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dimanche 30 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. Les priorités des électeurs

Dans trois jours aura lieu dans le Colorado, le premier des trois débats télévisés qui vont opposer Barack Obama, le président sortant, à son challenger, Mitt Romney.
Alors que les principaux médias publient les questions qu’ils aimeraient poser aux deux candidats mais, surtout, auxquelles ils voudraient que ceux-ci répondent, le Pew Reseach center, lui, a mené une enquête sur les priorités des électeurs.
Sans surprise, les deux premières «très importantes pour leur vote» sont l’économie (87%) et l’emploi (83%)… tout comme lors de l’élection de 2008 (87% et 80% respectivement).
Viennent ensuite, la santé (74%), l’éducation (69%), le déficit budgétaire (68%), les impôts (66%), Medicare (l’assurance-santé pour les personnes âgées, 65%), puis, dans l’ordre, le terrorisme, la politique étrangère, l’énergie, l’avortement et l’immigration.
Si l’on prend maintenant les questions prioritaires pour chaque camp (les électeurs démocrates, les républicains mais aussi ceux encore indécis), elles en sont pas exactement les mêmes hiérarchiquement.
Pour les électeurs d’Obama, viennent en tête l’éducation (84%), l’économie (83%), les soins médicaux (82%), l’emploi (81%) et Medicare (74%).
Ceux de Romney placent dans les cinq premiers l’économie (93%), les emplois (87%), le déficit budgétaire (82%), les impôts (70%) et le terrorisme (68%).
Concernant les priorités des électeurs encore hésitants, vient en tête l’économie (85%), suivie de l’éducation et l’emploi à égalité (74%) puis les soins médicaux (65%) et le déficit budgétaire (65%).
Par ailleurs, il est intéressant de noter que 69% des Américains estiment que le meilleur moyen de résorber le déficit budgétaire est une combinaison d’augmentation des impôts et de réduction des plus grosses dépenses alors qu’ils ne sont que 16% à déclarer que c’est avant tout la réduction de ces dépenses et 6% que c’est surtout l’augmentation des impôts (on comprend que celle-ci n’est pas la préférence…).
Si l’on voit là une vision assez bipartisane du problème du déficit de la part de la population qui est assez proche de la position de Barack Obama, en revanche, l’opinion demeure de plus en plus divisée sur l’aide aux plus pauvres.
Ainsi, trente-cinq points séparent dorénavant les républicains et les démocrates sur la nécessité de mettre en place un filet social de sécurité pour ceux-ci.
Seuls 40% des républicains estiment que «c’est de la responsabilité du gouvernement de prendre soin des personnes qui ne sont pas capables de prendre soin d’eux-mêmes» (18% de moins qu’en 2007) alors que 75% des démocrates sont de cet avis (79% en 2007).
Si l’on rajoute les «independents» (ceux qui ne se disent affiliés à aucun parti), le pourcentage total est de 59% (contre 69% en 2007).
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 25 septembre 2012

La menace chinoise et les Etats-Unis


En cette période électorale aux Etats-Unis mais également de changement de direction en Chine, les tensions sont fortes entre les deux pays.
Des tensions qui sont exacerbées par l’agressivité, depuis deux ans, des autorités chinoises vis-à-vis de beaucoup d’autres pays dans le monde et plus particulièrement sur leurs voisins proches sur tout et n’importe quoi mais, essentiellement sur des différends territoriaux qui ont l’avantage de pouvoir servir d’exutoire à une population privée de son droit à la liberté d’expression, majoritairement nationaliste ainsi que traditionnellement hostile aux étrangers.
Les actuels événements entre la Chine et le Japon (mais aussi entre la Chine et le Vietnam, les Philippines, l’Inde, etc.) à propos de quelques îlots revendiqués par les deux pays sont, à ce propos, emblématiques (voir notre article sur le sujet).
Cette menace guerrière de la Chine n’est qu’une des facettes de la menace globale que la puissance asiatique fait peser sur le monde.
Il y a également la menace économique mais aussi la menace environnementale.
Quand on parle de la menace économique, cela recouvre à la fois le commerce international, les conséquences des pratiques économico-financières, les problèmes des matières premières et le type de développement suivi par la Chine.
On comprend que celle-ci veuille se développer d’autant qu’une grande partie de sa population est encore pauvre, voire très pauvre.
Néanmoins la communauté mondiale ne peut accepter que cela se fasse à son détriment.
Le contournement des règles commerciales et financières ou la volonté de ne pas se préoccuper des conséquences écologiques pour booster le plus possible sa croissance afin d’éviter au pouvoir communiste en place de perdre sa légitimité face au peuple, tout autant, que l’agressivité diplomatique et militaire, ne peuvent laisser les autres pays sans réaction et au premier rang desquels, les Etats-Unis
Face à cette menace, les Américains ont décidé après une opération main tendue sans grand résultat de signifier aux Chinois qu’ils ne se laisseraient pas faire.
Relatant un dialogue tendu entre Barack Obama, le président américain, et Hu Jintao, le président chinois, en novembre 2010, le New York Times (*) estime qu’il fut «un tournant dans la relation complexe du président (américain) avec la Chine, un voyage qui avait commercé avec espoir et accommodement mais qui est tombé dans la désillusion après que Pékin commença à montrer ses muscles sur les questions commerciales et militaires, prouvant être un partenaire agressif sur nombre de problèmes mondiaux».
Renforcement militaire en Mer de Chine, plaintes devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce), politique diplomatique volontariste vis-à-vis des alliés traditionnels (Japon, Thaïlande, Corée du Sud, par exemple) mais aussi des nouveaux (Inde, Vietnam) et des possibles (Birmanie), critiques de la politique monétaire chinoise, sont autant de signes parmi d’autres que Washington a réagi à l’impérialisme chinois qui se dessine ici ou là sous couvert d’un softpower prônant une harmonie confucianiste promu par le Parti communiste chinois ces dernières années et auquel plus personne ne croit désormais.
Bien entendu, les Etats-Unis avancent en terrain quelque peu miné.
D’une part, parce que la Chine est son plus gros créancier (même si celle-ci n’a aucun intérêt à jouer là-dessus car elle pourrait perdre une grande partie de ses réserves de change).
D’autre part, parce qu’une grave crise entre les deux pays pourraient avoir des conséquences désastreuses sur la mondialisation au moment où les Américains et les Européens traversent des turbulences économiques (mais qui impacterait grandement la Chine également).
Malgré tout, il semble que nous soyons loin, dorénavant, d’un partenariat entre la Chine et les Etats-Unis, ce fameux G2 qui aurait gouverné le monde entre deux puissances responsables et sachant que leur entente était bonne pour elles et le monde entier.
Néanmoins, on ne peut pas dire, non plus, que nous sommes entrés dans une ère d’affrontement paroxystique entre Pékin et Washington.
D’abord parce qu’aucun des deux pays ne peut se le permettre, ni n’a les moyens de cet affrontement et n’en retira pas forcément un avantage.
Ensuite parce que la puissance militaire chinoise est toute virtuelle pour l’instant. Les experts en la matière, malgré le nombre de soldats, malgré la modernisation des matériels et le récent lancement du premier porte-avions «made in China», estiment pour la plupart que ses capacités sont loin d’être démontrées.
Reste que la concurrence ne va certainement pas s’amenuiser car les deux pays ont une position à défendre: les Etats-Unis, celle de première puissance mondiale, la Chine, celle du retour à son «rang légitime», de sa puissance et de sa capacité de plus en plus grande à influencer le monde.
La seule inconnue, cependant, et elle est de taille, consiste à apprécier la sagesse d’un pouvoir autoritaire quand il se sent, sans pour autant que cela reflète la réalité, à la fois, assez fort vis-à-vis de l’extérieur et, en même temps, menacé de l’intérieur. Ici, l’histoire ne donne guère de motifs d’optimisme…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 22 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. Norman Ornstein: le Parti républicain n’est plus conservateur, il est de la droite radicale

