, cela se fera au rythme qu’ils auront eux-mêmes choisi.
Cependant, ce serait être dupe de croire que la Chine peut demeurer immobile face à la montée des griefs que les Etats-Unis et l’Europe ont à son encontre. Que ce soit son double-jeu en matière économique où elle n’applique pas les accords internationaux qu’elle a signés (notamment celui de l’Organisation mondiale du commerce) en refusant d’ouvrir réellement son marché intérieur tout en continuant à subventionner largement ses entreprises ou que ce soit son irresponsabilité assumée en matière de politique étrangère où elle montre de l’agressivité vis-à-vis de ses voisins tout en refusant de s’impliquer dans les affaires du monde, pire en bloquant les processus démocratiques en cours, en particulier dans le monde arabe, et en continuant à supporter l’Iran.
Pour autant, à part des déclarations lénifiantes et quelques signatures de contrat, les résultats à court terme ne seront guères spectaculaires. En revanche, les nouvelles fermetés occidentales pourraient, si elles ne sont pas un feu de paille, obliger Pékin à lâcher du lest dans les mois à venir. Reste une inconnue, la capacité des Occidentaux à demeurer inflexibles alors qu’ils ont besoin des capitaux des chinois (et ceux-ci leur font miroiter beaucoup dans ce domaine sans qu’il y ait eu jusqu’à présent grand-chose à se mettre sous la dent) pour sortir de la crise et/ou pour retrouver de la croissance… Mais il serait temps aussi à ces mêmes Occidentaux de s’apercevoir que la Chine a autant besoin d’eux, qu’eux de la Chine. Pour cela, il leur faut la jouer grouper. C’est sans doute cela le plus difficile!

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 10 février 2012

Elections présidentielles 2012. Barack Obama en tête dans les sondages, se met au financement PAC de sa campagne alors que Clint Eastwood est accusé de traîtrise par les républicains…

Il y a cinq ans aujourd’hui, à Springfield, devant l’ancien Congrès de l’Illinois, là où Abraham Lincoln avait fait de même, un homme annonçait sa candidature à la présidence des Etats-Unis. Son nom: Barack Obama. Il était un quasi-inconnu du grand public (sénateur malgré tout), noir dans un Parti démocrate où il ne devait y avoir aucune surprise quant au nom de la future candidate du parti à la Maison blanche, Hillary Clinton.
Cinq ans après cette déclaration, Barack Obama a fêté, récemment, ses trois ans en tant que président des Etats-Unis. C’est évidemment une saga historique qui a déjà été racontée un nombre incalculable de fois et qui le sera, un jour, par les historiens une fois qu’elle sera réellement terminée.
Mais, pour l’instant, Obama est en course pour la prochaine présidentielle. Il est actuellement le favori pour la remporter et s’installer de nouveau quatre ans à la Maison blanche.

Car le voici à nouveau en train de creuser l’écart dans les sondages face aux prétendants républicains, même face à Mitt Romney (51% contre 45%), celui qui semble être le favori pour être son adversaire le 8 novembre prochain.
Il faut dire que la situation économique (et, surtout, l’emploi) est en train de s’améliorer alors que les républicains se battent comme des chiffonniers et n’ont, pour l’instant aucun programme alors qu’Obama a un bilan.
Ce dernier apparaît beaucoup plus présentable que ne pensent le grand public, c’est-à-dire qu’il a encore de la marge pour démontrer que son action a eu un impact important sur le cours de l’histoire américaine.
Du sauvetage de l’industrie automobile qui est redevenue la numéro un dans le monde à l’élimination de l’ennemi public numéro de l’Occident, Oussama Ben Laden, en passant par le sauvetage des banques indispensable pour éviter que l’économie ne s’effondre (même si la population en veut beaucoup aux banquiers et avec raison), le départ des troupes US d’Irak comme promis, le vote d’une assurance santé pour la grande majorité des Américains et quelques autres mesures notables.
Bien sûr, rien n’est joué mais Barack Obama a repris la main, ce qui était essentiel s’il voulait pouvoir avoir une chance de contrer la guérilla des républicains avec succès, ceux-ci n’ayant qu’une obsession, faire perdre le président actuel.
Si l’économie connait une nouvelle crise, par exemple, la position d’Obama redeviendra extrêmement délicate, notamment si un candidat républicain crédible est face de lui.

