INFOS USA est un site de l'agence de presse LesNüuveauxMýndes.þrg

Rechercher sur Infos USA

Les actualités sur www.infos-usa.com

lundi 26 novembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Mississippi, un fleuve-monde

Un de ces fils les plus célèbres, William Faulkner - né à New Albany, pas loin de Memphis - a écrit, «pour bien comprendre le monde, vous devez d’abord comprendre un endroit comme le Mississippi».
Voilà donc une première bonne raison de lire l’ouvrage de Bernard Brigouleix et de Michèle Gayral, «Mississippi, le roman fleuve de l’Amérique»(*).
Mais il en existe bien d’autres pour se laisser emporter le long du cours d’eau le plus long des Etats-Unis.
Car, comme nous le rappelle les auteurs, le Mississippi a forgé l’Histoire de l’Amérique au même titre que New York ou la Californie: «Sans le Mississippi, les Etats-Unis resteraient certes une des plus grandes nations du monde – dont c’est justement le propre que de ne pas voir cette grandeur suspendue à une seule de leur composantes, si imposante soit-elle. Mais enfin, qui ne voit qu’à ce pays de superlatifs, l’hyperbole mississippienne manquerait tout de même terriblement? Et pas seulement aux yeux des passionnés de géographie physique: l’Ol’Man River des chanteurs de jazz est aussi, en soi, un acteur économique de première grandeur. Et, puisque l’on parle de jazz, le lieu de naissance d’une double forme musicale (et même triple: n’oublions pas, outre le blues, le rock) d’autant plus capitale qu’elle a essaimé à travers le monde entier avec le déferlant succès que l’on sait. Et encore une source d’inspiration prodigieuse pour la littérature américaine: Mark Twain, William Faulkner, John Steinbeck, Tennessee Williams, Scott Fitzgerald, Richard Wright, tant d’autres, de stature également universelle…».
Et c’est vrai qu’au fil de ce livre bien écrit et très documenté, on en apprend à toutes les pages sur cet univers, à la fois, si particulier et, en même temps, si hétérogène (le Nord du fleuve n’ayant que peu de chose à voir avec son Sud).
On se replonge ainsi dans les expéditions française qui permirent de découvrir celui que les Amérindiens appelaient «le Père des eaux» («Meschacebé»), dans le peuplement des berges, dans les paysages changeants, dans la formidable aventure des vapeurs qui naviguèrent sur son lit.
Sans oublier les épisodes ô combien important de la Guerre de sécession (que les Américains appellent Guerre civile) ou de la conquête des droits civiques, en passant par cette fameuse marche des noirs des Etats du Sud vers ceux du Nord pour trouver du travail dans les usines des bassins industriels et pour espérer, souvent à tort, qu’ils ne seraient plus victimes de ségrégation, celle-ci n’étant plus légale mais sociale et culturelle.
Il faut lire ce livre pour savoir ce que les Etats-Unis doivent au Mississippi.
Et notamment cet ouvrage sans nul pareil, «Huckleberry Finn» de Mark Twain, considéré comme le premier vrai roman «américain», ce «river-book» qui inspira tellement de «road-book» dont celui de Jack Kerouac, «Sur la route» («On the road»).
Et seul ce «fleuve magistral qui a largement façonné les Etats-Unis d’aujourd’hui à travers ses innombrables aventures d’hier, heureuses ou tragiques, glorieuses ou misérables», comme le disent fort justement les auteurs, était capable d’être le théâtre d’un tel chef d’œuvre…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) Editions du Rocher, 2012, 263 pages, 20,20€

mardi 20 novembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Exceptionnalisme ou quand les conservateurs américains sont d’accord avec Staline!

