INFOS USA est un site de l'agence de presse LesNüuveauxMýndes.þrg

Rechercher sur Infos USA

Les actualités sur www.infos-usa.com

jeudi 28 juin 2012

Barack Obama se félicite de la décision de la Cour suprême sur l’assurance-santé

Peu après que le Cour suprême ait validée largement la loi sur l’assurance-santé qu’il avait fait voter par le Congrès en 2010, Barack Obama s’est félicité, lors d’une intervention solennelle de la Maison blanche, de cette décision qui, a-t-il dit, au-delà de savoir qui a gagné politiquement, va permettre aux Américains d’être mieux couverts et protégés face aux risques d’accidents et de maladies.
Alors que la Cour suprême est dominée par les juges nommés par un président républicain (5 membres contre 4 nommés par un démocrate), celle-ci n’a pas donné raison aux adversaires de cette réforme emblématique de la présidence Obama et pour laquelle tout le Parti républicain s’était uni pour la combattre avec une rare véhémence et tenter de l’annuler, en espérant, notamment, que la cour la déclare inconstitutionnelle.
Pour autant, des interrogations demeurent sur la manière dont sera mise en place la principale mesure, l’obligation d’assurance pour toute personne.
Car, pour les juges, il s’agit en fait d’une taxe et non d’une cotisation, ce qui valide selon eux cette obligation.
Les républicains ont immédiatement réagi en déclarant que s’ils avaient la majorité en novembre prochain au Congrès, ils annuleraient cette loi.
De même, ils sont montés au créneau pour affirmer que les Américains et, en particulier, la classe moyenne, allait devoir payer un nouvel impôt alors que Barack Obama avait annoncé qu’il n’alourdirait pas les prélèvements de cette classe moyenne.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 24 juin 2012

Elections présidentielles 2012. Deux modérés, candidats de deux partis extrémistes?

