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jeudi 30 août 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. «Oui, les riches sont différents»!


«Oui, les riches sont différents», tel est le titre de l’article du Pew research center qui accompagne un sondage sur la vision des classes aisées par les Américains.
Mais en quoi sont-ils différents et pour qui?
Pour 43% des personnes interrogées, ils sont plus intelligents que les autres (50% n’ont pas d’avis ou estiment qu’il n’y a pas de différence avec le reste de la population, 8% qu’ils sont moins intelligents), 42% qu’ils travaillent plus, 55% qu’ils sont plus avides et 34% qu’ils sont moins honnêtes (54% n’ont pas d’avis ou estiment qu’il n’y a pas de différence avec le reste de la population, 12% qu’ils sont plus honnêtes).
Si l’on compare maintenant les avis selon les appartenances politiques, on ne sera guère étonné que 55% des républicains estiment que les riches travaillent plus durs contre seulement 33% des démocrates et que 49% des républicains les voient également plus intelligents contre 38% des démocrates.
A l’inverse, on ne sera guère plus étonné, que 65% des démocrates estiment qu’ils sont plus avides contre seulement 42% des républicains et que seuls 8% des démocrates les voient honnêtes contre 18% des républicains…
Par ailleurs, 58% des Américains pensent que les riches ne paient pas assez d’impôts alors qu’ils sont 50% à affirmer que les classes moyennes paient une part équitable des impôts (et 37% que les pauvres paient trop d’impôts).
Pas besoin de préciser que 44% des républicains estiment que les riches paient une part équitable des impôts alors que 78% des démocrates disent le contraire (et quand même 33% des républicains)!
65% des Américains estiment que l’écart entre les riches et les autres s’est creusé ces vingt dernières années et 57% estiment qu’il s’agit d’une mauvaise chose.
Quand on se penche sur l’existence des personnes riches, on s’aperçoit que 85% sont très satisfaites de leur vie familiale, 79% de leur éducation et 75% de leur condition de logement, des pourcentages beaucoup plus élevés que pour les personnes pauvres ou de la classe moyenne.
De même pour la santé dont les riches estiment à 44% que la leur est excellente et 45% qu’elle est bonne (contre 32% et 46% pour la classe moyenne et 19% et 40% pour les pauvres).
Les riches connaissent également moins de tracas alors que le pays vit des moments difficiles. Au cours des douze derniers mois, ils ne sont que 7% à avoir eu des difficultés pour payer leur loyer ou leur hypothèque, 7% à avoir perdu leur travail, 11% à avoir eu des difficultés à payer pour des soins médicaux, 13% à avoir eu des difficultés à payer leurs factures, 41% à avoir dû faire des coupes dans leur dépenses contre respectivement 45%, 25%, 45%, 64% et 84% des personnes aux plus bas revenus.
De plus, 62% des gens des classes supérieures affirment qu’ils sont financièrement plus en sécurité qu’il y a dix ans ( contre 44% pour les classes moyennes et les classes inférieures), 43% qu’ils sont totalement satisfaits par leur travail (contre 31% et 20%), 42% qu’ils sont très heureux de leur vie (contre 32% et 20%) et 33% qu’ils ne sont jamais ou presque jamais stressés (contre 23% et 13%).
A l’évidence, comme le dit le bon sens populaire, l’argent ne fait pas le bonheur mais en avoir y participe grandement…
Quant à savoir qui peut être considéré comme aisé, les sondés répondent que pour une famille avec quatre enfants cela revient à gagner 150.000 $ par an (avec des variations selon les régions, les gens des grandes villes du Nord-est estimant que ce montant doit s’élever à 200.000 dollars).
Enfin, et personne ne sera surpris dans ces temps de radicalisation politique, 71% des personnes aisées votent pour les républicains alors que 50% de celles de la classe moyenne et 60% des pauvres votent pour les démocrates.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 28 août 2012

Elections présidentielles 2012. Existe-t-il un «vrai» Mitt Romney?


