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mercredi 18 juillet 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Tenue olympique US «made in China»: vers un incident diplomatique?!

Tout est bon pour faire polémique entre les Etats-Unis et la Chine comme c’était le cas au «bon vieux temps» de la guerre froide entre Américains et Soviétiques.
Le nouvel objet du scandale et de l’indignation: la tenue olympique que les athlètes américains vont porter au Jeux olympiques de Londres.
Elle est dessinée (et payée) par Ralph Lauren, est assez jolie, bien dans le style du patriotisme américain mais elle est surtout… «Made in China»!
Il n’en a pas fallu plus pour que des élus au Congrès crient au scandale et que la Chine fasse part de son indignation devant celui-ci.
Tout commence lorsque le Comité olympique américain accepte le mécénat de Ralph Lauren pour dessiner et produire la tenue de ses athlètes qui seront sélectionnés pour concourir à Londres.
Ceci ne pose de problème à personne jusqu’au moment où les médias révèlent l’affaire de la confection de celle-ci dans l’Empire du Milieu.
C’est alors une levée de bouclier chez les politiques.
La réponse la plus véhémente vient de Harry Reid, élu du Nevada et leader de la majorité démocrate au Sénat, qui estime que c’est un scandale, que cela n’aurait jamais du arriver, qu’il faut «faire un gros tas et brûler ces vêtements» et en faire faire d’autres «Made in America», rien de moins.
De son côté, Charles Schumer, sénateur démocrate de New York, a déclaré que «nos athlètes olympiques ne s'entraînent pas toute leur vie durant pour finir dans des tenues réalisées en Chine».
Du coup, un projet de loi obligeant ces tenues à être fabriquées aux Etats-Unis devrait être déposé bientôt au Congrès…
Le comité olympique a répondu qu’il n’y a rien d’anormal dans tout ce qui s’est passé, ce qui est vrai, mais on se demande comment ses responsables ont pensé qu’en période de crise économique, de délocalisation d’emplois américains, notamment en Chine, ces tenues ne feraient pas polémique…
En tout cas, ledit comité et son mécène, Ralph Lauren, ont promis que la prochaine tenue, celle pour les jeux d’hiver à Sotchi (Russie) serait «Made in USA».
Tout est bien qui finit bien?
Pas du tout car voici maintenant la réponse de la Chine qui est aussi violente que l’attaque américaine.
Dans un article au vitriol, l’agence de presse officielle, Xinhua, dénonce le tollé des «politiciens» américains, en écrivant que «l'esprit olympique, qui n'a rien à voir avec la politique, préconise la compréhension mutuelle et le fair-play; faire de ces uniformes un outil politique relève, de la part de ces politiciens, d'un nationalisme étroit et ignorant, en complète contradiction avec l'esprit olympique originel».
Le ton est donné.
«Cet incident, ajoute l’agence Xinhua, n'est qu'un exemple supplémentaire des luttes politiques farouches, parfois ridicules, qui déchirent le Capitole en période électorale, dans un contexte où la croissance économique et la création d'emplois constituent des enjeux essentiels. En critiquant Ralph Lauren pour avoir délocalisé des emplois, les politiciens américains tentent de récolter des gains politiques en se présentant comme les champions de la création d'emplois aux Etats-Unis, afin d'obtenir un plus grand soutien auprès des électeurs».
Elle donne même un conseil ironique aux élus américains: «si l'accusation de M. Reid est fondée, pourquoi le Congrès américain n'impose-t-il pas une règle interdisant à ses membres, qui représentent politiquement le pays, d'utiliser tout produit fabriqué à l'étranger? Il est fort probable que très peu de membres du Congrès seraient en mesure de voter une telle interdiction, dans la mesure où aux Etats-Unis, la plupart des produits quotidiens requérant une main d'œuvre importante sont en fait fabriqués à l'étranger».
La question à mille dollars est de savoir qui a été le plus ridicule dans l’histoire: Harry Reid et Charles Schumer pour le scandale, le Comité olympique américain et Ralph Lauren pour leur légèreté ou l’agence de presse officielle Xinhua pour l’indignation?
Sans doute un peu des trois mais la médaille d’or en la matière revient malgré tout aux premiers nommés qui ont coiffé sur le poteau les deuxièmes nommés, la médaille de bronze revenant à la troisième nommée, loin derrière…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 17 juillet 2012

Elections présidentielles 2012. A quel type de campagne allons-nous assister?