Celui-ci aura à sa disposition des dizaines de millions de dollars pour réussir à déloger Obama de Washington. Merci à la décision très controversée de la Cour suprême dans l’affaire US citizens d’avoir autorisé des individus et des groupes (notamment des entreprises) à défendre leurs intérêts dans la campagne électorale en supportant «indirectement» un candidat dans une structure où ils peuvent dépenser sans aucun plafond et sans devoir donner leurs noms.
Cette structure, baptisée «super PAC» («super political action comittee» c’est-à-dire super comité d’action politique), montre actuellement toute sa redoutable capacité de donner une publicité immense aux candidats dans la primaire républicaine.
Du coup, Barack Obama qui avait critiqué vertement cette décision vient de décider de laisser un «super PAC» l’aider dans sa campagne et d’autres aider les sénateurs et les représentants démocrates dans les leurs. Une volte-face qui n’a pas fait que des heureux dans les rangs démocrates et dans les médias mais qui est une décision pragmatique et de nécessité tant qu’une nouvelle législation n’aura pas été adoptée.
On verra donc, cette année, une campagne électorale certainement à plus d’un milliard de dollars. Une inflation totalement indécente quand on se rappelle les difficultés dans lesquelles se trouvent de nombreux Américains.

Clint Eastwood est-il devenu un affreux agent de propagande pour les démocrates et plus particulièrement pour Barack Obama? C’est la question très sérieuse que se sont posés les dirigeants républicains après la diffusion d’une longue publicité pour Chrysler à la mi-temps du Superbowl réalisée par l’acteur-réalisateur et dans laquelle il joue, vantant le sauvetage de l’industrie automobile américaine dont Barack Obama est le responsable et, surtout, disant qu’on n’était qu’à la moitié du chemin et qu’il restait encore du travail à faire.
Tout cela semblait faire la promotion de Barack Obama et demander qu’il soit réélu en novembre prochain. Or Clint Eastwood n’a jamais voté démocrate de sa vie, même pas pour Obama en 2008 puisqu’il avait glissé un bulletin John McCain dans l’urne. C’est un républicain pur et dur.
Il a d’ailleurs déclaré sur la chaîne ultraconservatrice Fox News qu'il n'était pas ami avec le président et qu'il ne le soutenait pas, ajoutant qu’il «n'y a pas d’intention cachée. Là-dessus, j'en suis certain»

Alexandre Vatimbella
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jeudi 9 février 2012

La Chine numéro un devant les Etats-Unis, en matière d’énergie éolienne

Selon l’Association mondiale de l’énergie éolienne, la Chine est toujours le numéro un du secteur en 2011 avec une capacité de 62,7 gigawatts (gw), soit pas moins de 40% de plus que l’année précédente.
Elle devance, dans l’ordre, les Etats-Unis (49,7 gw, +17%), l’Allemagne (29 gw, +7%), l’Espagne (21,7 gw, +5%) et l’Inde (15,8 gw, +21%). La France se classe septième avec 6,6 gw (+17%).
Globalement, le nombre d’installations éoliennes dans le monde a augmenté de 21% représentent 238 gigawatts, soit 42 de plus qu’en 2010.
Nicolo Morfino
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mercredi 8 février 2012

Elections présidentielles 2012. Les victoires de Santorum montrent un Parti républicain de moins en moins centriste et toujours aussi divisé