Les médias américains se posent cette question depuis que le candidat républicain qui vient d’être investi par son parti lors de la Convention de Tampa (Floride) a changé la plupart de ses opinions, parfois prenant le contrepied exact de ce qu’il disait auparavant, notamment sur les sujets de société, de l’avortement à l’assurance santé en passant par le changement climatique.
Autrefois, il défendait toutes ces positions contre lesquelles il est désormais.
Autrefois, il était considéré comme un modéré, voire un centriste.
Comme l’explique un conseiller de Mitt Romney sous couvert d’anonymat, interrogé par le quotidien Boston Globe, il devait obligatoirement changer s’il voulait être le candidat républicain.
Mais certains de ses anciens amis estiment qu’il s’est fourvoyé car il reste au fond de lui-même un modéré alors que d’autres pensent qu’il a toujours été un homme «façonné par le pragmatisme», c’est-à-dire favorisant les buts qu’il se fixe et adaptant à ceux-ci ses valeurs et son discours.
D’où cette impression de «flip-flop» (de volte-face mais également d’indécision) qui lui colle à la peau.
Ainsi, il fut libéral comme candidat puis gouverneur du Massachussetts (un des Etats les plus à gauche de l’Union) et il est un conservateur proche des réactionnaires en tant que candidat du Parti républicain (de plus en plus radicalisé à droite) à l’élection présidentielle.
Ses conseillers, eux, tentent de faire accréditer la thèse selon laquelle il a eu une sorte de révélation et que ses idées actuelles ne font que traduire sa nouvelle vision politique.
Romney, quant à lui, se déclare «sévèrement» conservateur.
En réalité, le problème est que Romney souhaitait se présenter comme l’anti-Obama intégral et de faire de la présidentielle un référendum contre le président sortant, à la fois, pour masquer son vide programmatique mais également pour adopter toutes les positions extrêmes du Parti républicain et donner des gages aux militants les plus à droite.
A ce sujet, d’ailleurs, une des réponses favorites du candidat républicain, lorsqu’on lui pose une question sur ses positionnements passés est d’affirmer qu’il ne se préoccupe pas d’hier mais uniquement de demain…
Sentant cela, les démocrates ont alors décidé d’accès prioritairement leur campagne sur l’homme Romney pour démontrer qu’il n’était qu’un riche financier, plaçant son argent à l’étranger pour échapper à l’impôt, déconnecté des préoccupations des gens «normaux» et sans réelle expérience du pouvoir.
Et ils ont réussi, les Américains étant plus que réservés sur Romney ainsi que le montre l’ensemble des sondages.
Ceci pourrait s’avérer comme un handicap rédhibitoire pour le républicain sachant que jamais un candidat qui, majoritairement, n’inspirait pas confiance n’a été élu à la Maison blanche.
Dès lors, l’équipe de campagne d’Obama continuera à poser des questions dérangeantes sur le «vrai» Mitt Romney.
Pour autant, rappelons aussi qu’aucun président sortant n’a jamais été réélu avec un taux de chômage aussi élevé qu’actuellement!
Faites vos jeux…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 25 août 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Les Etats-Unis à la recherche du consensuel et centriste «conservatisme libéral» perdu