Il fut un temps où les politologues affirmaient que le Parti démocrate et le Parti républicain, c’était blanc bonnet et bonnet blanc.
Cette situation désorientait beaucoup les Européens qui avaient l’habitude de connaître, chez eux, des partis idéologiquement homogènes alors que les Américains y voyaient là le secret de leur démocratie consensuelle.
Il y avait des centristes dans les deux partis et des extrémistes de droite dans les deux partis ainsi que des «liberals» (centre-gauche, voire gauche) dans les deux partis.
Bien sûr, le Parti républicain penchait plus à droite et le Parti démocrate penchait plus à gauche (sauf dans le Sud avec les «Dixie Democrats» d’extrême-droite et racistes, héritage de la Guerre de sécession, les sudistes ne voulant pas adhérer au Parti républicain de Lincoln, celui qui avait conduit les hostilités contre la confédération et aboli l’esclavage).
Cette vision fut à la mode et très proche de la réalité des années d’après-guerre, jusqu’à la prise de pouvoir par Ronald Reagan en 1980.
Le mouvement qui allait petit à petit radicaliser les deux partis venaient, lui, des années 1930 et de la volonté de donner une coloration idéologique plus marquée au Parti démocrate et au Parti républicain afin que les électeurs ne soient plus déboussolés par des formations politiques qui pouvaient défendre des programmes différents selon les Etats…
L’aboutissement de ce processus, depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui, a transformé le système politique de consensuel et bipartisan en un système bloqué et de plus en plus divisé idéologiquement, incapable de trouver des terrains d’entente, même pour des questions vitales pour le pays.
Si l’on doit à Franklin Roosevelt les premières volontés de clarifier les positions politiques des deux grands partis, c’est bien à partir des années 1960 et 1970 que les républicains ont patiemment construit un parti très marqué idéologiquement et de plus en plus à droite avec cette fameuse «reconquête du Sud» entreprise, notamment, par Richard Nixon.
Au contraire, les démocrates qui, dans un premier temps, s’étaient aussi lancé dans une telle entreprise mais à gauche, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, l’ont abandonné en constatant qu’elle les menait dans le mur et les éloignait pour longtemps du pouvoir après la défaite cuisante de George McGovern face à Richard Nixon en 1972.
L’élection de Jimmy Carter en 1976 était déjà un recentrage, ce dernier devenant réellement effectif avec l’élection de Bill Clinton en 1992 et se trouvant confirmée avec celle de Barack Obama en 2008.
A chaque fois, se furent les électeurs «independents» modérés qui permirent la victoire de ces trois démocrates.
A l’opposé, le Parti républicain a continué à se droitiser, poussé à le faire par une part de sa base militante très religieuse, très conservatrice, voire raciste et d’extrême-droite pour sa frange la plus dure.
D’abord en paroles avec Richard Nixon et Ronald Reagan ou même George H.W. Bush.
Mais peu de choses changèrent dans la pratique gouvernementale des républicains où la société mise en place par le New Deal ne fut pas réellement remise en cause d’autant qu’elle bénéficiait d’un large consensus dans la population.
Ce ne fut pas le cas lorsque Bill Clinton fut élu et qu’il dut, au bout de deux ans de présidence, gouverner avec un Congrès très hostile et très à droite mené par le leader des républicains à la Chambre des représentants, Newt Gingrich.
Pour autant, Clinton réussit à réformer un système américain qui s’ankylosait, à le rééquilibrer par une politique centriste qui permit, non seulement, une croissance et une baisse du chômage mais également un budget en excédent!
Tout changea réellement avec la victoire de George W. Bush en 2000.
Celle-ci permit à la frange la plus à droite du Parti républicain de continuer à progresser, notamment après la tragédie du 11 septembre 2001 (les républicains ont toujours été vus comme meilleurs pour défendre le pays par les Américains).
Depuis, la droite radicale a, non seulement, imposé ses termes du débat à l’intérieur du parti mais parvient à faire élire nombre de ses candidats pour les élections et à obliger tous ceux qui se positionnent comme modérés, soit à quitter le parti, soit à lui donner des gages de soumission.
On peut ainsi dire que le Parti démocrate est largement au centre-gauche alors que le Parti républicain est largement à droite.
Cela s’est traduit, du côté démocrate par la présentation de quatre candidats à la présidentielle situés au centre (Clinton, Gore, Kerry et Obama) dont deux furent élus.
Du côté républicain, les choses sont plus compliquées, voire paradoxales.
Bien sûr, la présidence de George W. Bush se situa nettement à droite mais lors de sa candidature en 2000, celui-ci fit campagne au centre-droit, comme un «conservateur compassionnel», tout comme l’avait fait son père lorsqu’il avait été battu par Clinton lors de sa tentative de réélection en 1992.
De même, John McCain, l’adversaire malheureux de Barack Obama, a toujours été considéré comme un républicain centriste.
Et c’est le cas de Mitt Romney qui va défier le même Obama en novembre prochain.
On se trouve donc face à des candidats a priori modérés dans un parti largement plus radical.
Une des explications vient de ce qu’une majorité de militants et sympathisants républicains qui votent lors des primaires savent que s’ils sélectionnent un candidat trop extrémiste, ce dernier n’aura aucune chance d’accéder à la Maison blanche.
Dans le cas du choix de Mitt Romney, la haine de Barack Obama par les ultras leur a fait choisir, in fine, un candidat qui pouvait gagner et non un qui allait tenir une ligne dure sans aucune chance d’accéder à la Maison blanche, comme ce fut le cas de Barry Goldwater en 1964.
Mais, en retour, tous ces candidats modérés ont du, comme Romney, lors des primaires, largement droitiser leurs discours et leurs promesses électorales.
Et le seul qui a accédé au pouvoir, George W. Bush a bien mené, ensuite, une politique très clivée à droite même si, aujourd’hui, il serait accusé d’être un modéré par nombre de militants républicains!
Du coup, personne ne sait vraiment très bien comment se comporterait Mitt Romney s’il était élu président des Etats-Unis.
Ce que l’on sait, c’est qu’il serait, de toute façon, l’objet de fortes pressions de la part de l’aile droite du Parti républicain.
Pourrait-il résister (s’il en avait envie)? La question demeure ouverte.
De son côté, Barack Obama a, lui, réussi à résister sans trop de difficultés aux pressions de l’aile gauche du Parti démocrate.
Il est demeuré un homme du Centre, du consensus et de la recherche de solutions bipartisanes.
Mais, et c’est une des nouveautés de ces dernières années, il a du se battre pour empêcher les républicains de déplacer aux yeux de beaucoup d’Américains, le centre de la vie politique américaine.
Par leurs attaques répétées sur son extrémisme supposé (alors qu’il s’agissait avant tout d’une volonté d’agir et de réformer la société américaine) et sur leur refus systématique de collaborer avec lui, ils ont réussi à ce que le centrisme de Barack Obama soit discuté voire remis en cause par certains médias ou commentateurs.
En retour, le Parti démocrate a réagi en adoptant une posture plus à gauche, même si l’on ne peut pas vraiment parler de radicalisation.
Reste, au final, deux candidats qui ont une vision centriste de la société défendant les couleurs de deux partis qui s’opposent idéologiquement de plus en plus.
Il est difficile de prévoir ce que donnera la victoire de l’un ou de l’autre car tout dépendra, aussi, de la couleur du Congrès (actuellement la Chambre des représentants est républicaine et le Sénat est démocrate).
Il se peut très bien que le pouvoir demeure «divisé» (en France, on parle de «cohabitation»), ce qui le bloquerait peut-être encore pour au moins deux ans, si ce n’est quatre.
C’est un risque et il est énorme, les Etats-Unis devant se réformer et prendre de très importantes décisions pour leur avenir.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