En 2004, lors de la présidentielle opposant le sortant George W Bush à son challenger John Kerry, les démocrates se sont faits battre, entre autres, car ils n’ont pas su répondre correctement et avec célérité aux attaques dures, violentes et souvent mensongères des républicains orchestrées par un homme qui devint alors une vedette, Karl Rove, un activiste qui a toujours estimé que tous les moyens étaient bons pour conquérir ou garder le pouvoir.
Ce que les démocrates retinrent de cet épisode, c’est qu’ils ne se feraient pas avoir une deuxième fois.
Ils n’eurent pas vraiment besoin d’utiliser la grosse artillerie lourde en matière d’attaques politiques lors de la campagne de 2008, tellement leur candidat planait sur un nuage.
Barack Obama fut élu sans difficulté même si, rappelons-le encore et encore, il ne fut pas bien élu par rapport au potentiel de voix que tout candidat démocrate possédait face à l’impopularité immense de Bush après huit ans de présidence.
2012 est une autre histoire.
Barack Obama doit défendre un bilan globalement positif mais pas dans le domaine économique et notamment dans le secteur de l’emploi où les Américains préfèrent souvent, dans les sondages, son adversaire, Mitt Romney, même si le programme de ce dernier dans ce domaine et ce secteur brille par son absence.
D’où une campagne beaucoup plus dure.
Mais, avant de continuer, il faut expliquer que, depuis près de quatre ans, les républicains et leurs franges extrémistes, ont lancé une véritable guerre idéologique contre Barack Obama par une communication continue et violente.
Toutes les critiques, toutes les insultes ont été utilisées.
Il a été comparé à la fois à Hitler et Staline, traité de communiste, voire pire pour les électeurs de l’Amérique profonde, de «socialiste européen»!, caricaturé en Joker, le méchant diabolique de Batman.
Il a été accusé encore et encore de ne pas être né sur le territoire américain (et d’avoir falsifié son acte de naissance) et, donc, ne pouvant prétendre être président, d’être un musulman, d’être un ennemi d’Israël, d’être le fossoyeur des Etats-Unis qu’il bradait aux Russes, etc.
Pas un jour où les médias conservateurs et polémiques comme Fox News avec ses éditorialistes haineux ne critiquaient ou, pire, ne traînaient dans la boue le locataire de la Maison blanche.
Celui-ci, après avoir fait le dos rond et essayé vainement d’impliquer les républicains par une politique bipartisane (consensuelle) qui avait sa préférence depuis toujours (il faut relire ses livres, notamment «The Audacity of Hope»), a du se rendre à l’évidence qu’il fallait rendre coup pour coup.
C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre sa déclaration récente selon laquelle un de ses regrets est de n’avoir pas bien communiqué au début de sa présidence, laissant ses ennemis dire tout et n’importe quoi sur qui il était ainsi que sur son action, en particulier la loi sur l’assurance-santé («Affordable Care Act»).
Une démarche assez incompréhensible si l’on se souvient que son équipe de campagne, en 2008, autour de David Axelrod et David Plouffe, savait très bien manier les coups bas «à la républicaine» comme elle le démontra vis-à-vis d’Hillary Clinton lors des primaires du Parti démocrate.
Voilà pourquoi, pour cette campagne, la bataille a commencé tôt, une décision du staff d’Obama, et a été axée sur un affrontement.
D’autant plus que les primaires républicaines ont vu s’affronter des candidats extrémistes (Rick Santorum ou Newt Gingrich, Michelle Bachmann), des opportunistes qui adoptaient des positions encore plus extrémistes (Rick Perry, Herman Cain) et un soi-disant modéré dont les discours étaient les plus extrémistes de tous (Miit Romney)!
Une aubaine pour le camp Obama mais aussi une mise en garde: il n’y aurait pas de quartier d’où la volonté de devancer les attaques et ne pas rééditer les erreurs de John Kerry.
Le changement par rapport à 2004, vient donc de ce que ce sont les démocrates qui ont tiré les premiers.
Ils se sont focalisés sur la personnalité de Mitt Romney, ses déclarations contradictoires, ses retournements de veste et mensonges quant à ses revenus et son travail effectif à la tête d’une société chargée de liquider les entreprises en difficulté, Bain capital, dont on parle beaucoup ces derniers jours.
Sans le dire, ils se sont inspirés de cette campagne nauséabonde parce que totalement mensongère qui avait fait de John Kerry - véritable héros de la guerre du Vietnam qui avait sauvé plusieurs de ses camarades -, un menteur de la pire espèce et, ce, en utilisant des vétérans de la même guerre dans des clips où ceux-ci affirmaient douter du son courage et de la réalité des actes du candidat démocrate.
Ce qu’il a d’amusant, voire de ridicule, c’est que les républicains sont montés au créneau pour reprocher aux démocrates d’utiliser les mêmes artifices scandaleux de Bush alors!
Ce à quoi les démocrates répondent que les allégations de 2004 étaient de la pure diffamation mais que les leurs s’appuient sur des réalités.
Ce que semble d’ailleurs confirmer les nombreuses enquêtes sur les agissements de Romney à la tête de Bain capital mais aussi ses déclarations peu claires, souvent contradictoires et peut-être fausses.
En tout cas, l’ambiance est lourde.
Pour l’instant, Mitt Romney est en difficulté car il refuse de publier les documents qui permettraient de clarifier sa position vis-à-vis de son ancienne société et de ses revenus.
Mais il ne fait aucun doute que les contre-attaques républicaines seront puissantes et tenteront d’inverser le processus, c’est-à-dire que mettre Obama sous le feu d’accusations auxquelles il devra répondre.
Déjà, un groupe de représentants d’extrême-droite tente de faire croire que l’Administration est noyautée par des Arabes américains proches d’ultras tels les Frères Musulmans et d’autres, ce qui serait, selon eux, un grave danger pour la sécurité du pays.
L’inanité de ces attaques portées par des membres du Tea party ne devrait pas avoir de conséquence pour Barack Obama mais l’on voit que tout et n’importe quoi sera utilisé durant cette campagne.
Ce n’est, bien évidemment, pas une nouveauté, diront les observateurs avisés de la politique américaine.
Tout au plus, c’est l’intensité de ces attaques qui augmente d’une élection à l’autre.
Avec les sommes récoltées par chaque candidat et, surtout, les sommes que vont dépenser ces fameux «super-PAC», ces associations «indépendantes» qui ont le droit à un financement infini pour défendre l’un ou l’autre, le combat sera sanglant même si une majorité d’Américains le regrette.
C’est en tout cas ce qu’ils disent.
Tout comme les deux partis et les deux candidats…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 16 juillet 2012