Norman Ornstein était de passage à Paris pour donner une conférence sur les prochaines élections présidentielles pour la French American foundation.
Le politologue et chercheur à l’American Entreprise Insitute, think tank conservateur, est, notamment l’auteur avec Thomas E. Mann d’un best-seller actuel «It’s Even Wors Than It Looks: How The American Constitutional System Collided With The New Politics Of Extremism» («C’est encore pire que ce que vous pensez: le conflit entre le régime constitutionnel américain et les nouvelles politiques extrémistes»).
Situé au centre-droit, Ornstein a été récemment l’objet d’attaques très dures de la part des républicains après la parution de son livre, le chef de la minorité républicain au Sénat, Mitch McConnell allant même jusqu’à le traiter d’«ultra-ultra-ultra liberal»!
Il faut dire que le politologue n’y va pas avec le dos de la cuillère pour qualifier le virage à droite toute du Parti républicain ces dernières années.
Ainsi, il n’hésite pas à avancer que «le Parti républicain n’est plus conservateur, il est radical. Il ne rejette pas seulement Franklin Roosevelt (président démocrate, liberal, auteur du New deal) mais également Theodore Roosevelt (président républicain, conservateur progressiste auteur du Square deal», cousin du premier nommé).
Et de préciser que «si le Parti démocrate va de la gauche en centre-gauche, le Parti républicain est désormais totalement à droite».
Car, selon lui, si «la politique américaine est aussi divisée», c’est en grande partie la faute des républicains qui se sont droitisés à outrance ces dernières années, ce qui a fait dire à Jeff Bush, ancien gouverneur de la Floride, frère de George W Bush et fils de George H. Bush, que ce dernier ainsi que Reagan n’auraient plus aucune chance d’être nommés aujourd’hui leur candidat à la présidentielle.
Une des personnalités républicaines exemplaire de cette radicalisation sans fin et destructrice du fameux consensus américain est le précité Mitch McConnell, celui-ci ayant déclaré que son objectif était de faire, quoiqu’il arrive, de Barack Obama un «one term president» (président d’un seul mandat) et, pour cela, a fait en sorte de toujours prendre le contrepied du positionnement du président américain, l’obligeant même parfois à changer diamétralement d’opinion!
Un exemple? Mc Connell fut un des initiateurs d’une commission bipartisane du Congrès qui devait se pencher sur la réduction des déficits publics et qui reçut ensuite l’approbation du président ce qui fit, in fine, qu’il vota contre sa mise en place et qu’elle ne fut jamais créée…
On en est arrivé à ce que le Parti républicain ne supporte des mesures que si elles sont bonnes pour lui (en termes électoraux) et non bonnes pour les Etats-Unis, se désolent Norman Ornstein.
En outre, il pense que si le parti perd les présidentielles, il y aura une volonté de la part des extrémistes de se battre encore plus pour avoir, en 2017, un candidat à leur image et non un nouveau Mitt Romney qui n’a fait que se positionner sur leurs thèses sans réellement les partager.
Un réquisitoire sans concession mais aussi argumenté et une analyse pointue.
Pour autant, le politologue proche des républicains n’est pas totalement pessimiste sur l’avenir à court et moyen terme du parti.
Ainsi, il estime qu’il reste encore, à l’intérieur de ce dernier, des personnalités qui sont assez modérés et capables de mener une politique bipartisane quand il le faut, aux premiers rangs desquels il place l’ancien gouverneur de Floride, Jeff Bush, et le gouverneur actuel de l’Indiana, Mitch Daniels, deux hommes qui ont refusé de se présenter à la primaire républicaine cette année ou encore l’étoile montante afro-américaine, Mia Love, qui a fait un discours apprécié lors de la Convention républicaine de Tampa (Floride).
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 19 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. L’Amérique divisée ou les fausses gaffes de Mitt Romney


En début d’année, il avait déjà expliqué que les pauvres ne l’intéressaient pas. Voilà Mitt Romney qui récidive en déclarant en petit comté puis le confirmant devant la presse que les 47% d’Américains qui ne payent pas d’impôts ne l’intéressent pas, non plus (alors même que beaucoup d’entre eux sont des électeurs républicains!).
Certains estiment que ce sont là des gaffes du candidat républicain à l’élection présidentielle.
Si ce sont des gaffes, elles le sont uniquement en termes électoraux et non par rapport à la vision de M. Romney des Etats-Unis, un pays pour les riches et ceux qui veulent devenir riches et non pas pour les assistés ou les laissés pour compte d’une société qui produit des milliardaires mais broie souvent ceux qui ne réussissent pas.
C’est bien cette Amérique divisée que les républicains promeuvent depuis des années, depuis leur virage à droite.
Un pays où le certificat de bon Américain se délivre au vu d’un compte en banque fourni, de valeurs les plus réactionnaires, de croyances religieuses intégristes et sur fond d’exceptionnalisme, cette idéologie de glorification de la différence et de la supériorité américaine, pervertie par les radicaux qui affirment que les Etats-Unis sont le pays élu et exemplaire qui montre la seule voie possible au reste du monde encore dans l’obscurantisme.
Car les «gaffes» ont aussi été dirigées en direction de l’étranger, de la Grande Bretagne, incapable de bien organiser les Jeux olympiques, aux Palestiniens, ne s’intéressant absolument pas la paix.
Non, les dérapages à répétition de Mitt Romney ne sont pas des gaffes.
Bien sûr, ce sont des bêtises dans le sens où celles-ci le rendent de moins en moins crédible aux yeux de ses compatriotes et seront peut-être la cause de sa défaite le 6 novembre prochain.
En revanche, couplées aux mensonges de Paul Ryan, son colistier, ces soi-disant bourdes à répétition prennent toute leur dimension en montrant, à la fois, que tous les moyens sont bons pour prendre le pouvoir et, surtout, que la fantasmagorie dans laquelle s’enferment petit à petit les républicains est un réel danger pour l’avenir des Etats-Unis et, par voie de conséquence, pour le reste du monde.
Une fantasmagorie bien loin du Centre où Mitt Romney s’était positionné pour se faire élire gouverneur du Massachussetts, Etat «liberal», mais plus proche de ses dires lors de la primaire républicaine où il devait convaincre la frange de la droite extrémiste du parti emmenée par le mouvement du Tea party.
Il est à espérer, si les républicains perdent les élections, qu’un grand nettoyage se produise dans leurs rangs afin de permettre de vider le parti des extrémistes délirants et aux conservateurs modérés de reprendre le pouvoir et aux centristes de droite de redevenir une force qui compte.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 18 septembre 2012

