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mercredi 14 novembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Elections présidentielles: les mauvais perdants veulent la sécession de l’Union!

La cinglante défaite de Mitt Romney lors de l’élection présidentielle révèle que les républicains de la droite extrême sont des mauvais perdants.
Beaucoup avaient déjà indiqué, avant le scrutin, qu’ils ne supporteraient pas un deuxième mandat de Barack Obama, certains, comme l’ancienne star de rock Ted Nugent, appelant même à prendre les armes contre lui en cas de réélection…
Le soir de l’élection, on avait vu un des plus célèbres d’entre eux, Karl Rove, l’ex-conseiller de George W Bush aux pratiques douteuses en matière électorale (par les attaques outrancières et diffamatoires contre les démocrates), refuser les résultats de l’Ohio sur la chaîne Fox news puis affirmant que l’on pouvait les contester avec tout un tas d’arguties juridiques.
Voici maintenant la dernière arme fatale de ces militants ultras du GOP (Grand old party): la sécession de leur Etat de l’Union!
Ainsi, le 7 novembre, dès le lendemain de la victoire du président, des habitants de la Louisiane déposaient sur un site web du gouvernement «We, the people of America», créé spécialement par l’Administration Obama afin de répondre aux questions que se posent les citoyens, la première pétition pour demander que leur Etat soit autorisé à quitter les Etats-Unis.
Evidemment, le dépôt d’une telle pétition sur internet n’enclenche nullement un processus aboutissant au départ de l’Union d’un Etat. Mais, au cas où une demande récolte au moins 25.000 signatures, les pouvoirs publics s’engagent à lui donner une réponse.
Une trentaine de pétitions ont d’ores et déjà étaient déposées. Celle qui a reçu le plus de soutien à ce jour est celle émanant du Texas avec 79.712 signatures. Celle de Louisiane, précitée, en a 29.865 et celle de Floride, 24.001.
Dans l’Etat le plus riche, la Californie, seules 7.119 personnes en ont signé une alors que l’on en trouve 11.693 à New York, 10.497 dans le New Jersey et 8.630 en Pennsylvanie.
A noter qu’au Kentucky - Etat lui-même né, le 1er juin 1792, d’une sécession avec celui de la Virginie lorsque les citoyens du comté de Kentucky décidèrent de se séparer à l’amiable de celle-ci - elle a été signée par 13.376 personnes.
Quant à l’Utah, l’Etat créé par les Mormons (dont Mitt Romney fait partie), la pétition de sécession n’a récoltée que 5.249 signatures alors même que pendant des années son entrée dans l’Union fut discutée avant que, finalement, il rejoigne cette dernière le 4 janvier 1896 en devenant la quarante-cinquième étoile du drapeau des Etats-Unis.
Au fait, un Etat a-t-il le droit que quitter l’Union? Selon les sécessionnistes qui reprennent d’ailleurs les arguments avancés lors de la tentative de sécession de onze Etats du Sud après l’élection d’Abraham Lincoln (le héros d’Obama!) à la présidence, ce qui déclencha la très meurtrière Guerre civile, ce droit est contenu dans la Déclaration d’indépendance de 1776.
Néanmoins, depuis l’adoption de la Constitution des Etats-Unis de 1783, ce droit n’existe plus. James Madison, qui est considéré comme le père de cette dernière a même déclaré dans un courrier de 1833 que la sécession née de la volonté d’un ou plusieurs Etats était impossible. Selon lui, seule une révolution contre un pouvoir liberticide pouvait aboutir à une sécession ainsi qu’un accord entre tous les Etats pour que l’un ou plusieurs puissent quitter l’Union.
La Cour Suprême ne reconnait pas, non plus, le droit à la sécession d’un Etat. Dans un arrêt du 15 avril 1869 Texas v. White, elle statue, qu’une fois entré dans les Etats-Unis, aucun Etat ne peut plus le quitter car il est devenu une partie d’«une union indestructible» d’«Etats indestructibles».
Evidemment, cela n’a pas empêché les mouvements sécessionnistes de fleurir un peu partout aux Etats-Unis depuis la création de ces derniers, qu’ils viennent de citoyens d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, voire de nationalistes convaincus ou d’égoïstes estimant seulement que leur Etat riche pouvait se passer de l’Union et ne plus être obligé de payer pour les autres.
Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, il est amusant de voir que ce sont les mêmes qui prônent l’exceptionnalisme des Etats-Unis comme pays à part et plus grande puissance de tous les temps qui réclament leur démantèlement après une déception électorale.
Comme quoi leur patriotisme affiché et revendiqué haut et fort semble peu vigoureux…
Alexandre Vatimbella
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