Les Etats-Unis vivent une de leurs pires sécheresses

Selon les données, la sécheresse qui a sévi au mois de juin aux Etats-Unis fait partie des dix plus grandes et se classe même en cinquième position.
Ce qui inquiète les autorités, c’est que les mois de juillet et d’août sont généralement plus chauds encore même si les deux mois qui ont vu tomber le moins d’eau sont ceux de juin 1988 et juin 1977.
La situation est préoccupante puisque 54,6% des 48 Etats (sans Hawaï et l’Alaska) étaient en condition de sécheresse ce qui n’était pas arrivé depuis décembre 1956.
Cependant, si l’on exclut les zones où sévit une sécheresse «modérée», la situation n’est pas aussi dramatique ce cela par rapport à d’autres années d’intense sécheresse.
Par exemple, en 1988, 2000 et 2002, 35% du territoire américain a connu une sécheresse qui allait de «sévère» à «extrêmement sévère» contre 32,7% en juin de cette année.
Mille comtés dans vingt-six Etats ont été déclarés en état de catastrophe naturelle par le gouvernement ce qui permettra aux agriculteurs mais aussi aux PME impactés par la sécheresse de pouvoir obtenir des prêts spéciaux.
Quant aux prix des produits agricoles, ils sont en hausse comme celui du blé.
Louis-Jean de Hesselin

