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dimanche 18 novembre 2012

Quel sera le nouveau monde Barack Obama-Xi Jinping?

Ce qui a dominé dans le monde au cours des dix derniers jours a été, évidemment, les élections aux Etats-Unis et la désignation des dirigeants en Chine, les deux premières puissances mondiales.
Ironiquement, on pourrait dire que le plus grand changement a certainement été la réélection de Barack Obama à la présidence que le renouvèlement en profondeur des dirigeants Parti communiste chinois! Une sorte de «on en prend d’autres et on recommence comme avant»…
Evidemment, cette analyse superficielle est on ne peut plus minimale et seul l’avenir nous dira si le changement viendra d’outre-Atlantique ou de l’autre bout du continent eurasien.
Il se peut que Xi Jinping, le nouveau numéro un chinois (président de la république et secrétaire général du parti) et son acolyte Li Keqiang, se révèlent, dans les mois ou les années à venir comme des réformateurs qui vont faire changer un système socio-politico-économique de la Chine qui en a bien besoin pour permettre au pays de prendre le nouvel élan dont il a besoin pour ne pas sombrer dans ses contradictions de plus en plus fortes.
De l’autre côté, Barack Obama qui revient requinqué après une campagne dure et l’obstruction systématique des républicains au Congrès, bénéficie de quelques cartes intéressantes pour mettre en place son agenda qui tient en une phrase, «aider les classes moyennes et les petites entreprises pour relever les Etats-Unis».
Mais, rien de ne dit qu’il en sera capable et que le «political as usual» ne barrera pas ses ambitions d’une Amérique enfin dans la dynamique du XXI° siècle.
Quoi qu’il en soit, le nouveau monde dirigé par ce G2 hypothétique Etats-Unis-Chine changera même si les deux premières puissances économiques mondiales ne changeaient pas.
Il changera parce que l’Asie est en train de se transformer et parce que l’Europe est en train d’essayer de se sauver. Cette transformation et ce sauvetage vont, de toute façon, impacter fortement la mondialisation dans le court et le moyen terme.
Sans oublier les turbulences du Moyen Orient qui auront des répercussions géopolitiques et géoéconomiques importantes.
Une des révolutions qui se préparent vient de faire l’actualité avec la publication d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie, même si l’on en parle depuis maintenant deux ans au moins, le passage des Etats-Unis d’importateur de pétrole et de gaz à celui de pays autosuffisant en la matière, puis d’exportateur grâce à l’extraction de ceux-ci dans les roches par fragmentation.
Les experts ont du mal à analyser les implications de cette nouvelle donne énergétique qui fera que la première puissance mondiale n’aura plus besoin stratégiquement de se déployer aux quatre coins du monde afin d’assurer ses approvisionnements en la matière.
Bien sûr, les Etats-Unis ne vont pas quitter la scène mondiale pour autant. Ils ont compris depuis longtemps que la première puissance mondiale ne pouvait demeurer dans un splendide isolement si elle veut marquer de son empreinte la planète, ce qui est une obligation pour demeurer la nation dominante.
Mais on peut imaginer que ses priorités ne seront plus les mêmes. Que la réorientation de sa politique étrangère vers l’Asie, entamée voici quelques décennies, sera encore plus forte au détriment du monde arabe et, même, de l’Europe (même s’il ne faut pas oublier qu’une communauté occidentale entre les deux bords de l’Atlantique est une réalité plus grande que ce que pensent souvent certains commentateurs).
La Chine, elle, ne sera pas autosuffisante en matière énergétique, loin de là, même si elle met le turbo pour développer son parc nucléaire ou si elle entreprend, elle aussi, d’utiliser la technique de la fragmentation.
Du coup, elle va devoir se faire de plus en plus présente chez les pays producteurs, ce qui ne va pas manquer de créer des tensions avec les Etats-Unis mais aussi avec l’Europe, sans oublier les grands pays émergents au premier rang desquels l’Inde qui est exactement dans la même situation énergétique que sa grande rivale asiatique.
En ce qui concerne l’Europe, on a appris cette semaine que la zone euro est à nouveau en récession après le repli de son PIB au cours de deux trimestres consécutifs.
La tâche s’annonce difficile pour les Européens mais pas impossible. Tout le monde sait que la sortie de la crise passe par une dose plus importante de fédéralisme dans l’Union européenne, que ce soit avec les 27 Etats qui la composent ou avec ceux qui veulent aller plus loin ensemble.
Car une union à deux vitesses devient de plus en plus évidente si l’on veut que l’Europe s’en sorte et demeure un des lieux de pouvoir et de puissance dans la mondialisation.
Dans quel monde seront-nous dans quatre ans quand Barack Obama terminera son deuxième mandat ou dans dix ans quand ce sera au tour de Xi Jinping de laisser sa place?
Certainement dans celui où les interconnexions, qu’on le veuille ou non, que l’on soit un défenseur ou un adversaire de la mondialisation, seront encore plus importantes et plus intriquées qu’aujourd’hui car le mouvement d’ouverture malgré les difficultés, malgré les soubresauts, malgré les oppositions est une nécessité pour tous.
Pour autant, cela ne veut pas dire une mondialisation débridée et sans règles.
Celle-là est peut-être le plus grand danger d’un monde plus pacifiée et plus collaboratif. Personne n’en veut mais personne ne semble vouloir encore faire les efforts nécessaires pour l’empêcher d’émerger…
Alexandre Vatimbella
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