L’exceptionnalisme des Etats-Unis est devenu un thème à la mode. On l’a retrouvé un petit peu partout dans la bouche des politiques, des commentateurs, des auteurs et des journalistes avant et pendant les élections présidentielles de cette année.
Il s’agit, le plus souvent, pour ceux qui en parlent, de se plaindre du déclin inexorable de la position unique du pays et de regretter ce fameux «bon vieux temps» où les Américains se voyaient comme les leaders naturels du monde avec une mission à remplir, ce que d’ailleurs ne leur contestaient guère les autres peuples de la planète.
Même si cette mode intellectuello-politique traverse tout le spectre politique, de la gauche à la droite, elle est évidemment surtout de mise chez les conservateurs, notamment les plus extrémistes, pour accuser Barack Obama d’en être le principal, voire l’unique, responsable.
Selon eux, ses prises de position montrent clairement qu’il ne croit pas en cette exceptionnalisme et que, non seulement, il se contente de la situation actuelle (qu’ils estiment en déclin) mais qu’il conduit consciemment les Etats-Unis à n’être plus qu’une nation comme les autres.
Une thèse que rien ne vient confirmer d’autant que l’utilisation du mot «exceptionnalisme» dans le bouche d’un président n’a jamais eu lieu jusqu’à… Obama.
Mais qu’est-ce bien que cet exceptionnalisme?
D’abord, une formule inventée en 1929 par un certain… Joseph Staline afin de critiquer la position des communistes américains qui affirmaient que les lois de la lutte des classes mises en avant par Marx ne s’appliquaient pas à leur pays grâce à ses capacités économiques et sociales différentes, ce que contestait évidemment le dictateur sanguinaire.
Plus sérieusement, le fait que les Etats-Unis soient une nation exceptionnelle vient de beaucoup plus loin, des écrits des Pères fondateurs et de plusieurs auteurs célèbres qui s’en faisaient les chantres, dès l’indépendance du pays, comme, par exemple, St-John Crèvecœur, Thomas Paine, Timothy Dwight ou Noah Webster.
Comme l’explique l’historienne Elise Marienstras dans son ouvrage «Les mythes fondateurs de la nation américaine», les tenants de l’exceptionnalisme de cette dernière estiment qu’elle «(…) entre dans un vaste plan providentiel. Les bienfaits qu’elle a reçu dès l’installation des colonies et lors des combats qui la menèrent à l’indépendance sont les signes qu’elle est dotée par Dieu d’une mission exceptionnelle».
De même, Tocqueville parlait également en 1831dans son fameux ouvrage «De la démocratie en Amérique», de la singularité et de l’exemplarité des Etats-Unis.
Une partie de la définition de l’exceptionnalisme est donnée par le site Wikipédia: «L’exceptionnalisme américain est l’idée que les Etats-Unis sont différents des autres pays et qu’en conséquence ils ont une mission mondiale spécifique qui est d’étendre la liberté et la démocratie».
Mais il ne s’agit pas que de cela, loin de là. L’exceptionnalisme est aussi l’idée que les Américains est le peuple élu du monde moderne et qu’il est supérieur aux autres de par ce qu’il a accompli, qu’il est un modèle que les autres peuples doivent suivre sans jamais pouvoir néanmoins l’égaler et encore moins le dépasser.