Nombre de médias américains et leurs éditorialistes vedettes se désolent actuellement de la disparation de cette Amérique idéale des années d’après-guerre où, selon eux, régnait un consensus entre les partis mais aussi dans la population qui faisait dire aux plus optimistes de l’époque qu’il n’existait pas de lutte des classes aux Etats-Unis, une affirmation très exagérée qui a pourtant traversé le temps.
On ne peut comprendre cette nostalgie développée depuis cinq ans et le début de la Grande Récession si on oublie que ce fut une période de plein emploi, de croissance forte et d’une croyance partagée sur l’avenir radieux d’un monde sous leadership américain.
Seule la menace de l’Union soviétique et d’un nouveau conflit mondial tempérait l’optimisme d’alors.
Mais, comme le pointait déjà il y a 35 ans l’historien Godfrey Hodgson (*), cette période idyllique, si elle exista vraiment, ne dura que quelques courtes années, de 1954 à 1963, voire jusqu’à 1965.
Pour la caractériser, Hodgson parlait «de conservatisme libéral» mais l’inversion des deux termes était également exacte.
Il consistait dans une quasi-unanimité de la classe politique sur la manière de gouverner le pays, caractérisée, notamment, par la décision du républicain Eisenhower de valider les réformes et les avancées sociales réalisées par le New Deal du démocrate Roosevelt.
En cette année 2012, alors que s’ouvre ce week-end la Convention républicaine qui va officialiser la candidature de Mitt Romney à la prochaine présidentielle avec son colistier Paul Ryan, on est vraiment très loin de ce consensus avec les positions prises par le parti sous l’impulsion du Tea Party, mouvance de la droite extrême et réactionnaire dont la naissance a suivi de près l’élection de Barack Obama en 2008.
Tellement loin que l’éditorialiste centriste Thomas Friedman, dans le New York Times, vient de souhaiter ardemment qu’il y ait à nouveau de vrais conservateurs à la tête du Parti républicain pour prendre des positions réalistes et des décisions urgentes sur les problèmes-clés en concertation avec les démocrates.
Car la formation d’Abraham Lincoln et de Theodore Roosevelt ne compte désormais plus guère que des radicaux de plus en plus durs.
Les quelques modérés restants qui ont réussi à survivre sont perdus dans un tourbillon réactionnaire qui les vilipendent sans cesse.
Une situation qui n’est pas sans rappeler l’élection présidentielle de 1966 où le républicain d’extrême-droite et revendiquant son extrémisme sans états d’âme, Barry Goldwater – qui demeure toujours une icône pour les membres du Tea Party -, se fit battre à plate couture par le démocrate Lyndon Johnson.
Après cette Bérézina, les républicains s’étaient recentrés assez vite avant de se radicaliser à nouveau sous l’ère Ronald Reagan sans pour autant que ce dernier ne détruise une politique bipartisane traditionnelle lorsqu’il se rendit compte que les idéologues de la droite extrême qui le conseillaient étaient en train de conduire le pays dans le mur (les mêmes qui sont les inspirateurs des politiques prônées par Paul Ryan et reprises à son compte par Mitt Romney…).
Une défaite des républicains aux élections du 6 novembre (présidentielle, législatives et sénatoriales) serait une énorme gifle pour les radicaux et une opportunité pour les modérés et les conservateurs de reprendre les rênes du parti.
Quoiqu’il en soit, ce serait une excellente nouvelle pour le pays qui doit, d’ores et déjà, faire face à de nombreux et gigantesques défis.
Le blocage politique voulu par les républicains pour faire de Barack Obama un «one term president» (le président d’un seul mandat), est extrêmement dommageable pour l’ensemble de la population.
En refusant les réformes absolument indispensables afin d’éviter une nouvelle crise profonde dans de multiples secteurs allant de l’économie à l’éducation en passant par l’immigration et la santé, sans oublier les finances publiques, ils font prendre un énorme risque à leur pays.
Pour que revienne ce «conservatisme libéral» dont le fondement est l’acceptation que, dans une économie de marché, l’Etat a un rôle à jouer, notamment pour faire les ajustements nécessaires afin d’éviter la survenance d’épisodes tel celui de 2007 (l’Administration de George W Bush ne le pratiquait déjà plus), il faut que les républicains cessent de se raconter une histoire de leur pays qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais, quel que soit son attrait idéologique et fantasmagorique.
Comme toute démocratie dans le monde, les Etats-Unis ne peuvent fonctionner sans une régulation et sans un interventionnisme des pouvoirs publics.
Le nier, c’est nier tout le miracle américain de 1940 à 1970, celui qui fit des Etats-Unis la première puissance mondiale, sans adversaire autre qu’une fausse image d’une Union Soviétique qui s’effondra devant la compétition imposée par son adversaire.
L’ennui avec les idéologues bornés qui peuplent le Parti républicain mais que l’on retrouve dans tous les partis politiques du monde entier de gauche et de droite (et même parfois du Centre!), est qu’ils préfèrent perdre ou même mener leur pays à sa perte plutôt que d’avoir une approche pragmatique de la réalité, seule à même de permettre les adaptations et les réformes nécessaires.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) Godfrey Hodgson, «America in our time», 1976, Random House

mercredi 22 août 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. De l’honnêteté des Américains selon le thé glacé!


