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vendredi 30 mars 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La Constitution américaine n’est plus ce qu’elle était


La Constitution des Etats-Unis est devenu un texte sacré pour les Américains. Ils sont fiers de leur loi fondamentale qui a instauré la première démocratie dans le monde. D’autant plus qu’elle est le plus vieux texte constitutionnel écrit du monde qui a encore force de loi.
Beaucoup estiment qu’elle demeure incontournable, qu’elle peut régler tous les conflits et qu’il ne faut surtout pas y toucher (malgré les nombreux amendements qui y ont été rajoutés au cours des années).
Pourtant, cette constitution est loin d’être parfaite. Surtout, dès son vote et son instauration, elle a toujours été au centre de nombreuses controverses.
La Cour Suprême des Etats-Unis, mise en place pour en assurer l’interprétation, a rendu ainsi une multitude de décisions sur la constitutionnalité de lois ou d’actes au regard de dispositions qui ne sont pas toujours très claires, suscitant des critiques ou des louanges.
Au cours de son histoire, la cour a été parfois le lieu du conservatisme, parfois celui du progressisme. Elle a résisté à la volonté du gouvernement fédéral ou à celle de certains Etats au nom d’une interprétation, souvent accusée de partialité politique, des dispositions de la Constitution.
C’est elle qui a accordé le droit à l’avortement (mesure libérale) et qui demeure inflexible sur le droit à détenir et porter une arme (mesure conservatrice). C’est elle qui a décidé que George W Bush serait élu président des Etats-Unis en 2000 face à Al Gore alors qu’il n’avait pas la majorité des voix et que le résultat en Floride demeurait pour le moins incertain. C’est elle qui a décidé que ce même George W Bush ne pouvait priver de leurs droits les détenus de la prison de Guantanamo, soupçonnés d’être des combattants d’Al Qeida.
C’est encore elle qui a étendu les droits du gouvernement fédéral d’intervenir dans la vie des Américains en s’appuyant sur la faculté de Washington de réglementer sur le commerce entre les Etats. Une décision qui sera au cœur de son jugement sur la loi sur l’assurance santé de Barack Obama qu’elle va rendre dans le courant de l’été.
Le problème c’est que la Cour Suprême s’appuie sur un texte qui n’est plus considéré comme le modèle universel.
Ce ne sont pas les ennemis des Etats-Unis qui le disent. Ni même ceux qui les dénigrent. Encore moins des extrémistes de droite ou de gauche mécontents de décisions rendues récemment au nom de la Constitution. Non, ce sont les plus grands juristes du pays dont ceux qui siègent à la Cour Suprême….
Son ancienneté la rend quelque peu passéiste et poussiéreuse au regard de la réalité d’aujourd’hui.
On est loin de 1987, année de son bicentenaire, où le magazine Time avait calculé que sur les 170 pays qui existaient à cette époque, 160 avaient des textes constitutionnels qui s’en inspiraient directement ou indirectement!
Dans un entretien au New York Times, David Law de l’université Washington de Saint-Louis - qui a réalisé une étude sur le sujet en collaboration avec Mila Versteeg de l’université de Virginie - constate que, «la Constitution des Etats-Unis apparaît avoir perdu son statut de modèle constitutionnel partout dans le monde».
Et il ajoute que depuis le début du XXI° siècle, ce statut s’est encore effrité, si bien qu’en moyenne, «les constitutions des démocraties dans le monde sont moins similaires à la Constitution des Etats-Unis qu’elles ne l’étaient à la fin de la Deuxième guerre mondiale».
Comment en est-on arrivé là? Même si de nombreuses causes peuvent l’expliquer, pour David Law, la principale serait que personne ne veut copier une constitution vieillotte. Ce que confirme la juge de la Cour Suprême, Ruth Bader Ginsburg: «Si je voulais écrire une constitution en 2012, je ne regarderais pas à la Constitution des Etats-Unis»
Et d’affirmer que c’est plutôt la Constitution… d’Afrique du Sud qui pourrait servir de modèle. Ou bien la Convention européenne des Droits de l’Homme ou la Chartre des Droits et des Libertés du Canada. Elle n’est pas la seule à penser que ce dernier texte est devenu la nouvelle référence. Nombre de  juristes partagent ce point de vue car elle est beaucoup plus moderne, en phase avec l’état de la société actuelle.
Cependant, comme le fait remarquer le juge de la Cour Suprême, Anthony Scalia, il y a le texte et l’esprit du texte ainsi que la réalité de la pratique. De nombreuses constitutions sont sans doute plus modernes et plus libérales mais beaucoup ne sont pas appliquées.
Il faut se rappeler, par exemple, que la Constitution stalinienne de l’Union Soviétique était un modèle pour la liberté et les droits des Russes. Ce qui n’a pas empêché Staline d’être responsable de dizaines de millions de morts, notamment de ceux qui mourraient à petit feu dans les camps de concentration mis en place, en son temps, par Lénine, pour «rééduquer» les ennemis du socialisme…
Reste qu’il ne faut pas oublier, non plus, qu’avant de devenir ce texte sacré, la Constitution américaine a été combattue longuement par une grande partie des premiers Etats de la fédération, jaloux de leurs indépendances respectives.
Faut-il rappeler que celle-ci ne fut votée qu’en 1787 soit quatre ans après le Traité de Paris qui reconnaissait l’indépendance des Etats-Unis et six ans après les Articles de la Confédération qui donnait un cadre institutionnel à l’insurrection qui avait déclaré l’indépendance de treize colonies en 1776.
Un délai bien long et beaucoup d’hésitations pour un texte quasi-sacré dont un de ses rédacteurs, Thomas Jefferson disait qu’elle ne durerait pas plus de dix-neuf ans, soit le temps d’une génération! Dans sa bouche, ce n’était pas une critique mais seulement la reconnaissance que le monde évolue et qu’il faut s’y adapter.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 29 mars 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. L’indépendance énergétique des Etats-Unis bientôt retrouvée?