D’où la raison de la préemption actuelle de cette thèse par les républicains ultraconservateurs et ultranationalistes.
Certains estiment, en outre, que l’exceptionnalisme découle de l’Américanisme qui serait l’idéologie qui a façonné la nation américaine (l’Amérique est une idée avant d’être un pays comme l’explique le fameux politologue Richard Hostadter, «c’est notre destin en tant que nation de ne pas avoir d’idéologie mais d’en être une») de par ses valeurs, liberté, égalité, individualisme, populisme et laisser-faire.
L’historien David Reynolds dans son livre «America, empire of liberty» permet de bien comprendre l’importance de cette thèse, au-delà des clivages partisans, en écrivant que «pendant la plus grande partie du XX° siècle les Américains ont chéri l’idée que leur société était exceptionnelle – signifiant par là, fondamentalement différente des autres nations et aussi supérieure à celles-ci».
Pour autant, cet exceptionnalisme est-il une réalité?
La première réponse serait une sorte de pied-de-nez aux radicaux de droite. Oui, une nation en grande majorité blanche qui est capable d’élire et de réélire un noir à sa tête est bien exceptionnelle (on semble encore loin de ce cas de figure dans des pays comme la France, la Grande Bretagne ou l’Allemagne)!
La deuxième est de rappeler comme l’a fait le Washington Post, que le terme n’avait guère été utilisé jusque récemment. Un bloggeur du site de la revue The Atlantic a ainsi relevé qu’entre 1980 et 2000, il n’avait été utilisé que 457 fois dans des publications nationales. Entre 2000 et 2010, ce chiffre est monté à 2.558. Surtout, depuis 2010, on le retrouve plus de quatre mille deux cent fois…
En fait, ce sont les déclinistes – aussi puissants aux Etats-Unis qu’en France – qui se le sont accaparés. En 2008, il s’est imposé dans l’arène politique lorsque Sarah Palin, la colistière du candidat républicain John McCain sen est emparée afin de démontrer l’absence de patriotisme de Barack Obama.
La troisième est de dire que, malgré tout, sans être peut-être exceptionnels par nature, les Etats-Unis d’Amérique sont un rêve et un espoir qui les rend exceptionnels pour beaucoup de gens à travers le monde.
Comme le déclarait Barack Obama en juillet 2012, «ce qui nous rend exceptionnels – ce n’est pas le nombre de gratte-ciels de que nous avons; ce n’est pas notre puissance militaire. Ce qui fait de nous quelque chose de spécial est cette idée que dans ce pays, si vous voulez travailler dur, si vous voulez prendre la responsabilité de votre propre vie, alors vous pouvez y arriver si vous essayez».
Reste que cette idée est plutôt une croyance qu’une réalité mais c’est une croyance qui est à la base du vrai exceptionnalisme, celui qui permet à ce même Barack Obama d’être président des Etats-Unis.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 19 novembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Demain, dans les rues de San Francisco, il sera peut-être interdit de se promener… nu!