Automobile: Les Etats-Unis attaquent la Chine à l’OMC


Le gouvernement américain a décidé d’attaquer la Chine devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce) pour concurrence déloyale dans le secteur de l’automobile.
C’est ce qu’a annoncé le président Barack Obama lors d’un meeting électoral dans l’Ohio.
Cette plainte vise les pratiques de Pékin consistant, selon les Etats-Unis mais les pays européens, à subvention les exportations de voitures chinoises tout en ayant mis en place des droits de douane prohibitifs pour l’entrée de voitures étrangères, notamment américaines.
Cette action devant l’OMC intervient alors que la campagne présidentielle américaine bat son plein et que les deux candidats, Barack Obama et Mitt Romney, critiquent de plus en plus la Chine et, notamment, ses pratiques commerciales qui sont accusées de causer du tort à l’économie américaine.
Mais elle se déroule aussi sur fond de ralentissement de la croissance mondiale et de nouvelles difficultés pour l’ensemble des constructeurs mondiaux avec une baisse des ventes, notamment sur deux des marchés les plus en expansion ces dernières années, le chinois et l’indien.
L’industrie automobile américaine, sauvée de la faillite et de disparition par Obama au début de son mandat, est grosse pourvoyeuse d’emplois directs et indirects, notamment dans les Etats clés comme l’Ohio qui décideront de qui occupera la Maison blanche pour les quatre prochaines années.
Pour autant, le leader sur le marché chinois est General Motors, le premier constructeur américain et mondial…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 16 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. Un sondage donne Obama en tête sur l’économie et l’emploi


Pour la première fois dans un sondage, Barack Obama devance Mitt Romney comme étant le plus capable de redresser l’économie et résorber le chômage.
Réalisé pour le New York Times et CBS, il place également le président en tête devant le candidat républicain en matière d’intentions de vote (49%-46%) des électeurs qui déclarent qu’ils se déplaceront pour glisser un bulletin dans l’urne.
De même, il demeure en tête en étant celui des deux candidats qui comprend mieux les problèmes des électeurs et pour la sympathie qu’il inspire même si Mitt Romney a fait des progrès ces dernières semaines dans ces deux secteurs.
Seul domaine où l’ancien gouverneur du Massachussetts est en tête, celui de la réduction du déficit des finances publiques.
A deux semaines de l’ouverture du scrutin (beaucoup d’Etats permettent désormais aux électeurs de voter en avance), la position de Barack Obama semble la plus solide.
D’autant qu’il est en tête dans un certain nombre d’Etats clés, ceux qui feront l’élection et dans lesquels on trouve pour cette élection, l’Ohio, la Floride, l’Iowa, le Wisconsin, le New Hampshire, la Virginie ou encore le Colorado et le Nevada.
Les stratèges républicains estiment que Mitt Romney doit absolument donner une dynamique nouvelle dans sa campagne s’il veut être en position de battre le président sortant.
Les derniers événements internationaux pourraient-ils en être les déclencheurs? Toujours est il que Romney et son colistier, Paul Ryan, ont sorti l’artillerie lourde et qu’ils pilonnent Obama avec des arguments sur ses soi-disant faiblesses et erreurs souvent mensongers car s’appuyant sur des faits et des dires inexacts.
Il faudra voir dans les prochains sondages si cette stratégie donne des résultats probants.
Sans oublier, évidemment, les trois débats entre les deux hommes (plus le débat entre les deux candidats à la vice-présidence, Joe Biden et Paul Ryan). Le premier est prévu pour 3 octobre à Denver (Colorado), les suivants ayant lieu les 16 et 22 octobre, respectivement à Hempstead (New York) et Boca Raton (Floride).
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 15 septembre 2012

La FED décide de soutenir encore l’économie américaine


Ben Bernanke, le président de la FED (Federal reserve, la banque centrale américaine) a annoncé que cette dernière allait à nouveau prendre des mesures pour soutenir l’économie américaine afin de tenter de booster la croissance trop faible et de faire baisser le taux de chômage trop élevé (le soutien à l’emploi étant une mission de la banque).
Cette action sera de long terme ou, en tout cas, «tant que les perspectives sur le marché du travail ne s’amélioreront pas substantiellement» selon la FED.
Ces mesures s’ajoutent à celles déjà prises auparavant, portant ainsi à 85 milliards le montant de ses rachats d’obligations du Trésor à long terme jusqu’à la fin de l’année.
En outre, les taux directeurs de la FED devraient demeurer pratiquement nuls jusqu’au milieu de l’année 2015.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 14 septembre 2012

