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mardi 15 janvier 2013

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Les électeurs «independents» ne sont plus ce qu’ils étaient

La tradition veut que lorsque les électeurs «independents», ceux qui se disent affiliés ni aux démocrates, ni aux républicains, votent pour vous avec une marge de quelques pourcentages, alors vous êtes sûrs de gagner l’élection présidentielle.
Au vu des sondages et des résultats, Mitt Romney l’a emporté de 8 points auprès de ce groupe et… il a perdu largement devant Barack Obama!
La raison: les «independents» ne sont plus ce qu’ils étaient…
J’avais déjà eu l’occasion d’expliquer ici que ces électeurs sont loin d’être tous des centristes indépendants des partis mais qu’une partie d’entre eux sont des conservateurs qui ne se reconnaissent pas dans le Parti républicain actuel mais qui votent néanmoins pour lui, une autre partie des «liberals» (progressistes de gauche) qui ne se reconnaissent pas dans le Parti démocrate actuel mais qui votent néanmoins pour lui et une partie, seulement, des électeurs modérés qui se déterminent en fonction du candidat et de ses propositions et non par rapport à un des deux partis.
Ainsi, les «independents» conservateurs sont actuellement beaucoup plus nombreux que les progressistes de gauche et que les modérés. Ce sont, pour beaucoup, des électeurs très à droite et proche du mouvement du Tea Party.
Du coup, Mitt Romney, candidat du Parti républicain, parti devenu très à droite mais pas assez pour ces Américains, avait une avance significative (de 8 points, donc) chez le groupe des «independents» mais, en revanche, il a eu un retard de quinze points chez les électeurs modérés de celui-ci, ceux qui ont fait la différence dans de nombreux Etats et permis la victoire de Barack Obama.
Comme l’a affirmé le directeur de campagne de ce dernier à Politico, «modérés est une meilleure façon de définir les gens qui hésitent pour qui voter et ce sont ces personnes pour lesquelles vous devez vous battre» afin d’obtenir leurs voix.
Il n’y a donc plus de tradition, ce que les républicains, sûrs de la victoire de leur poulain au vu de son avance, ont découvert, un peu tard, le lendemain de l’élection!
C’est sans doute pourquoi on a vu, le soir du scrutin, tant de républicains de l’équipe de campagne de Romney mais aussi conseillers et dirigeants du parti refuser la défaite jusqu’à la toute fin des résultats, incrédules devant ce qu’ils voyaient qui ne correspondait absolument pas au schéma «logique» qu’ils avaient en tête.
Pour cette élection, l’équipe de Barack Obama a donc agi sur deux fronts. Le premier a consisté à fortifier sans relâche la forte coalition pro-Obama et faire en sorte que ces électeurs se déplacent pour voter sans une importante déperdition. Le deuxième a été de séduire ces modérés mais également faire en sorte de les amener ensuite aux urnes.
David Axelrod, le conseiller d’Obama, a ainsi expliqué à Politico que «nous nous sommes focalisés avant tout sur l’inscription sur les listes électorales et la mobilisation du cœur de nos supporters et ça a marché. Mais une grande partie de nos efforts et du message a été de persuader une petite partie des électeurs que nous pensions pouvoir être récupérés – beaucoup d’entre eux étaient des gens avec nous en 2008 mais indécis en 2012».
Mais est-ce que ce modèle (fortifier sa base + séduire les modérés) est désormais incontournable pour être élu? Les analystes estiment que cela a bien marché pour Obama mais que rien ne dit que c’est une formule gagnante à tous les coups…
Alexandre Vatimbella
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