dimanche 15 juillet 2012

Les «Nouveaux démocrates» veulent recentrer le Congrès

Les élus centristes sont de moins en moins nombreux au Congrès des Etats-Unis suite à la radicalisation des deux partis, en particulier le Parti républicain, ainsi que par des pratiques électorales souvent controversées.
Ainsi, le charcutage des circonscriptions (gerrymandering) pour les élections des représentants garantit de plus en plus des fiefs aux deux grands partis.
Du coup, ce n’est pas l’élection générale qui est la plus importante mais la primaire qui, dans chaque camp, désigne son candidat.
Et comme les bases des deux partis, républicains et démocrates, sont beaucoup plus marquées idéologiquement, elles choisissent des personnalités bien à droite (républicain) et bien à gauche (démocrate) qui, ensuite, sont assurées d’être élues dans ces circonscriptions de plus en plus nombreuses.
Souvent, également, ces bases préfèrent, dans des circonscriptions plus ouvertes, choisir des candidats plus marqués idéologiquement et qui ont parfois peu de chance de se faire élire, plutôt que tourner le dos à la «pureté» idéologique.
De nombreux exemples de candidats républicains choisit grâce aux membres du Tea Party (association de droite extrême ayant noyauté de Parti républicain) ont été battus par des démocrates dans des circonscriptions pourtant acquises de longue date.
Dans de nombreux Etats les modérés sont l’objet d’une véritable chasse aux sorcières au sein de leurs partis respectifs.
Résultat, les centristes sont souvent laminés lors des primaires même s’ils sont les sortants et même s’ils sont les favoris pour l’élection générale.
Mais si ceux-ci ont pratiquement disparu dans les rangs des républicains, ils en existent toujours au Parti démocrate où deux groupes, les «Blue Dogs» et la «Coalition des nouveaux démocrates» les représentent.
Si les premiers, beaucoup plus conservateurs que les seconds, sont en grande difficulté, l’avenir, quoique délicat, s’annonce meilleur pour les «New Dems» dont les prises de position sont beaucoup plus diverses.
Pour résumer, à l’opposé des «Blue Dogs», ils sont progressistes en matière sociétale, mais ils partagent avec eux un conservatisme dans le domaine économique. Ils ont ainsi voté la loi sur l’assurance-santé mais ils demandent des réductions d’impôts pour les entreprises.
Selon leur vision de la politique américaine, ils affirment que leur heure est bientôt arrivée et, ce, pour plusieurs raisons.
D’une part, les Américains le disent et le répètent, ils en ont marre de la polarisation grandissante à Washington où personne ne veut travailler avec personne, provoquant un blocage institutionnel extrêmement dommageable pour le pays.
D’autre part, les électeurs modérés, les fameux «independents» qui font la différence lors des scrutins, notamment dans les zones suburbaines, sont proches des idées défendues par les «New Dems».
Par ailleurs, aucun groupe comparable n’existe du côté républicain où la radicalisation est beaucoup plus forte que du côté démocrate, ce qui permet de ratisser plus large et de proposer une offre politique plus diverse.
L’espoir des «New Dems» est de permettre au Parti démocrate de retrouver la majorité à la Chambre des représentants dès novembre prochain.
Comme l’explique leur président, le représentant de New York, Joe Crowley au site Politico, «lorsque nous reconquerrons la Chambre, ce sera grâce au rôle charnière joué par la Coalition des nouveaux démocrates».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 13 juillet 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Hollywood soigne les Chinois

Il est loin le temps où la Californie avait demandé et obtenu du gouvernement fédéral une limitation drastique de l’émigration chinoise aux Etats-Unis.
Même si le fameux quartier de Chinatown à San Francisco demeure un des emblèmes de la ville, la méfiance a duré longtemps.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui, d’autant que les populations asiatiques sont celles qui s’intègrent le mieux dans le melting-pot américain.
Et puis, l’Empire du Milieu n’est plus en déliquescence comme à la fin du XIX° siècle et au début du XX° mais est redevenu un des principaux acteurs dans une mondialisation qui touche tous les secteurs.
Voilà pourquoi, un emblème, cette fois-ci de Los Angeles, Hollywood, fait les yeux doux aux Chinois, qu’ils soient producteurs, financiers, spectateurs et, bien évidemment, dirigeants politiques.
Car le marché du cinéma en Chine est un eldorado que Pékin préserve encore largement pour sa propre industrie cinématographique en édictant des interdictions et des réglementations uniquement à l’encontre des films étrangers et évidemment américains.
Sans oublier que les films occidentaux, dont les films venus des Etats-Unis, vantent un peu trop la liberté et la démocratie pour espérer plaire aux caciques du Parti communiste et à leurs sbires de la censure.
Du coup, le quota des films étrangers pouvant être projetés dans les salles chinoises est extrêmement bas, au mépris de toutes les règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce).
On peut tenter de le contourner en faisant de la coproduction avec des Chinois qui, évidemment, empochent, au passage, beaucoup d’argent.
En faisant cela on peut même trouver des financements additionnels.
Résultat, les Chinois ainsi que la Chine sont de plus en plus présents dans les films américains et sont désormais présentés sous un jour positif.
Un récent reportage du Los Angeles Times révèle même qu’un film, une fois le tournage terminé, a été complété avec des scènes et une histoire secondaire tournée en Chine avec des Chinois afin de contenter un investisseur chinois, d’en trouver éventuellement d’autres et d’avoir la possibilité d’être diffusé en Chine.
Le projet de rajout a finalement capoté à cause d’une ONG spécialisée dans les droits de l’homme au grand dam de la maison de production américaine.
Cette histoire illustre bien la manière dont Hollywood traite le marché chinois.
Au-delà de la prochaine coproduction de Disney avec des Chinois pour le troisième opus de la saga «Iron man» dont on a beaucoup parlé dans les médias, les Américains acceptent toutes les coupes «politiques» de la censure chinoise afin de pouvoir pénétrer ce gigantesque marché.
Ce fut le cas pour le même Disney à propos d’un des épisodes de «Pirates des Caraïbes» où les scènes dans lesquelles apparaissait un pirate chinois à l’air trop méchant furent supprimées…
Plus grave, l’industrie du cinéma américaine et ceux qui y travaillent semblent avoir mis en place une certaine autocensure ainsi qu’une grille de présentation de la Chine et des Chinois excessivement positive, évitant évidemment toute critique du système politique ou toute mention des problèmes sociaux afin de ne pas déplaire aux autorités du pays.
Par ricochet, les spectateurs du monde entier qui voient ces films américains, se retrouvent avec, si ce n’est de la propagande prochinoise, une promotion de la Chine qui, en plus bride ou travestit des œuvres sensées être artistiques.
Bon, bien sûr, Hollywood n’a jamais été un endroit d’une grande pureté morale lorsqu’il s’agit d’affaires de gros sous.
La façon de traiter la Chine nous rappelle que les bonnes vieilles recettes y sont toujours appliquées …
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 12 juillet 2012