Tout le monde sait que rien ne se passe comme ailleurs à San Francisco, la ville rebelle la plus libérale des Etats-Unis.
Ainsi, on peut se promener nu en toute légalité dans les rues de la ville. A quelques exceptions près, jusqu’à présent (comme l’interdiction d’emmener à l’école un petit enfant sans couche), ce droit est reconnu à tous.
Tout juste, l’année dernière, les autorités ont demandé aux nudistes de mettre une serviette sous eux lorsqu’ils s’assoient sur un banc public et ils n’ont plus le droit de manger au restaurant, tout cela pour des questions d’hygiène.
Cette liberté de la nudité provient d’une absence de législation au niveau de l’Etat de Californie et de la décision de sa Cour suprême selon laquelle la nudité n’est pas répréhensible si elle n’a aucune intention sexuelle et qu’elle se déroule dans certains lieux.
Pour autant, à San Francisco, même si des interdictions existent, notamment dans les parcs de la ville, aucun nudiste n’est traduit devant une cour ou n’est même verbalisé. Tout juste est-il informé qu’il a violé la loi.
Mais ce qui relevait d’un certain folklore tout en étant défendu bec et ongles par nombre d’activistes des libertés qui vivent dans la cité californienne, est devenu un réel objet de division depuis qu’un groupe de la communauté gay qui vit dans le quartier de Castro, les «Naked guys», a envahi un parc public, le «Jane Warner Plaza», et y a érigé la nudité en pratique quotidienne, s’affichant, qui plus est, de manière ostentatoire et, surtout, avec des accessoires sur le corps, notamment sur leurs organes sexuels.
Du coup, une partie de la population a réagit, en particulier les commerçants et les professionnels du tourisme, en demandant aux élus d’agir.
L’un d’eux, Scott Wiener, déjà à l’origine de la serviette et de l’interdiction de la nudité au restaurant, propose demain au conseil municipal de bannir toute nudité sauf pour les enfants de moins de cinq ans, pour deux manifestations annuelles (notamment la gay pride) et pour les seins nus.
Cette démarche a provoqué une levée du bouclier des tenants du nudisme et, en particulier de sa passionaria, Gypsy Taub (www.mynakedtruth.tv).
Comme d’habitude, ces activistes en appellent à la Constitution, aux libertés fondamentales sur fond de toutes les conspirations possibles et imaginables qu’ils prêtent aux pouvoirs publics (Gypsy Taub est devenue nudiste pour protester contre le complot de l’Etat fédéral à l’origine, selon elle, des «faux» attentats du 11 septembre…).
Si la municipalité de San Francisco décide, demain, de restreindre drastiquement le nudisme, de nombreuses plaintes sont prêtes à être déposées devant la justice.
Nous n’en sommes qu’au début de la bataille.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 18 novembre 2012

