INFOS USA est un site de l'agence de presse LesNüuveauxMýndes.þrg

Rechercher sur Infos USA

Les actualités sur www.infos-usa.com

lundi 27 mai 2013

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Etats-Unis: baisse des homicides, merci aux guerres en Irak et Afghanistan?!

Et si la baisse des victimes de meurtres aux Etats-Unis – en particulier à New York – était due avant tout aux guerres menées en Irak et en Afghanistan!
Passée la surprise de ce lien a priori improbable, il faut se rappeler que les deux guerres mondiales du XX° siècle sont considérées comme ayant été de formidables et sans équivalents accélérateurs du progrès humain dans de nombreux domaines technologiques et scientifiques.
On sait que la médecine et l’hygiène (les deux principaux responsables de l’allongement de l’espérance de vie) ont fait des bonds spectaculaires en14-18 puis en 39-45. Rien d’étonnant donc que celles-ci aient également connu des améliorations substantielles lors des deux conflits armés des années 2000 menés par les Etats-Unis et leurs alliés.
Dès lors, la baisse des morts violentes seraient dues avant tout à une meilleure médecine et beaucoup moins à l’action de la police malgré les dires de cette dernière et l’autosatisfaction affichée de certains hommes politiques comme le maire de New York, Michael Bloomberg.
Ces progrès viendraient en droite ligne des leçons apprises pour soigner les blessés des forces armées américaines en Irak et en Afghanistan (mais aussi de l’expérience acquise précédemment en Corée et au Vietnam).
Une grande enquête du Wall Street Journal révélait il y a quelques mois que les médecins voyaient arriver aux urgences de plus en plus de personnes victimes d’attaques violentes mais que, grâce aux nouvelles techniques et aux nouveaux traitements, ils pouvaient en sauver de plus en plus.
Mais qu’est-ce qui permet de dire cela? Les statistiques, pardi. Ainsi, les attaques violentes contre les personnes ont augmenté aux Etats-Unis ces dernières années alors que, pendant le même temps, le nombre de morts chutait de manière spectaculaire.
Il fallait donc trouver la raison de ce paradoxe.
Et c’est l’évolution de la médecine d’urgence aux Etats-Unis qui fournie la meilleure explication.
D’abord dans la création d’unité d’urgences médicales spécialisées dans les traumatismes et leur localisation généralement à soixante minutes maximum du lieu d’une attaque.
Ensuite dans le transport des blessés très graves qui se fait de plus en plus par hélicoptère, ce qui fait gagner énormément de temps.
Puis la technique médicale, notamment le fait de ne traiter qu’une blessure à la fois (quitte à faire plusieurs opérations successives) pour éviter de trop longues opérations qui fatigueraient le patient et pourraient engager son pronostic vital.
Sans oublier la gestion de la transfusion sanguine avec l’utilisation de plaquettes plutôt que de globules rouges.
Est-ce à dire que les programmes sécuritaires de la police et des autorités politiques ainsi que les actions diverses menées pour faire baisser la criminalité n’ont aucun effet ou simplement à la marge?
Certains l’affirment mais le FBI apporte un bémol à cette thèse en indiquant qu’il est très difficile en l’état d’utiliser les statistiques fournies par les hôpitaux en matière d’agressions qui montrent une augmentation significative des personnes sérieusement blessées par des attaques à l’arme à feu ou à l’arme blanche.
Seules celles concernant les morts par homicides, collectées par la police fédérale, seraient en effet comparables d’une année sur l’autre et elles n’apportent pas des éléments incontestables sur le fait que la baisse homicides entre 2007 et 2010 soit corrélée à une forte augmentation du nombre de vies sauvées par les médecins.
Reste qu’il ne serait guère surprenant que les progrès de la médecine dans ce domaine comme dans bien d’autres, sauve de plus en plus de vies.
Alexandre Vatimbella

© 2013 LesNouveauxMondes.org

mercredi 22 mai 2013

Prochain visite de Xi Jinping aux Etats-Unis sur fond de méfiance entre les peuples américain et chinois


