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mercredi 30 mai 2012

Elections présidentielles 2012. Donald Trump, le trublion narcissique, nouvelle épine dans le pied de Mitt Romney

Exister médiatiquement à tout prix a toujours été le désir le plus cher et sans bornes du milliardaire américain Donald Trump.
Après avoir fait fortune dans l’immobilier et être une star médiatique avec son émission qu’il anime lui-même, The Apprentice, une compétition qui oppose de futurs chefs d’entreprise (les éliminés le sont par la fameuse phrase prononcée en direct par le milliardaire, «you’re fired», «vous êtes viré»), le promoteur-animateur newyorkais a voulu se lancer dans la politique pour devenir le prochain président des Etats-Unis.
Mais, tout ce qu’il a récolté a été un flop retentissant lors des primaires républicaines où il a du jeter l’éponge rapidement au même titre que les Hermain Cain ou les Rick Perry.
Une des raisons pour lesquelles sa candidature s’est effondrée a été son obsession pour la thèse de ceux que l’on appelle les «birthers» qui affirment que Barack Obama n’est pas né aux Etats-Unis et ne pourrait donc pas être légalement président du pays.
Peu importe que l’on ait publié l’acte de naissance officielle d’Obama authentifié par l’Etat d’Hawaï, Donald Trump n’en démord pas.
Et il en a encore remis une couche hier soir sur CNN quand Wolf Blitzer, un des journalistes vedettes de la chaîne d’information en continu, lui a demandé s’il était vraiment et sérieusement convaincu de cette ânerie en lui montrant, dans le même temps, la publication dans les exemplaires des deux quotidiens d’Hawaï datés du 4 août 1961, de l’annonce la naissance de Barack Obama.
Sans rire, il a répondu qu’il s’agissait d’une manipulation qui avait eu pour but de faire croire qu’Obama était américain afin qu’il bénéficie de tous les avantages que lui donneraient cette nationalité.
Une falsification pratiquée par beaucoup a-t-il renchéri.
Et quand Wolf Blitzer lui a demandé de citer d’autres cas, Trump en a bien été incapable…
Ce genre de déclarations et de comportements affligeants d’un homme voulant maladivement accaparer l’attention et qui est, de plus, terriblement amer d’avoir été disqualifié avant même le départ de la primaire pour ses bêtises, n’auraient que peu d’intérêt autre que de donner du grain à moudre pour les chroniqueurs people des médias si Donald Trump ne venait pas de s’afficher en compagnie de Mitt Romney, le candidat des républicains en novembre prochain pour l’élection présidentielle (il vient de remporter la primaire du Texas avec 71% des voix, ce qui lui donne officiellement le nombre de délégués suffisants pour être nommé).
Car Romney a toujours indiqué que, pour lui, la thèse des birthers étaient une idiotie et que, bien évidemment, Barack Obama était né aux Etats-Unis.
Oui, mais voilà, Trump est très riche et connaît beaucoup de gens riches comme lui.
Et il organisait à Las Vegas une soirée de récolte de fonds pour Romney qui est apparu à ses côtés sur l’estrade de la salle où se déroulait cette collecte qui devait rapporter, il est vrai, deux millions de dollars...
Du coup, le voilà renvoyé une nouvelle fois du côté des durs et des haineux du Parti républicain alors qu’il tente par tous les moyens de montrer qu’il est un homme d’ouverture, de consensus et de tolérance.
Pour certains commentateurs, Romney a commis une erreur d’autant qu’il peut bien se passer de cet argent qui va avec la proximité d’un homme controversé, s’il en est.
Pour sa défense, le désormais candidat républicain a déclaré qu’il n’était pas toujours d’accord avec tout ce que disaient ses supporters.
Une explication bien légère mais relayée par Newt Gingrich, l’ancien speaker républicain à la Chambre des représentants et candidat malheureux face à Romney lors des primaires, qui est venu au secours de celui qu’il combattait encore il y a peu avec la plus grande énergie.
Reste que Trump dans les pattes de Romney est une bonne nouvelle pour la campagne d’Obama!

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 25 mai 2012

Elections présidentielles 2012. Mitt Romney tente de s’accaparer un Bill Clinton… soutien sans faille de Barack Obama!