Economie et social: Les six défis du prochain président


Quel que soit le prochain président des Etats-Unis, Barack Obama ou Mitt Romney, celui-ci devra faire face à d’impressionnants défis en matière économique et sociale.
Christophe Destais, directeur adjoint du CEPII (Centre d’études prospectives et d’information internationales) en a listé six au cours d’une conférence qui accompagne la sortie du nouvel ouvrage du centre(*): la croissance molle (la tendance de long terme étant de 2% par an), des créations d’emplois pas assez nombreuses, une politique budgétaire trop laxiste, une politique de liquidités de la FED (banque centrale américaine) dangereuse et pas assez efficace, un secteur financier réparé mais pas réformé et des inégalités inefficaces.
A propos de ces dernières, il estime d’ailleurs que le projet de budget du candidat républicain à la présidence, Mitt Romney, n’est pas réalisable en l’état, c’est-à-dire de baisser les impôts notamment des plus riches tout en gardant des dépenses élevées.
Concernant le haut taux de chômage, il note qu’un des problèmes majeurs des Etats-Unis est le découplage constaté depuis longtemps entre la courbe de la croissance et celle de l’emploi.
En outre, il demeure très réservé sur la réalité présente et à venir de la réindustrialisation du pays, une volonté de Barack Obama, les chiffres actuels ne montrant pas réellement de retournement de situation dans ce domaine et les relocalisations étant, de son point de vue, peu nombreuses et dans peu de secteurs.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) L’économie mondiale en 2013, ouvrage collectif, CEPII, Editions La Découverte (en vente à partir du 20 septembre

jeudi 13 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. La Convention démocrate réussie mieux à Obama que la républicaine à Romney


Les commentateurs l’avaient tous dit, même beaucoup de ceux travaillant pour des médias ou des think tanks conservateurs, la Convention démocrate de Charlotte (Caroline du Nord) a surclassé la Convention républicaine de Tampa (Floride).
C’est aussi ce qu’ont pensé les Américains dans leur ensemble.
Résultat concret pour Barack Obama, il est en tête dans les sondages, parfois avec des gains très importants comme dans l’étude publiée par CNN (52% contre 46% à Romney alors qu’une semaine auparavant, les deux candidats étaient à égalité à 48% dans les intentions de vote).
Voilà peut-être une séquence dans la campagne qui sera décisive pour l’élection du 6 novembre prochain.
Evidemment, un retournement de tendance est toujours possible mais les bourdes à répétition de Romney ces derniers jours (comme ses incohérences sur l’assurance-santé ou ses déclarations hors de propos après l’attaque de l’ambassade américaine du Caire et celle, meurtrière, du consulat de Benghazi) confortent un peu plus la position du président sortant.
Un sondage du Pew reseach center (réalisé avant les attaques précitées) permet de mieux comprendre les raisons de l’avance prise par Obama après les deux conventions.
Ainsi, Barack Obama a gagné dix points dans la catégorie de ceux qui l’apprécient mieux après la convention démocrate contre sept pour Romney après la convention républicaine.
Plus intéressant pour Barack Obama, il a gagné des points dans les deux électorats sans doute les plus importantes pour départager les deux candidats lors du vote, les femmes et les électeurs «independents».
Ainsi, dans la catégorie de ceux qui ont trouvé les discours des candidats «excellents» ou «bons», Barack Obama devance Mitt Romney de douze points chez les femmes et de onze points chez les «independents».
60% de ceux qui ont regardé le discours de Barack Obama à Charlotte l’ont trouvé «excellent» ou «bon» contre seulement 53% de ceux qui ont vu celui de Mitt Romney à Tampa.
A noter, néanmoins, que comme pour Romney à la Convention républicaine, ce n’est pas le discours d’Obama qui a été l’événement de la Convention démocrate pour les sondés. 29% de ces derniers ont estimé qu’il s’agissait de l’intervention de Bill Clinton contre 16% pour celle du président comme l’avait déjà analysé la quasi-totalité des médias.
Mais il vaut mieux être devancé par un discours extrêmement brillant de Bill Clinton que, comme ce fut le cas pour Romney, par un sketch hallucinant dans le mauvais sens du terme d’un Clint Eastwood, acteur-réalisateur de grand talent qui a pourtant joué sans doute, ce soir-là un des plus mauvais rôle de sa longue carrière, qui plus est mise en scène par lui-même…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 10 septembre 2012

Elections présidentielles 2012 vue du Centre. Face aux mauvais sondages, Mitt Romney tente de se recentrer


Il n’avait guère gagné de points dans les sondages après la convention de son parti, un peu moins qu’Obama qui a repris une avance dans les sondages (quatre points selon Reuters/Ipsos) qui pourrait durer et malgré les mauvais chiffre de l’emploi (moins de créations que prévu).
Du coup, Mitt Romney a immédiatement recentré son discours.
Au cours de sa prestation lors de la plus vieille émission politique de la télévision américaine, Meet the Press sur NBC animée par David Gregory, le candidat républicain a ainsi expliqué qu’il n’avait jamais dit qu’il supprimerait la réforme de l’assurance-santé de Barack Obama le premier jour de sa présidence comme tout le monde l’avait entendu mais qu’il y avait des mesures à garder et sur lesquelles il ne reviendrait pas (comme l’interdiction faite aux compagnies d’assurance d’empêcher une personne déjà malade d’être protégée ou la couverture universelle des enfants).
De même, le voilà, toujours dans un flou que le journaliste n’a pu lever, à dire que pratiquement les riches paieront plus d’impôts lors de son éventuelle présidence puisqu’il supprimera des niches fiscales qui leur bénéficient alors qu’il s’était engagé jusqu’alors à ne pas augmenter les impôts de tous, notamment des plus aisés.
Bien sûr, il demeure incapable d’expliquer comment il équilibrera le budget (non plus en quatre ans mais en huit ans désormais) tout en réduisant les impôts et en augmentant les dépenses budgétaires (ou au moins en les gardant au même niveau) notamment en matière militaire.
Cette soudaine modération qui sera peu appréciée de tous les idéologues de la droite extrême de son parti est une obligation pour Mitt Romney s’il veut séduire les électeurs «independents» centristes qui se méfient encore de lui.
Pour autant, dans son grand écart permanent, il reste obligé de jouer les radicaux, ce qu’il a fait lors d’une réunion publique où il se trouvait aux côtés d’un des télévangélistes les plus réactionnaires, Pat Robertson, pour parler de Dieu.
Ce constant aller-retour est bien sûr dénoncé par les démocrates qui n’y voient que de l’opportunisme d’un homme dont le seul programme, à leurs yeux, est d’occuper la Maison blanche par ambition personnelle.
Le problème pour Mitt Romney est que beaucoup d’Américains ne voient pas, pour l’instant, ce qui contredirait cette affirmation.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 8 septembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. A New York, on ne se fréquente pas entre gens de différents boroughs!