Alors que Xi Jinping, le président chinois, s’apprête à faire dans quelques semaines le voyage de Washington à l’invitation de Barack Obama et que les deux hommes vont parler de coopération mais aussi de tout ce qui fâche (concurrence déloyale, cyberguerre, pivot américain vers le Pacifique, droits de l’homme, Corée du Nord, on en passe et des meilleurs), la méfiance est désormais de mise entre les peuples américains et chinois si l’on en croit les dernier sondages en la matière datant de 2012.
Ainsi, 65% des Américains voient la Chine comme un adversaire dans la mondialisation contre seulement 16% qui la voient comme un partenaire (15% la voyant comme un ennemi).
Dès lors, pas étonnant que 68% d’entre eux disent qu’on ne peut pas ou peu faire confiance à la Chine.
Quant à la délocalisation d’emplois américains en Chine, 71% disent que c’est un problème sérieux. 78% pensent que c’est également le cas de la dette américaine vis-à-vis de la Chine et 61% pour le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine.
Surtout, la priorité des Etats-Unis, selon 49% des Américains, est d’être plus agressif avec la Chine contre 42% qui pensent qu’il faut développer la coopération entre les deux pays (Auparavant 53% privilégiaient de meilleurs relations avec la Chine).
Du côté Chinois, la détérioration de l’image des Etats-Unis est également de mise.
Ainsi, seuls 43% voient les Etats-Unis de manière favorable (contre 48% qui les voient défavorablement), une inversion par rapport à la précédente enquête qui donnait respectivement les chiffres de 58% et 37%.
Dans le même temps, ils ne sont plus que 39% à estimer que les relations entre la Chine et les Etats-Unis peuvent être qualifiées de coopération contre 68% auparavant soit une chute de près de trente points!
Enfin, c’est désormais la méfiance qui prime chez les Chinois envers Obama (41% contre 38% qui lui font confiance).
Ces chiffres, qui datent maintenant de quelques mois, montrent bien cette dégradation des relations entre les deux grandes puissances et l’éloignement d’une coopération pacifique pour gouverner le monde et réguler la mondialisation.
Et il est fort possible que ceux-ci soient encore plus mauvais aujourd’hui car les affaires d’espionnages de l’armée chinoise sur les entreprises et le gouvernement américains par le biais d’internet ainsi que l’agressivité chinoise vis-à-vis de ses voisins -- et de tous les pays qui ne sont pas d’accord avec eux, plus généralement (59% estiment que la Chine ne prend pas en compte les intérêts des autres pays dans ses décisions en matière de politique étrangère -- n’ont pas du faire du bien à l’image de la Chine aux Etats-Unis.
De même, les déclarations toujours plus dures des autorités chinoises sur la présence américaine renforcée dans le Pacifique et la volonté de développer en priorité les capacités de l’’armée chinoise, n’ont pas du être des signaux d’apaisement pour la population chinoise.
Reste que les Etats-Unis et la Chine ont de multiples intérêts à s’entendre. Pour autant, il serait sans doute contre-productif de ne pas mettre l’ensemble des sujets sur la table afin de donner des clés précieuses au monde sur ce à quoi il peut s’attendre de ses deux principales puissances.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence
© 2013 LesNouveauxMondes.org

vendredi 17 mai 2013

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. L’«Obama bashing» de nouveau en vogue chez les conservateurs et dans les médias