Le livre électronique poursuit son ascension aux Etats-Unis

Bien sûr, il demeure encore loin de celui du livre papier, mais le chiffre d’affaire du livre électronique aux Etats-Unis a fait un bon de 28,1%, démontrant que, loin d’être une mode, il est amené à devenir, dans les années à venir, au moins l’égal de son ancêtre.
Mais il a tout de même franchi une étape puisque, pour la première fois, ses ventes au premier trimestre 2012, ont dépassé celles des livres reliées (282,3 millions de dollars contre 229,6 millions de dollars) mais sont demeurées derrière celles des livres de poche (299,8 millions de dollars) selon les chiffres de l’Association des éditeurs américains.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 23 juin 2012

La mondialisation est là pour durer

Lors d’une intervention à la French-American Foundation, Thierry de Montbrial, le directeur du think-tank IFRI (Institut français des relations internationales) a estimé que la mondialisation, quelles que soient les difficultés actuelles de l’économie mondiale, était là pour durer.
Selon lui, celle-ci s’est transformée suite à l’apparition de nouveaux acteurs importants et aux évolutions des rapports entre les pays.
Aujourd’hui, nous sommes ainsi dans un «monde multipolaire à géométrie variable», ce qui signifie que les pays se réunissant autour d’un problème à traiter ne sont pas toujours les mêmes selon les thématiques et, qu’à part les Etats-Unis, aucun pays n’est membre de tous les groupes à la fois.
De même, nous sommes dans un «monde hétérogène» mais aussi dans un «monde global» qui ne se limite pas à la globalisation économique.
En outre, la mondialisation a, non seulement, introduit un changement de degré dans l’appréhension de notre environnement mais aussi un changement de nature.
Dans ce cadre, Thierry de Montbrial a expliqué que la relation transatlantique entre les Etats-Unis et l’Europe demeurait importante pour les deux parties mais également pour la planète.
Néanmoins, il a estimé que pour perdurer dans le futur, elle devait trouver en elle-même sa nouvelle légitimité et non, comme jusqu’à maintenant, dans la désignation d’un ou plusieurs ennemis communs (comme l’URSS auparavant, le terrorisme, la Chine, …).
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 21 juin 2012

La croissance devrait être plus progressive selon la Fed

La Federal Reserve américaine (banque centrale) a indiqué que les nouveaux développements nationaux et internationaux pesaient sur la croissance des Etats-Unis qui sera plus progressive que prévue.
Ainsi, pour son président, Ben Bernanke, les prévisions de hausse du PIB pour 2012 se situent désormais entre 1,9% et 2,4% (contre 2,4% et 2,9% précédemment) avec un taux de chômage de 8% à la fin de l’année.
Selon lui, les difficultés en Europe freinent la croissance américaine.
Mais, ce n’est qu’une des causes, les autres étant le marché immobilier toujours atone, les difficultés du secteur du crédit et les restrictions budgétaires des Etats de l’Union dont certains sont très endettés.
La Fed va donc poursuivre son soutien à l’activité économique avec des mesures néanmoins moins importantes que celles espérées par les marchés.
Cependant, Ben Bernanke a déclaré que s’il fallait des mesures plus fortes, il n’hésiterait pas à les prendre.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 16 juin 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La cote d’amour d’Obama et des Etats-Unis en baisse dans le monde