Bon, ils ne sont que 25% de Newyorkais - mais cela fait tout de même un quart des habitants de la mégalopole- à affirmer qu’ils ne fréquenteraient pas une personne venant d’un autre borough! (*)
New York est divisé en cinq grands boroughs (que l’on ne peut appeler en français des quartiers tant ils ressemblent beaucoup plus chacun à des grandes villes) qui ont été petit à petit rassemblés pour faire de la cité de la côte Est ce qu’elle est aujourd’hui.
Ainsi, Manhattan, Brooklyn, Queens, Bronx et Staten Island constituent-ils la Big Apple actuelle.
Et ceux qui répugnent le plus à avoir une histoire amoureuse avec une personne n’habitant pas son borough sont les Manhattanites (habitants de Manhattan) avec 28% des sondés et les plus «ouverts» sont ceux du Queens (23%).
Le quotidien gratuit AM New York a d’ailleurs rencontré Brian, 43 ans, vivant dans le Lower East Side de Manhattan qui a expliqué «je l’ai fait une fois (sortir avec une femme d’un autre borough) et je l’ai détesté. Depuis je n’ai plus jamais fréquenté quelqu’un d’autre qui était indésirable géographiquement, je n’ai fréquenté que des filles de Manhattan».
Au-delà des différences sociales, culturelles et de modes de vie qui jouent dans le refus de se mélanger, il y a aussi les distances parfois très grandes à New York, une ville où l’on travaille beaucoup et où les heures de loisirs ou familiales sont assez réduites.
Nelson, 41 ans, avoue, toujours au quotidien AM, que quand il a rencontré celle qui est devenue sa femme, il devait faire deux heures de trajet pour la retrouver et qu’avec le fonctionnement alors des trains ce n’était pas toujours facile. Néanmoins, «cela valait le coup!», conclut-il.
Ce problème de trajet explique sans doute pourquoi 33% des personnes sondées répondent qu’elles renoncent souvent à aller voir des amis qui se trouvent trop loin de chez elles…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) sondage réalisé par le site américain rent.com début septembre 2012

vendredi 7 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. Convention démocrate: Barack Obama et Bill Clinton en duo centriste


La différence entre les conventions républicaine et démocrate est que les républicains ont essayé de rameuter les centristes indécis et déçus de la présidence Obama sans pour autant ne leur proposer quoi que ce soit de précis, seulement de montrer leur déception en changeant de camp, alors que les démocrates, à l’image de la plupart des orateurs, ont démontré leur engagement centriste.
Cela suffira-t-il à convaincre les fameux «independents» modérés, on ne le saura qu’au soir du 6 novembre…
Rappelons que à propos de ces modérés, qu’ils ne sont qu’une partie, certes importante mais une partie seulement, de cette catégorie «independents» où l’on trouve également des personnes de toutes les tendances politiques, des ultras-libertariens aux communistes sectaires, tous ceux qui disent aux sondeurs ne pas se reconnaitre dans les deux grands partis, républicain et démocrate.
Or donc, tout au long de la Convention démocrate qui vient de s’achever à Charlotte (Caroline du Nord), les intervenants se sont montrés adeptes d’une société équilibrée et consensuelle, d’une volonté de gouverner au centre et pour le bien de la classe moyenne.
Les vedettes de ce grand show plutôt réussi selon les médias ont été Bill Clinton et, bien évidemment, Barack Obama, deux hommes qui ont, à de multiples reprises, déclaré leur centrisme.
Loin donc d’un exercice de style où les déclarations n’ont qu’un but électoraliste comme chez Mitt Romney, leurs professions de foi centristes devant les militants de leur parti et au peuple américain étaient bien sincères, leurs présidences respectives en témoignant par ailleurs.
Barack Obama a ainsi pu, d’un côté, glorifier ceux qui ont un rêve et qui réussisse de même que l’individualisme comme une des principales valeurs américaines tout en affirmant qu’il y avait aussi une autre valeur tout aussi importante aux Etats-Unis, la «citoyenneté» qui permet aux Américains de s’aider et de prendre soin des autres, notamment ceux dans la difficulté et le besoin ou, tout simplement, pour construire ensemble une meilleure société.
«Aux Etats-Unis, nous ne croyons pas en ce qui peut être fait pour nous mais ce qui peut être fait par nous» a-t-il ajouté tout en mettant en avant le patriotisme.
Néanmoins, face à la radicalisation droitière d’une grande partie des républicains, il a rappelé que «sur chaque question, le choix ne se résumera pas seulement entre deux candidats ou deux partis» mais qu’il s’agira «d’un choix entre deux différentes voies pour l’Amérique», «un choix entre deux visions fondamentalement différentes pour le futur».
De son côté, Bill Clinton a délivré ce que certains commentateurs ont qualifié comme l’un de ses meilleurs discours.
L’ancien président des Etats-Unis a, par un exposé clair, précis, didactique et enlevé, présenté le bilan d’Obama tout en réfutant les attaques des républicains et en les mettant devant leurs propres contradictions et impasses.
Il a ainsi déclaré que «la question la plus importante est dans quel genre de pays voulons-nous vivre? Si vous voulez une société où le gagnant ramasse toute la mise, vous devez soutenir le ticket républicain. Si vous voulez un pays où la richesse est partagée ainsi que la responsabilité – une société où on est tous dans le même bateau – vous devez voter pour Barack Obama et Joe Biden», ajoutant que cette dernière philosophie était bien meilleure que le «chacun pour soi» républicain.
En outre, il a affirmé que «malgré que je sois souvent en désaccord avec les républicains, je n’ai vraiment jamais appris à les haïr de la manière dont l’extrême-droite qui contrôle maintenant leur parti semble haïr notre président et beaucoup d’autres démocrates».
Cette faction d’extrême-droite est celle qui refuse toute coopération et tout compromis, menaçant ceux qui oseraient le faire de représailles, au risque de plonger le pays dans le marasme, simplement par idéologie.
Pour lui, une des raisons de «réélire le président Obama est qu’il est toujours engagé dans une coopération constructive» avec tout le monde.
Et, tout au long de son discours, il s’est attaché à présenter les leaders républicains comme des personnes irresponsables qui font des discours et des propositions intenables.
Il a pris pour exemple sa réussite dans l’équilibre du budget américain: «les gens me demandent tout le temps comment nous avons eu un budget en excédent quatre fois de suite. Quelles nouvelles idées avez-vous apportées à Washington? Je donne toujours une réponse en un mot: arithmétique»
Un mot dont, selon lui, les républicains ont oublié la signification quand ils prétendent pouvoir lutter contre l’énorme déficit actuel et vouloir équilibrer le budget tout en augmentant les dépenses militaires et en réduisant les impôts pour les plus riches...
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