Le temps du recentrage est venu pour Mitt Romney s’il veut avoir une chance de remporter les élections présidentielles américaines du 6 novembre prochain.
Le candidat républicain qui sera intronisé dans quelques semaines lors de la convention de son parti en Floride a ses chances puisqu’il fait jeu égal dans les sondages actuellement et, surtout, qu’il est considéré comme plus crédible sur l’économie que son adversaire démocrate, le président sortant, Barack Obama.
Bien sûr, des sondages aussi éloignés du vote ne signifient pas autre chose qu’une photographie à un moment donné (le dernier en date donnant Obama vainqueur de peu), d’autant que ce moment vient alors que Romney est sous le feu de l’actualité après sa nomination de fait comme candidat officiel des républicains, ce qui lui donne automatiquement un coup de pouce dans les enquêtes d’opinion, coup de pouce qui ne dure généralement pas.
Et puis, pour avoir vraiment des chances de devenir les 45° président des Etats-Unis, il va devoir séduire deux électorats essentiels: les femmes et les «independents» modérés et centristes.
En ce qui concerne l’électorat féminin, Mitt Romney va avoir une tâche rude depuis qu’il a fait sienne les positions les plus rétrogrades des républicains de la droite extrême sur la contraception et sur le droit de disposer de son corps (en particulier sur l’avortement) sans oublier sur le rôle de la femme dans la société (son épouse n’a jamais travaillé même si elle a élevé ses cinq enfants).
Pour l’instant, il accuse un sérieux retard quant aux intentions de vote des femmes.
En ce qui concerne les «independents», ceux qui déclarent être proches ni des démocrates, ni des républicains, Mitt Romney va devoir séduire la frange qui se déclare modérée et centriste.
Là aussi, il part avec le handicap de toutes ses déclarations récentes lors des primaires de son parti où il a du droitiser, parfois jusqu’à la caricature, son discours afin de séduire l’électorat le plus conservateur, le plus à droite et le plus réactionnaire qui est surreprésenté parmi les électeurs qui prennent part à la désignation du candidat républicain.
Ici, sa tâche semble plus aisée puisque Mitt Romney, avant ce virage à 380°, était considéré comme un modéré proche du centre de l’échiquier politique.
Son mandat de gouverneur de l’Etat du Massachussetts plaide, en partie, pour ce positionnement modéré même si de nombreuses voix se sont fait entendre récemment, rappelant quelques mesures peu consensuelles prises par Romney alors.
De plus, le mot «Massachussetts» est étrangement absent des discours de Romney…
Toujours est-il qu’il a pris le taureau par les cornes et qu’il tente actuellement ce difficile exercice d’équilibriste qui consiste à affirmer qu’il garde le cap du conservatisme dur tout en faisant des clins d’œil appuyés à l’électorat modéré.
En témoigne ses dernière déclarations affirmant que tous les lycéens doivent pouvoir entrer à l’université de leur choix et de leurs capacités en faisant en sorte que les bourses d’étude soient bien distribuées et assez nombreuses.
Une de ses autres approches consiste à essayer de séduire les «independents» mais aussi ces électeurs démocrates ouvriers et employés qui ont voté pour Bill Clinton lors de ses deux mandats à la Maison blanche et pour Hillary Clinton lors des primaires démocrates de 2008 et qui ont peu d’atomes crochus avec Obama.
Pour cela, il s’appuie sur les résultats de Bill Clinton alors que celui-ci est un soutien sans faille de Barack Obama!
Evidemment, cette approche est validée part les politologues du Parti républicain alors que ceux du Parti démocrate n’y voient qu’un stratagème un peu grossier.
En tout cas, tout cela n’a pas échappé à Bill Clinton qui a répondu à Romney en utilisant la fameuse gaffe d’un de ses conseillers.
Ce dernier avait utilisé le Télécran (Etch a Sketch en anglais), cet écran de sable inventé par le Français André Cassagnes où l’on peut dessiner grâce à deux boutons puis effacer sa création pour en recommencer une autre pour qualifier la stratégie électorale de son patron.
Eric Fehrnstrom, c’est son nom, avait ainsi déclaré qu’une fois la nomination républicaine dans la poche, Mitt Romney effacerait tout ce qu’il avait dit lors des primaires et que ce serait un nouveau départ pour sa campagne (sous-entendu, il montrera alors son vrai visage de modéré).
Cette déclaration avait évidemment provoqué l’ire de ses adversaires républicains lors de ces primaires qui y voyaient la preuve que le discours radical adopté par ce dernier n’était qu’un simulacre.
Une manière de dire, pour Bill Clinton, que l’on ne peut évidemment pas prêter crédit aux propos de l’ancien gouverneur du Massachussetts, que ce soit dans un sens ou dans l’autre…