Les Américains produisent de plus en plus de pétrole et de gaz alors qu’ils en consomment de moins en moins. Du coup, ils vont redevenir bientôt, non seulement autosuffisants, mais exportateurs de pétrole et de gaz.
Ils ont réduit leurs importations de pétrole du Golfe persique de 20% en trois ans. Et ils sont déjà exportateurs nets de produits raffinés depuis 2011. Une première depuis soixante-trois ans et la présidence d’Harry Truman!
Merci aux forages en haute mer et à l’extraction de gaz et de pétrole dans des endroits où il était trop difficile et/ou trop coûteux de le faire auparavant. La montée inexorable des prix ces dernières décennies, couplée avec l’innovation technologique permettent désormais d’entre faire un business rentable
Et, aux Etats-Unis, quand un business est rentable, il ne reste pas longtemps sans les entrepreneurs adéquats pour le prendre en main. A côté des compagnies traditionnelles, de nouveaux venus ont profité de l’occasion pour s’enrichir et devenir milliardaire.
Le plus important est que cette manne pourrait permettre au pays de retrouver une forte croissance dans les années à venir. Mais aussi une nouvelle indépendance dans ses choix diplomatiques.
Comme l’explique Michael A. Levi, un expert sur les questions énergétiques et environnementales, au New York Times, «il est évident que les décideurs en matière de politique de sécurité nationale estimeront qu’ils ont plus de flexibilité et verront le monde d’un œil différent si les Etats-Unis importent beaucoup moins de pétrole».
Pour l’homme de la rue, peu de choses ont, pour l’instant, changé. Le prix du gallon d’essence ne cesse d’augmenter, ce qui est une cause nationale dans un pays où celle-ci est absolument incontournable pour se déplacer, de faire ses courses jusqu’à partir en vacances sans oublier aller au travail ou emmener ses enfants à l’école.
Pourtant, tout va dans le sens d’une réduction continue de la consommation. Que ce soit parce que les Américains prennent moins leur voiture ou que leurs habitations sont mieux isolées. Que ce soit parce que, dans les années à venir, l’on fera de plus en plus ses courses sur internet sans se déplacer dans un magasin ou parce que tous les véhicules continueront à être moins gourmands en carburants.
La politique énergétique suivie en matière d’accroissement de la production intérieure a été initiée par George W Bush et continuée par Barack Obama. Une des raisons de ce passage de témoin qui n’avait rien d’évident et qui a été plus aisé que l’on aurait pu le penser, est que l’actuel président a du battre en retraite sur sa volonté de mettre en place une économie «verte», ne parvenant pas à imposer son plan ambitieux d’énergies propres et renouvelables au Congrès pour réduire la pollution mais aussi pour créer des millions d’emplois.
Mais, politiquement, il était aussi et surtout difficile de demander aux Américains de nouveaux sacrifices, particulièrement dans le domaine des prix de l’énergie au moment où ils étaient touchés par les conséquences de la grave crise économique et financière de 2008.
Cela ne veut pas dire que les problèmes environnementaux ont soudainement disparu, loin de là. D’autant que ces nouveaux forages et ces nouvelles techniques d’extraction sont accusés d’être particulièrement polluant et néfaste écologiquement parlant.
Par exemple, l’utilisation de grandes quantités d’eau qui permettent que briser les roches par la méthode du «fracking», où se trouvent emprisonné une partie de l’or noir est très critiquée même si l’industrie pétrolière a déjà fait des progrès en diminuant les volumes prélevés.
Ainsi, s’il n’est plus question de limiter l’exploitation de ces nouveaux gisements, les Etats-Unis seront bien obligé, comme l’explique Jay Hakes qui travailla au Département (ministère) de l’énergie sous la présidence de Bill Clinton, de travailler «en prenant en compte les problèmes environnementaux, ce qui est un défi manifeste».
La transition en être «vieilles» sources d’énergie et nouvelles pourrait donc se réaliser beaucoup plus en douceur. Et l’erreur stratégique à ne surtout pas commettre serait de la remettre à plus tard…

