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mardi 17 avril 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Les Américains n’en finiront jamais avec Darwin!

Charles Darwin avait beau être britannique, il hante l’Amérique depuis la publication de sa théorie de l’évolution en 1859 où elle continue à empoisonner la sphère politique, alimentant le débat politique avec ses opposants déterminés, ses défenseurs zélés et ses adeptes iconoclastes qui en ont détourné le sens pour l’appliquer à la société humaine.
Ces derniers jours, les écrits du naturaliste anglais ont encore fait l’actualité.
Pendant qu’une nouvelle offensive de la droite religieuse extrémiste, avec l’aide du gouverneur de l’Etat, se déroule dans le Tennessee afin d’imposer l’enseignement à l’école de la théorie néo-créationniste de l’«intelligent design» pour contrer la théorie de l’évolution au motif qu’il faut permettre aux écoliers d’entendre tous les arguments scientifiques sur le sujet, le président Barack Obama, de son côté, a accusé les républicains du Congrès d’être des «darwinistes sociaux», étant contre toute aide aux plus pauvres et à la classe moyenne, préférant les plus riches, en référence à la théorie popularisée notamment par Hebert Spencer au XIX° siècle et qui fut un contemporain de Darwin.
Explications pour les néophytes.
Le créationnisme est la théorie selon laquelle ce monde et tout ce qui s’y trouve a été créé uniquement par Dieu et grâce à sa volonté. Exit le processus d’évolution qui est l’ennemi juré du créationnisme. Interdit d’enseignement scolaire, au nom de la séparation de l’église et de l’Etat (qui, rappelons-le, est un des fondements constitutionnel de la société américaine), cette vision du monde est réapparue par la petite porte grâce à des activistes religieux sous la forme de la théorie du «dessein intelligent» (intelligent design).
Celle-ci explique, en termes scientifiques, que seule une intelligence supérieure a pu créer un monde aussi complexe. Ses détracteurs affirment qu’elle n’est que le Cheval de Troie du créationnisme et que sa démonstration a plus à voir avec le charlatanisme qu’avec la science.
Depuis son invention, le «dessein intelligent» est enseigné dans le système scolaire de plusieurs Etats (rappelons que l’éducation est une prérogative locale et non fédérale) comme une explication «scientifique» alternative à la théorie de l’évolution de Darwin. Il s’agit, selon les autorités qui l’ont introduit dans les écoles, de permettre aux élèves de réfléchir et de se faire leur propre opinion en la matière.
L’hypothèse développée par la théorie du «dessein intelligent» est que l’on peut mieux expliquer certaines observations de l’univers mais aussi du monde du vivant en supposant une cause intelligente (une volonté de création) et non par un processus naturel (et donc sans qu’aucune force surnaturelle n’intervienne) de sélection.
Une majorité d’Américains, selon les sondages, n’est pas opposée à ce que l’on enseigne cette théorie. Pour autant, ils sont majoritairement convaincus de la justesse de la théorie de l’évolution de Darwin…
A noter que si, depuis 1987, la Cour Suprême a estimé que le créationnisme ne pouvait être enseigné dans les écoles publiques, ce n’est pas la même chose pour le dessein intelligent qui ne fait pas, à proprement parler, du prosélytisme religieux. Même si des tribunaux fédéraux ont déjà estimé qu’il n’était pas un argument scientifique et ne pouvait donc être enseigné comme tel.
Quant au Darwinisme social (rejeté par Darwin lui-même, précisons-le), il s’agit d’une idéologie qui prétend que la lutte pour la vie entre les hommes est l’état naturel des relations sociales.
Ainsi, les conflits qui en sont issus permettent à la société et à l’être humain de progresser. Il convient donc de supprimer tout ce qui peut faire obstacle à cette sélection naturelle – à cette «survie des plus aptes» («survival of the fittest») - dont la protection sociale, les aides aux plus pauvres dont même la charité.
Le chantre le plus connu de cette théorie est l’anglais Herbert Spencer qui a connu un grand succès aux Etats-Unis. Il a notamment écrit que «toute protection artificielle des faibles est un handicap pour le groupe social auquel ils appartiennent, dans la mesure où cette protection a pour effet (...) de le mettre en position d'infériorité face aux groupes sociaux rivaux.»
Alexandre Vatimbella
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