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 20 mai 2012

Pour le G8, «priorité» à la croissance

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, hôte du G8 à Camp David l’a affirmé après la réunion de samedi, «la croissance est la priorité» de ses membres (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande Bretagne, Italie, Russie et Union européenne) a-t-il ainsi déclaré.
Le communiqué final du G8 est du même acabit: «Notre impératif est d'encourager la croissance et les emplois. (…) Nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer et revigorer nos économies».
Ainsi les Etats-Unis ont enfin pu faire partager leur désir de longue date de voir leurs partenaires européens ne plus penser uniquement en termes de rigueur et d’austérité mais aussi de relance de l’économie afin de retrouver de la croissance.
L’Administration Obama a fait d’un retour de la croissance son cheval de bataille, à la fois, pour les Etats-Unis mais aussi pour les pays avancés car elle sait qu’une atonie de celle-ci dans les pays avancés serait une menace pour la reprise économique américaine qui se manifeste depuis le début de l’année mais qui demeure encore fragile.
L’arrivée au pouvoir de François Hollande en France a été, de ce point de vue, une très bonne nouvelle pour Barack Obama puisque la campagne présidentielle du candidat socialiste avait été placée sous l’impératif de refaire de la croissance tout en maîtrisant les dépenses publiques.
A noter, tout de même que le communiqué final indique qu’aucune action commune n’est prévue entre les membres du G8, chaque pays ayant ses spécificités.
Par ailleurs, le G8 a rappelé sa volonté que la Grèce demeure dans une zone euro dont ils ont souligné l’importance qu’elle soit «forte et unie».
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

Elections présidentielles 2012. Le bide d’Americans Elect pour lancer la candidature d’un «troisième homme» centriste

La recherche d’un «troisième» candidat qui serait mi-républicain, mi-démocrate, une sorte de centriste ouvert culturellement et rigoureux économiquement, n’est pas nouvelle aux Etats-Unis.
A chaque élection, cette quête agite les milieux politiques et médiatiques.
Souvent, des individus ou des groupes d’individus essaient de susciter un mouvement dans ce sens ou créent une structure pour supporter une telle candidature.
Ce fut le cas en 2008 avec «Unity’08ers» qui souhaitait promouvoir un candidat modéré entre Barack Obama et John Mc Cain.
C’est le cas en cette année 2012 avec «Americans Elect» qui avait pour but de faire désigner ce fameux candidat centriste par les Américains eux-mêmes via le web.
Mais cette nouveauté politico-technologique n’a pas eu le succès escompté.
Les promoteurs de cette organisation qui avaient reçu des subsides conséquents de plusieurs riches donateurs viennent d’avouer que leur entreprise battait de l’aile et qu’ils jetaient l’éponge, au moins pour l’élection présidentielle.
Dans un communiqué publié sur leur site internet, ils expliquent qu’«aucun candidat n’a réussi à passer le seuil du nombre de supporters requis pour pouvoir participer à la convention en ligne d’Americans Elect. La procédure de la primaire pour la nomination d’un candidat pour Americans Elect est terminée».
C’est un échec cuisant alors que l’initiative avait été saluée par de nombreuses personnalités.
La première explication qui vient est que les Américains n’ont sans doute pas besoin de chercher désespérément un troisième candidat centristes.
Comme en 2008 où Barack Obama et John Mc Cain étaient considérés comme des centristes, le centre de l’échiquier politique en 2012 est déjà bien représenté avec la candidature de Barack Obama à sa réélection.
De même, Mitt Romney, le candidat républicain qui s’est radicalisé pendant les primaires de son parti fait actuellement tout ce qu’il peut pour se recentrer, lui qui était jusque récemment considéré par l’ensemble des commentateurs comme un homme politique modéré.
En outre, les mouvements revendicatifs qui sont nés aux Etats-Unis ces dernières années comme le Tea Party ou Occupy Wall Street sont plutôt orientés, l’un vers la droite extrême, l’autre vers la gauche militante, plutôt que dans la recherche d’un compromis et d’un consensus entre Américains.
Ce qui a, par ailleurs, une conséquence indirecte de positionner les deux grands candidats encore plus au centre.
Même si une frange importante de l’électorat américain est centriste et que son vote – fortement courtisé par Obama et Romney - sera primordial le 6 novembre prochain pour désigner le vainqueur, aucun mouvement populaire se semble réclamer cette troisième candidature (Americans Elect visait ce but mais a été incapable de se transformer en ce sens).
Peut-être est parce que ceux qui auraient pu susciter un engouement dans l’éléctorat centriste comme le maire de New York, Michael Bloomberg ou la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton n’étaient pas intéressés par être candidats.
Néanmoins, la fait qu’il n’y ait pas de troisième candidature de premier plan (rappelons que les élections présidentielles sont loin de n’avoir que deux candidats même si les deux principaux trustent quasiment l’ensemble des voix), ne signifie par, pour autant, que le Centre n’existe pas aux Etats-Unis.
Depuis l’indépendance du pays, il s’est installé dans les deux grands partis (même s’il existe au moins deux partis qui se réclament uniquement du Centre, le Modern Whig Party et le Centrist Party) comme en témoigne le centrisme de Barack Obama et de Mitt Romney.
Il a été représenté par de grands présidents comme Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt ou Bill Clinton pour n’en citer que trois.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 17 mai 2012