Alexandre Vatimbella
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mercredi 28 mars 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La mort de Trayvon Martin, lycéen noir de dix-sept ans


Si j’avais eu un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin, a dit en substance Barack Obama. Sa réaction à la mort de l’adolescent noir de dix-sept ans, abattu par un homme blanc avec des origines latinos, a été tardive mais forte. Elle s’est placée, à la fois, sur le terrain de l’émotion mais aussi d’une demande de recherche de la vérité à la police et à la justice, non seulement de Floride où s’est déroulé le drame – dans la ville de Sanford -  mais aussi fédérales.
Ce fait divers au relent possible de racisme a aussi mis en lumière les effets néfastes de lois votées ces dernières années dans le Sud et le centre du pays et qui permet à une personne s’estimant en danger chez elle ou dans un endroit familier à faire usage d’une arme à feu pour se défendre.
D’autant que la loi floridienne, baptisée «Stand your ground», a été la première de ce genre. C’est même elle qui a été le modèle de toutes celles adoptées dans les autres Etats. Pour certains spécialistes, elle serait à l’origine de dizaines de morts et, surtout, de l’impunité de nombreux meurtriers qui se retranchent derrière ses dispositions. D’ailleurs, le tireur de Sanford, George Zimmerman, vingt-six ans, a décidé de l’invoquer aussitôt après avoir fait usage de son revolver.
Les faits sont assez banals, malheureusement, même si on pensait que ce genre de situation appartenait plus au passé, à une époque où la Maison blanche accueille son premier président noir.
Trayvon Martin, rentrait chez le père de sa petite amie après une course dans un magasin proche pour regarder le match de Basket des All-Stars. Le lycéen a été alors suivi par George Zimmerman qui s’était autoproclamé depuis longtemps comme vigile volontaire de l’endroit qui est un quartier sécurisé. Pour une raison que l’on ne connait pas, après avoir appelé plusieurs fois la police en prétendant qu’il avait peur, il a tiré sur le jeune homme, le tuant.
Là où les choses sont devenues explosives c’est que la police, arrivée rapidement sur place, n’a pas jugé bon d’arrêter, ni même d’interroger réellement, le tireur, lui donnant immédiatement crédit pour sa version d’autodéfense parce qu’il se sentait menacé, ce qui est une référence à la loi précitée. Zimmerman a même précisé que Martin s’était précipité sur lui et l’avait frappé, un version totalement démentie par la petite amie de Trayvon, alors au téléphone avec lui et qui a entendu le jeune noir dire qu’il était suivi et qu’il avait peur et qu’elle n’a entendu aucun son de bagarre. Elle a indiqué qu’elle avait conseillé au jeune homme de s’enfuir.
Les parents de Trayvon Martin s’est alors indignée devant l’impunité du meurtrier de leur fils et a alerté les autorités et les médias. En même temps, une forte mobilisation s’est faite dans la communauté noire mais aussi dans tout le pays pour dénoncer un crime raciste ce que nie l’avocat de George Zimmerman.
Devant le tollé provoqué, le chef de la police, Billy Lee, qui avait déclaré que la version du tireur semblait évidente, a été écarté de son poste (mais pas renvoyé) et les autorités fédérales ont décidé d’intervenir par le biais d’une loi sur les droits civiques, ce qui a réveillé le gouverneur de la Floride, Rick Scott, qui a décidé de nommer un procureur spécial pour suivre l’affaire.
Le cas de Trayvon Martin pose de nombreuses questions au cœur du vivre ensemble américain. La possession d’armes à feu et la facilité de plus en plus grande accordée pour s’en servir, la relation avec l’autre et la peur de l’inconnu, les problèmes de race avec des communautés qui continuent dans certains endroits à se méfier les unes des autres, la réponse des autorités à ces événements dramatiques qui ne serait pas équitable (que se serait-il passé, demande la communauté noire, si le tireur avait été noir et la victime blanche?).
Suite à la forte pression de la population américaine, des médias et du gouvernement fédéral, George Zimmerman pourrait être accusé d’homicide et arrêté a indiqué le procureur spécial. Un revirement puisque le bureau du procureur avait indiqué récemment qu’il n’y avait pas assez de charges contre le tireur pour lui faire un procès. Entre temps, il faut dire, le procureur en charge du comté où se sont déroulés les faits, Seminole State, a été remplacé par le gouverneur…
Depuis que ce drame est intervenu, le 26 février dernier, il continue à faire les gros titres dans les médias, passionnant de plus en plus les Américains. Et l’affaire semble loin d’être terminée. Surtout que nous sommes dans une année d’élection présidentielle…

Alexandre Vatimbella
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mardi 27 mars 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La loi sur l’assurance santé devant la Cour suprême


