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dimanche 30 décembre 2012

L’année 2012 aux Etats-Unis: victoire d’Obama et la «malédiction Sandy»

L’année qui s’achève aura d’abord été marquée, bien sûr, par la victoire de Barack Obama aux élections présidentielles face au républicain Mitt Romney (mais le Congrès demeure toujours divisé avec une lutte de plus en plus exacerbée entre démocrates et républicains, ces derniers étant toujours majoritaires à la Chambre des représentants).
Mais il ne faut malheureusement pas oublier que 2012 fut aussi l’année de la terrible «malédiction Sandy» avec l’effroyable tuerie de Newton à l’école Sandy Hook et les dégâts catastrophiques sur la côte Est dus à l’ouragan Sandy.
Il y eut, par ailleurs et entre autres, la montée inexorable de l’indépendance énergétique américaine, une économie en voie de guérison mais encore très fragile, la gloire retrouvée du couple Clinton, les scandales Petraeus et Armstrong (Lance) et la disparition d’Armstrong (Neil), le premier homme à poser le pied sur la Lune.
- La réélection plutôt facile de Barack Obama
L’élection du président de la première puissance mondiale est sans conteste un événement international. Et la victoire de Barack Obama en est un autre à plusieurs titres.
En premier lieu parce qu’il est un des seuls gouvernants des pays démocratiques à avoir retrouvé son poste alors que la crise économique et financière est loin d’être terminée.
Et à l’inverse de ce que beaucoup croient, il n’a pas été réélu dans un mouchoir de poche.
Selon les statistiques officielles, il a obtenu 51% des voix contre seulement 47,3% à Mitt Romney, un écart de presque 4% et de près de cinq millions de voix. De même, il a remporté une majorité d’Etats dont tous ceux, à part le Texas, qui sont les plus peuplés. Sans oublier les 332 grands électeurs face aux 206 de son rival républicain.
En second lieu parce qu’il a fait mentir tous les statistiques et précédents qui voulaient qu’un président américain ne pouvaient être réélus avec une situation économique aussi difficile.
Les commentateurs sont allés chercher tout ce qui pouvait démontrer l’impossibilité pour Barack Obama de retrouver le Bureau ovale. In fine, les électeurs les ont démentis sans appel…
En troisième lieu parce que son élection en 2008 en tant que premier noir (afro-américain) et membre d’une ethnie minoritaire à accéder à la Maison blanche était déjà historique mais que sa réélection, du fait des difficultés des Etats-Unis, des attaques outrancières des républicains notamment du mouvement de la droite extrême du Tea Party qui l’a comparé à Hitler et Staline ainsi que le blocage voulu et assumé des élus républicains au Congrès pour le faire chuter, l’est encore plus.
Ainsi, s’il avait été battu le 6 novembre dernier, on aurait tôt fait d’affirmer que sa victoire de 2008 n’avait été en réalité, non pas un accident de l’histoire, mais qu’un épisode conjoncturel et exceptionnel rendu possible par des circonstances particulières telles la désastreuse fin de la présidence de George W Bush (n’importe quel démocrate devait l’emporter face au candidat républicain selon les analystes politiques) et à la volonté des Américains de retrouver une dignité et une moralité, ce qui avait abouti à l’élection d’un jeune sénateur sans grande expérience et afro-américain.
Sa réélection, a contrario, démontre qu’il ne s’agissait pas d’un événement unique et hors du commun.
La raison en vient, en grande partie, du formidable charisme de Barack Obama (tous les sondages ont montré que les Américains aimaient l’homme même s’ils critiquaient sa politique) allié toutefois avec un changement profond dans la société américaine au niveau des mentalités mais surtout dans l’évolution de la population américaine, toujours plus urbaine et plus métissée avec, en outre, la montée en puissance de groupes ethniques tels les afro-américains ou les asiatiques et, évidemment les latinos qui ont voté à plus de 75% pour Obama.
En quatrième lieu parce qu’il est un centriste et que toute réélection d’un centriste est toujours ardue car il doit défendre un bilan face aux attaques dures venues de sa droite et de sa gauche.
Barack Obama a ainsi pratiqué pendant quatre ans une approche de la politique par la voie du juste équilibre et du consensus le plus large, se heurtant aux critiques des libéraux (gauche) et des conservateurs.
Pourtant, il a continué sur cette voie qu’il a défendue pendant la campagne électorale.
De ce point de vue, sa victoire est aussi celle du Centre même si, paradoxe, on comptera moins de centristes élus à la Chambre des représentants et au Sénat.
Mais cette anomalie vient des pratiques très contestables de charcutages électoraux réalisés par les congrès de chaque Etat de l’union et qui aboutissent à des circonscriptions qui, aujourd’hui, avantagent largement les républicains.