Elections présidentielles 2012. La bataille de la classe moyenne sera âpre

Lors d’un discours très offensif, Barack Obama vient de proposer de reconduire les exonérations d’impôts qui viennent à échéance à la fin de l’année pour tous ceux qui gagnent au maximum 250.000 dollars, soit 98% de la population et de les supprimer pour les plus riches.
Et il a demandé aux républicains, majoritaires à la Chambre des représentants de voter aussi vite que possible cette mesure sauf à être considéré par les électeurs comme les seuls défenseurs des riches.
Les républicains et leur candidat à la présidentielle, Mitt Romney, ont immédiatement répondu qu’ils n’accepteraient pas cette proposition et qu’ils voulaient que la reconduction des exonérations soit votée pour tout le monde, sans exception.
D’un côté, la volonté est de montrer que l’écrasante majorité de la population doit être aidée à un moment difficile pour les Etats-Unis, ce qui, en plus favorisera la consommation, donc la croissance, donc l’emploi.
De l’autre, il s’agit d’affirmer que ceux qui feront redémarrer l’économie sont les riches grâce à leurs dépenses et leurs investissements.
Du coup, les taxer plus sera totalement improductif pour sortir le pays de sa croissance molle et de son chômage élevé.
Au-delà de ces explications, il s’agit de marquer sa différence avec l’autre camp et de se présenter, d’une manière ou d’une autre, comme le meilleur défenseur de la classe moyenne, c’est-à-dire de la majorité des Américains.
Ainsi, la décision de la Cour suprême de valider la loi sur l’assurance-maladie a été immédiatement récupérée par les républicains (fort mécontent, au demeurant de cette validation par une institution qu’ils croyaient à leur botte, validation qu’ils n’ont toujours pas digérée et, plus grave, acceptée)… pour défendre la classe moyenne.
Ils se sont appuyés sur l’argumentation du président de la cour qui a expliqué que l’obligation faite aux Américains d’être assurés contre la maladie sous peine d’amende n’était en réalité qu’un impôt supplémentaire pour financer les nouvelles mesures dans ce domaine.
Du coup, selon les républicains, la promesse faite par Obama de ne pas alourdir la fiscalité de la classe moyenne durant sa présidence était un mensonge.
De leur côté, les démocrates se sont focalisés sur la fortune de Mitt Romney acquise en ayant dirigé une société qui restructurait les entreprises en difficultés afin de prouver qu’il n’est pas et n’a jamais été un défenseur de la classe moyenne mais le digne représentant des 1% les plus riches.
Cela devrait même être l’argument principal de la campagne de Barack Obama.
Celui de Mitt Romney sera que le président actuel n’a pas été capable de faire repartir l’économie et que cela est désastreux pour les Américains et, bien sûr, pour ceux de la classe moyenne.
Bien entendu, on l’a compris, ce n’est pas un amour immodéré de cette classe qui fait agir les deux adversaires de la présidentielle mais le potentiel de voix qu’elle représente.
Celui qui parviendra le mieux à convaincre qu’il est le mieux à même de défendre ses intérêts sera sans doute le vainqueur au soir du 6 novembre prochain.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 11 juillet 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. En Californie, les enfants vont-ils avoir plus de deux parents?!