La Cour suprême des Etats-Unis va devoir prendre une décision que certains qualifient déjà d’une des plus importantes de son histoire. Elle concerne la loi sur l’assurance maladie promise par Barack Obama lors de sa campagne et votée il y a tout juste deux ans par le Congrès.
Une loi qui a déchaîné les passions entre ceux qui la soutiennent bec et ongle et ceux qui la détestent au plus haut degré. On se rappelle que le mouvement populiste, proche des thèses d’extrême-droite, le Tea Party, a été créé pour s’opposer au «socialisme», au «communisme», au «national-socialisme» qu’est sensée représenter cette loi et son initiateur.
Car les arguments renvoient, non pas à l’économie comme on aurait pu le croire, mais à ce que sont les Etats-Unis et ce qu’ils peuvent devenir.
En effet, la plupart des spécialistes de l’économie de la santé sont d’accord pour dire qu’une loi générale sur l’assurance maladie va faire baisser les coûts astronomiques en la matière dans un pays qui est en tête pour les dépenses de santé.
Elle va permettre de rationaliser un système qui voit ses coûts s’envoler d’années en années tout en permettant d’avoir une population en meilleure santé, ce qui induit une meilleure productivité et un meilleur amortissement de l’investissement de la société sur chacun de ses membres.
Le clivage, le vrai, vient sur ce que représentent les Etats-Unis (même s’il ne faut pas se cacher la face, le lobby des assurances santé joue un grand rôle pour dénoncer cette loi qui rogne ses profits indécents).
Sont-ils la terre de la liberté absolue et de la responsabilité individuelle, auquel cas une loi obligeant les Américains à prendre une assurance viendrait à l’encontre de l’essence même de ce qu’est la nation américaine?
Ou bien sont-ils la terre où chacun peut s’élever socialement tout en bénéficiant de la solidarité de la communauté, auquel cas cette loi ne serait qu’une avancée nouvelle vers une société plus équilibrée et plus mature?
Sans oublier, évidemment, la dimension humaine avec les drames que les médias relatent souvent, de personnes décédées car n’ayant pas pu se faire soigner faute de moyens financiers. Pour les uns, c’est insupportable. Pour les autres, cela fait partie de la vie…
Les audiences de la Cour suprême qui se terminent demain, ont duré plus longtemps que de coutume et ont été plus largement diffusées dans les médias que d’habitude en attendant une décision qui devrait intervenir entre mai et juillet prochains.
Peut-on dire de quel côté va pencher les neuf juges de la Cour suprême. Si l’on se fie à leurs étiquettes politiques (qui reflètent souvent le nom et l’appartenance partisane du président qui les a nommés), il y a quatre conservateurs républicains et quatre progressistes démocrates plus un modéré qui vote plus souvent avec les premiers nommés qu’avec les seconds.
Cependant, d’autres variables interviennent. Une fois nommés, les membres de la Cour sont totalement indépendants dans leurs décisions d’autant qu’ils sont nommés à vie. Une bizarrerie dans une démocratie mais qui a été décidée pour leur donner le plus d’indépendance possible.
Parmi ces variables, il y a la volonté de dire réellement le droit et de bâtir un édifice qui a du sens, notamment de la part du président de la Cour. Celui-ci, John G Roberts, nommé par George W Bush est encore jeune (57 ans), ce qui lui permet d’avoir du temps pour élaborer une doctrine personnelle qui restera dans l’histoire et ne pas apparaître uniquement comme une créature d’un camp politique.
De même, il y a des juges qui sont pour un renforcement de l’Etat fédéral tandis que d’autres sont pour une garantie renforcée de l’autonomie des Etats fédérés. Et cette distinction traverse les attaches partisanes.
Reste que la décision sera hautement politique à quelques mois de la présidentielle. Cependant, de nombreux analystes affirment qu’elle ne jouera pas un rôle déterminant dans le choix du prochain président des Etats-Unis.
Ainsi, si l’économie continue à retrouver de la vigueur, l’annulation partielle ou totale de la loi ne devrait pas causer la défaite de Barack Obama. En revanche, les millions d’Américains qui ne peuvent se payer une assurance santé actuellement seraient, eux, les grands perdants.

Alexandre Vatimbella
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samedi 24 mars 2012