Le gouvernement américain se félicite des velléités de relance en Europe

Depuis sa prise de fonction, Barack Obama a toujours affirmé que sa priorité était le retour le plus rapide possible à une croissance forte, seule capable de permettre de résoudre, à la fois, le déficit des finances publiques et le taux de chômage élevé.
Après avoir du parer au plus pressé au début de son mandat avec son plan de soutien à une économie sinistrée, il n’a depuis cessé de chercher à relancer cette dernière.
C’est dans cette optique que le gouvernement américain s’est inquiété ces derniers mois du manque de croissance en Europe au moment où l’économie des Etats-Unis montre des signes encouragements et commence à redécoller.
Car, ce manque de croissance européenne est un danger potentiel pour la croissance américaine comme pour la croissance mondiale.
D’où un message plusieurs fois renouvelé à l’attention d’Angela Merkel, la chancelière allemande et Nicolas Sarkozy, l’ancien président français, sur la nécessité de ne pas faire uniquement de l’austérité et de la rigueur.
Dès lors, la volonté affichée par certains pays européens et la Commission de Bruxelles, mais surtout par le nouveau président français, François Hollande, de prendre des mesures pour retrouver de la croissance ne peut que satisfaire les Américains.
Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor américain a ainsi déclaré, lors d’une conférence à Washington, que les Etats-Unis accueillaient «favorablement ce nouveau débat sur la croissance en Europe».
Il a ajouté: «on les voit parler d'améliorer l'équilibre entre la croissance et l'austérité, ce qui signifie l'ouverture d'une voie un peu plus douce et graduelle pour revenir à des finances publiques viables».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 12 mai 2012

Les élus modérés républicains et démocrates continuent à disparaître

Qu’ils soient battus lors des primaires de leurs partis respectifs en vue des élections de novembre prochain (qui, en même temps, qu’elles concerneront le président des Etats-Unis, renouvèleront un tiers des sénateurs et la totalité des représentants) ou qu’ils renoncent à se représenter, les élus modérés républicains et démocrates proches du centre ou même pour certains centristes, continuent à disparaître du paysage politique américain.
Une incongruité notée par les commentateurs au moment même où le poste suprême opposera deux modérés, Barack Obama et son challenger républicain, Mitt Romney.
Mais les primaires qui désignent les candidats sont souvent le lieu de pouvoir des groupes extrémistes. C’est vrai pour les démocrates mais c’est surtout vrai pour les républicains où la droite extrême et les groupes religieux réactionnaires ont réussi à contrôler ces élections internes.
Du coup, un à un, les élus républicains modérés et même les républicains très à droite mais qui ont collaboré, d’une façon ou d’une autre, avec les démocrates au Congrès dans un esprit bipartisan, sont éliminés.
Cela vient d’être le cas pour le sénateur de l’Indiana, Dick Lugar, qui était un des élus les plus anciens du Congrès.
Certains ont même décidé de ne même pas se représenter pour ne pas subir une défaite humiliante à ces primaires, comme la sénatrice du Maine, Olympia Snow.
Du côté démocrate, les renoncements sont plus fréquents que les défaites.
Et ils concernent surtout des élus modérés et centristes qui savent que l’esprit partisan insufflé par les républicains auprès de l’électorat de leur parti, les empêchera de pouvoir jouer la carte consensuelle et se faire élire par des voix venues à la fois du Parti démocrate et du Parti républicain.
Une situation qui pourrait rendre le prochain Congrès ingouvernable. Surtout s’il est d’une couleur politique différente de l’hôte de la Maison blanche.
D’autant que c’est déjà pratiquement le cas, depuis les élections de mi-mandat de 2010, où un certain nombre d’élus républicains situés à la droite extrême avaient été élus sur une idée simple: faire en sorte que Barack Obama soit le président d’un seul mandat. Pour y parvenir, ils ont systématiquement empêché le Congrès de fonctionner.
Jean-Louis Pommery
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 10 mai 2012