Ce ne sont pas les trois victoires de Rick Santorum dans le Minnesota (45% des voix contre 27% à Ron Paul), le Missouri (55% des voix contre 25% à Mitt Romney) et le Colorado (avec 40% des voix contre 35% à Mitt Romney) qui viennent de changer radicalement le Parti républicain. Mais elles montrent que celui-ci s’ancre de plus en plus dans le conservatisme, non pas progressiste comme au temps de Lincoln ou de Theodore Roosevelt, non pas social comme au temps d’Eisenhower ou même Nixon, mais réactionnaire Un parti où certains se demandent même si Ronald Reagan et les deux George Bush auraient actuellement leurs chances d’être élus candidats à la présidentielle!
Car Rick Santorum qui, désormais, fait la course en tête en nombre de victoires (quatre contre trois à Romney et une à Gingrich) mais pas en nombre de délégués (ceux qui voteront lors de la Convention républicaine de Floride pour désigner le candidat à la présidence), est bien un républicain ultraconservateur et totalement réactionnaire. Ses thèses les plus rétrogrades s’adressent à cette frange des Américains, agressifs et souvent haineux, totalement repliés sur leur pays (et même leurs Etats respectifs), contre toute modernité ou métissage quelconque, constamment angoissés de perdre leur statut social, qui ont vécu, pour certains, l’élection d’un noir à la Maison blanche comme une insulte, nationalistes extrêmes (et non patriotes) qui iraient faire la guerre à tous les ennemis supposés des Etats-Unis. Rappelons à cet effet que Rick Santorum s’est déclaré favorable à faire la guerre à l’Iran s’il était élu président.
C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour la démocratie américaine car les républicains les plus à droite refusent ce fameux compromis démocratique qui, vaille que vaille et souvent écorné, a permis un gouvernement fédéral largement apaisé depuis l’indépendance du pays.
Petit à petit, le Parti républicain se vide de ses centristes, soit qu’ils soient marginalisés et incapables d’obtenir les investitures nécessaires pour se présenter aux élections, soit qu’ils s’en aillent ailleurs ou abandonnent la politique. Et ceux qui demeurent dans le parti comme Mitt Romney et quelques autres, sont obligés de droitiser leur message, de simplifier leur vision politique pour coller avec des idées dont certaines sont très proches de l’extrême-droite.
Quand on écoute et que l’on lit les propos de certains militants républicains, on est souvent très mal à l’aise devant la violence et le simplisme dégagés par ceux-ci et qui ne présagent rien de bon pour la démocratie. Heureusement, la majorité des électeurs républicains et, surtout, de la population américaine ne les partagent pas.
Et ces trois victoires consécutives en une soirée ne font pas du tout les affaires de Mitt Romney. Non pas que cela remette en cause réellement, pour l’instant, sa nomination comme candidat des républicains à la présidentielle de novembre prochain (McCain en 2008 avait perdu pas moins de treize primaires et caucus après sa victoire en Floride avant de gagner la compétition), mais cela montre qu’il n’est pas le candidat aussi inévitable que cela pour de nombreux militants et sympathisants, que son discours ne passe pas aussi bien qu’il le prétend et que son manque total de charisme est de plus en plus criant.
Et cela est d’autant plus préoccupant pour Romney qu’il avait gagné les Etats du Minnesota (dans lequel il n’arrive qu’en troisième position derrière Santorum et Paul) et du Colorado (alors qu’il y était donné gagnant) lors des primaires de 2008 face à McCain.
A noter que le principal concurrent de Romney, Newt Gingrich, n’était même pas sur les bulletins de vote du Missouri (il ne s’était pas enregistré à temps) et il n’obtenu que 13% des voix dans le Colorado. Mais, pendant ces primaires dont il avait décidé de faire l’impasse, on l’a surtout vu ailleurs, notamment dans l’Ohio où il est venu à la rencontre des militants pour tenter de remporter ce que l’on appelle les «early votes», les premiers votes qui ont fait la différence pour Romney en Floride.
Les prochaines primaires républicaines auront lieu dans le Michigan et l’Arizona.