Combien de parents avez-vous? Deux répondriez-vous confiant, en bon élève que vous êtes, ayant suivi attentivement votre cours de biologie ou tout simplement parce que, comme n’importe qui, vous savez que vous n’avez qu’une mère et qu’un père possibles.
Eh bien, vous avez tout faux. En tout, c’est ce dit Mark Leno, élu démocrate du Sénat de Californie et grand défenseur des droits des gays.
Il a ainsi déposé un projet de loi qui a déjà été voté par le Sénat et qui va bientôt se retrouver devant la Chambre des représentants à Sacramento.
Son argumentation n’est évidemment pas basée sur les règles de la reproduction mais sur les changements sociétaux et une vision politique très «liberal».
Bien sûr, on ne parle pas ici du cas de parents biologiques qui ont abandonné leur enfant qui a été ensuite adopté par une personne ou un couple qui en sont devenus légalement ses parents.
On ne parle pas non plus des homosexuels qui s’arrangent pour avoir des enfants sans passer par l’adoption grâce à la participation d’un ou d’une ami(e) qui n’ont aucune envie ensuite de s’en occuper.
En revanche, on parle bien d’une personne qui, pour différentes raisons, a un lien avec un enfant et qui veut le voir reconnu, notamment lors de séparations.
Ainsi, par exemple, des hommes ou des femmes qui conçoivent un enfant avec un couple gay (masculin ou féminin) et qui veulent s’impliquer dans sa vie avec l’accord de ce couple.
Autre exemple, celui de deux lesbiennes qui vivent ensemble et qui ont eu, avant de se rencontrer, des enfants avec les pères de ceux-ci.
Sans oublier le cas d’un enfant conçu par un homme et une femme, cette dernière se mariant enceinte avec un autre homme qui reconnaît le nouveau-né alors même que son père biologique n’a pas renoncé à ses droits paternels.
Quel doit être le statut et les droits de ces personnes?
C’est le but de Mark Leno de les définir, non pas, dit-il pour imposer quelque chose aux juges qui pourraient connaître de tels cas mais seulement pour leur donner plus de latitude afin de trouver la meilleure solution.
Par exemple, si un enfant a besoin d’être aidé, le fait de pouvoir qualifier une personne proche de celui-ci de parent, pourrait lui permettre de recevoir de l’argent ou de bénéficier d’une assurance-maladie.
De même, lors d’une séparation difficile ou dans le cas où les deux personnes impliquées se montrent incapables de s’occuper de leurs enfants, un juge pourrait désigner d’autres personnes comme «parents».
En revanche, il y a des côtés négatifs.
Le premier est d’ordre pratique. Si le nombre de parents d’un enfant augmente, comment cela se passe-t-il pour les déductions d’impôts pour enfants à charge, pour les héritages, pour les aides sociales, pour l’envoi des résultats scolaires, etc.
Beaucoup plus problématique, la multiplication des parents pourraient aboutir, non pas, à du mieux pour l’enfant (qui pourrait vivre difficilement cette situation) mais seulement pour les adultes.
Déstabilisé par cet afflux de parents, l’enfant n’en retirait alors pas grand-chose.
Il serait un peu plus cet «objet» qu’il est menacé de devenir avec des notions très ambigües comme celle du «droit à l’enfant» pour tous (avec toutes les méthodes de procréation assistée, l’adoption par les couples gays) ou encore de celui de bébé-médicament (conçu avant tout pour venir en aide à un frère ou une sœur malade par la possibilité d’utiliser ses cellules-souches), notions qui ne prennent que rarement en compte son bien être physique et mental.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 8 juillet 2012

La Chine fait son entrée dans la campagne électorale américaine

Il était évidemment que la Chine serait un des acteurs de la présidentielle américaine. Mais, jusqu’à présent, on parlait plus d’Israël et de la Russie en matière de géopolitique et de relations internationales.
Le clip que vient de réaliser l’équipe de campagne d’Obama pourrait changer la donne.
Intitulé «Le problème», il affirme qu’en matière d’emplois, «Mitt Romney n’est pas la solution, mais le problème».
Sur fond de croissance molle et de chômage élevé, le président des Etats-Unis accuse son adversaire républicain d’avoir été un des responsables des délocalisations d’emplois occupés par des Américains et partis en Chine.
Ainsi, la société Bain Capital dont Romney était le dirigeant a effectué des restructurations d’entreprises en difficulté et une des solutions adoptées a été, effectivement, la délocalisation d’emplois en Chine et en Inde ainsi que dans d’autres pays.
Cependant, aucune preuve que le candidat républicain ait lui-même coordonné ces délocalisations n’a encore été apportée ont affirmé plusieurs médias indépendants.
Quant à l’équipe de campagne de Mitt Romney, elle a immédiatement réagi en affirmant que ce clip était un mensonge.
A noter que cette attaque vient alors que l’Administration Obama a décidé de durcir le ton face à la Chine ces dernières semaines.
Elle a notamment de déposer une plainte à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) sur les tarifs douaniers chinois touchant les exportations automobiles américaines.
Celle-ci suit une autre plainte, cette fois-ci avec l’Europe et le Japon, sur le refus de la Chine de vendre ses terres rares en quantité suffisante à l’étranger.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 2 juillet 2012