L’état paradoxal du Centre aux Etats-Unis

Le Centre aux Etats-Unis est pluriel comme il est dans la plupart des pays. Si l’on fait la liste des présidents que l’on peut considérer comme centriste, on trouvera, tout autant, des démocrates, comme Lyndon Johnson ou Bill Clinton, et des Républicains, comme Abraham Lincoln ou Theodore Roosevelt. De même, plusieurs partis se revendiquent du Centre, en dehors des franges centristes des partis républicains et démocrates. Citons, par exemple, le Modern Whig Party ou The Centrist Party.
A l’approche des prochaines élections présidentielles et législatives, il est intéressant de noter que, pour certains, la présence centriste au pouvoir est menacée alors que pour d’autres Barack Obama, qui a de bonnes chances d’être réélu, est un pur produit centriste! De même, derrière une phraséologie et une posture de circonstance, le favori à la nomination républicaine pour la présidentielle de novembre, Mitt Romney, est considéré comme fondamentalement centriste.
Reste que beaucoup de parlementaires étiquetés centristes ont été battus ces dernières années, que de nombreux ne parviennent pas à obtenir l’investiture de leurs partis respectifs, que les partis centristes revendiqués sont faibles (la plupart des centristes ayant un mandat électif font partie soit du Parti démocrate, soit du Parti républicain) et que de nombreux élus jettent l’éponge comme la sénatrice républicaine du Maine, Olympia Snow, qui a décidé de ne pas se représenter à la fin de l’année du fait d’un débat politique qui se radicalise (ce qui, soit dit en passant, amenuise les chances des républicains de s’emparer du Sénat).
Quant à Barack Obama, il a été obligé, au moins dans certains discours et sur quelques mesures emblématiques, de donner des gages à l’aile gauche du Parti démocrate ce qui a fait dire à certains qu’il avait délaissé le Centre et sa volonté affirmée depuis son entrée à la Maison blanche de gouverner de manière bipartisane (il avait même voulu le faire de manière «postpartisane» qui consistait à trouver des majorités de circonstance pour chaque vote au-dessus des clivages politiques).
Reste que, fondamentalement, la manière de gouverner et les mesures proposées par l’actuel président des Etats-Unis sont centristes, ce qui continue à faire enrager les «liberals» les plus à gauche de son propre parti.
Néanmoins, devant le blocage politique qui s’est instauré à Washington suite à la volonté des républicains qui dominent la Chambre des représentants de bloquer le plus possible l’action d’un président qu’ils craignent tout autant qu’ils le détestent, des initiatives ont vu le jour afin de créer un troisième parti centriste (c’est-à-dire un parti qui compte puisqu’il existe déjà plusieurs formations qui se revendiquent comme telles) ou de proposer un «ticket» centriste pour la prochaine présidentielle.
C’est le cas, par exemple, d’American Elects, une organisation qui, par le biais d’un site internet, veut faire choisir par la population, un candidat qui se positionnerait au centre de l’échiquier politique. Celui-ci, républicain ou démocrate, s’engageant à prendre comme colistier pour la vice-présidence, une personnalité qui serait de l’autre camp (ainsi, s’il est républicain, l’autre serait automatiquement démocrate et inversement).
Les Américains sont sensibles par de telles initiatives même si elles ont peu de chance de succès tellement la bipolarisation de la vie politique américaine est forte. C’est d’ailleurs pourquoi la quasi-majorité des personnalités politiques crédibles aux yeux des électeurs et se positionnant au centre ou comme centristes se trouvent dans les deux grandes formations.
Ce qu’il va falloir analyser dans les semaines et les mois à venir précédant l’élection présidentielle, c’est le positionnement des deux candidats qui se disputeront la victoire. Car aucun d’entre eux ne pourra gagner s’il ne parvient pas à séduire les «independents», ces électeurs qui affirment n’être ni démocrates, ni républicains. Nombre d’entre eux ne sont pas pour autant centristes mais beaucoup le sont. Et tous les présidents élus depuis des décennies ont du les convaincre pour pouvoir accéder à la Maison blanche.
Pour l’instant, Barack Obama est celui qui a le plus de chance de pouvoir récupérer leurs voix. Mitt Romney qui a renié toutes ses positions de modéré afin d’être capable de remporter les primaires républicaines très à droite et de contrer ses adversaires dont certains, comme Rick Santorum, flirtent avec les positions d’extrême-droite quand ils n’en sont pas les principaux défenseurs, a perdu une grande part de sa crédibilité aux yeux de ces électeurs indépendants.
Mais, comme le disent les analystes politiques américains, après la fin des primaires républicaines et la désignation du candidat, une autre phase électorale commencera. Non pas qu’elle partira de zéro mais elle concernera deux hommes face à la situation du pays et le choix se fera sur celui le plus capable de gouverner et de résoudre les problèmes actuels, notamment économiques.
De même, Mitt Romney reviendra vers le centre de l’échiquier politique et même si ses multiples reniements l’handicaperont et ont choqué beaucoup de gens, ces derniers savent, quelque part, qu’il demeure un modéré sur de nombreux points. Cependant, son gros problème (qui n’est pas celui d’Obama) sera de garder le soutien des électeurs républicains les plus à droite tout en tentant de récupérer le vote de ceux qui se situent au centre. Un grand écart qui sera extrêmement difficile pour l’ancien gouverneur du Massachussetts.
Une des grandes inconnues sera alors de savoir avec quel Congrès le vainqueur de la présidentielle devra gouverner. Que ce soit avec une majorité démocrate ou républicaine, il est probable que le nouveau président se trouvera face à des élus moins modérés qu’auparavant et moins enclins au fameux compromis qui a permis au gouvernement de fonctionner pendant des lustres sur le mode du consensus.
De ce point de vue, il est paradoxal de voir que, dans toutes les enquêtes d’opinion, la majorité des Américains plébiscitent une vision bipartisane pour gouverner le pays alors que le personnel politique qu’ils vont élire en sera bien éloigné…
Une des raisons de ce hiatus de plus en plus grand entre la volonté de la majorité de la population et de ses élus, vient du redécoupage politicien des circonscriptions électorales. Pour des européens cartésiens, il nous est souvent difficile de voir qu’une circonscription américaine peut être constitués par plusieurs morceaux de territoire qui ne se touchent même pas et dont la seule légitimité est de garantir à un parti de la garder pour lui quasiment éternellement (même s’il ne faut pas oublier que certains redécoupages avaient des buts plus nobles comme garantir la représentation des minorités).
Malheureusement, cette pratique de plus en plus courante et appelée «gerrymandering» (charcutage électoral) mais aussi de plus en plus critiquée par les médias et la population, produira le même effet: un rejet du monde politique national, ce «Big Government» de Washington, plus préoccupé de ses prébendes que du bien-être des Américains qui est toujours au cœur des discours enflammés des candidats à la présidentielle qui affirment tous qu’ils sont les candidats «antisystème», même les sortants en quête de réelection!