Alexandre Vatimbella
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lundi 6 février 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella

Malgré les difficultés, 62% des Américains, selon une étude Associated Press-Gfk, disent qu’ils sont optimistes pour le pays en 2012. Et ils sont même 78% à être optimistes pour eux-mêmes et leurs familles.

Le futur candidat du Parti républicain pour les élections présidentielles du 8 novembre prochain ressemble de plus en plus à Mitt Romney. Après avoir remporté haut la main les primaires de Floride, il a fait de même, sans surprise, dans le Nevada.
Ce qui semble jouer en faveur de l’ancien gouverneur du Massachussetts, c’est qu’il commence à agréger les multiples courants conservateurs républicains tout en gardant le soutien de l’establishment du parti nettement moins extrémiste que la base.
Reste à savoir comment il s’y prendra pour se poser en rassembleur des Américains face à Barack Obama.
Pour autant, il faudra encore attendre quelques semaines pour savoir avec exactitude si Romney sera bien le candidat républicain. Soit que Newt Gingrich jette l’éponge faute d’argent. Soit que les prochaines primaires tournent toutes en sa faveur, notamment dans le Sud profond, fief supposé de Gingrich.

Newt Gingrich, justement. Son cas est assez fascinant. Voilà un homme nettement plus détesté qu’aimé (même par son propre camp), qui a quand même été le Speaker de la Chambre des représentants (c’est-à-dire le président), troisième homme du pays (celui qui deviendrait président par intérim si le président et le vice-président ne pouvaient plus exercer le pouvoir). Mais sa personnalité peu avenante lui a valu beaucoup d’ennemis et ses agissements qui ont été parfois à la limite, voire au-delà, de la morale politique lui ont valu de perdre beaucoup.
Il s’est lancé dans la course des primaires républicaines pour la présidentielle de novembre avec, sans doute, aucune chance de gagner et en le sachant. Mais il a réussi à devenir le principal adversaire du favori, Mitt Romney, après la défection de certains autres candidats et le renoncement de la plupart des favoris à la primaire.
Il a adapté son discours de façon à être celui qui pouvait répondre à l’attente de la majorité des républicains de l’Etat où il se trouvait. Cette façon de procédé n’a d’abord pas connu beaucoup de succès puis lui a permis de remporter la primaire de Caroline de Sud sans pour autant qu’il puisse rivaliser avec Romney dans les deux autres étapes des primaires, la Floride et le Nevada.
Et il a soulevé de nombreuses interrogations sur ses capacités politiques, à la fois, pour rassembler son parti et gagner la présidentielle. Surtout, on s’aperçoit que toute sa carrière politique a été faite d’opportunisme et de faux-semblant. Ainsi, il n’est pas du tout le conservateur droit dans ses bottes qu’il prétend être, ayant navigué à vue tout au long de sa carrière politique . Un peu comme… Mitt Romney, celui que l’on accuse, souvent avec raison, d’avoir changé d’avis constamment et qui faisait que les républicains les plus conservateurs qui ne voulaient pas voter pour lui, se sont reportés sur Gingrich!
Un des derniers articles en date, parus sur le site web politique The Hill rappelle toutes ses prises de position en faveur de républicains centristes (ceux qui ressemblent à Romney et qu’il prétend haïr), surtout lorsque ceux-ci étaient opposés à des républicains très conservateurs (qu’il prétend aimer) et en faveur de thèmes honnis par ces derniers (qu’il prétend rejeter).
Il a même déclaré en 2004 qu’il était impossible qu’une majorité uniquement de droite puisse gouverner aux Etats-Unis et souhaitant que les républicains s’ouvrent au centre…
Il est plus que probable que Newt Gingricj ne sera pas le candidat du Parti républicain à la présidentielle de novembre. Mais, je ne parierai pourtant pas un dollar là-dessus tellement la politique américaine, ces primaires républicaines et Newt Gingrich sont des «facteurs imprévisibles»!