Quel sera le nouveau monde Barack Obama-Xi Jinping?

Ce qui a dominé dans le monde au cours des dix derniers jours a été, évidemment, les élections aux Etats-Unis et la désignation des dirigeants en Chine, les deux premières puissances mondiales.
Ironiquement, on pourrait dire que le plus grand changement a certainement été la réélection de Barack Obama à la présidence que le renouvèlement en profondeur des dirigeants Parti communiste chinois! Une sorte de «on en prend d’autres et on recommence comme avant»…
Evidemment, cette analyse superficielle est on ne peut plus minimale et seul l’avenir nous dira si le changement viendra d’outre-Atlantique ou de l’autre bout du continent eurasien.
Il se peut que Xi Jinping, le nouveau numéro un chinois (président de la république et secrétaire général du parti) et son acolyte Li Keqiang, se révèlent, dans les mois ou les années à venir comme des réformateurs qui vont faire changer un système socio-politico-économique de la Chine qui en a bien besoin pour permettre au pays de prendre le nouvel élan dont il a besoin pour ne pas sombrer dans ses contradictions de plus en plus fortes.
De l’autre côté, Barack Obama qui revient requinqué après une campagne dure et l’obstruction systématique des républicains au Congrès, bénéficie de quelques cartes intéressantes pour mettre en place son agenda qui tient en une phrase, «aider les classes moyennes et les petites entreprises pour relever les Etats-Unis».
Mais, rien de ne dit qu’il en sera capable et que le «political as usual» ne barrera pas ses ambitions d’une Amérique enfin dans la dynamique du XXI° siècle.
Quoi qu’il en soit, le nouveau monde dirigé par ce G2 hypothétique Etats-Unis-Chine changera même si les deux premières puissances économiques mondiales ne changeaient pas.
Il changera parce que l’Asie est en train de se transformer et parce que l’Europe est en train d’essayer de se sauver. Cette transformation et ce sauvetage vont, de toute façon, impacter fortement la mondialisation dans le court et le moyen terme.
Sans oublier les turbulences du Moyen Orient qui auront des répercussions géopolitiques et géoéconomiques importantes.
Une des révolutions qui se préparent vient de faire l’actualité avec la publication d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie, même si l’on en parle depuis maintenant deux ans au moins, le passage des Etats-Unis d’importateur de pétrole et de gaz à celui de pays autosuffisant en la matière, puis d’exportateur grâce à l’extraction de ceux-ci dans les roches par fragmentation.
Les experts ont du mal à analyser les implications de cette nouvelle donne énergétique qui fera que la première puissance mondiale n’aura plus besoin stratégiquement de se déployer aux quatre coins du monde afin d’assurer ses approvisionnements en la matière.
Bien sûr, les Etats-Unis ne vont pas quitter la scène mondiale pour autant. Ils ont compris depuis longtemps que la première puissance mondiale ne pouvait demeurer dans un splendide isolement si elle veut marquer de son empreinte la planète, ce qui est une obligation pour demeurer la nation dominante.
Mais on peut imaginer que ses priorités ne seront plus les mêmes. Que la réorientation de sa politique étrangère vers l’Asie, entamée voici quelques décennies, sera encore plus forte au détriment du monde arabe et, même, de l’Europe (même s’il ne faut pas oublier qu’une communauté occidentale entre les deux bords de l’Atlantique est une réalité plus grande que ce que pensent souvent certains commentateurs).
La Chine, elle, ne sera pas autosuffisante en matière énergétique, loin de là, même si elle met le turbo pour développer son parc nucléaire ou si elle entreprend, elle aussi, d’utiliser la technique de la fragmentation.
Du coup, elle va devoir se faire de plus en plus présente chez les pays producteurs, ce qui ne va pas manquer de créer des tensions avec les Etats-Unis mais aussi avec l’Europe, sans oublier les grands pays émergents au premier rang desquels l’Inde qui est exactement dans la même situation énergétique que sa grande rivale asiatique.
En ce qui concerne l’Europe, on a appris cette semaine que la zone euro est à nouveau en récession après le repli de son PIB au cours de deux trimestres consécutifs.
La tâche s’annonce difficile pour les Européens mais pas impossible. Tout le monde sait que la sortie de la crise passe par une dose plus importante de fédéralisme dans l’Union européenne, que ce soit avec les 27 Etats qui la composent ou avec ceux qui veulent aller plus loin ensemble.
Car une union à deux vitesses devient de plus en plus évidente si l’on veut que l’Europe s’en sorte et demeure un des lieux de pouvoir et de puissance dans la mondialisation.
Dans quel monde seront-nous dans quatre ans quand Barack Obama terminera son deuxième mandat ou dans dix ans quand ce sera au tour de Xi Jinping de laisser sa place?
Certainement dans celui où les interconnexions, qu’on le veuille ou non, que l’on soit un défenseur ou un adversaire de la mondialisation, seront encore plus importantes et plus intriquées qu’aujourd’hui car le mouvement d’ouverture malgré les difficultés, malgré les soubresauts, malgré les oppositions est une nécessité pour tous.
Pour autant, cela ne veut pas dire une mondialisation débridée et sans règles.
Celle-là est peut-être le plus grand danger d’un monde plus pacifiée et plus collaboratif. Personne n’en veut mais personne ne semble vouloir encore faire les efforts nécessaires pour l’empêcher d’émerger…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 17 novembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Le «Fair shake» d’Obama