Elections présidentielles 2012. Quel Romney, centriste ou réactionnaire, serait président des Etats-Unis?

L’éditorialiste Nicholas Kristof s’est amusé à proposer à ses lecteurs du New York Times un petit quiz à propos de déclarations sur plusieurs thèmes pour savoir lesquelles avaient été prononcées par Barack Obama ou Mitt Romney.
Exemple en matière d’avortement: «Je préserverai et protégerai le droit des femmes à choisir et je ferai tout pour honorer ma position en la matière»; «Je me battrai pour changer la législation Roe contre Wade» (qui est la décision de la Cour suprême autorisant l’avortement).
Le problème est que les deux citations, comme toutes les autres de ce quiz, viennent du même homme, Mitt Romney!
Les Américains, s’ils choisissent l’ancien gouverneur du Massachussetts, éliront-ils le Romney centriste ou le Romney réactionnaire?
Kristof pense que Romney est avant tout un pragmatique plutôt modéré.
Lorsqu’il est entré en politique, il se définissait comme un indépendant modéré et aux vues progressistes, pas comme un républicain, et certains de ses conseillers actuels viennent du centre-droit.
Cependant, rien ne permet de dire, in fine, quand il a joué la comédie.
Est-ce quand il s’est présenté comme tel pour se faire élire gouverneur du Massachussetts, un des Etats les plus à gauche du pays, ou quand il a affirmé qu’il était un conservateur réactionnaire pour se faire désigner comme le candidat du Parti républicain à la prochaine élection présidentielle?
De même, l’éditorialiste du New York Times estime que Romney a pu évoluer.
De modéré, il pourrait ainsi être devenu un radical.
Mais, quel que soit sa véritable identité politique, il sera très difficile à le savoir dans les mois qui viennent.
Car,, désormais, il doit ratisser large en adoptant un discours à mi-chemin entre ce qu’il disait il y a quelques années et ce qu’il a dit il y a quelques mois.
Il sera donc impossible de faire réellement la part des choses.
C’est évidemment un handicap pour lui, notamment aux yeux des électeurs «independents», ceux qui feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre.
Néanmoins, il garde ses chances d’accéder à la Maison blanche, si la situation économique empire et si le chômage replonge.
Non pas qu’il sera meilleur qu’Obama pour gérer la crise, mais il ne sera pas Obama…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 1 juillet 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Le juge et l’assurance-santé