Une des armes que Mitt Romney voulait utiliser contre Barack Obama était l’état déplorable, selon lui, de l’économie américaine et le fort taux de chômage. Non seulement, il souhaitait montrer l’incapacité du président à améliorer la situation mais il comptait se présenter en homme de la situation, lui qui, en tant qu’hommes d’affaires était super-compétent en la matière.
Or, pour son malheur mais pour le bonheur des Américains, l’économie se porte de mieux en mieux et le marché de l’emploi également. Ce que Mitt Romney, après bien des dénégations, a été obligé de reconnaître.
C’est surtout sur le front du chômage que l’amélioration est la plus significative avec un taux de 8,3%, certes encore élevé, mais qui est le plus bas depuis février 2009, c’est-à-dire depuis la prise de fonction de Barack Obama.
Et ce qui rend les analystes optimistes pour la suite (bien que rien ne prouve que l’embellie va continuer), c’est que les créations de nouveaux emplois viennent quasiment toutes du secteur privé, donc elles prouvent que l’activité économique demeure soutenue.

En 2010, il ya avait 1,6 million d’enfants considérés sans-abri aux Etats-Unis, soit un enfant sur quarante-cinq, un chiffre en augmentation de 38% sur un an. 42 % sont âgé de six ans ou moins et un tiers d'entre eux sont élevés par des mères seules souffrant de maladies chroniques.
Le rapport du Centre national pour les familles sans-abri qui dévoile ses chiffres terribles, demande que l’on agisse au plus vite. «Sans surprise, explique-t-il, le risque pour un enfant d'être sans-abri a augmenté avec la crise économique, même si les capacités de logement ont augmenté de 15.000 unités au cours des quatre dernières années».
Ces enfants sont particulièrement exposés à la maladie, à la faim et au stress. Beaucoup d’entre eux vivent dans quelques Etats dont la Géorgie et l'Alabama mais aussi, plus étonnant, la Californie.

Evidemment, l’événement médiatique de la semaine n’était pas les primaires républicaines, ni même la baisse du chômage mais le… Superbowl! Et la finale du football américain, qui se jouait cette année à Indianapolis, entre les Giants de New York et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre (dont la majorité des supporters viennent de Boston) a tenu toutes ses promesses.
C’était, de plus, la revanche de la finale de 2007 qui avait vu une improbable équipe des Giants battre des Patriots super-favoris qui n’avaient perdus aucun match de la saison, 17-14.
New York l’a emporté avec un touchdown à la dernière minute du quatrième quart-temps, faisant de cette équipe des Giants, celle qui a réalisé le plus de «comeback» mémorables cette saison et, peut-être, depuis longtemps.
Non seulement les Giants avaient fait un début de saison laborieux, revenant dans la course au titre vers la fin de la saison régulière avant de remporter tous leurs matchs devant des adversaires redoutables et favoris (Green Bay ou San Francisco, par exemple) mais ils ont marqué les points de la victoire dans les dernières minutes, voire dans les dernières secondes.
C’est grâce à leur quaterback, élu MVP de la finale (Most valuable player, meilleur joueur), Eli (Elisha) Manning, qu’ils y sont parvenus.
Ce garçon était considéré assez effacé et loin d’être le leader que le poste essentiel qu’il occupe (meneur de jeu et passeur) requiert. Son père, Archie, était déjà un quaterback célèbre. Surtout, son frère, Peyton Manning est une star de la NFL (National football league) avec des faits d’armes mémorables.
Jusqu’à présent, Eli et Peyton avaient gagné chacun d’eux un Superbowl. Voilà le petit frère qui vient de passer devant et qui s’est révélé cette saison. De plus, il a remporté le titre dans le stade où joue habituellement Peyton qui est le meneur de jeu des Colts d’Indianapolis…
Le vaincu est Tom Brady considéré comme une légende avec des statistiques extraordinaires (il en a encore battu une dimanche soir) dont celle d’être le joueur le mieux payé de tiute la NFL. Le quaterback des New England Patriots aurait pu ajouter un quatrième titre à son palmarès, tous gagnés avec la même équipe.
A la mi-temps, le show consistait en un mini-concert tout dans la démesure de Madonna qui a joué avec LMFAO, Celo Green et Nicky Minaj.