Depuis plusieurs années, le groupe Coca Cola fait une expérience dans plusieurs villes américaines pour tester l’honnêteté de milliers de consommateurs (et, bien sûr, analyser leurs comportements pour en tirer des leçons en matière commerciale…).
Il s’agit de mettre un distributeur de boisson (en l’occurrence du thé glacé en bouteilles baptisé «Honest Tea») et de demander aux personnes qui se servent de déposer elles-mêmes un dollar dans une urne transparente.
Celles-ci ont donc le choix de boire payant ou gratis dans ce que les promoteurs appellent un «honor system».
Voici les résultats dans les trente villes sélectionnées cette année.
 «The national honnesty index», c’est le nom de ce baromètre, révèle ainsi que 100% des personnes qui ont pris une bouteille d’Honest Tea (habitants et visiteur) à Oakland (une des villes les plus à gauche des Etats-Unis) et celles à Salt Lake City (une des villes les plus à droite, «capitale» mondiale des Mormons) ont mis leur dollar dans l’urne.
Juste derrière, 99% des personnes testées à Boulder (Colorado) ont fait de même.
En revanche, seuls 92% des personnes testées à New York ont payé, ce qui place la ville en quinzième position.
Dans le détail, les personnes qui ont pris une bouteille à Manhattan ont payé leur dû à 94% (avec un pic sur Madison avenue de 98% et un autre de 97% à Wall Street) alors que celles qui ont fait de même à Brooklyn n’ont été que 61% à mettre leur dollar (le plus mauvais résultat de toute l’enquête).
Quant aux personnes testées dans les autres quartiers de Big Apple, ils ont été honnêtes à 85% dans le Bronx, à 87% dans le Queens et à 92% à Staten Island.
A noter que seuls 88% des personnes testées à Hollywood ont payé (il faut dire que seuls 79% des celles de Los Angeles, ville dernière du classement, ont mis leur dollar dans l’urne…) alors que 93% de celles de la Silicon Valley l’ont fait (et 97% de celles de San Francisco).
Les cinq endroits les moins honnêtes sont le centre commercial Atlantic terminal de Brooklyn (61% de payeurs), la plage de Venice à Los Angeles (76%), la promenade sur les quais de Chelsea à Manhattan (82%), le centre commercial de la 16° rue de Denver (80%) et le quartier de South Side à Chicago (82%).
Plus amusants sont les résultats suivants: 96% des barbus ont payé tout comme 95% des grisonnants, 94% des roux ainsi que des personnes avec des enfants, 93% des fans de sport, 92% des femmes châtain ainsi que des cyclistes ou de ceux portant des lunettes de soleil, 90% des blondes, 89% des surfeurs, 86% des fans de bandes dessinées et 85% des chauves!
Les résultats publiés ne disent pas, en revanche, quel est le pourcentage des chauves barbus, roux avec des enfants, fans de sport portant des lunettes de soleil honnêtes…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 17 août 2012

Elections présidentielles 2012. Electeurs républicains et démocrates de plus en plus divisés sur le rôle économique de l’Etat