La nouvelle étude du Pew Research Center sur l’image des Etats-Unis et de leur président, Barack Obama dans le monde, montre un recul des opinions positives entre 2009 et 2012.
Bien sûr, la confiance dans le président, dans sa politique étrangère et les opinions favorables aux Etats-Unis demeurent largement majoritaire en Europe.
Pour autant, le président a perdu 6 points (86% à 80%), sa politique étrangère, 15 points (78% à 63%) et l’image des Etats-Unis, 7 points (67% à 60%).
En Chine, la chute est plus prononcée puisque seulement 38% des Chinois ont confiance dans le président des Etats-Unis contre 62% en 2009 et que l’approbation de sa politique étrangère passe de 57% en 2009 à 27% en 2012. En revanche, les opinions favorables aux Etats-Unis ne connaissent qu’un léger recul, passant de 47% à 43%.
Quant aux populations des pays musulmans, elles demeurent largement méfiantes. Obama perd 9 points de confiance mais il est à remarquer que sa cote n’était déjà pas très haute en 2009 (33%). Et s’il n’y a plus que 15% d’opinions favorables aux Etats-Unis, elles ne représentaient que 25% en 2009.
Cette baisse est plutôt normale si l’on se rappelle que 2009 était la première année de présidence de Barack Obama et que son élection avait soulevé un puissant espoir et une vision sans doute beaucoup trop idyllique du nouveau locataire de la Maison blanche et, surtout, de sa capacité à changer le monde.
Un nouveau président qui cumulait de nombreux atouts: premier «noir» à occuper la fonction, jeune, brillant et, ce n’était pas là la moindre de ses qualités, il n’était pas George W. Bush!
Pour preuve les différences entre les cotes de popularité des deux hommes.
Ainsi, en France, en 2008, seuls 13% des personnes interrogées avaient une bonne opinion de Bush alors qu’elles sont aujourd’hui 86% à avoir une bonne opinion d’Obama, soit une différence de 73 points! Et il en est de même en Allemagne (14%-87%), en Grande Bretagne (16%-80%) ou en Espagne (8%-61%).
En outre, exercer le pouvoir de la première puissance mondiale n’est généralement pas favorable à la popularité de celui qui en est en charge.
De même, être cette première puissance mondiale suscite toujours des rejets plus importants.
Néanmoins, dans cette baisse généralisée, il est à noter deux chiffres en hausse.
Ils concernent les opinions favorables aux Etats-Unis qui ont bondi de 13% au Japon (72% en 2012 contre 59% en 2009) et… en Russie où elles ont progressé de 8%, devenant majoritaire à 52% contre 44% en 2009.
Cette étude du Pew research center confirme également un paradoxe qui veut que le «soft power» des Etats-Unis soit apprécié même chez des populations hostiles et qu’il provoque, dans le même temps, des inquiétudes (27% l’apprécient et 70% sont d’un avis contraire).
Ainsi, il n’y guère qu’au Japon que la population est majoritaire pour dire qu’elle trouve que c’est une bonne chose que la culture et les traditions américaines se diffusent dans le pays.
Malgré tout, dans ce domaine, la différence générationnelle est importante puisque les jeunes, dans tous les pays, sont beaucoup plus nombreux à estimer que cette diffusion est une bonne chose par rapport à la population plus âgée.
En France, par exemple, 29% des sondés sont de cet avis mais le pourcentage monte à 42% pour les 18-29 ans.
Si l’on rentre dans les détails, 71% des personnes interrogées admirent les avancées technologiques et scientifiques américaine, 66% aiment la musique, les films et la télévision américaines, 45% aiment les idées américaines sur la démocratie, 43% aiment la manière dont les Américains font des affaires.
Enfin, si la culture populaire américaine est appréciée dans le monde entier (72% de Français l’apprécient), on trouve deux exceptions notables, les pays musulmans et… l’Inde (seules 19% des personnes interrogées l’apprécient).