Puisque l’économie va de mieux en mieux, que les Américains et les investisseurs reprennent confiance dans l’avenir, les républicains, assommés par leur défaite aux présidentielles de novembre dernier (ils croyaient vraiment qu’ils allaient l’emporter), mais aussi les médias, toujours ambivalents sur Barack Obama, ont choisi d’attaquer ce dernier sur d’autres terrains.
On se rappelle que ce fut cette même stratégie qui fut utilisée en 2009 après sa première victoire à la présidentielle (il n’était pas possible alors d’incriminer Obama pour les difficultés économiques que connaissait le pays et qui venaient d’avant son élection).
Devant un homme excessivement populaire et qui venait de faire l’Histoire mais que la presse avait encensé au-delà de toute mesure (et que les républicains pétrifiés n’avaient osé attaquer de peur d’être traités de tous les noms), les critiques sur sa personne et sa politique avaient, dès les premiers flottements de sa présidence, fusé de partout, une pratique que l’on avait alors baptisée «Obama bashing» et qui ne cessa quasiment plus, alimentée sans cesse par la droite extrême du Parti républicain, par les grands médias conservateurs (en particulier le Wall Street Journal et Fox News) sans oublier le Tea Party, ce mouvement populiste, démagogue et proche de l’extrême-droite qui se créa en 2009 pour porteer un message populiste et démagogique au-delà de toute mesure et qui s’amuse à caricaturer le président en Hitler ou Staline.
D’ailleurs, un des «scandales» que l’on reproche en ce moment à Obama concerne en partie ce Tea Party ainsi que d’’autres groupes conservateurs. Ceux-ci ont vu les agents du fisc enquêter sur leurs financements et sur leurs agissements alors que cela n’a sans doute pas été le cas pour les groupes de gauche.
Quant aux autres «scandales» que je placerai également entre guillemets, il s’agit d’abord de l’affaire réchauffée sans cesse par les républicains pour embêter Obama mais surtout désormais Hillary Clinton (possible candidate pour le présidentielle de 2016 et actuellement archi-favorite de ce scrutin et, à l’époque, secrétaire d’Etat), de l’attaque du consulat américain de Benghazi fin 2012 qui avait coûté la vie à l’ambassadeur Stevens et trois autres Américains.
L’autre affaire concerne des écoutes de journalistes de l’AP (Associated press, première agence de presse mondiale) qui avaient révélé grâce à des informateurs au sein même de l’administration, une tentative déjouée de faire sauter un avion américain lors du premier anniversaire de l’élimination de Ben Laden grâce à l’infiltration d’un agent double dans le groupe terroriste yéménite qui avait planifié cet attentat.
Il y a une opinion intéressante sur ces «scandales», celle du journaliste du magazine Time, Joe Klein dont les positions centristes sont bien connues.
Pour lui, seule la cible des groupes conservateurs par l’administration des impôts peut être considérée comme un scandale, les autres n’étant que des attaques politiques de ceux qui veulent prendre leur revanche sur Obama par tous les moyens.
Et encore, car il faut savoir que la raison essentielle de ces enquêtes par les agents du fisc provient de ce que de plus en plus de groupes politiques extrémistes tentent d’échapper à l’impôt en profitant d’une législation appliquée de manière laxiste qui leur permet de se faire passer pour des associations recherchant «le bien être général» («social wellfare»)!
Comme l’expliquent de nombreux commentateurs, le scandale est bien plus cette règle ainsi que la décision de la Cour suprême (dominée par les conservateurs), largement critiquée et toujours combattue par les démocrates, «Citizens united» qui a permis à ces groupes politiques de pouvoir constituer des associations qui peuvent dépenser sans compter lors des élections, sans devoir révéler leurs contributeurs (souvent des milliardaires proches de la droite extrême), ces désormais fameux «super-PAC» (political action committee) qui gangrènent un peu plus la politique avec l’argent.