L’économie mondiale à la recherche d’un moteur


Le CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales) publie son traditionnel et annuel livre sur l’économie mondiale (*) au moment où celle-ci est dans l’incertitude et ses responsables dans l’inquiétude.
Comme l’explique deux des auteurs de cet ouvrage collectif, Agnès, Bénassy-Quéré – directrice du CEPII – et Agnès Chevalier, «la faiblesse de la croissance américaine et le ralentissement des pays émergents laissent l’économie sans moteur».
Et celui-ci ne risque pas d’être l’Europe où la croissance est proche de zéro (et celle de la zone euro en récession).
D’autant que les dernières prévisions de l’OCDE pour 2013 ne sont pas bonnes avec une récession en vue en France mais aussi en Allemagne.
Dès lors, les auteurs ne sont guère optimistes à l’image d’Agnès Chevalier: «cinq ans après le début de la crise financière, l’incertitude sur la politique budgétaire américaine et le ralentissement dans les pays émergents s’ajoutent à la spirale infernale qui emporte la zone euro pour assombrir les perspectives de l’économie mondiale».
Concernant plus spécifiquement les deux grandes puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine, les visions de leur avenir par les économistes du centre d’études sont assez différentes comme on peut aisément le comprendre.
Pour l’Amérique, Christophe Destais estime que la future administration, issue des élections présidentielles et législatives du 6 novembre prochain), devra gérer des «grands défis économiques qui l’attendent: mise en œuvre d’une politique budgétaire de long terme qui rassure les créanciers sans que l’ajustement ne pèse trop sur une conjoncture fragile, rendre l’économie américaine plus riche en emplois mais aussi – certainement – mettre en place les filets de sécurité qui lui permettent de vivre avec un volet plus important de chômeurs, contribuer à la stabilisation, voire au redressement des comptes extérieurs et à la réindustrialisation du pays, enfin, assainir vraiment les pratiques du secteur financier».
Le tout dans un environnement politique polarisé que l’échéance électorale ne règlera pas selon les sondages, avec des démocrates et des républicains qui ne semblent pas capables de trouver les compromis nécessaires par la faute d’une radicalisation parfois extrême des élus du Parti républicain.
En revanche, Michel Aglietta, même s’il pointe les déséquilibres et les faiblesses de la Chine, n’en fait pas moins un descriptif de son développement en 2030 très largement positif alors que de sombres nuages pèsent actuellement sur l’économie du pays, sur la capacité de Pékin à créer un véritable marché intérieure et à se désintoxiquer de ses exportations et, surtout, sur sa capacité gérer un système financier plombé par des dépenses d’infrastructures par l’Etat central pour soutenir la croissance et par un endettement énorme des gouvernement locaux (pour soutenir l’emploi mais aussi dû à la corruption) par le biais de structures incapables de faire face à leurs engagements.
Mais il est vrai, et c’est le pari de l’économiste du CEPII, que les Chinois ont encore la possibilité d’infléchir leur avenir grâce à de très nombreux atouts et retrouver leur rang perdu au cours du XIX° siècle de première puissance économique mondiale.
Quoiqu’il en soit, les défis pour tous les pays de la planète sont immenses comme nous le rappelle fort justement et à propos cet ouvrage toujours aussi intéressant.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

- L’Economie mondiale 2013, CEPII, Editions La Découverte

jeudi 6 septembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Obama, un bilan centriste?


A deux mois de l’élection présidentielle américaine, il est temps de faire un bilan du mandat de Barack Obama.
Celui-ci a été évidemment réalisé en profondeur par les médias américains.
Concernant la situation et l’atmosphère lors de son mandat, il en ressort tout d’abord – chez ceux qui cherchent à avoir une approche la plus objective possible – que le président sortant a été confronté à la pire crise économique depuis la Grande dépression (que l’on appelle désormais le Grande récession)
Mais il a aussi dû faire face à une opposition sans répit, dure, frontale et totale des républicains ainsi qu’à une guérilla de sa gauche démocrate, les premiers le trouvant trop à gauche et les seconds trop à droite, comme d’habitude quand on se retrouve au centre de l’échiquier politique….
Mais, ajoutent-ils, Barack Obama n’a pas été le communicateur charismatique que l’on attendait de lui au vu de sa formidable campagne de 2007 face à Hillary Clinton puis à John McCain.
Il s’est montré étonnamment incapable de vendre ses réussites quand ses adversaires n’avaient, eux, aucun mal à pointer du doigt ses échecs et, même, à transformer certaines de ses réussites en fiascos!
Sans oublier, l’évidente différence qui est petit à petit apparue entre le mythe du rédempteur providentiel et la réalité d’un homme aussi talentueux fut-il mais humain qui a engendré une grande déception parmi de nombreux électeurs, surtout les jeunes.
Ceux-là voulaient voir dans le premier président afro-américain de l’histoire des Etats-Unis, une sorte de héros comme en produit Hollywood et qui allait transformer le pays et le sauver d’une classe politique inefficace et corrompue.
Il s’agit là de la première grande incompréhension entre Obama et les Américains.
Depuis le début de son engagement politique, Barack Obama a toujours rejeté la radicalité et prôné sans relâche la recherche des solutions les plus efficaces mais aussi les plus consensuelles, croyant à la capacité des individus à s’unir sur les questions essentielles.
Il a toujours préféré la discussion à la décision unilatérale.
Il suffit de se pencher sur ses accomplissements politiques, ses discours et ses livres pour en être convaincu.
Et après un exercice du pouvoir de quatre ans, il est le même dans ses valeurs et ses principes.
Bien sûr, lors de la campagne de 2007, il avait proposé explicitement le changement («Change we believe in») et a affiché un volontarisme communicateur («Yes we can»).
Pour autant, si l’on relit ses dires de l’époque, on ne trouve aucune volonté de bousculer l’ordre établi, aucun rêve d’une révolution partisane, aucune idée d’installer le paradis sur terre, juste l’envie de bâtir une société apaisée et dynamique.
Quant à son action, il fut considéré lors des deux premières années de son mandat comme le président qui a passé le plus de lois qu’aucun autre, plus que Franklin Roosevelt du temps de son New Deal ou Lyndon Johnson du temps de sa Great Society.
Mais l’échec de son parti aux élections de mi-term en novembre 2010 avec la perte de la majorité à la Chambre des représentants au profit des républicains a bloqué tout le système et peu de nouvelles mesures ont été prises depuis.
Reste que la loi sur l’assurance-santé pour tous, le stimulus chargé d’éviter l’effondrement de l’économie, le sauvetage du secteur automobile, la loi sur la régulation financière sont, parmi d’autres, d’incontestables succès d’Obama.
En outre, ceux-ci ont été considérés comme trop interventionnistes par les réactionnaires de droite et trop timides par les étatistes de gauche (un brevet de Centrisme, donc!).
Sans oublier l’élimination d’Oussama Ben Laden, le retrait réussi d’Irak (pour les Américains) et un monde qui ne déteste plus l’Amérique comme au temps de George W Bush.
L’ensemble de ces réalisations évoque une volonté de mettre en place une société plus juste, plus solidaire, plus tolérante et plus performante sans toucher aux fondements du libéralisme politique et d’une économie de marché.
Ce qui fait sans conteste de Barack Obama un humaniste.
Quant à son bilan politique, il est incontestablement centriste même s’il a un goût d’inachevé.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 5 septembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Quand Clint Eastwood vole la vedette à Mitt Romney