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 16 mars 2012

Elections présidentielles 2012. Républicains divisés, économie en meilleure forme, extrémistes de droite inquiétants, le centriste Obama a-t-il déjà gagné?

Barack Obama a vu son horizon politique largement se dégager depuis le début de l’année. Même s’il n’a jamais été en perdition dans les sondages, le président américain connaissait des problèmes de crédibilité (et non de popularité) dues en large partie aux difficultés économiques, en particulier sur le front de l’emploi avec un chômage qui ne voulait pas baisser.
L’économie va nettement mieux, le pays crée de nombreux emplois (même si le taux de chômage demeure à un niveau élevé). De plus, les républicains, dont les candidats aux primaires offrent déjà au pays un spectacle affligeant de division, et leur frange la plus extrémiste et obscurantiste est en train d’offrir la présidence sur un plateau à leur pire ennemi, celui qu’ils rêvent pourtant de faire un «one-term-president», le président d’un seul mandat.
Ainsi, les stratèges du Parti républicain avaient axé toutes leurs attaques sur les faiblesses de l’économie, relayés en cela par une Chambre des représentants dominées par leurs élus qui attaquait sans cesse le président pour son bilan dans ce domaine tout en torpillant toutes les mesures qu’il pouvait prendre pour améliorer la situation.
Mais c’était sans compter sur ces républicains intégristes et ultras, regroupés pour nombre d’entre eux dans le mouvement du Tea Party, qui ont toujours prôné un «retour aux valeurs» (les leurs évidemment!) en affirmant qu’ils préféraient perdre une élection au nom de la pureté de leur combat.
Grâce à eux, à leur volonté de mener sans relâche la «guerre des cultures» chère à Barry Goldwater et Ronald Reagan et à leur prosélytisme en la matière, le Parti républicain commence à se mettre à dos un nombre de plus en plus importants d’Américains modérés, qu’ils soient démocrates évidemment, qu’ils soient «independents» mais aussi qu’ils soient républicains, ce qui est beaucoup plus préoccupant en vue de l’élection de novembre prochain…
Ainsi, la charge contre la pilule contraceptive de Rush Limbaugh, couplée avec les insultes que l’icône radiophonique de tous les réactionnaires a proférées contre une jeune fille qui faisait la promotion de la contraception sur son campus universitaire, a déjà aliéné un nombre considérable d’independents mais aussi de femmes au futur candidat républicain.
D’autant que Mitt Romney et Rick Santorum, les deux favoris des primaires républicaines, au lieu de se distancier de ces attaques insultantes et imbéciles ont campé sur des positions conservatrices tout en essayant de porter le débat sur le terrain économique (le remboursement de la pilule) et du libre-arbitre (chacun a le droit de penser ce qu’il veut de la contraception et d’agir en conséquence), sans succès. Autant dire, du pain béni pour Barack Obama!

Néanmoins, rien n’est jamais gagné d’avance. L’augmentation rapide et continue du prix de l’essence qui atteint, pour les Américains, des sommets inacceptables l’a rappelé à Barack Obama. Ainsi, celle-ci a fait chuter son taux d’approbation mensuel au même moment où, ironie de l’Histoire, les Etats-Unis redeviennent, grâce aux gisements du pétrole de schiste, exportateurs d’or noir!
Un Barack Obama qui raconte sa présidence en dix-sept minutes ou, plus exactement, 16 minutes et cinquante-quatre secondes, la durée du clip mis en ligne hier par son équipe de campagne et qui présente les grandes heures de ses quatre années de présidence.
Une histoire qui commence par la grande crise financière de 2008 et la quasi-faillite de l’industrie automobile et qui se termine avec l’annonce que General Motors est redevenu le premier constructeur mondial de voitures et va construire dix-sept usines dans les années à venir.
Dans l’intervalle, il y aura eu la loi sur l’assurance santé, le retrait des troupes d’Irak, la nomination de deux femmes à la Cour Suprême, l’élimination de Ben Laden, la création de plusieurs millions d’emplois, la loi sur l’égalité des salaires hommes-femmes et quelques autres moments emblématiques de la présidence Obama.
Cette vidéo de qualité (au-delà de son côté partisan) est visible sur le site barackobama.com (http://www.barackobama.com).

