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vendredi 17 août 2012

Elections présidentielles 2012. Electeurs républicains et démocrates de plus en plus divisés sur le rôle économique de l’Etat

Trente-cinq points de différence entre les visions républicaine et démocrate du rôle de l’Etat dans l’économie, voilà une nouvelle preuve de la radicalisation des deux bords, en particulier des républicains et de leur frange extrémiste de droite représentée largement au sein du mouvement Tea Party.
Ainsi, selon un sondage du Pew Research Center, 76% des électeurs républicains (87% de ceux proches des thèses du Tea Party) estiment que la régulation de l’Etat dans les affaires fait plus de mal que de bien alors qu’ils ne sont que 41% des électeurs démocrates à partager ce point de vue.
En 2007, dans un pays largement pour la liberté dans tous les domaines, 57% des électeurs républicains mais aussi des électeurs démocrates pensaient la même chose.
Depuis, la crise est passée par là avec tous les comportements frauduleux et malhonnêtes des secteurs de l’immobilier, de l’assurance et de la finance entre autres, les scandales touchant actuellement de nombreuses banques continuent d’ailleurs à alimenter les gros titres des médias américains et mondiaux.
Du coup, les électeurs au centre et de gauche ont revu leur point de vue en matière de régulation étatique.
Ainsi, au-delà d’une vision négative de ce que produit cette régulation, il faut noter, toutefois, que 62% des électeurs républicains qui ne sont pas affiliés au mouvement du Tea Party estiment que la régulation du marché par l’Etat est une nécessité.
De leur côté les démocrates conservateurs et modérés sont 79% à le penser.
Mais si l’on prend les deux franges les plus radicales dans les deux partis, on s’aperçoit que 68% des électeurs républicains se disant proches du Tea Party estiment qu’une régulation du marché n’est pas nécessaire alors que 82% des électeurs démocrates se considérant comme «liberal» (plus à gauche voire très à gauche) pensent le contraire.
Ce différentiel énorme entre ces deux franges - 150 points! – est bien une nouvelle preuve d’un fossé qui se creuse de plus en plus entre les deux grands partis qui doivent rassembler tous leurs électeurs avant de se tourner vers ceux qui ne se disent affilier à aucun d’eux, les «independents» dont une partie est considérée comme centriste.
Cependant, il convient de rappeler une évidence trop souvent zappée par les commentateurs des deux côtés de l’Atlantique: la radicalisation des républicains et leur virage très à droite a déplacé le centre de gravité de la vie politique américaine.
En revanche, il n’a pas déplacé le lieu du Centre.
Résultat, la très grande majorité des élus centristes sont désormais au Parti démocrate alors que les derniers qui restaient encore au Parti républicain ont, soit décidé de se retirer de la politique telle la sénatrice du Maine, Olympia Snow, soit ont été battus à plate couture lors des primaires républicaines.
Selon les politologues, cette situation devrait être très préjudiciable pour les républicains dans les années à venir, les obligeant alors à se recentrer.
Nous n’en sommes, malheureusement, pas encore là…
Alexandre Vatimbella
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