Elections présidentielles 2012. Mariage gay, nouvelle offensive d’Obama pour faire de Romney un ringard réactionnaire

On voit apparaître une des stratégies principales de Barack Obama pour les élections présidentielles du 6 mai.
Il s’agit de ringardiser le plus possible Mitt Romney et de le repousser le plus loin possible dans le camp de la réaction dure, afin de faire de lui un nouveau Barry Goldwater, le candidat le plus à droite que présenta le Parti républicain à une élection présidentielle, héros de Ronald Reagan, et qui fut balayé par Lyndon Johnson en 1964.
Après l’avoir attaqué sur ses positions économiques qu’il a comparé à celles du Tea Party, c’est-à-dire, selon lui, qui aboutiront à faire payer à la classe moyenne les problèmes économiques, à couper encore plus dans les programmes sociaux, à abandonner les programmes environnementaux et, surtout, à donner encore plus d’avantages aux riches (dont fait partie Romney), Barack Obama a enfoncé le clou en matière sociétale.
Ainsi, après les bourdes à répétition de Mitt Romney sur le droit des femmes à disposer de leur corps et à utiliser la contraception qui lui valent un retard conséquent dans les sondages du côté des électrices, Barack Obama a décidé de se déclarer pour la première fois en faveur du mariage entre homosexuels ce qui, évidemment, a entraîné une réaction immédiate du candidat républicain qui s’y est dit opposé, estimant que la question du mariage ne concernait qu’un homme et une femme.
Voilà donc la communauté gay ancrée un peu plus du côté de Barack Obama d’autant que Mitt Romney avait du, il y a quelques jours, viré un de ses porte-paroles ouvertement homosexuel sous la pression de l’aide la plus à droite de son parti.
Même si le vote gay ne fait pas gagner une élection (au contraire du vote féminin), cela permet à Barack Obama de pousser au fur et à mesure son adversaire dans le camp le plus réactionnaire pour en faire un candidat clivant, aux ordres de l’extrême-droite obscurantiste et ayant renié tous ses engagements modérés devant les diktats de cette dernière.
Dans la lettre qu’il a envoyée à ses soutiens, Barack Obama dit avoir évolué en matière de mariage gay.
Il rappelle toutefois qu’aucune initiative fédérale ne sera prise en la matière et que les Etats continueront à légiférer en la matière (certains d’entre eux ont passé des lois interdisant ce mariage alors que d’autres, comme New York, l’ont autorisé).
De même, il comprend les oppositions que cela suscite notamment au niveau religieux.
On le voit, cette déclaration qui ne sera suivie d’aucune mesure concrète est bien un message adressé à la communauté gay mais aussi à tous ceux qui sont pour une société ouverte, voire une société débarrassée de ses interdictions passéistes, tous ceux, également, qui placent la liberté individuelle au-dessus de tout, c’est-à-dire une large majorité d’Américains.
Dans cette population, il y a évidemment la base de son parti comme le rappellent les commentateurs mais aussi une des cibles prioritaires d’Obama, les jeunes.
D’ailleurs, lors de son interview télévisée à la chaîne ABC au cours de laquelle il a fait ce «coming out», il a indiqué que, lorsqu’il se rend dans les campus universitaires, «souvent, je parle à des étudiants républicains qui pensent que j’ai de très mauvaises politiques économique et en matière de politique étrangère, mais sont très clair lorsqu’il s’agit de l’égalité des homosexuels, ils croient en cette égalité».
Mais, mieux encore pour Obama, 57% des électeurs «independents» (où on trouve les centristes), ceux qui feront l’élection, se déclarent en faveur du mariage gay (contre 40% qui sont contre) selon un sondage Gallup publié cette semaine.
En revanche, l’électorat noir a souvent été majoritairement contre une telle avancée sociétale. Il fut, par exemple, déterminant pour rejeter sa mise en place en Californie voici quelques années.
Pour autant, on ne voit pas trop comment il pourrait faire défaut, sinon à la marge, au premier président noir des Etats-Unis.
Barney Franck, le célèbre représentant démocrate du Massachussetts (qui ne se représentera pas en novembre prochain) et qui a été un des premiers politiques à se déclarer ouvertement gay, estime quant à lui que ceux qui sont contre ce mariage, de toute façon, n’auraient pas voté pour Obama, ce qui limite les risques de cette déclaration.
Barack Obama avait décidé de rendre publique sa position sur le mariage gay lors de la prochaine convention démocrate en Caroline du Nord qui avalisera sa candidature pour la présidentielle comme représentant du parti (il est le seul candidat).
Cependant, les déclarations en faveur de l’union maritale des homosexuels de son vice-président, Joe Biden, lors de la célèbre émission politique du dimanche, Meet the press, sur NBC, l’ont obligé à révéler sa nouvelle position plus tôt que prévu.
A noter que la Caroline du Nord a voté majoritairement pour Barack Obama en 2008 mais vient d’interdire à une large majorité le mariage gay…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 6 mai 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La peine de mort est peut-être moralement condamnable mais elle est bien trop chère et ne sert à rien!