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 9 mars 2012

Les Etats-Unis continuent à créer de nombreux emplois

Selon de Labor Department (le ministère du travail), l’économie américaine a créé au mois de février 227.000 emplois, ce qui en fait le troisième mois consécutif au-dessous de 200.000 créations nettes. Et les statistiques des deux mois précédents ont même été revues à la hausse en nombre d’emplois créés.
De son côté, le taux de chômage est demeuré à 8,3% (une raison en étant que de nombreuses personnes se sont remises à chercher du travail avec l’embellie économique).
Mais ce n’est pas la seule bonne nouvelle pour les Etats-Unis puisque le taux de confiance des consommateurs américains est aussi en hausse et que les entreprises prévoient de continuer à embaucher des salariés cette année. Sans oublier une croissance solide du secteur industriel.
Bien entendu, tout cela permet à Barack Obama d’engranger de la satisfaction auprès des Américains à quelques mois de la présidentielle de novembre et au moment où les républicains se chamaillent lors de leurs primaires sur des questions culturelles et de mœurs qui ne sont guère la préoccupation première de la population.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 7 mars 2012

Elections présidentielles 2012. Romney, petit vainqueur du «Super Tuesday», a encore un long chemin à faire avant de se confronter à Obama

Personne ne semble l’aimer. Même dans son propre parti où il n’inspire ni confiance, ni adhésion. Et, pourtant, Mitt Romney, le modéré sans éclat, se trouve toujours en tête des primaires républicaines. Il vient même de consolider sa position de favori pour l’investiture et être l’heureux élu qui affrontera Barack Obama en novembre prochain.
L’ancien gouverneur du Massachussetts vient ainsi de remporter plusieurs primaires dont six des dix organisées hier soir lors du fameux «Super Tuesday» et, notamment, celle de l’Ohio. Celle-ci n’est certes pas la plus importante en terme de nombre de délégués mais est symbolique. Aucun candidat républicain n’a pu gagner l’investiture du parti puis la présidentielle sans l’avoir remportée. Reste qu’il ne l’a emporté qu’avec 38% des votes contre 37% à Rick Santorum, son adversaire le plus dangereux.
Ce dernier n’a pas dit son dernier mot puisqu’il remporte trois primaires (tandis que Newt Gingrich en remporte une, celle de Géorgie, son Etat natal et Ron Paul, le libertarien, aucune). Le catholique fondamentaliste, aux thèses réactionnaires et aux discours mensongers, a, aussitôt les résultats connus, déclaré qu’il allait continuer le combat (tout comme Gingrich et Paul), en particulier dans les Etats du Sud profond qui devraient lui être favorable. Car actuellement et arithmétiquement parlent, Mitt Romney ne peut compter que sur moins de 380 délégués alors qu’il lui en faut 1.144 au minimum pour être désigné candidat officiel (Santorum est autour de 150, Gingrich de 90 et Paul de 60).
Cette situation incertaine est très dangereuse pour le Parti républicain qui joue peut-être sa survie ou, tout au moins, sa capacité à remporter la présidentielle pour les années à venir.
D’une part, parce que, contrairement à ce qui s’était passé il y a quatre ans lors de la bataille à rallonge des primaires démocrates où Barack Obama et Hillary Clinton s’étaient affrontés durement, les candidats républicains ne font pas la chasse aux électeurs modérés (les «independents), essentiels pour remporter une élection présidentielle, mais aux électeurs d’extrême-droite qui sont essentiels pour remporter l’investiture de leur parti mais qui devraient être ensuite des boulets qui pourraient les empêcher de gagner en novembre.
Car celui qui sera investi devra, dès sa nomination, changer complètement son fusil d’épaule pour séduire ces «independents» qui sont d’ores et déjà très méfiants face à la surenchère extrémiste des candidats républicains, tout en ne perdant pas les électeurs très à droite qui pourraient, dès lors, se sentir trahis! Cela semble être mission plus qu’impossible…
D’autant plus que, plus cette bataille pour les primaires va continuer, plus les candidats vont s’affronter durement à coups de campagnes de pub négatives et de discours agressifs, voire insultants, qui ne seront pas aisés à gommer après la convention républicaine pour afficher une unité, même de façade, du parti comme cela avait été possible entre Obama et Clinton qui étaient très proches politiquement.
Beaucoup d’Américains – dont des républicains- estiment qu’il existe un grand risque que le parti implose. Et nombreux sont ceux qui l’espère afin de reconstruire quelque chose de solide ensuite que ce soit à droite ou au centre-droit.
Cependant, cette idée d’un parti au bord de la disparition n’est pas nouvelle. En 1976, lors de l’affrontement entre le «centriste» Gérald Ford et l’«extrémiste» Ronald Reagan, la même image d’un parti divisé et au bord de l’implosion était véhiculée et certains analystes politiques prédisaient la disparition du Parti républicain. A la place, Ronald Reagan remporta l’élection quatre ans plus tard ouvrant une ère dominée par les idées conservatrices jusqu’à aujourd’hui malgré l’élection de trois centristes, George Bush père, Bill Clinton et Barack Obama.
Reste que l’intrusion du Tea Party dans les rangs républicains est une menace sérieuse d’autant que ceux qui en sont à la tête veulent réellement s’accaparer le parti fondé par Lincoln pour en faire une formation ultraconservatrice et basée sur une idéologie réactionnaire et dogmatique, même au prix d’être capable de gagner les grandes élections «pureté» oblige.
En outre, leur haine de l’étranger et des immigrants, notamment les Latinos, aboutit à décaler le Parti républicain de la réalité sociologique et donc électorale des Etats-Unis. La conséquence pourrait être l’impossibilité, dans les décennies à venir, pour une formation aussi ancrée dans le conservatisme droitier, d’accéder au pouvoir.
Face au Tea Party, les centristes républicains sont de moins en moins nombreux, dégoûtés par les thèses défendues ou marginalisés par les activistes d’extrême-droite. Une des dernières (qui, néanmoins, avait du se radicaliser ces quatre dernières années), Olympia Snow, sénatrice du Maine, a décidé de jeter l’éponge et de ne pas se présenter en novembre prochain pour un nouveau mandat, indiquant que la polarisation au Congrès rendait son combat politique impossible.