Car si ces derniers ont remporté largement les élections à la Chambre des représentants en nombre d’élus, ils les ont perdues en vote populaire…
- Tueries à Newton et Aurora
Les Etats-Unis ont été frappés par deux tueries de masse particulièrement sanglantes et horribles.
La première, chronologiquement parlant, s’est déroulée le soir du 19 juillet dans un cinéma d’Aurora, dans la banlieue de Denver (Colorado) lors d’une des premières du nouvel épisode de la saga de Batman «The Dark Knight Rises». Elle a fait douze morts et cinquante-neuf blessés.
Elle est due à James Holmes, 24 ans, qui l’avait minutieusement planifiée et qui avait même piégé son appartement avec des explosifs afin de faire encore plus de victimes. Contrairement à beaucoup de tueurs de masse, il ne s’est pas suicidé et a été arrêté par la police sur la parking du cinéma.
Le 14 décembre a eu lieu la deuxième et la plus épouvantable car elle a tué majoritairement des enfants de 6 et 7 ans dans l’école de Sandy Hook à Newton (Connecticut).
Un jeune homme instable de vingt ans, Adam Lanza, après avoir tué sa mère, s’est emparé de ses armes et a pénétré dans une école élémentaire tuant vingt-six personnes dont vingt enfants avant de se suicider.
Elle a eu un retentissement énorme dans le monde entier.
Barack Obama a déclaré qu’il s’agissait du pire jour de sa présidence et a pleuré lorsqu’il est intervenu à la télévision pour réagir à cette tuerie.
Un drame qui a enfin rouvert la discussion sur le port d’arme aux Etats-Unis, notamment en ce qui concerne les fusils d’assaut, James Holmes et Adam Lanza en ayant utilisé un pour cribler de balles leurs victimes.
Une majorité d’Américains sont désormais d’accord pour réglementer le port de ces armes mais il n’y a pas de majorité, loin de là, pour interdire la vente libre d’armes à feu.
Reste que la partie sera difficile pour Barack Obama qui a déclaré qu’il se battrait pour qu’une législation restrictive soit votée par le Congrès.
Il a missionné pour ce faire son vice-président Joe Biden. Mais celui-ci aura fort à faire avec le lobby pro-armes mené par la NRA (National rifle association) qui n’a rien trouvé de mieux que de tenir une conférence de presse quelques jours après le massacre de Newton pour affirmer que toute la société était responsable de la mort des vingt enfants sauf les armes à feu! Et, provocation indécente, de proposer que toute école soit dorénavant sous la protection de gardes armés…
- Le dévastateur ouragan Sandy
En 2011, New York et sa région était menacé par un ouragan, Irene, et l’on promettait à ses habitants une véritable catastrophe.
Heureusement, cette dernière n’eut pas lieu et l’on ne déplora aucune victime dans la mégalopole.
Du coup, quand les mêmes autorités vinrent dire aux Newyorkais que l’ouragan Sandy pourrait causer de très nombreux dégâts et tuer nombre d’entre eux, sceptiques, ils ne les ont pas crues.
Et ils ont eu vraiment tort car Sandy a dévasté New York City mais l’Etat de New York et celui du New Jersey ainsi que six autres Etats de la côte Est du pays.
Il a causé 131 morts dont 43 pour la seule ville de New York (53, dans l’Etat de New York, 37 dans le New Jersey et 13 en Pennsylvanie).
Ce sont le Queens (avec un feu géant qui a détruit une centaine de maisons dans le quartier d Rockaway) et, surtout, Staten Island qui ont été les deux boroughs les plus touchés. Le bas de Manhattan a également beaucoup souffert.
Ainsi, la capitale du monde a connu des heures difficiles avec des inondations, des coupures d’électricité et de chauffage et un nombre important de maisons détruites ou irrémédiablement endommagées.
En cette fin 2012, la situation n’est pas encore revenue à la normale, loin de là, dans les coins les plus touchés.
- Le nombre d’homicides au plus bas à New York depuis 1963
Le nombre de meurtres à New York a été de 414 au cours de 2012. C’est le chiffre le plus bas depuis 1963, c‘est-à-dire depuis que les statistiques existent!
Allant de pair, le nombre de fusillades est également à son plus bas niveau depuis dix-huit ans.
Quant à la politique restrictive des armes à feu déployée par le maire, Micahel Bloomberg, ardent défenseur de l’interdiction du port d’arme, elle semble porter ses fruits puisque seulement 237 des meurtres sont imputables à une arme à feu et huit mille d’entre elles ont été saisies l’année dernière dont 800 étaient détenues illégalement.
