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vendredi 17 mai 2013

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. L’«Obama bashing» de nouveau en vogue chez les conservateurs et dans les médias


Puisque l’économie va de mieux en mieux, que les Américains et les investisseurs reprennent confiance dans l’avenir, les républicains, assommés par leur défaite aux présidentielles de novembre dernier (ils croyaient vraiment qu’ils allaient l’emporter), mais aussi les médias, toujours ambivalents sur Barack Obama, ont choisi d’attaquer ce dernier sur d’autres terrains.
On se rappelle que ce fut cette même stratégie qui fut utilisée en 2009 après sa première victoire à la présidentielle (il n’était pas possible alors d’incriminer Obama pour les difficultés économiques que connaissait le pays et qui venaient d’avant son élection).
Devant un homme excessivement populaire et qui venait de faire l’Histoire mais que la presse avait encensé au-delà de toute mesure (et que les républicains pétrifiés n’avaient osé attaquer de peur d’être traités de tous les noms), les critiques sur sa personne et sa politique avaient, dès les premiers flottements de sa présidence, fusé de partout, une pratique que l’on avait alors baptisée «Obama bashing» et qui ne cessa quasiment plus, alimentée sans cesse par la droite extrême du Parti républicain, par les grands médias conservateurs (en particulier le Wall Street Journal et Fox News) sans oublier le Tea Party, ce mouvement populiste, démagogue et proche de l’extrême-droite qui se créa en 2009 pour porteer un message populiste et démagogique au-delà de toute mesure et qui s’amuse à caricaturer le président en Hitler ou Staline.
D’ailleurs, un des «scandales» que l’on reproche en ce moment à Obama concerne en partie ce Tea Party ainsi que d’’autres groupes conservateurs. Ceux-ci ont vu les agents du fisc enquêter sur leurs financements et sur leurs agissements alors que cela n’a sans doute pas été le cas pour les groupes de gauche.
Quant aux autres «scandales» que je placerai également entre guillemets, il s’agit d’abord de l’affaire réchauffée sans cesse par les républicains pour embêter Obama mais surtout désormais Hillary Clinton (possible candidate pour le présidentielle de 2016 et actuellement archi-favorite de ce scrutin et, à l’époque, secrétaire d’Etat), de l’attaque du consulat américain de Benghazi fin 2012 qui avait coûté la vie à l’ambassadeur Stevens et trois autres Américains.
L’autre affaire concerne des écoutes de journalistes de l’AP (Associated press, première agence de presse mondiale) qui avaient révélé grâce à des informateurs au sein même de l’administration, une tentative déjouée de faire sauter un avion américain lors du premier anniversaire de l’élimination de Ben Laden grâce à l’infiltration d’un agent double dans le groupe terroriste yéménite qui avait planifié cet attentat.
Il y a une opinion intéressante sur ces «scandales», celle du journaliste du magazine Time, Joe Klein dont les positions centristes sont bien connues.
Pour lui, seule la cible des groupes conservateurs par l’administration des impôts peut être considérée comme un scandale, les autres n’étant que des attaques politiques de ceux qui veulent prendre leur revanche sur Obama par tous les moyens.
Et encore, car il faut savoir que la raison essentielle de ces enquêtes par les agents du fisc provient de ce que de plus en plus de groupes politiques extrémistes tentent d’échapper à l’impôt en profitant d’une législation appliquée de manière laxiste qui leur permet de se faire passer pour des associations recherchant «le bien être général» («social wellfare»)!
Comme l’expliquent de nombreux commentateurs, le scandale est bien plus cette règle ainsi que la décision de la Cour suprême (dominée par les conservateurs), largement critiquée et toujours combattue par les démocrates, «Citizens united» qui a permis à ces groupes politiques de pouvoir constituer des associations qui peuvent dépenser sans compter lors des élections, sans devoir révéler leurs contributeurs (souvent des milliardaires proches de la droite extrême), ces désormais fameux «super-PAC» (political action committee) qui gangrènent un peu plus la politique avec l’argent.
