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vendredi 9 novembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Barack Obama, président centriste pragmatiste et progressiste

Pour fêter sa victoire devant dix mille de ses partisans réunis dans une salle de Chicago, sa ville d’adoption, Barack Obama est monté sur le podium au son de «Respect», le fameux tube de la chanteuse Aretha Franklin.
Et ce n’est pas un hasard, tant le respect est une valeur humaniste fondamentale du Centrisme du XXI° siècle, celui du Juste équilibre dont le président américain est une des figures les plus emblématiques depuis près de dix ans.
Comme le dit fort justement l’éditorial du Monde daté du jeudi 8 novembre, les Américains «ont choisi l’homme du Centre».
D’ailleurs, ses premiers mots ce soir-là, à près de deux heures du matin, ont été clairement centristes et résonnaient avec ceux prononcés en 2004 lors de la Convention démocrate de Boston et qui le firent connaître aux yeux de toute la sphère politique ainsi qu’à ceux de sa campagne de 2008, que ce soit son discours de Springfield (Illinois) où il s’était déclaré candidat à la présidentielle que celui de sa première victoire, le 4 novembre, à Chicago dans lequel il disait «(…) nous n’avons jamais été une collection d’Etats rouges (républicains) et d’Etats bleus (démocrates): nous sommes et seront toujours, les Etats-Unis d’Amérique».
En écho, il a affirmé en ce 7 novembre 2012, que «malgré toutes nos différences, la plupart d’entre nous partageons les mêmes espoirs pour l’avenir de l’Amérique. Nous voulons que nos enfants grandissent dans un pays où ils ont accès aux meilleures écoles. Un pays qui ne soit pas écrasé par le poids de la dette, qui ne soit pas affaibli par les inégalités, qui ne soit pas menacé par le pouvoir destructeur du réchauffement climatique. Nous voulons leur transmettre un pays sûr, respecté et admiré à travers le monde, défendu par les meilleurs soldats qui soient. Vous nous avez élus pour que nous nous occupions de vos emplois, pas des nôtres. Dans les semaines et les mois à venir, je vais travailler avec les dirigeants des deux partis pour faire face aux défis que nous ne pouvons qu’affronter ensemble: réduire nos déficits; réformer notre fiscalité; réparer notre politique d’immigration; réduire notre dépendance venue de l’étranger. Je crois que nous pouvons affronter l’avenir parce que nous ne sommes pas aussi divisés que nos querelles politiques le laissent imaginer. Nous ne sommes pas aussi cyniques que le disent les experts. Nous sommes plus grands que la somme de nos ambitions personnelles, et nous sommes plus qu’une accumulation d’Etats rouges et bleus. Nous sommes et serons toujours les Etats-Unis d’Amérique».
Cette constance est remarquable car sa vision d’une Amérique réconciliée et bipartisane a été constamment attaquée à sa gauche et à sa droite, avec des propos souvent d’une violence inouïe qui aurait fait reculer n’importe quel politicien lambda qui aurait compris que sa réélection passait par un changement de cap opportuniste.
Mais pas Barack Obama qui n’a pas, malgré les difficultés, abandonné ses principes centristes ainsi que pragmatistes et progressistes. La raison est qu’il est mû par une vraie vision politique et non par une seule ambition personnelle (même si celle-ci, évidemment, existe comme pour tout individu cherchant à se faire élire à des postes de pouvoir aussi importants).
A ceux qui, malgré ses propos et ses actes, sont toujours à se demander qui est le «vrai» Obama, notamment ceux qui pensent qu’il n’est qu’un radical de gauche déguisé en centriste consensuel (sans oublier ceux qui estiment le contraire, qu'il est un radical de droite dans les habits d'un modéré de gauche!), qu’ils soient rassurés dans leur quête souvent irrationnelle et quelque peu paranoïaque.
Débarrassé de toute préoccupation électorale ou sondagière, Obama sera ce qu’il est (et ce qu’il a écrit et dit qu’il était) durant les quatre prochaines et dernières années de sa présidence.
Et je parie même qu’il sera encore plus centriste que pendant son premier mandat car, dorénavant, il n’aura plus que comme but de bâtir le futur de l'Amérique tout en démontrant que ses habitants sont avant tout des Américains et non des démocrates, des républicains et des «independents» qui ne pensent qu’à s’affronter pour de petits intérêts égoïstes.
Et il pourra s'appuyer, notamment, sur cette coalition d’électeurs qui l'a reconduit à la Maison blanche, celle qui représente l’avenir et la chance des Etats-Unis pour les décennies à venir.
Composée de jeunes, de groupes ethniques en expansion, de métissés, tous aux valeurs libérales et venant des classes moyennes, c’est elle qui façonnera et construira l’Amérique de demain, celle qui n’a pas peur d’un monde connecté et de la mondialisation, celle qui sait que le pays est le berceau de la démocratie dont la mission est de montrer le chemin mais loin de cet exceptionnalisme rétrograde que les plus conservateurs ont remis en selle, présentant une Amérique, seule détentrice de la vérité et unique lumière du monde, une idéologie qui n’existe plus (et n’a peut-être jamais réellement existée à part dans les films de série B de Hollywood, ceux dans lesquels Ronald Reagan était à l’affiche).
Barack Obama a donc quatre nouvelles années pour démontrer définitivement que le Centrisme est bien la pensée politique du XXI° siècle.
Alexandre Vatimbella
2012 LesNouveauxMondes.org