Alexandre Vatimbella

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vendredi 3 février 2012

Elections présidentielles 2012: Romney - candidat par défaut des républicains et, peut-être des Américains- multiplie les gaffes! / La baisse du chômage, bonne nouvelle pour Obama

Mitt Romney, en gagnant facilement mardi la primaire de Floride devant Newt Gingrich a sans doute fait un grand pas vers sa nomination en tant que candidat républicain pour la présidentielle du 8 novembre. Bien sûr, il faut se garder de tout pronostic définitif mais sa large victoire tout autant que son attitude plus offensive ainsi que les hésitations et les erreurs de son principal rival lui donne désormais ce fameux «momentum» qu’adorent les médias américains, cette sorte de dynamique conjoncturelle qui permet d’avoir une force particulière qui bouscule tout sur son chemin et fait de vous un gagnant. Il devrait, ce week-end engrangé une nouvelle victoire dans le Nevada qui confirmera son élan.

Mais, attention, comme tout phénomène conjoncturel, le momentum ne dure pas. D’autant que Mitt Romney se fait de plus en plus remarqué part ses déclarations intempestives qui sont, tout autant, des gaffes qu’elles sont indécentes. La dernière en date, «les pauvres ne sont pas mon problème», une déclaration particulièrement malvenue de la part d’un républicain qui gagne plus de 23 millions de dollars par an par le seul placement de sa fortune et qui est né avec «une cuillère d’argent dans la bouche»… Toujours est-il que même les médias conservateurs se sont offusqués d’une telle tirade.
Auparavant, Romney avait proposé un pari en direct à la télévision à Rick Perry, le gouverneur du Texas et alors candidat à la primaire, dont le montant de 10.000 dollars, qui semblait être une peccadille pour l’ancien gouverneur du Massachussetts, était une indécence faite aux pauvres avec qui il a manifestement un problème!
Toujours au rayon des gaffes, sa déclaration selon laquelle il adorait «virer les gens», ce qu’il a fait de nombreuses années en rachetant des entreprises en difficultés et en faisant de larges plans sociaux, surtout au moment où des millions de ses compatriotes cherchent un travail dans une conjoncture économique difficile.
Il a également expliqué que s’il avait été peu imposé en 2011 c’est parce qu’il n’avait gagné que «très peu d’argent», c’est-à-dire 374.000 dollars en donnant uniquement des conférences.
En outre, il a demandé aux gens de compatir aux «pauvres banques» et aux entreprises qui sont «des gens comme les autres»…
Et devant des chômeurs, lui qui fait partie des 0,006% des Américains les plus riches, il a plaisanté en disant que lui aussi était «sans emploi».
Fermer le banc… pour le moment.
Reste que, pour relativiser ces propos, beaucoup de candidats dont certains sont mêmes devenus des présidents ont fait des gaffes. George W Bush en était coutumier, bien que certains de ses supporters aient toujours affirmé qu’il faisait exprès de passer pour un ignorant afin de cacher son éducation et sa vie de riche auprès des électeurs, une stratégie qui n’est manifestement pas celle de Romney!