Cerise sur le gâteau, Michael Bloomberg a comparé le taux de meurtre dans les vingt-cinq plus grandes villes américaines et New York arrive en tête.
Peu de gens le savent (parmi eux, la plupart des Newyorkais), mais il n’y a pas eu de meurtre dans Central Park depuis des années, ce qui en fait un des endroits les plus sûrs de la ville. On peut même s’y promener la nuit en toute sécurité…
- L’économie va mieux et le pays sera bientôt autosuffisant énergétiquement
Ce n’est pas encore le retour des beaux jours mais l’économie américaine va de mieux en mieux avec une croissance entre 2% et 3%, une confiance retrouvée dans de nombreux secteurs et un avenir qui semble se dégager, notamment avec le boum de la production de gaz et de pétrole, en particulier ceux extraits des roches du pays par la méthode du fracking et qui va permettre aux Etats-Unis de redevenir un pays d’abord autosuffisant puis exportateur dans ces deux domaines dans les années qui viennent.
Car, si les Américains produisent de plus en plus de pétrole et de gaz, ils en consomment, dans le même temps, de moins en moins.
Résultat, ils ont réduit leurs importations de pétrole du Golfe persique de 20% en trois ans. Et ils sont déjà exportateurs nets de produits raffinés depuis 2011. Une première depuis soixante-trois ans et la présidence d’Harry Truman!
Merci donc au fracking mais aussi aux forages en haute mer et à l’extraction de gaz et de pétrole dans des endroits où il était trop difficile et/ou trop coûteux de le faire auparavant. La montée inexorable des prix ces dernières décennies, couplée avec l’innovation technologique permettent désormais d’entre faire un business rentable.
Sans oublier que cela, à terme, va changer les priorités de la politique étrangère américaine qui n’aura plus, comme priorité, de sécuriser les routes d’approvisionnement du pétrole et du gaz au Moyen Orient puisque cette énergie sera destinée à l’Europe et à la Chine, plus aux Etats-Unis.
- Les Giants champions à New York et… San Francisco
La franchise des Giants est, depuis 1958, divisée en deux, lorsque l’équipe de baseball décida d’émigrer, fin 1957, à San Francisco (face à la concurrence trop forte des Yankees, les Dodgers faisant de même en émigrant, la même année, à Los Angeles), celle de football américain demeurant à New York.
De manière tout à fait extraordinaire, en 2012, les Giants de New York ont remporté le Superbowl (la finale, qui est l’événement télévisuel le plus regardé de l’année) en devenant «champion du monde» de football américain, en février, et les Giants de San Francisco ont remporté les «world series» en devenant «champion du monde» de baseball, en novembre.
Moins brillant, les Giants de New York, après une saison 2012-2013 très décevante, on déjà perdu leur titre en ne se qualifiant même pas pour les play-offs lors de la dernière journée du championnat, le 30 décembre.
Une des équipes favorites pour leur succéder comme vainqueur du Superbowl sont les 49ers de… San Francisco.
- Bill et Hillary Clinton
En 2012, le couple Clinton est de nouveau superstar, à moins qu’il ne le soit toujours demeuré…
Alors que l’on loue les quatre ans d’Hillary passés à la tête de la diplomatie américaine et que l’ensemble des pundits (experts) prédisent qu’elle sera élue première femme présidente des Etats-Unis en 2016 si elle veut se présenter, son mari a fait un comeback retentissant dans le monde de la politique lors de la Convention démocrate en prononçant un discours qui fera date et qui a donné à Barack Obama un coup de pouce non-négligeable pour sa réélection à la Maison blanche.
- La déchéance d’Armstrong et Petraeus
Aux Etats-Unis, on peut devenir, du jour au lendemain, un héros ou une star, plus facilement que partout ailleurs. Mais, de même, plus facilement qu’ailleurs, on peut chuter lourdement du jour au lendemain (et, plus qu’ailleurs, on peut également revenir sur le devant de la scène après une chute retentissante).
C’est ce qui est arrivé à deux personnages de premier plan, le héros militaire David Petraeus et la star du vélo Lance Armstrong.
Le premier, directeur de la CIA après avoir été le commandant en chef de l’armée en Irak puis en Afghanistan et qui se voyait bien à la Maison blanche dans quelques années, a du démissionner après avoir avoué une romance extraconjugale avec sa biographe et avoir agi de manière peu appropriée pour le chef des renseignements américains.
Le deuxième, superstar de la bicyclette mais aussi des médias par sa victoire héroïque sur le cancer et par la création de sa fondation pour aider les malades de cette terrible maladie, a enfin été confondu par l’agence antidopage américaine - qui s’intéressait à son cas depuis des années - pour avoir pris des substances interdites et il s’est vu retirer ses sept Tours de France.
Alexandre Vatimbella
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