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 8 juin 2012

La Fed prévoit une croissance modérée mais s’inquiète de la situation européenne

Ben Bernanke, le président de la Federal Reserve (banque centrale américaine) se montre confiant dans la capacité de l’économie américaine de produire de la croissance, même si celle-ci sera sans doute plus modérée que prévue.
En cause, notamment, la situation en Europe qui inquiète les responsables américains.
Il faut dire que le ralentissement économique européen commence à avoir des répercussions sur les exportations des entreprises américaines.
Mais la crise de la zone euro est une incertitude qui pèse sur l’activité dans le monde entier.
Ben Bernanke attend des autorités européennes des décisions fortes mais n’exclut pas, en cas de déficience de celles-ci, de prendre au niveau américain de nouvelles mesures pour se protéger des risques venus du Vieux continent et pour garantir la reprise économique aux Etats-Unis.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 7 juin 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Les «nanocibles» au cœur des nouvelles stratégies électorales

Lors des élections présidentielles de 2004, l’équipe de campagne de George W Bush envoya à tous les électeurs démocrates noirs de l’Ohio un document dans lequel elle expliquait que le concurrent démocrate du président sortant, John Kerry, était favorable à la légalisation du mariage gay, sachant que la communauté afro-américaine, si elle est majoritairement démocrate, est également majoritairement contre la possibilité pour les homosexuels de se marier.
Cette initiative avait pour but de tenter d’amener la communauté noire de cet Etat ô combien stratégique lors des élections présidentielles, pas forcément de voter pour George W Bush mais, en tout cas, de ne pas voter pour Kerry.
Voilà un exemple de ce que l’on appelle en marketing politique le «nanociblage».
Celui-ci est de plus en plus utilisé par les stratèges de chaque camp lors des campagnes électorales pour des résultats plus ou moins convainquants.
Dans le cas de l’opération républicaine en Ohio, Bush obtint certes un meilleur résultat électoral auprès de la communauté black mais très marginalement (en 2000, 89% des noirs avaient voté pour Gore et en 2004, 84% votèrent pour Kerry), ce qui n’eut aucune incidence sur le résultat final dans cet Etat que le président sortant remporta haut la main.
Le nanociblage consiste donc à additionner plusieurs facteurs qui font les choix politiques d’un individu ou d’un groupe d’individu et qui permet d’analyser ce qui différencie les électeurs de gauche et ceux de droite.
Il est utilisé par les entreprises dans leurs stratégies commerciales et par les partis politiques pour cibler au mieux leurs messages.
Lors d’une campagne très serrée, cela peut faire gagner une élection.
Une technique que l’on va voir à l’œuvre évidemment lors de la campagne présidentielle de cette année opposant Barack Obama à Mitt Romney et qui va encore continuer à se développer grâce notamment à la multiplication des informations disponibles sur chaque citoyen américain contenue dans les nombreuses enquêtes des boites et des chercheurs spécialisés dans les données concernant la population américaine, mais aussi, de plus en plus, présentes sur les réseaux sociaux que ces mêmes boites et chercheurs collectent consciencieusement.
Les «nanocibles» sont ainsi identifiées pour rationnaliser les campagnes électorales et pour s’adresser à des publics précis sur des questions précises.
Cela permet, en outre, de ne pas perdre son argent en achetant en pure perte des espaces de pub dans les médias audiovisuels lors d’émissions où l’on n’aura guère l’occasion de toucher ceux à qui l’on souhaitait s’adresser.
Mais attention, ce n’est pas parce qu’une publicité démocrate passe sur Fox news, la télévision très à droite et très conservatrice de Rupert Murdoch qu’il y a eu une grossière erreur de stratégie.
En effet, il peut s’agir, en l’espèce, de la volonté des démocrates de montrer aux électeurs du Parti républicain que leur candidat n’est en réalité pas celui qu’ils croient qu’il est et, comme nous l’avons vu pour la campagne de Bush en 2004, faire en sorte, par exemple, qu’ils ne se déplacent pas le jour des élections.
Pour terminer, voici deux exemples amusants de ce que ces études permettent d’apprendre.
Si, en tant que citoyen américain, vous conduisez une Subaru hybride, que vous mangez dans un Chuck E. Cheese (pizzas, sandwichs, salades), que vous buvez du Cognac, que vous lisez le Washington Post, que vous regardez à la télévision CBS pour la série «Mon oncle Charlie» («Two and half man» en version originale) afin de vous distraire, VH1 afin d’écouter du pop-rock et CNN afin de vous informer, vous devez voter démocrate.
En revanche, si vous conduisez une Land Rover, que vous mangez chez Cracker Barrel (pour déguster ses «country dinner plates»), que vous buvez une Sam Adams Light, que vous lisez le Washington Times, que vous regardez à la télévision la série «Desperate Housewives» pour vous distraire, Country music channel pour sa musique et Fox news pour vous informer, vous êtes sans doute un républicain.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 5 juin 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Les naissances de blancs sont minoritaires… ou pas!