Dans l’histoire des Etats-Unis, quelques grands discours remarquables, prononcés par des présidents américains qui ont marqué leur époque, ont définis leur mandat et leur époque.
Les plus connus sont le «New deal» (Nouveau contrat) de Franklin Roosevelt, la «New frontier» (Nouvelle frontière) de John Kennedy ou la «Great society» (Grande société) de Lyndon Johnson.
Sans oublier la «New freedom» (Nouvelle liberté) de Woodrow Wilson.
On peut aussi citer le discours d’Abraham Lincoln prononcé sur le champ de bataille particulièrement meurtrier de Gettysburgh, qui n’a pas reçu de nom mais qui rappelait l’importance du gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple dans le seul pays au monde à le pratiquer alors.
Theodore Roosevelt avait parlé du «Square deal» (Contrat équitable) dans son intervention sur le «New nationalism» (Nouveau nationalisme) lorsqu’il n’était plus président mais un candidat malheureux à la succession de son successeur!
Le «Rugged individualism» (Individualisme robuste)) de Herbert Hoover, lui, rejoignit vite les oubliettes de l’Histoire pour avoir été inventé juste avant la grande crise de 1929. De même que le «Compasionnate conservatism» (Conservatisme compassionné) de George W Bush qui ne résista pas aux attentats du 11 septembre 2001 puis à l’invasion de l’Irak.
Quant à la «Third way» (troisième voie) de Bill Clinton, elle ne ressort pas d’un discours particulier mais de plusieurs et d’une pratique politique.
Y a-t-il une formule pour définir la politique et la présidence de Barack Obama?
Lors d’un entretien récent donné au magazine Rolling Stone, l’interviewer proposa à Obama la formule «Fair shake» que ce dernier avait déjà utilisé plusieurs fois et que l’on pourrait traduire par l’«opportunité équitable» pour tous de réussir.
Celui-ci répondit que «cela me plait, (…) cela sonne bien à mes oreilles».
Mais qu’est-ce que cette opportunité équitable. Elle se décline en «fair shot» (jeu équitable) et «fair share» (part équitable).
Tout le monde à droit à un «fair shot», jeu équitable qui permet d’avoir la même chance de réussite, et tout le monde doit avoir la part équitable qui lui revient, en matière de droit mais aussi de devoir afin de donner la part équitable qu’il doit à la communauté.
Barack Obama, lors du fameux discours qu’il prononça à Osawatomie dans le Kansas (là-même où Theodore Roosevelt, en 1910, avait parlé de son New nationalism), le définissait ainsi: «Je suis ici au Kansas pour réaffirmer ma profonde conviction que nous sommes plus grands ensemble que nous le sommes chacun de notre côté. Je crois que ce pays réussi lorsque chacun à la droit à un «fair shot» (jeu équitable), lorsque chacun donne sa «fair share» (part équitable), lorsque tout le monde joue avec les mêmes règles.  Ce ne sont pas des valeurs démocrates ou des valeurs républicaines. Ce ne sont pas les valeurs des 1% ou les valeurs des 99%. Ce sont les valeurs américaines. Et nous devons les réinstaurer».
Pour Barack Obama, cela ne remet pas en cause l’économie de marché, bien au contraire, «l’économie de marché (free market) est la plus grand force pour le progrès économique dans l’histoire humaine».
Mais «l’économie de marché ne fonctionne bien que lorsqu’il y a des règles sur le chemin qui assure que la compétition est juste et ouverte et honnête».
Et, pour préciser sa pensée, de reprendre une des affirmations les plus célèbres de Théodore Roosevelt lors de son discours d’Osawatomie: «notre pays ne signifie rien si il ne signifie pas le triomphe de la vraie démocratie, d’un système économique sous lequel chaque homme verra son opportunité de montrer le meilleur qui est en lui garantie».
Se mettre dans les pas de Théodore Roosevelt, qui était un président républicain et qui revendiquait son conservatisme mais aussi son progressisme, est une manière pour Barack Obama de démontrer que sa présidence est définie comme centriste, consensuelle et bipartisane, alliant le meilleur du libéralisme économique, du libéralisme politique, du libéralisme sociétal mais aussi de la solidarité que le Centre puise dans l’idée que les vraies opportunités n’existent que si tout le monde part à égalité sur la ligne de départ.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 14 novembre 2012