En fêtant son succès floridien, Romney a déclaré, «alors que nous célébrons cette victoire, nous ne devons pas oublier le vrai but de cette élection: battre Barack Obama».
Car c’est l’obsession des républicains à défaut d’avoir un programme cohérent. Et quand ils tentent d’en avoir un, comme Romney, c’est pour copier celui de… Barack Obama. Celui-ci a ainsi déclaré que sa campagne parlait des problèmes des classes moyennes, affirmant sans rire qu’il était le porte-parole des principales victimes de la politique actuelle: les retraités de la fonction publique, les chômeurs et les parents qui veulent envoyer leurs enfants à l’université. Ce faisant, il oublié seulement que les républicains prévoient de revoir les retraites des fonctionnaires, qu’ils ont tenté, à la Chambre des représentants, d’empêcher les chômeurs de toucher des allocations et qu’ils ont fait de même en ce qui concerne les bourses pour les étudiants…
Voilà un recentrage – indispensable pour Romney s’il veut gagner la présidentielle de novembre prochain – qui se fait sur des thèmes qu’il aura du mal à défendre.
Car c’est tout le dilemme de celui qui est désormais le favori pour être le candidat républicain face à Obama. Demeurer très à droite dans les primaires de son parti et parler en tant que centriste au peuple américain! De sa capacité à jongler avec des discours antinomiques, des postures inconciliables et des promesses contradictoires viendra sa capacité à se montrer comme un candidat «électable» pour ses concitoyens.
Pour l’instant, c’est loin d’être gagné d’autant que Mitt Romney a d’autres casseroles à ses basques (outre celles dont nous avons parlés plus haut). Il est accusé de changer d’avis selon son auditoire par les médias, d’être un modéré par les ultraconservateurs républicains, d’être un opportuniste centriste pour les modérés, d’être un homme richissime qui a bâti sa fortune sur les faillites d’entreprises et les plans sociaux, d’être de confession mormone, de n’avoir aucun charisme et de n’avoir aucune idée originale.
Tout cela met mal à l’aise comme le dit un des éditorialistes-vedettes du New York Times, Nicholas Kristof, «les moments qui ont été les plus embarrassants à regarder au cours de cette période politique se sont déroulés lorsque Mitt Romney a prétendu être un vrai conservateur en colère, jetant de l’huile sur le feu. Tout montre qu’en réalité il est, dans son âme, un modéré pragmatique mais qu’il a changé d’avis comme un poisson frétillant afin de cacher son côté raisonnable».
Sa meilleure chance de gagner ne vient d’ailleurs pas de ses qualités que certains cherchent encore mais de… Barack Obama. Si ce dernier commet des erreurs, s’il n’est pas capable de gérer correctement la situation économique et sociale délicate du pays et de redonner espoir aux Américains, ceux-ci pourraient choisir Romney par défaut comme vont sans doute le faire les républicains qui ne voient pas d’autres personnalités acceptables pour le scrutin de novembre.

Tous les analystes disent que l’économie sera le sujet principal de l’élection de novembre prochain. Mitt Romney s’en va partout affirmant que Barack Obama a échoué en la matière et que lui, le spécialiste, va remettre les Etats-Unis sur le bon chemin de la croissance.
Néanmoins, depuis quelques mois, les indicateurs économiques se sont améliorés et, surtout, le taux de chômage commence à baisser de manière significative. S’il est trop tôt pour dire que cette baisse va se poursuivre, elle est, pour l’instant, une bonne nouvelle pour le président.
Car, au-delà du taux de chômage lui-même, c’est bien la tendance du marché de l’emploi qui sera un des éléments essentiels qui fera l’élection. Si la tendance est baissière, Barack Obama devrait en tirer partie. Si elle est haussière, ce devrait plutôt être Mitt Romney qui en bénéficiera. En théorie…

Alexandre Vatimbella
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Le chômage une nouvelle fois en baisse en janvier 2012

Alors que les différents indicateurs ne permettaient pas de savoir si la bonne fin d’année 2011 pour l’activité économique américaine allait se poursuivre en ce début 2012, les chiffres du chômage aux Etats-Unis ont été une bonne surprise.
Selon les statistiques du département du Travail, ce ne sont pas moins de 243.000 nouveaux emplois qui ont été créés en janvier. Cet afflux permet au taux de chômage de baisser à 8,3% de la population active.
Alexis Levé
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