Les attaques récentes contre la peine de mort ne viennent pas d’arguments philosophiques ou moraux d’adversaires depuis toujours de son application mais de constatations pragmatiques faites par d’anciens partisans comme c’est souvent le cas aux Etats-Unis.
Ainsi, de l’Illinois à la Californie (qui se déterminera sur son abolition en novembre prochain) en passant par le Connecticut (qui vient de l’abolir le 25 avril dernier), le New Jersey ou le Nouveau-Mexique, les responsables politiques se sont aperçus que la peine de mort n’avait aucun effet exemplaire sur de potentiels criminels et, en plus, qu’elle coûtait fort cher, bien plus que de condamner les assassins à des peines de prison à vie sans possibilité de libération (sauf en cas d’éléments nouveaux les innocentant).
Ainsi, en Californie, les opposants à la peine de mort estiment le coût de treize exécutions en 34 ans à plusieurs milliards de dollars.
Bien sûr, les arguments humanitaires sont aussi présents.
Certains sont assez connus comme l’idée qu’une société civilisée ne peut utiliser les mêmes moyens que les criminels qu’elle combat.
Ou que le nombre de personnes innocentes exécutées est beaucoup trop important (bien qu’une seule soit suffisante pour remettre en cause sa pratique…).
Cependant, d’autres sont avancés en prenant en compte cette fois… les victimes et leurs familles.
Ainsi, lorsque les condamnés font appel, demandent la révision de leur procès ou tout autre acte légal, les familles des victimes ainsi que les personnes qui ne sont pas mortes (dans le cas d’attaques de plusieurs personnes dont seules certaines ont été tuées) sont associées à la procédure.
Une association normale mais qui a pour conséquence de raviver les souvenirs et les plaies émotionnelles encore vivantes.
Si, comme le propose par exemple, l’ancien élu républicain californien qui fut à l’origine du rétablissement de la peine de mort dans le Golden state en 1978 (ce qui fut la plus grande erreur de sa vie selon lui), on la remplace la peine de mort par une peine de prison à vie avec une seule possibilité de faire appel, on limite le stress que peuvent subir ces personnes qui ont déjà été frappées durement.
D’autres arguments sont également avancés.
Comme celui qui montre que les condamnés à mort qui, grâce aux appels successifs peuvent vivre des décennies et mourir de mort naturelle en prison, sont mieux traités que les autres prisonniers...
Ainsi, ils sont dans une cellule individuelle, ont des repas meilleurs et sont dispensés de travailler.
Une injustice flagrante évidemment.
Aujourd’hui, dix-sept Etats n’ont pas ou plus la peine de mort dans leur arsenal pénal depuis que la Cour suprême a permis son rétablissement en 1977.
Et l’idée fait son chemin dans de nombreux autres.
Depuis le début de l’année, dix-huit personnes ont été exécutées, soit 1295 depuis 35 ans.
Rappelons tout de même ce grand paradoxe qui fait des Etats-Unis le berceau de la liberté et le seul pays du monde où la démocratie a régné depuis sa fondation mais qui pratique encore largement une peine capitale avec des statistiques qui n’ont rien à envier avec les pires régimes autoritaires (Chine) ou dictatoriaux (Iran)…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 5 mai 2012