Or donc, Clint Eastwood s’adressa à une chaise vide dans laquelle se trouvait soi-disant Barack Obama lors de sa prestation devenue célèbre lors de la Convention républicaine de Tampa (Floride), la semaine dernière.
Et son attitude ainsi que ses paroles furent loin du respect dû, non pas à un Président des Etats-Unis mais à simple un être humain.
Tout le monde sait pourtant que le célèbre acteur-réalisateur au grand talent cinématographique est une personne incontrôlable sauf, sans doute, les organisateurs de la convention.
Quoiqu’il en soit et bien évidemment les médias en ont fait leurs choux gras et son intervention a fait largement le buzz sur internet.
Mais il était difficile de mesurer l’impact auprès du grand public.
Un sondage réalisé par le Pew research center le permet désormais.
Il indique que pour 20% des ceux qui ont regardé la retransmission de la convention, l’événement le plus important a été le discours d’Eastwood contre seulement 17% pour le discours de Romney, le candidat à la présidentielle…
Voilà donc une bien mauvaise nouvelle, après la surprise de l’intervention de l’icône hollywoodienne, pour les républicains et qui explique en partie pourquoi Romney n’a bénéficié d’aucune dynamique dans les études d’opinion après la convention comme c’est le cas généralement.
Il faut dire que celle-ci n’a été suivie à la télévision que par 37% de la population contre 56% en 2008, ce qui n’est, en réalité, guère une surprise, tellement internet a pris une part grandissante dans l’information du public concernant la politique en générale et l’élection présidentielle en particulier.
Si l’on détaille les résultats, les républicains affirment à 25% (seulement) que l’événement a été le discours de Romney contre 19% que cela a été celui d’Eastwood.
Viennent ensuite pour 15% le discours de Paul Ryan, candidat à la vice-présidence, et pour 13% celui de la femme de Romney, Ann, ce qui est une déception supplémentaire pour le camp républicain qui attendait beaucoup de cette dernière pour «humaniser» son leader.
Pire, pour les électeurs «independents» qui seront nécessaires pour la victoire, 26% estiment que c’est Eastwood qui a fait l’événement contre seulement 17% Romney.
Quant aux démocrates, ils disent à 40% qu’il n’y a pas eu d’événement notable lors de cette convention tout comme 20% du total des personnes interrogées.
Peut-être que les dirigeants du Parti républicain y réfléchiront à deux fois avant d’inviter un nouvel acteur.
Au fait, ils auraient pu choisir Chuck Norris qui a prédit pas moins de «mille ans de ténèbres» si Obama été élu appelant Dieu à la rescousse et ajoutant que «nous ne pouvons plus rester tranquillement assis et rester sur la ligne de touche en regardant notre pays suivre la voie du socialisme ou de quelque chose de bien pire».
Le ridicule ne tue pas les acteurs réactionnaires d’Hollywood qui décidemment vieillissent bien mal...
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

«Obama’s America», un festival culturel pour découvrir les Etats-Unis métissés


Qui mieux que les Etats-Unis pouvaient être en pointe dans le métissage culturel?
Ce dernier est en effet la résultante de l’approfondissement démocratique de nos sociétés et de l’ouverture aux autres, notamment par le biais de la mondialisation, phénomène pas seulement économique (globalisation) mais également culturel, social, sociétal et migratoire.
New York est ainsi la capitale incontestable de ce nouveau monde appelé à lentement s’imposé au cours du XXI° siècle.
N’y trouve-t-on pas la plus grande diversité de populations venues de la terre entière mais aussi des dialectes des quatre continents dont elle est souvent le dernier refuge?!
C’est la raison pour laquelle la mégalopole fascine autant mais aussi attire les haines comme le prouvent les attentats du 11 septembre qui ne pouvaient avoir pour principale cible que le cœur de la cité de la côte Est pour tous ceux qui refusent ce melting-pot mondial dans un repli identitaire fanatique et dangereux.
C’est pour faire découvrir et permettre de comprendre ce métissage et cette diversité que l’American centrer of arts de Paris organise à la Dorothy’s Gallery (*) du 14 septembre au 10 novembre, un «festival culturel» intitulé «Obama’s America, les milles visages de l’Amérique».
Celui-ci prendra la forme d’une série d’événements artistiques, culturels et politiques allant des expositions aux concerts en passant par des débats, des conférences et des rencontres, voire des rendez-vous culturo-culinaires.
Un programme très riche (à consulter sur les sites www.dorothysgallery.com et www.americancenter-arts.com) concocté par Dorothy Polley.
Alexandre Vatimbella
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(*) Dorothy’s Gallery - 27 rue Keller, 75011 Paris / Métro Bastille / tél.: 01 43 57 08 51

samedi 1 septembre 2012

Elections présidentielles 2012. Convention républicaine: mensonges, secrets et virage très à droite