Pour un étranger, il est difficile de comprendre le problème des catégories «race» et «ethnies» aux Etats-Unis.
L’exemple le plus emblématique étant que le pays est gouverné par un noir (Barack Obama) qui est en fait un métis mais qui est considéré comme noir parce qu’il l’a décidé ainsi!
De même, il est toujours bizarre de voir un Américain blanc d’origine hispanique (les Espagnols sont des européens majoritairement blancs et beaucoup de leurs descendants qui ont immigrés en Amérique latine avant de venir aux Etats-Unis, le sont demeurés) être déclaré non-blanc parce que s’étant défini comme «hispanique» (ou latino dans le langage courant).
Rappelons donc, qu’aux Etats-Unis, lorsque l’on fait un recensement de la population, une personne a le droit de se considérer de la «race» ou de l’«ethnie» de son choix (il peut même cocher plusieurs cases depuis 2000).
Rien n’empêche un blanc de cocher la case «afro-américain» puisqu’aucune discrimination n’est permise…
Si ce cas de figure existe, il est plutôt rare, néanmoins.
En revanche, les immigrés venus de l’Amérique latine ont tendance à se définir comme «hispaniques».
Cela ne veut pas dire qu’ils ne se considèrent pas blanc de peau (ce que beaucoup sont) mais qu’ils s’identifient à une catégorie de la population qui n’est pas celle du blanc venu directement d’Europe.
Ajoutons à cela que de l’importance des groupes raciaux et ethniques, dépendent de nombreuses politiques et dépenses publiques en leur faveur.
Ainsi, lorsque le Bureau du recensement annonce que les naissances de blanc n’ont compté que pour 49,6% du total pour la période juillet 2010-juillet 2011, la première fois qu’elles sont en-dessous de 50%, il faut immédiatement ajouter qu’il s’agit des «blancs non-hispaniques».
Car si l’on compte les blancs, hispaniques et non-hispaniques, alors le total des naissances est de 76% en 2010, ce qui n’est évidemment plus du tout la même chose.
Ayant dit cela, l’important ici est la montée d’une société américaine de plus en plus métissée ce qui est, à la fois, source d’espoir et source d’inquiétude.
Car si cette société plus ouverte et plus diverse sera un atout, il faut également que les groupes minoritaires puissent avoir accès au même rêve américain que les membres du groupe des «blancs» ce qui est encore loin d’être le cas.
En matière d’éducation, par exemple, le nombre de «blancs» ayant un diplôme universitaire est de 31% contre 13% pour les «hispaniques» et 18% pour les «afro-américains».
Enfin, ce qui n’est pas le moindre des aspects positifs, en matière d’augmentation de la population américaine, on estime ainsi que 92% de celle-ci est due aux naissances de minorités entre 2000 et 2010.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 4 juin 2012

Les entreprises américaines et européennes de moins en moins séduites par la Chine

Produire et être présent commercialement en Chine, tel était l’eldorado que toutes les entreprises occidentales recherchaient au début du millénaire.
Il s’agissait autant d’une obligation que d’une opportunité, il fallait y être.
Pourtant, le pays a toujours été difficile d’accès et les entrepreneurs américains et européens se sont souvent plaints de toutes les tracasseries administratives et des problèmes politico-juridiques qui les empêchaient de bien gérer leurs activités.
Deux nouvelles études viennent à nouveau le confirmer.
Ainsi, selon celle de la Chambre de commerce européenne en Chine, 22% des entreprises du Vieux continent présentent actuellement sur le territoire chinois envisageraient d’en partir afin de s’établir dans un autre pays émergents.
Les raisons avancées par leurs dirigeants sont la hausse des coûts de production (dont la hausse des salaires), la concurrence des entreprises chinoises mais aussi toutes les mesures discriminatoires prises à l’encontre des entreprises étrangères, notamment au niveau réglementaire quand ce n’est pas simplement dans un flou total au niveau légal.
Quant au Boston consulting group, poursuivant son enquête intitulée «Produit en Amérique de nouveau – Pourquoi la production va revenir aux Etats-Unis», il révèle que 37% des entreprises américaines (48% de celles qui ont un chiffre d’affaires de plus de dix milliards de dollars) interrogées ont l’intention de rapatrier leur production dans la mère patrie.
La raison principale vient de ce que les coûts de production sont de plus en plus élevés en Chine alors qu’à l’inverse les conditions sont de plus en plus attractives aux Etats-Unis.
Mais d’autres raisons favorisant le retour au pays sont avancées comme la qualité des produits, la facilité de faire des affaires et la proximité des clients.
Ce qui est également intéressant c’est que pour 70% des entreprises américaines, produire en Chine revient plus cher que prévu.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 1 juin 2012