Elections présidentielles 2012. Barack Obama lance sa campagne

Lors d’un meeting dans la ville de Columbus, Barack Obama a lancé officiellement sa campagne en vue de sa réélection à la Maison blanche.
Il est intervenu ce samedi en tout début d’après-midi dans cette ville de l’Ohio, un des Etats cruciaux pour remporter la présidentielle et qui hésite souvent entre démocrates et républicains (un «swing state»), devant une foule nombreuse et composée de nombreux jeunes arborant des pancartes avec le slogan officiel de sa campagne «Forward» («En avant» ou «Vers l’avant»).
Le président a rappelé pourquoi il avait été élu en 2007 en reprenant son discours centriste traditionnel, affirmant que l’économie de marché, qui permet à tous de pouvoir réussir et de devenir riche, était sans conteste le meilleur système mais que celui-ci devait être également équitable en offrant à tous les Américains la possibilité de faire vivre décemment leurs familles.
Pour lui, c’est là qu’est la vraie différence avec son «opposant» (le candidat républicain Mitt Romney dont il n’a pas cité le nom) qui veut, à l’instar de tous les élus républicains, notamment ceux du Congrès, favoriser les gens comme lui (Romney fait partie des plus riches Américains), c’est-à-dire les plus riches en baissant leurs impôts et en coupant dans les programmes en faveur de la majorité de la population.
Il s’est ainsi présenté comme le candidat de tous les Américains face au candidat des plus riches.
Il a indiqué que le choix de cette élection était de savoir si on allait œuvrer pour le peuple américain tout entier et son avenir, ce qui était la raison pour laquelle il se représentait, ou seulement pour les plus favorisés.
Dans ce cadre, il est revenu sur la nécessité de faire payer plus d’impôts aux plus riches afin qu’ils contribuent à l’effort de redressement du pays, rappelant l’opposition des républicains à cette mesure qui permettrait de financer les infrastructures et l’éducation entre autres.
Il a également expliqué que ce n’était pas la faute de tous les Américains comme le prétend selon lui Romney si les choses n’allaient pas aussi bien pour le pays mais parce que des gens riches comme le candidat républicain gagnaient de plus en plus d’argent au détriment de l’Américain moyen et parce que les entreprises délocalisaient afin de faire plus de profits, provoquant un chômage important aux Etats-Unis.
«Le choix de cette élection est de reconstruire l’Amérique» a-t-il ajouté.
La foule a entonné plusieurs fois le chant «four more years» («quatre ans de plus») tout en levant les mains en montrant quatre doigts.
Reprenant son slogan de campagne, il a affirmé que «nous n’allons pas aller en arrière (comme le propose Romney) mais nous allons vers l’avant».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

Créations d’emplois décevantes mais baisse du chômage

Une bonne nouvelle peut en cacher un nettement moins bonne…
Ainsi et contre toute attente, le chômage a connu une baisse au mois d’avril aux Etats-Unis passant de 8,2% de la population active à 8,1%, le taux le plus bas depuis janvier 2009.
Pour autant, la création de nouveaux emplois a été bien en dessous de ce qui était espéré.
Ce sont 115.000 nouveaux emplois dans le secteur privé qui ont été créés alors que certains analystes en attendaient autour de 170.000.
Il s’agit du troisième mois consécutif de baisse même si le solde de création reste largement positif.
Pour autant, il faudrait un nombre beaucoup plus important de créations d’emplois afin de permettre une baisse plus substantielle du chômage et, surtout, une croissance plus forte.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org