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samedi 1 décembre 2012

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. «Rêve chinois» versus «rêve américain»

Dans un article qu’elle vient de publier, l’agence de presse officielle chinoise, Xinhua, parle de «la détermination du pays à réaliser ‘le rêve chinois’».
Mais qu’est-ce bien que ce «rêve chinois»? Pour Xinhua, il s’agit de faire de la Chine «une nation socialiste moderne, prospère, puissante, démocratique, culturellement avancée et harmonieuse». Et ce «renouveau de la nation chinoise sera certainement réalisé» «lorsque la nouvelle Chine célèbrera son centenaire», c’est-à-dire le 1er octobre 2049.
Ce qui est intéressant dans la définition de ce rêve, c’est qu’il est avant tout celui d’une entité, la «nation» qui retentira alors sur chaque Chinois ce qui s’oppose diamétralement au «rêve américain» qui est avant tout individuel et qui, collectivement, n’est que la somme des rêves de chaque individu, c’est-à-dire la réussite de sa vie, à la fois, spirituellement, intellectuellement et matériellement.
Un rêve vient donc d’en haut et l’autre d’en bas si l’on veut schématiser.
Plus profondément, c’est bien l’Etat chinois qui est le pourvoyeur du rêve alors que l’Etat américain n’en est que le facilitateur.
D’un côté, une vision holistique du rêve, de l’autre une recherche personnelle.
Bien entendu, pour que le «rêve américain» puisse se réaliser, il faut comme condition préalable, l’existence d’une démocratie libérale qui garantit la liberté à chacun.
En revanche, le «rêve chinois» n’a guère besoin de cette liberté, sa caractéristique première étant de créer une société «harmonieuse» par le socialisme scientifique, c’est-à-dire par une voie unique à laquelle chacun doit se plier.
Au-delà de cette différence fondamentale de l’essence même de ces deux rêves, il faut aussi savoir quel est celui qui est le plus capable de rendre heureux chaque individu ainsi que le peuple.
Même si la notion de «bonheur» est difficile à apprécier (chacun en a une définition propre et l’état de bonheur est très difficile à établir sur la durée), force est de reconnaître que les deux rêves ne le produisent pas forcément.
Aux Etats-Unis, il est de plus en plus difficile de s’élever socialement et beaucoup n’ont pas la possibilité de se réaliser grâce à leurs capacités. L’ascenseur social est largement en panne depuis des décennies comme le montrent toutes les études sur le sujet.
En Chine, si une classe moyenne a émergé ces vingt dernières années, il y a eu aussi l’avènement d’une caste de super-riches qui, pour la plupart, ont réussi, non pas avant tout grâce à leurs talents, mais essentiellement par les prébendes et la corruption alors que la majorité de la population continue à vivre dans la pauvreté avec peu de chances de s’élever socialement.
Dans les deux pays, le rêve demeure donc plus une chimère qu’un but atteignable pour la majorité de la population.
Néanmoins, certains y parviennent aux Etats-Unis et en Chine grâce à leurs capacités et leurs talents.
Pour autant, les Américains qui réalisent leurs rêves le font libres et sans l’angoisse qu’un système coercitif remettent en cause leur réussite.
En revanche, en Chine, beaucoup de ceux qui s’en sortent le font en évitant de s’occuper de tâches qui fâchent et leurs réussites restent à la merci d’une décision arbitraire de l’administration et/ou du pouvoir politique.
C’est d’ailleurs pourquoi ceux qui réussissent le mieux – mais plus seulement – sont ceux qui, aujourd’hui, s’expatrient de plus en plus à l’étranger, en Europe, en Australie et ailleurs.
Et les plus riches d’entre eux ne rêvent que de s’installer aux Etats-Unis. La réciproque, elle, n’est pas d’actualité: peu de milliardaires américains pensent s’établir en Chine.
Là, peut-être, est ce qui caractérise le mieux la différence entre les deux rêves…
Alexandre Vatimbella
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