Trente-cinq points de différence entre les visions républicaine et démocrate du rôle de l’Etat dans l’économie, voilà une nouvelle preuve de la radicalisation des deux bords, en particulier des républicains et de leur frange extrémiste de droite représentée largement au sein du mouvement Tea Party.
Ainsi, selon un sondage du Pew Research Center, 76% des électeurs républicains (87% de ceux proches des thèses du Tea Party) estiment que la régulation de l’Etat dans les affaires fait plus de mal que de bien alors qu’ils ne sont que 41% des électeurs démocrates à partager ce point de vue.
En 2007, dans un pays largement pour la liberté dans tous les domaines, 57% des électeurs républicains mais aussi des électeurs démocrates pensaient la même chose.
Depuis, la crise est passée par là avec tous les comportements frauduleux et malhonnêtes des secteurs de l’immobilier, de l’assurance et de la finance entre autres, les scandales touchant actuellement de nombreuses banques continuent d’ailleurs à alimenter les gros titres des médias américains et mondiaux.
Du coup, les électeurs au centre et de gauche ont revu leur point de vue en matière de régulation étatique.
Ainsi, au-delà d’une vision négative de ce que produit cette régulation, il faut noter, toutefois, que 62% des électeurs républicains qui ne sont pas affiliés au mouvement du Tea Party estiment que la régulation du marché par l’Etat est une nécessité.
De leur côté les démocrates conservateurs et modérés sont 79% à le penser.
Mais si l’on prend les deux franges les plus radicales dans les deux partis, on s’aperçoit que 68% des électeurs républicains se disant proches du Tea Party estiment qu’une régulation du marché n’est pas nécessaire alors que 82% des électeurs démocrates se considérant comme «liberal» (plus à gauche voire très à gauche) pensent le contraire.
Ce différentiel énorme entre ces deux franges - 150 points! – est bien une nouvelle preuve d’un fossé qui se creuse de plus en plus entre les deux grands partis qui doivent rassembler tous leurs électeurs avant de se tourner vers ceux qui ne se disent affilier à aucun d’eux, les «independents» dont une partie est considérée comme centriste.
Cependant, il convient de rappeler une évidence trop souvent zappée par les commentateurs des deux côtés de l’Atlantique: la radicalisation des républicains et leur virage très à droite a déplacé le centre de gravité de la vie politique américaine.
En revanche, il n’a pas déplacé le lieu du Centre.
Résultat, la très grande majorité des élus centristes sont désormais au Parti démocrate alors que les derniers qui restaient encore au Parti républicain ont, soit décidé de se retirer de la politique telle la sénatrice du Maine, Olympia Snow, soit ont été battus à plate couture lors des primaires républicaines.
Selon les politologues, cette situation devrait être très préjudiciable pour les républicains dans les années à venir, les obligeant alors à se recentrer.
Nous n’en sommes, malheureusement, pas encore là…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 13 août 2012

