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mercredi 28 mars 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La mort de Trayvon Martin, lycéen noir de dix-sept ans


Si j’avais eu un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin, a dit en substance Barack Obama. Sa réaction à la mort de l’adolescent noir de dix-sept ans, abattu par un homme blanc avec des origines latinos, a été tardive mais forte. Elle s’est placée, à la fois, sur le terrain de l’émotion mais aussi d’une demande de recherche de la vérité à la police et à la justice, non seulement de Floride où s’est déroulé le drame – dans la ville de Sanford -  mais aussi fédérales.
Ce fait divers au relent possible de racisme a aussi mis en lumière les effets néfastes de lois votées ces dernières années dans le Sud et le centre du pays et qui permet à une personne s’estimant en danger chez elle ou dans un endroit familier à faire usage d’une arme à feu pour se défendre.
D’autant que la loi floridienne, baptisée «Stand your ground», a été la première de ce genre. C’est même elle qui a été le modèle de toutes celles adoptées dans les autres Etats. Pour certains spécialistes, elle serait à l’origine de dizaines de morts et, surtout, de l’impunité de nombreux meurtriers qui se retranchent derrière ses dispositions. D’ailleurs, le tireur de Sanford, George Zimmerman, vingt-six ans, a décidé de l’invoquer aussitôt après avoir fait usage de son revolver.
Les faits sont assez banals, malheureusement, même si on pensait que ce genre de situation appartenait plus au passé, à une époque où la Maison blanche accueille son premier président noir.
Trayvon Martin, rentrait chez le père de sa petite amie après une course dans un magasin proche pour regarder le match de Basket des All-Stars. Le lycéen a été alors suivi par George Zimmerman qui s’était autoproclamé depuis longtemps comme vigile volontaire de l’endroit qui est un quartier sécurisé. Pour une raison que l’on ne connait pas, après avoir appelé plusieurs fois la police en prétendant qu’il avait peur, il a tiré sur le jeune homme, le tuant.
Là où les choses sont devenues explosives c’est que la police, arrivée rapidement sur place, n’a pas jugé bon d’arrêter, ni même d’interroger réellement, le tireur, lui donnant immédiatement crédit pour sa version d’autodéfense parce qu’il se sentait menacé, ce qui est une référence à la loi précitée. Zimmerman a même précisé que Martin s’était précipité sur lui et l’avait frappé, un version totalement démentie par la petite amie de Trayvon, alors au téléphone avec lui et qui a entendu le jeune noir dire qu’il était suivi et qu’il avait peur et qu’elle n’a entendu aucun son de bagarre. Elle a indiqué qu’elle avait conseillé au jeune homme de s’enfuir.
Les parents de Trayvon Martin s’est alors indignée devant l’impunité du meurtrier de leur fils et a alerté les autorités et les médias. En même temps, une forte mobilisation s’est faite dans la communauté noire mais aussi dans tout le pays pour dénoncer un crime raciste ce que nie l’avocat de George Zimmerman.
Devant le tollé provoqué, le chef de la police, Billy Lee, qui avait déclaré que la version du tireur semblait évidente, a été écarté de son poste (mais pas renvoyé) et les autorités fédérales ont décidé d’intervenir par le biais d’une loi sur les droits civiques, ce qui a réveillé le gouverneur de la Floride, Rick Scott, qui a décidé de nommer un procureur spécial pour suivre l’affaire.
Le cas de Trayvon Martin pose de nombreuses questions au cœur du vivre ensemble américain. La possession d’armes à feu et la facilité de plus en plus grande accordée pour s’en servir, la relation avec l’autre et la peur de l’inconnu, les problèmes de race avec des communautés qui continuent dans certains endroits à se méfier les unes des autres, la réponse des autorités à ces événements dramatiques qui ne serait pas équitable (que se serait-il passé, demande la communauté noire, si le tireur avait été noir et la victime blanche?).
Suite à la forte pression de la population américaine, des médias et du gouvernement fédéral, George Zimmerman pourrait être accusé d’homicide et arrêté a indiqué le procureur spécial. Un revirement puisque le bureau du procureur avait indiqué récemment qu’il n’y avait pas assez de charges contre le tireur pour lui faire un procès. Entre temps, il faut dire, le procureur en charge du comté où se sont déroulés les faits, Seminole State, a été remplacé par le gouverneur…
Depuis que ce drame est intervenu, le 26 février dernier, il continue à faire les gros titres dans les médias, passionnant de plus en plus les Américains. Et l’affaire semble loin d’être terminée. Surtout que nous sommes dans une année d’élection présidentielle…

Alexandre Vatimbella
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