Ainsi, Karl Rove, l’ancien conseiller de George W Bush, célèbre pour avoir inventé la diffamation et le mensonge comme mode de campagne électorale contre les opposants du Parti républicain est à la tête d’un de ses groupes les plus puissants qui soi-disant recherche le «bien être général».
Enfin, rien ne dit, en l’état du dossier, que l’administration des impôts ait agi de manière illégale comme l’a rappelé Steven Miller, son directeur au moment des faits et qui vient d’être limogé par Barack Obama.
Quant aux deux autres, elles ne méritent absolument pas le qualificatif de «scandale».
D’abord Benghazi dont certains républicains tentent par tous les moyens d’en faire le parallèle avec le Watergate (le scandale des écoutes et du cambriolage du siège du comité démocrate lors de l’élection de 1972 qui coûta son poste à Richard Nixon, président… républicain).
Il n’y a vraiment rien de commun entre les deux affaires. Barack Obama n’a commis aucune faute et aucune preuve n’existe sur sa volonté de cacher quoi que ce soit dans l’attaque du consulat américain, d’autant que quelques jours après, la Maison blanche expliquait qu’il s’agissait d’un attentat et que même le président, le jour même de sa perpétration, parlait d’un «acte de terreur».
Quant aux listing des appels reçus et donnés par certains journalistes de l’AP qui avaient dévoilé la tentative d’attentat contre un avion américain, il ne faut pas oublier que depuis le début de son mandat, Barack Obama a déclaré qu’il ne tolèrerait aucune fuite de son administration qui mettrait en danger des personnes qui luttent contre le terrorisme et qu’il ferait en sorte de punir les auteurs de celles-ci tout en s’en prenant également aux médias qui publieraient ces informations.
De plus, cette action est totalement légale et entre dans le cadre du Patriot Act, loi certes controversée sur une limitation des libertés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais écrite et mise en œuvre par l’Administration Bush…
Dans le cas de cette affaire mais aussi des deux autres, il est étonnant de voir les journalistes du New York Times, qui semblent avoir une dent contre Obama, tirer sur le président à boulets rouges pendant l’équipe éditorialiste (la rédaction et cette équipe sont totalement indépendantes l’une de l’autre, ce qui est difficilement compréhensible pour les étrangers) lui apporte un soutien toujours fort.
Cet exemple montre cette ambivalence des journalistes face à une personnalité politique comme Barack Obama. Son charisme et son intelligence le rende naturellement sympathique à une grande majorité d’entre eux qui, au moindre faux pas ou simplement rumeur, tente alors de retrouver une virginité dans une critique féroce.
Ce qui est sans doute plus essentiel que ces «scandales» et ces «nouveaux Watergate» comme l’aboient les républicains dans l’espoir que cela devienne le cas par incantation afin de réaliser leur rêve, chasser du pouvoir Obama avec la procédure de l’«impeachment» (destitution) qui avait déjà été brandie lors du vote de la loi sur l’assurance santé (!), c’est que le climat politique aux Etats-Unis est loin de s’apaiser.
Il suffit de voir la hargne des élus républicains dans les commissions lors des auditions pour se rendre compte de la volonté de se saisir de n’importe quelle information pour nourrir leur projet de diaboliser tout ce qui touche Obama et les démocrates, comme si ceux-ci exerçaient leur pouvoir par usurpation.
Ce n’est pas nouveau mais on voit bien que les divisions idéologiques et partisanes, largement portées par les républicains et leurs factions extrémistes font que les réformes importantes qui doivent être mises en route (immigration, armes à feu, assurance santé, etc.) ne le sont pas. In fine, c’est bien les Etats-Unis et les Américains qui en seront les grands perdants.
En tout cas, les républicains ne vont certainement pas lâche ces «scandales» du jour au lendemain, car ils ont enfin trouvé des motifs qui, à a fois, leur permettent d’attaquer Obama, de tout bloquer et de faire jubiler leur base extrémiste tout en la mobilisant. C’est du pain béni pour eux mais pas vraiment pour la démocratie et les Etats-Unis…
Alexandre Vatimbella
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