Ainsi, Karl Rove, l’ancien conseiller de George W Bush, célèbre pour avoir inventé la diffamation et le mensonge comme mode de campagne électorale contre les opposants du Parti républicain est à la tête d’un de ses groupes les plus puissants qui soi-disant recherche le «bien être général».
Enfin, rien ne dit, en l’état du dossier, que l’administration des impôts ait agi de manière illégale comme l’a rappelé Steven Miller, son directeur au moment des faits et qui vient d’être limogé par Barack Obama.
Quant aux deux autres, elles ne méritent absolument pas le qualificatif de «scandale».
D’abord Benghazi dont certains républicains tentent par tous les moyens d’en faire le parallèle avec le Watergate (le scandale des écoutes et du cambriolage du siège du comité démocrate lors de l’élection de 1972 qui coûta son poste à Richard Nixon, président… républicain).
Il n’y a vraiment rien de commun entre les deux affaires. Barack Obama n’a commis aucune faute et aucune preuve n’existe sur sa volonté de cacher quoi que ce soit dans l’attaque du consulat américain, d’autant que quelques jours après, la Maison blanche expliquait qu’il s’agissait d’un attentat et que même le président, le jour même de sa perpétration, parlait d’un «acte de terreur».
Quant aux listing des appels reçus et donnés par certains journalistes de l’AP qui avaient dévoilé la tentative d’attentat contre un avion américain, il ne faut pas oublier que depuis le début de son mandat, Barack Obama a déclaré qu’il ne tolèrerait aucune fuite de son administration qui mettrait en danger des personnes qui luttent contre le terrorisme et qu’il ferait en sorte de punir les auteurs de celles-ci tout en s’en prenant également aux médias qui publieraient ces informations.
De plus, cette action est totalement légale et entre dans le cadre du Patriot Act, loi certes controversée sur une limitation des libertés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais écrite et mise en œuvre par l’Administration Bush…
Dans le cas de cette affaire mais aussi des deux autres, il est étonnant de voir les journalistes du New York Times, qui semblent avoir une dent contre Obama, tirer sur le président à boulets rouges pendant l’équipe éditorialiste (la rédaction et cette équipe sont totalement indépendantes l’une de l’autre, ce qui est difficilement compréhensible pour les étrangers) lui apporte un soutien toujours fort.
Cet exemple montre cette ambivalence des journalistes face à une personnalité politique comme Barack Obama. Son charisme et son intelligence le rende naturellement sympathique à une grande majorité d’entre eux qui, au moindre faux pas ou simplement rumeur, tente alors de retrouver une virginité dans une critique féroce.
Ce qui est sans doute plus essentiel que ces «scandales» et ces «nouveaux Watergate» comme l’aboient les républicains dans l’espoir que cela devienne le cas par incantation afin de réaliser leur rêve, chasser du pouvoir Obama avec la procédure de l’«impeachment» (destitution) qui avait déjà été brandie lors du vote de la loi sur l’assurance santé (!), c’est que le climat politique aux Etats-Unis est loin de s’apaiser.
Il suffit de voir la hargne des élus républicains dans les commissions lors des auditions pour se rendre compte de la volonté de se saisir de n’importe quelle information pour nourrir leur projet de diaboliser tout ce qui touche Obama et les démocrates, comme si ceux-ci exerçaient leur pouvoir par usurpation.
Ce n’est pas nouveau mais on voit bien que les divisions idéologiques et partisanes, largement portées par les républicains et leurs factions extrémistes font que les réformes importantes qui doivent être mises en route (immigration, armes à feu, assurance santé, etc.) ne le sont pas. In fine, c’est bien les Etats-Unis et les Américains qui en seront les grands perdants.
En tout cas, les républicains ne vont certainement pas lâche ces «scandales» du jour au lendemain, car ils ont enfin trouvé des motifs qui, à a fois, leur permettent d’attaquer Obama, de tout bloquer et de faire jubiler leur base extrémiste tout en la mobilisant. C’est du pain béni pour eux mais pas vraiment pour la démocratie et les Etats-Unis…
Alexandre Vatimbella
© 2013 LesNouveauxMondes.org