Barack Obama présente une politique centriste pour les quatre prochaines années

Lors de sa première conférence de presse après sa réélection à la tête des Etats-Unis, Barack Obama a fixe le cap des quatre prochaines années de sa présidence en déclarant que son unique mandat serait de faire en sorte d’améliorer les conditions de vie de la classe moyenne et de permettre aux plus pauvres d’être mieux aidés.
Il a également expliqué qu’il était ouvert à toute politique bipartisane avec les républicains (qui contrôlent la Chambre des représentants) et qu’il était prêt à faire des compromis pour aller de l’avant dans de nombreux domaines.
Pour autant, il a affirmé qu’il ne laisserait pas l’énorme majorité des Américains payer pour les 2% les plus riches qui bénéficient encore d’importantes remises fiscales et que ceux-ci, ainsi que les républicains qui les défendent, devaient accepter qu’ils soient imposés à des taux supérieurs de ceux d’aujourd’hui.
Alexandre Vatimbella
2012 LesNouveauxMondes.org

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Elections présidentielles: les mauvais perdants veulent la sécession de l’Union!

La cinglante défaite de Mitt Romney lors de l’élection présidentielle révèle que les républicains de la droite extrême sont des mauvais perdants.
Beaucoup avaient déjà indiqué, avant le scrutin, qu’ils ne supporteraient pas un deuxième mandat de Barack Obama, certains, comme l’ancienne star de rock Ted Nugent, appelant même à prendre les armes contre lui en cas de réélection…
Le soir de l’élection, on avait vu un des plus célèbres d’entre eux, Karl Rove, l’ex-conseiller de George W Bush aux pratiques douteuses en matière électorale (par les attaques outrancières et diffamatoires contre les démocrates), refuser les résultats de l’Ohio sur la chaîne Fox news puis affirmant que l’on pouvait les contester avec tout un tas d’arguties juridiques.
Voici maintenant la dernière arme fatale de ces militants ultras du GOP (Grand old party): la sécession de leur Etat de l’Union!
Ainsi, le 7 novembre, dès le lendemain de la victoire du président, des habitants de la Louisiane déposaient sur un site web du gouvernement «We, the people of America», créé spécialement par l’Administration Obama afin de répondre aux questions que se posent les citoyens, la première pétition pour demander que leur Etat soit autorisé à quitter les Etats-Unis.
Evidemment, le dépôt d’une telle pétition sur internet n’enclenche nullement un processus aboutissant au départ de l’Union d’un Etat. Mais, au cas où une demande récolte au moins 25.000 signatures, les pouvoirs publics s’engagent à lui donner une réponse.
Une trentaine de pétitions ont d’ores et déjà étaient déposées. Celle qui a reçu le plus de soutien à ce jour est celle émanant du Texas avec 79.712 signatures. Celle de Louisiane, précitée, en a 29.865 et celle de Floride, 24.001.
Dans l’Etat le plus riche, la Californie, seules 7.119 personnes en ont signé une alors que l’on en trouve 11.693 à New York, 10.497 dans le New Jersey et 8.630 en Pennsylvanie.
A noter qu’au Kentucky - Etat lui-même né, le 1er juin 1792, d’une sécession avec celui de la Virginie lorsque les citoyens du comté de Kentucky décidèrent de se séparer à l’amiable de celle-ci - elle a été signée par 13.376 personnes.
Quant à l’Utah, l’Etat créé par les Mormons (dont Mitt Romney fait partie), la pétition de sécession n’a récoltée que 5.249 signatures alors même que pendant des années son entrée dans l’Union fut discutée avant que, finalement, il rejoigne cette dernière le 4 janvier 1896 en devenant la quarante-cinquième étoile du drapeau des Etats-Unis.
Au fait, un Etat a-t-il le droit que quitter l’Union? Selon les sécessionnistes qui reprennent d’ailleurs les arguments avancés lors de la tentative de sécession de onze Etats du Sud après l’élection d’Abraham Lincoln (le héros d’Obama!) à la présidence, ce qui déclencha la très meurtrière Guerre civile, ce droit est contenu dans la Déclaration d’indépendance de 1776.
Néanmoins, depuis l’adoption de la Constitution des Etats-Unis de 1783, ce droit n’existe plus. James Madison, qui est considéré comme le père de cette dernière a même déclaré dans un courrier de 1833 que la sécession née de la volonté d’un ou plusieurs Etats était impossible. Selon lui, seule une révolution contre un pouvoir liberticide pouvait aboutir à une sécession ainsi qu’un accord entre tous les Etats pour que l’un ou plusieurs puissent quitter l’Union.
La Cour Suprême ne reconnait pas, non plus, le droit à la sécession d’un Etat. Dans un arrêt du 15 avril 1869 Texas v. White, elle statue, qu’une fois entré dans les Etats-Unis, aucun Etat ne peut plus le quitter car il est devenu une partie d’«une union indestructible» d’«Etats indestructibles».
Evidemment, cela n’a pas empêché les mouvements sécessionnistes de fleurir un peu partout aux Etats-Unis depuis la création de ces derniers, qu’ils viennent de citoyens d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, voire de nationalistes convaincus ou d’égoïstes estimant seulement que leur Etat riche pouvait se passer de l’Union et ne plus être obligé de payer pour les autres.
Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, il est amusant de voir que ce sont les mêmes qui prônent l’exceptionnalisme des Etats-Unis comme pays à part et plus grande puissance de tous les temps qui réclament leur démantèlement après une déception électorale.
Comme quoi leur patriotisme affiché et revendiqué haut et fort semble peu vigoureux…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org