Les centristes sont donc plus nombreux au Parti démocrate et l’un des leurs est à la présidence. Cependant, leur position n’est pas aussi facile que cela car ils sont combattus durement par la gauche du Parti démocrate. C’est pourquoi des initiatives sont prises depuis quelques années pour créer un véritable pôle centriste aux Etats-Unis, plus ou moins indépendant des deux grands partis. Ce fut le cas avec la création de Third way mais le mouvement demeure plus un think tank qu’une formation politique.
Les mouvements No Labels ou American Elects qui viennent de se créer tentent à leur tour de casser la bipolarisation de la vie politique américaine. Ainsi, American Elects souhaite présenter un «ticket» en novembre prochain désigné par les internautes et où l’on trouverait obligatoirement un démocrate et un républicain. Cette initiative est intéressante mais ne sera sans doute pas autre chose qu’un simple témoignage des modérés face à la forte radicalisation du Parti républicain et à un raidissement du Parti démocrate, deux attitudes qui ne peuvent être mises sur le même plan et qui constitue la grande faiblesse des deux mouvements précités. Mais elle sera la bienvenue dans la population américaine qui, majoritairement, attend des solutions bipartisanes, du genre de celles que Barack Obama voulaient mettre en place mais qui ont été combattues constamment par les républicains au Congrès, notamment à la Chambre des représentants où ils sont majoritaires depuis les élections de mi-mandat de novembre 2010.

Il faudra bien pourtant si le Parti républicain devient une formation de la droite extrême et si le Parti démocrate se «libéralise» que se crée un espace pour accueillir les centristes. Ceux-ci existent depuis l’indépendance du pays et leurs représentants les plus illustres ont été parmi les plus grands présidents du pays. Il suffit de citer les noms de George Washington, d’Abraham Lincoln, de Theodore Roosevelt ou de Lyndon Johnson. Sans oublier Harry Truman, Dwight Eisenhower, Jimmy Carter mais aussi Bill Clinton et Barack Obama, deux présidents qui ont régénéré le Centre pour en faire une pensée du XXI° siècle.

Alexandre Vatimbella
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vendredi 2 mars 2012

Ben Bernanke raisonnablement optimiste pour l’économie américaine

Le président de la Fed (le Réserve fédérale américaine) a dressé, devant la Chambre des représentants, le tableau actuel de l’économie américaine d’où il ressort que celle-ci va mieux, notamment en matière d’emploi ou de production industrielle, mais que les prévisions de croissance du PIB pour 2012 ne permettaient pas de se montrer exagérément optimiste.
Ben Bernanke a estimé que la baisse du chômage avait été plus rapide que ce qui était escompté. En revanche, le chômage de longue durée est demeuré à un niveau élevé, tout comme les emplois à temps partiels. Seule une croissance plus forte (il estime celle de cette année aux environs de 2,25%) pourra inverser cette dernière tendance.
Pour ce qui est des différents secteurs économiques, Ben Bernanke s’est félicité d’une hausse de la production manufacturière mais s’est montré moins optimiste sur les exportations du fait des difficultés mondiales (notamment dans les pays européens) ainsi que sur le marché immobilier.
Pour ne pas contrecarrer cette reprise de l’activité, la Fed ne bougera pas ses taux d’intérêts extrêmement bas au moins jusqu’à la fin de 2014.
Nicolo Morfino
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