mercredi 15 mai 2013

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. L’union des Etats-Unis d’Europe et d’Amérique, le moteur du XXI° siècle


En 1849, au Congrès de la paix, Victor Hugo déclarait du haut de la tribune, «un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d’Amérique et les Etats-Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies».
Et si cette vision du grand poète était leur avenir en ce XXI° siècle, presque deux cents ans après qu’il l’ait formulée?
En tous cas, même si l’Union européenne n’est pas (encore?) les Etats-Unis d’Europe, c’est ce que pensent de plus en plus de responsables des deux rives de l’Atlantique dans une mondialisation où les valeurs et les modes de vie occidentales doivent être renforcées, à la fois, pour permettre à l’Europe et l’Amérique du Nord de continuer à être ce berceau de la démocratie républicaine mais également pour qu’elles continuent à être le phare qui inspire tous ceux qui rêvent de liberté, d’égalité et de fraternité dans le monde.
Mais, et il s’agit d’un point crucial, c’est également ce que souhaite une majorité d’Européens et d’Américains comme le montre de récents sondages. Ainsi, 58% des Américains souhaitent une augmentation des échanges commerciaux entre l’Europe et les Etats-Unis selon le Pew Research center. De même, selon une étude du Marshall fund, 75% des Italiens, 65% des Britanniques, 58% des Français ou 57 % des Allemands croient en un approfondissement des liens commerciaux et d’investissements entre les deux rives de l’Atlantique, sentiment partagé par 63% des Américains. Et une majorité encore plus forte (82% en France et 76% aux Etats-Unis, par exemple), sont en faveur d’une harmonisation des règlements entre l’Europe et l’Amérique sur les biens et les services.
En outre, cette union permettrait aux Etats-Unis de compter un partenaire solide et à l’Europe de se réinventer enfin dans cette relation bilatérale.
Ce rapprochement pourrait donc prendre, comme l’a proposé Barack Obama, d’abord la forme d’une vaste zone de libre-échange représentant 5.000 milliards de dollars. Sa proposition de mettre en place une «association totale en matière commerciale et financière» entre les Etats-Unis et l’Europe est appuyée par les milieux des affaires et les entreprises dans tous les pays visés par celle-ci et a été accueillie avec un énorme intérêt par l’ensemble des gouvernements concernés même si les points de vue des deux côtés de l’Atlantique doivent être rapprochés pour dissiper les inquiétudes et les malentendus (notamment en matière de biens culturels ou de produits agricoles).
Pour autant, les officiels de Bruxelles se sont saisis du dossier et veulent avancer le plus rapidement possible afin d’aboutir dans les deux ou trois ans à venir.
Cette zone serait évidemment une puissante dynamique pour la croissance au moment où les pays occidentaux souffrent d’une croissance trop faible voire d’une croissance zéro quand ce n’est pas d’une récession qui touche désormais la France.
Mais elle dépasserait évidemment le simple caractère économique et commercial en ayant une forte signification politique.
Elle enverrait ainsi un signal fort au reste de la planète d’une communauté occidentale revitalisée autour de ses liens économiques et commerciaux mais aussi de ses liens culturels, de ses valeurs ou de sa vision du monde capable de protéger et de faire progresser son modèle de civilisation.
Quand on sait que les grands pays émergents, notamment ceux d’Asie mais pas seulement eux, deviennent de plus en plus puissants, cette union Europe-Amérique est une nécessité pour les deux entités, même si les Etats-Unis regardent aussi et de plus en plus vers le Pacifique.
Cependant, ce n’est pas dans cette zone devenue cruciale pour eux (et pour le monde) qu’ils trouveront des alliés avec autant de points communs que les Européens et ils le savent, la proposition d’Obama en étant une preuve, lui que l’on dit, pourtant, peu intéressé par le vieux continent.
Reste à savoir si la volonté politique qui s’est faite jour grâce au président américain pourra éviter les nombreux écueils et chausse-trappes d’une pratique politicienne étriquée et d’un manque de courage des peuples concernés.
Pour pouvoir compter au XXI° siècle, pour pouvoir être pris au sérieux par les Etats-Unis, les pays européens n’ont qu’un moyen s’unir. Et au moment où les Etats-Unis leur proposent une zone de libre-échange qui pourrait déboucher sur une communauté euro-américaine, les pays européens sont devant leurs responsabilités.
«Il n’y a qu’une voie de salut et c’est l’Europe» déclarait l’Européen convaincu qu’était Jean-Lecanuet en 1965. Près de cinquante ans après, il faut peut-être dire que le salut est devenu maintenant, dans cette ère de mondialisation et de globalisation, une communauté euroaméricaine ou américanoeuropéenne, au choix.
Alexandre Vatimbella
© LesNouveauxMondes.org

dimanche 5 mai 2013

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Obama II: vers des réformes ou un blocage?