Elections présidentielles 2012. Romney, du centre à la droite dure

En annonçant son «ticket» avec Paul Ryan, Mitt Romney a finalement choisi son camp.
Par sa décision de prendre le représentant du Wisconsin comme son colistier pour la présidentielle de novembre prochain, il a envoyé un signe fort à la droite dure du Parti républicain pour lui signifier son ralliement.
Car Paul Ryan, désormais candidat républicain à la vice-présidence, est un militant de longue date de la fin totale de l’interventionnisme de l’Etat, de la réduction des déficits et de la protection des plus riches.
Une de ses références idéologiques n’est autre qu’Ayn Rand, une écrivain égérie de la droite extrême qui prônait la fin totale de l’Etat et un laisser-faire où les plus forts et les plus riches seraient les gagnants.
Paul Ryan est d’ailleurs un idéologue particulièrement apprécié par les partisans du mouvement Tea Party proche de la droite extrême.
Et, selon les dires de la femme de Mitt Romney, Ann, son mari ne pouvait que choisir quelqu’un qui partageait les mêmes valeurs que lui.
Dont acte.
Mais si Ryan est très à droite, beaucoup plus que Romney il faut en convenir, contredisant malgré tout l’épouse du candidat républicain, ils sont tous deux des politiciens professionnels, peu en connexion avec le peuple.
Paul Ryan n’a quasiment jamais travaillé dans le privé comme le rappelle le site Politico et nombre de républicains en sont inquiets comme ils le sont, à la fois, de son extrémisme et du fait qu’il soit un pur produit de Washington alors que le message de Romney est principalement de fustiger tout ce qui vient de la capitale fédérale…
Il est, en outre, l’auteur d’un projet sulfureux de réduction des déficits publics tellement draconien et partisan (faisant payé la note aux plus pauvres et à la classe moyenne) que beaucoup de ses collègues républicains ont prix leur distance avec celui-ci même si la Chambre des représentants l’a adopté tout en sachant très bien que le Sénat à majorité démocrate le refuserait catégoriquement…
Et s’il fallait encore prouver que Paul Ryan est un conservateur très à droite, signalons simplement que le choix de Romney a été applaudi par la frange la plus réactionnaire du Parti républicain comme la meilleure décision prise à ce jour par leur candidat à la présidentielle.
Deux questions se posent maintenant.
A quel type de campagne allons-nous assister et quelles sont les chances de victoire de Mitt Romney?
A la dernière question, les réponses des analystes oscillent entre «plus aucune» et «une meilleure chance»!
Evidemment, ceux qui sont proches des démocrates sont plus nombreux à prédire une défaite cuisante du candidat républicain.
Néanmoins, on peut être étonné de ce choix qui va polariser un peu plus la campagne alors que tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut s’attacher les «independents» (électeurs qui se disent ni démocrates, ni républicains et dont une grande partie se situent au centre) pour gagner.
Pour être honnête, disons, qu’à l’opposé, certains analystes estiment que la clé principale du vote cette année sera plus de faire venir aux urnes les électeurs qui sont proches de vous que de convaincre les indécis, ce qui légitimerait ce choix clivant.
Pour autant, sans la frange centriste de l’électorat, pas de victoire.
Donc, après avoir rassuré sa base – et l’on comprend alors le choix de Ryan pour être vice-président – il faut avoir un discours rassembleur, tout ce que n’est pas le représentant du Wisconsin.
De plus, avec ses projets de privatisation du programme de santé pour les plus âgés, il va faire peur (un récent sondage indiquait que 79% des Américains étaient contre toute mesure allant dans ce sens).
Cependant, avec Paul Ryan, Mitt Romney a donné du contenu programmatique à sa campagne qui en manquait totalement.
Se présentant comme le meilleur gestionnaire possible en ces temps difficiles, il n’avait que peu de mesures concrètes à proposer.
Du coup, il était très vulnérable à toutes les campagnes démocrates qui s’attaquaient à sa personne.
Avec Ryan, il peut espérer déplacer le débat sur les idées, même s’il risque alors un effondrement du type de celui de Goldwater – candidat républicain de la droite extrême aux élections de 1964 – qui permit à Lyndon Johnson d’être un des candidats les mieux élus de l’histoire des présidentielles américaines.
Car en décortiquant les idées de Ryan, ce que les démocrates ne vont pas se gêner de faire, celles-ci vont apparaître comme très radicales.
Et, entre le très et le trop, il n’y a souvent qu’un pas  que franchissent assez souvent les électeurs…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 4 août 2012

L’ancien gouverneur de Californie estime que les centristes américains sont «cuits»

Destitué en 2003 par un référendum et remplacé par Arnold Schwarzenegger, l’ancien gouverneur démocrate de la Californie, Gray Davis, a déclaré dans un récent interview que, selon lui, les centristes aux Etats-Unis étaient  aujourd’hui «cuits» avec la polarisation grandissante entre les deux grands partis, républicain et démocrate.
Davis, qui se définit comme un homme du centre-gauche, a estimé qu’il faut être «soit à gauche soit à droite sinon vous finissez avec les deux côtés qui vous tirent dessus».
Il a ajouté qu’il «est très difficile d’être au centre dans l’environnement actuel, ce qui est une honte parce que les gens payent les salaires des élus afin que ces derniers les aident à vivre une vie meilleure et tout ce qui se passe est que chaque côté blame l’autre et que rien n’est fait».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 3 août 2012

Plus de créations d’emplois en juillet mais un taux de chômage en hausse…

L’économie américaine a créé 164.000 nouveaux emplois en juillet, ce qui est nettement meilleur que les 64.000 (chiffre revu à la baisse) de juin.
Mais cela n’a pas empêché le taux de chômage de passer de 8,2% à 8,3% de la population active du fait de la révision du mois de juin.
Néanmoins, les marchés ont immédiatement réagi positivement puisque le chiffre des nouveaux emplois créés était estimé à 100.000 et a donc été largement dépassé.
Louis-Jean de Hesselin
© 2012 LesNouveauxMondes.org