La Convention républicaine vient de s’achever à Tampa (Floride) avec l’intronisation officielle du ticket du parti pour la présidentielle, Mitt Romney-Paul Ryan.
Cette grande messe, devenue surtout un grand moment médiatique à défaut d’avoir vraiment un pouvoir sur la nomination du candidat qui s’est faite largement en amont durant les primaires, permet au parti et à son représentant à la présidentielle de se présenter au pays mais est avant tout une fête d’autocongratulation.
Il en sera exactement de même, la semaine prochaine, avec la Convention démocrate qui se tiendra à Charlotte (Caroline du Nord) et qui permettra à Barack Obama de présenter son projet pour les quatre prochaines années et de répondre aux nouvelles attaques virulentes dont il a été l’objet à Tampa.
Les républicains ont en effet été d’abord dans l’agressivité et la confrontation pure et dure face au président sortant, ce qui est leur principal point commun.
C’est évidemment de bonne guerre d’autant qu’il s’agit d’une stratégie qu’ils déploient maintenant depuis quatre ans sans relâche et au mépris total de la situation de leur pays.
Les moteurs de cette haine viscérale sont nombreux.
Néanmoins, on peut en dégager deux présents avant même le début du mandat d’Obama: la crainte que cet homme charismatique réussisse sa présidence et les éloigne pour longtemps du pouvoir; surtout cette angoisse de la population blanche masculine (l’énorme majorité de l’électorat républicain et qui est en train de perdre, petit à petit sa prééminence), que l’élection en 2008 d’un noir ne soit le signe de l’édification irréversible d’une nouvelle Amérique culturellement et démographiquement métissée dans laquelle elle perdrait son identité.
Dès lors, l’artillerie lourde n’a pas cessé, depuis 2009, de pilonner Obama pour tenter de faire de lui un «one term president» (président d’un seul mandat).
Dépeint comme un hybride de Staline et de Hitler par les militants du Tea Party (ce mouvement d’extrême-droite qui a pris une importance centrale dans le Parti républicain), il n’a jamais pu mettre en place la gouvernance bipartisane, voire post-partisane, qu’il appelait de ses vœux, ne trouvant pratiquement aucun élu républicain pour oser travailler avec lui de peur des représailles et de perdre son siège.
Tampa n’a donc pas dérogé à la règle.
Non seulement les attaques ont été dures mais elles ont été mensongères dans la plupart des cas.
Que les ultraconservateurs qui flirtent avec l’extrême-droite aient été à la pointe de ce combat sans merci n’étonnera personne.
On est cependant surpris qu’un de ceux-ci, Paul Ryan, ait été un des plus virulents, en tout cas celui qui a le plus déformé la réalité, se faisant même traiter de menteur par l’ensemble des médias.
Car, l’on attendait une certaine dignité de celui qui est désormais le candidat à la vice-présidence en novembre prochain.
Ce ne fut pas le cas, malheureusement, confirmant que tous les moyens seraient bons pendant les deux gros mois qui restent avant le scrutin.
Quant à Mitt Romney il a gardé bien des secrets sur sa vie privée mais, surtout, sur son programme, amenant beaucoup de commentateurs à se demander, une nouvelle fois, s’il en a vraiment un...
Sa promesse la plus importante est la création de douze millions d’emplois dans les quatre ans à venir.
Des experts ont calculé que pour y parvenir, il faudrait que la croissance des Etats-Unis batte des records qui n’ont pas été atteints depuis soixante ans!
Enfin, l’on a attendu, en vain, que les républicains proposent un gouvernement modéré avec une volonté de consensus comme l’avait proposé Barack Obama en 2008 et qu’il propose toujours aujourd’hui avec une fin de non-recevoir de la Chambre des représentants à majorité républicaine (d’où le blocage du pouvoir politique que les républicains reprochent à Obama!).
De ce point de vue, le Parti républicain n’a plus grand-chose à voir avec le Centre ou même le centre-droit.
C’est d’ailleurs ce qu’il revendique haut et fort après avoir éliminé systématiquement et méthodiquement tous les modérés de ses rangs.
Un drôle de casse-tête pour Mitt Romney qui ne pourra gagner la présidentielle qu’en allant chercher les électeurs «independents» à la fibre centriste…
Tout cela n’a guère d’importance pour une large frange des militants républicains, pour qui il vaut mieux perdre une élection que de renoncer à leur radicalisme idéologique et totalement inapplicable dans une société développée du XXI° siècle.
Une défaite de ce type a déjà eu lieu en 1964 avec la candidature de l’ultraconservateur Barry Goldwater, balayé par Lyndon Johnson.
Reste que, pour ces fanatiques, la pire désillusion est peut-être encore à venir.
Il ne s’agit pas de l’élection d’Obama pour un second mandat mais de la victoire de Romney dont la présidence serait sans doute bien loin de leurs espoirs d’une révolution conservatrice et du chacun pour soi.
Car, comme l’a montré le recentrage obligé de Ronald Reagan peu après son élection, il est impossible de gouverner contre la réalité sauf à se suicider politiquement et à plonger son pays dans le marasme...
Alexandre Vatimbella
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Les pratiques commerciales chinoises déloyales auraient détruits 2,7 millions d’emplois américains


L’Economic Policy Institute, un think tank américain de gauche, estime que les pratiques déloyales de la Chine en matière commerciale auraient coûté à l’économie des Etats-Unis 2,7 millions d’emplois (dont 2,1 millions d’emplois dans le seul secteur manufacturier).
Selon l’enquête de l’institut réalisée par Robert Scott, les raisons sont multiples mais la première et principale serait la manipulation du taux de change entre le dollar et le yuan.
L’économiste estime ainsi que la monnaie chinoise est sous-évaluée à hauteur de 33% face à la devise américaine.
Mais l’Economic Policy Institute accuse également le gouvernement chinois de bafouer les droits des travailleurs et de les sous-payer.
De même Pékin subventionnerait illégalement les exportations du pays afin que les produits chinois soient beaucoup plus concurrentiels.
Tout aussi illégaux seraient ses tarifs douaniers très élevés dans certains secteurs pour empêcher les importations.
L’étude pointe également du doigt l’entrée de la Chine dans l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en notant que celle-ci lui a permis d’inonder les marchés internationaux tout en se protégeant et permettant aux multinationales du monde entier de produire à des coûts nettement plus bas et à faire des profits nettement plus élevés en faisant produire par des usines chinoises, tuant ainsi de nombreux emplois, en particulier aux Etats-Unis.
Tous les Etats de l’Union ont été touchés par ce phénomène qui concernerait, entre 2001 et 2011, 1,94% des emplois aux Etats-Unis.
Ceux qui ont été le plus touchés sont le New Hampshire (qui a perdu 2,94% de ses emplois), la Californie (2,87%), le Massachussetts (2,86%) et l’Oregon (2,85%).
Néanmoins, pour l’Economic Policy Institute, il ne s’agit pas d’un jeu où il n’y aurait qu’un perdant (les Etats-Unis) et qu’un gagnant (la Chine).
Ainsi, la Chine est devenue très dépendante des Etats-Unis pour son développement économique et possède une grande partie de la dette américaine.
Elle n’a donc pas les moyens de se passer de ce «partenaire» et cela représente aussi un grave danger alors que son économie est en difficulté et qu’elle ne parvient toujours pas à réorienter massivement celle-ci vers son marché intérieur.
Enfin, Robert Scott conclut en expliquant que «la relation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a besoin d’un changement fondamental. S’attaquer aux politiques de taux de change et aux problèmes des règles du travail de l’économie chinoise est un premier pas important. Il est temps pour le gouvernement (américain) de répondre aux appels grandissants d’économistes, de travailleurs, d’hommes d’affaires et du Congrès et d’agir pour arrêter la manipulation illégale des devises par la Chine et d’autres pays».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org