En mai, l’économie américaine n’a créé que 69.000 emplois

Mauvais chiffre pour l’emploi aux Etats-Unis au mois de mai.
L’économie américaine n’a ainsi créée que 69.000 nouveaux emplois, bien loin des prévisions et en recul par rapport aux deux mois précédents qui étaient déjà décevants.
Surtout, le taux de chômage est remonté à 8,2% de la population active avec une progression des chômeurs de longue durée.
Cette mauvaise performance peut s’expliquer par un ralentissement saisonnier même si la crise de la zone euro et les difficultés des grands pays émergents comme la Chine et l’Inde pèsent également.
Certains analystes estiment qu’il faut encore attendre pour savoir si c’est, plus grave, le signe que l’économie américaine est dans une spirale baissière qui pourrait devenir négative.
Ce n’est qu’à la rentrée de septembre après les chiffres des trois prochains mois que l’on y verra plus clair selon eux.
Cette annonce s’est évidemment invitée dans la campagne présidentielle alors qu’un sondage pour la chaîne ABC montre que les Américains sont divisés sur le candidat le mieux à même de s’occuper de l’économie.
47% des personnes interrogées estiment que c’est le républicain Mitt Romney et 46% que c’est Barack Obama.
Romney, invité par la chaîne MNSBC en a profité pour immédiatement réagir en affirmant que c’était «un mauvais jour pour la classe moyenne» et «une très mauvaise nouvelle pour le peuple américain».
Il a ajouté que la responsabilité en revenait plus à l’inaction de Barack Obama ainsi qu’à sa politique de réglementation tous azimuts et à sa volonté de passer sa législation notamment sur l’assurance maladie qu’à la crise de la zone euro et au ralentissement mondial (alors que la plupart des analystes et des patrons disent le contraire).
Installé devant une pancarte de sa campagne où était inscrit le slogan «Putting jobs first» (priorité aux emplois), il a donné également ses solutions pour faire baisser le chômage: ouvrir largement le marché de l’énergie (avec des permis de forages sans restrictions) permettant ainsi des embauches massives dans ce secteur; «tuer» la loi sur l’assurance santé qui «effraie» les employeurs qui n’embauchent plus; faire voter un budget en équilibre afin de rassurer les investisseurs et faire du dollar une monnaie forte.
De son côté, Barack Obama, en déplacement dans une usine de la société Honeywell dans l’Etat du Minnesota, a également réagi à ces chiffres de l’emploi et du chômage en déclarant que si l’économie était en croissance, elle ne l’était pas encore assez, notamment à cause de la crise en Europe.
«Nous ne créons pas autant d’emplois que nous le voudrions» a-t-il expliqué.
De même, il estimé que «nous avons beaucoup de travail à faire, pas seulement pour le retour à une croissance forte mais pour mettre en place une économie durablement réparée».
«Il y aura de meilleurs jours» a-t-il ajouté. «Je parie sur les travailleurs américains et sur les entrepreneurs américains».
Et de rappeler ses différentes initiatives législatives pour s’attaquer aux problèmes du chômage, des déficits publics et d’une croissance molle, toutes refusées par la majorité républicaine à la Chambre des représentants.
«Le Congrès n’a pas d’excuse (…) au moment où il y a tant de gens qui cherchent un emploi».
On l’a compris, la situation du marché de l’emploi sera une des clés de l’élection présidentielle du 6 novembre prochain.
A noter que dans la foulée de l’annonce de ces chiffres décevants, la plupart des bourses mondiales ont clôturé à la baisse.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org