Il y aurait donc un traître (version républicaine) ou un héros (version démocrate) à la Cour suprême des Etats-Unis. Et, sur les neuf juges, ce ne serait pas n’importe qui mais le premier d’entre eux, le président, le «Chief justice», nomme par George W. Bush pour être un fidèle serviteur des idées conservatrices, voire plus, du Parti républicain actuel.
Conservateur bon teint (ce qui fit, par exemple, que le sénateur Barack Obama refusa de voter sa confirmation au poste), jeune (pour lui permettre de demeurer le plus longtemps possible en poste, les juges de la Cour suprême étant nommé à vie), il n’avait guère déçu ses mentors et supporters jusqu’à présent.
Au contraire, dans une Cour où l’on trouve cinq juges nommés par des présidents républicains et quatre par des présidents démocrates, cela équivaut, en toute logique partisane mais pas en logique juridique, à faire généralement des majorités de cinq voix contre quatre.
Heureusement pour un certain équilibre, un des juges conservateurs, Anthony Kennedy, est plutôt un centriste de droite qui n’hésite pas à parfois mêler ses votes avec les «liberals».
Toujours est-il que cela continue à faire cinq voix contre quatre.
Et malgré les déclarations des juges indiquant que nombre de décisions, voire la majorité, sont prises à l’unanimité, ce qui intéresse les Américains ce sont les grandes questions politiques, économiques, sociales ou sociétales dont est saisie la Cour et qu’elle accepte de juger.
Et là, on en revient le plus souvent à cinq contre quatre.
C’est ce qui s’est passé jeudi lors de l’annonce de la décision tant attendue de la Cour suprême sur la légalité de la loi sur l’assurance-maladie que Barack Obama avait fait voter en 2010, une des réformes les plus importantes de sa présidence, si ce n’est «la» réforme emblématique, suite aux nombreux recours des républicains qui haïssent autant cette loi que l’hôte de la Maison blanche et qui espéraient détruire, et son œuvre et ses chances d’être réélu.
En faire un «looser» et, surtout, un «one-term president» comme ils le clamaient bien fort depuis près de quatre ans.
Ce qui n’avait pas été prévu par les médias, par les politiques et même par la population (dont une majorité est encore contre cette réforme), c’est que le chéri des conservateurs, celui que Mitt Romney, le candidat républicain à l’élection présidentielle de novembre prochain, couvrait jusqu’alors de louanges, a fait pencher la balance en faveur de Barack Obama!
Quelle mouche a donc piqué Chief justice John G. Roberts?
Tout simplement l’application de la loi car cette réforme de l’assurance-santé n’était pas du tout inconstitutionnelle…
Enfin, tout n’est pas aussi simple que cela.
En réalité, le président de la Cour est même allé jusqu’à trouver des arguments juridiques pour rendre légaux des points de la loi qui auraient pu être invalidés par le tribunal suprême.
Il n’a pas trituré la législation mais a appliqué certaine dispositions que n’avait pas invoquées l’Administration Obama pour affirmer la constitutionnalité de cette réforme, ce qui n’est pas interdit, comme il l’a rappelé dans l’explication de sa position.
Certains croient y déceler déjà des arrière-pensées politiques et idéologiques quant à de prochaines décisions de la Cour suprême qui seraient très conservatrices.
Il y a peut-être du machiavélisme derrière tout cela mais ce serait un raccourci bien malhonnête que de n’y voir que cela.
Tout comme le serait une banale question de personnes puisque certains commentateurs n’hésitent pas à dire que Roberts avait d’abord décidé de voter comme les quatre autres juges conservateurs avant de se raviser suite à quelques bisbilles entre lui et eux.
En réalité, John G. Roberts est un grand juriste et il est, comme tout le monde, préoccupé de la marque qu’il laissera, la sienne comme président de la plus haute institution juridique du pays dont le rayonnement est mondial.
Dès lors, pour un cas aussi important que cette réforme de l’assurance-santé, il a décidé qu’il fallait être au-dessus de la mêlée.
Ce qui en a fait un traître ou un héros…
Les réactions des élus et des juristes républicains montrent bien qu’ils attendaient, non pas, un jugement mais une décision politique. Certains affirment même que rien ne pourra racheter la faute de Roberts.
A l’opposé, les élus et juristes démocrates saluent l’indépendance de la Cour, eux qui n’arrêtaient pas de la critiquer pour sa politisation…
Car autre chose est certainement entré en ligne de compte dans le choix de valider cette réforme par son président: la continuelle dégradation de l’image de la Cour suprême dans la population.
Depuis des années, les Américains ne voient plus que dans cette vénérable institution, un outil au service de l’idéologie partisane où toutes les décisions sont rendues en faveur d’un camp politique contre un autre (actuellement la droite contre la gauche).
Cette dérive de l’image de la Cour suprême est récente mais elle ne cesse de gagner du terrain.
En réalité, la Cour a toujours été politisée et a toujours rendu des décisions partisanes sur de grandes questions de société. Il faut se rappeler ainsi la bataille épique qui opposa le président Franklin Roosevelt et la Cour suprême à propos de maintes décisions du New Deal.
Néanmoins, le point de rupture a été atteint pour beaucoup quand elle a décidé d’attribuer la victoire de la présidentielle en 2000 à George W. Bush et à empêcher le recomptage des bulletins qui aurait pu donner la victoire à Al Gore (celui-ci ayant, de toute façon, eu plus de voix que son adversaire mais moins de grands électeurs).
Il sera intéressant de voir si les Américains auront une meilleure image de la Cour après cette décision.
Néanmoins, au vu de l’opinion des quatre juges conservateurs qui ont voté contre la constitutionnalité de la réforme sur l’assurance-santé, ce petit rayon de soleil de légalité dans ce marigot politicien risque d’être de courte durée.
D’autant que rien ne dit que l’audace d’indépendance de John G. Roberts vis-à-vis de son camp aura des lendemains…
Alexandre Vatimbella
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