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dimanche 6 mai 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La peine de mort est peut-être moralement condamnable mais elle est bien trop chère et ne sert à rien!

Les attaques récentes contre la peine de mort ne viennent pas d’arguments philosophiques ou moraux d’adversaires depuis toujours de son application mais de constatations pragmatiques faites par d’anciens partisans comme c’est souvent le cas aux Etats-Unis.
Ainsi, de l’Illinois à la Californie (qui se déterminera sur son abolition en novembre prochain) en passant par le Connecticut (qui vient de l’abolir le 25 avril dernier), le New Jersey ou le Nouveau-Mexique, les responsables politiques se sont aperçus que la peine de mort n’avait aucun effet exemplaire sur de potentiels criminels et, en plus, qu’elle coûtait fort cher, bien plus que de condamner les assassins à des peines de prison à vie sans possibilité de libération (sauf en cas d’éléments nouveaux les innocentant).
Ainsi, en Californie, les opposants à la peine de mort estiment le coût de treize exécutions en 34 ans à plusieurs milliards de dollars.
Bien sûr, les arguments humanitaires sont aussi présents.
Certains sont assez connus comme l’idée qu’une société civilisée ne peut utiliser les mêmes moyens que les criminels qu’elle combat.
Ou que le nombre de personnes innocentes exécutées est beaucoup trop important (bien qu’une seule soit suffisante pour remettre en cause sa pratique…).
Cependant, d’autres sont avancés en prenant en compte cette fois… les victimes et leurs familles.
Ainsi, lorsque les condamnés font appel, demandent la révision de leur procès ou tout autre acte légal, les familles des victimes ainsi que les personnes qui ne sont pas mortes (dans le cas d’attaques de plusieurs personnes dont seules certaines ont été tuées) sont associées à la procédure.
Une association normale mais qui a pour conséquence de raviver les souvenirs et les plaies émotionnelles encore vivantes.
Si, comme le propose par exemple, l’ancien élu républicain californien qui fut à l’origine du rétablissement de la peine de mort dans le Golden state en 1978 (ce qui fut la plus grande erreur de sa vie selon lui), on la remplace la peine de mort par une peine de prison à vie avec une seule possibilité de faire appel, on limite le stress que peuvent subir ces personnes qui ont déjà été frappées durement.
D’autres arguments sont également avancés.
Comme celui qui montre que les condamnés à mort qui, grâce aux appels successifs peuvent vivre des décennies et mourir de mort naturelle en prison, sont mieux traités que les autres prisonniers...
Ainsi, ils sont dans une cellule individuelle, ont des repas meilleurs et sont dispensés de travailler.
Une injustice flagrante évidemment.
Aujourd’hui, dix-sept Etats n’ont pas ou plus la peine de mort dans leur arsenal pénal depuis que la Cour suprême a permis son rétablissement en 1977.
Et l’idée fait son chemin dans de nombreux autres.
Depuis le début de l’année, dix-huit personnes ont été exécutées, soit 1295 depuis 35 ans.
Rappelons tout de même ce grand paradoxe qui fait des Etats-Unis le berceau de la liberté et le seul pays du monde où la démocratie a régné depuis sa fondation mais qui pratique encore largement une peine capitale avec des statistiques qui n’ont rien à envier avec les pires régimes autoritaires (Chine) ou dictatoriaux (Iran)…
Alexandre Vatimbella
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