L’état de grâce n’est décidément plus ce qu’il était, que ce soit en France ou aux Etats-Unis et, plus généralement, dans l’ensemble des pays démocratiques.
Nous sommes désormais dans l’ère du tout, tout de suite, dans celle du toujours plus et dans celle l’immédiateté médiatique qui empêchent le plus souvent la mise en place de politiques structurelles à moyen et long terme qui ne donnent pas de résultats à court terme.
Résultat, les cotes de confiance sondagières s’effondrent à une vitesse de plus en plus subsonique, ce qui permet une remise en cause d’élections par une soi-disant démocratie directe qui n’est en réalité qu’un populisme de mauvaise humeur excité par des démagogues qui ne sont pas forcément des extrémistes.
La contestation politique se focalise alors sur la légitimité d’un pouvoir démocratique par la rue et des mouvements qui s’érigent en contre-pouvoirs autoproclamés (soutenus souvent dès le départ par des formations politiques de l’opposition) tels le Tea Party aux Etats-Unis ou celui contre le mariage pour tous en France.
Si François Hollande connaît trop bien cette nouvelle donne, Barack Obama aussi (même si sa situation personnelle n’a rien à voir), avec, malgré tout, l’exception notable d’une économie américaine qui va bien mieux que l’économie française en témoigne encore un taux de chômage à son plus bas depuis 2008 alors que celui-ci explose en France.
Ainsi, le voilà à nouveau bloqué par les républicains à la Chambre des représentants mais aussi au Sénat (alors que les démocrates y sont majoritaires) avec des médias qui se demandent si son second mandat ne sera pas celui d’un président incapable de mettre en route quelque réforme consistante que ce soit comme ce fut souvent le cas pour les président réélus avant lui.
Si l’on analyse ses priorités (installer l’assurance santé après le vote de la loi en 2009, mettre en place une politique de l’immigration plus efficace, restreindre les ventes d’armes les plus dangereuses, réduire les déficits publics, réformer la fiscalité pour la rendre plus juste et plus efficace, adopter une politique énergétique volontariste couplée avec des objectifs environnementaux majeurs), il est fort possible qu’il ne puisse pas faire grand-chose.
Sans oublier tous les problèmes qui vont apparaître sans prévenir dans les quatre ans à venir en particulier sur la scène internationale ou en matière de terrorisme et qui seront peut-être encore plus difficile à gérer plus son mandat arrivera à son terme.
Reste que le blocage est une possibilité mais que la résolution de certaines de ces priorités l’est tout autant.
Dans la configuration actuelle (qui a été souvent celle des présidents américains), il s’agit d’un rapport de force entre l’exécutif et le législatif. Et dans cette confrontation, Barack Obama possède trois atouts majeurs.
Le premier atout est qu’il est nettement plus populaire que le Congrès et, notamment, que la Chambre des représentants dominée par les républicains dont les Américains estiment qu’elle fait de l’obstruction systématique.
Dès lors, la faute à la paralysie de Washington est attribuée par une majorité d’Américains aux républicains qui savent pertinemment qu’ils ne peuvent pas faire de cette obstruction une arme anti-Obama sans qu’elle se retourne contre eux à un moment ou à un autre.
Ainsi, leur refus de la loi sur l’assurance santé («Obamacare» dont la Chambre des représentants va voter une nouvelle fois sa suppression qui sera sans conséquence puisque le Sénat ne suivra pas et qu’Obama, de toute façon, dispose d’un droit de véto) est à double tranchant car cette reforme, si elle est majoritairement impopulaire pour l’instant, contient nombre de dispositions approuvées par l’ensemble des Américains qui y voient des avancées sociales majeures.
Quant au contrôle plus efficace des armes à feu demandé par 92% des Américains mais rejeté par le Sénat, la mesure n’a même pas été discutée par la Chambre des représentants, ce qui pourrait valoir quelques mauvaises surprises aux sortants républicains (représentants et sénateurs) lors des élections de mi-mandat en 2014…
Sans parler des coupes automatiques dans les dépenses («sequester») qui ont été mises en route après que les républicains aient refusé de s’entendre avec le président sur une gestion des déficits publics et une réorganisation de la fiscalité.
Le deuxième atout est que les républicains sont obligés de s’ouvrir aux revendications d’une population de plus en plus métissée pour pouvoir espérer remporter la prochaine présidentielle (même si la candidature probable d’Hillary Clinton risque de leur rendre la tâche extrêmement compliquée).
Ainsi, s’ils veulent attirer la majorité des votes des latinos et des asiatiques, indispensable pour espérer remporter la Maison blanche, ils doivent adopter une approche plus positive sur l’immigration, sujet majeur d’Obama.
Le troisième atout est une embellie réelle de l’économie américaine (même si elle doit être pérennisée et produire plus de croissance) qui crédibilise le discours et l’action de Barack Obama.
Bien entendu, il lui faut bâtir une stratégie gagnante pour que ces atouts produisent leurs effets. Or, après avoir remporté les dernières présidentielles, il a pu, pendant quelques semaines, les utiliser efficacement pour faire avancer son «agenda» (programme).
Mais le fait que des mesures de contrôle plus stricts sur la vente d’armes à feu n’aient pu être votées alors que Barack Obama s’était engagé fermement en leur faveur a démontré que rien n’était gagné d’avance et qu’il allait devoir batailler dur pour obliger les républicains à des compromis, tout en espérant regagner la majorité à la Chambre des représentants en 2014, tout en ne perdant pas celle au Sénat.
Le challenge est donc relevé. D’autant que Barack Obama continue de vouloir construire un consensus large autour de ses politiques centristes, ce qui ne lui facilite pas la tâche.
Alexandre Vatimbella
© 2013 LesNouveauxMondes.org