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jeudi 18 juillet 2013

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Barack Obama, président noir mais pas des noirs

L’emblématique victoire de Barack Obama en 2008 en a fait le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis. Mais, dès le départ, celui-ci a tout fait pour ne pas être le président des noirs.
Il avait ainsi déclaré deux mois après sa prise de fonction qu’«à l’inauguration (de sa présidence), j’ai pensé qu’il y avait une fierté justifiée d’une partie du pays que nous avions fait un pas qui avait permis de laisser derrière nous l’héritage desséché de la discrimination raciale de ce pays. Mais ce sentiment n’a duré qu’un jour».
Cette volonté lui a été reprochée maintes fois par les activistes de la communauté noire ou par les médias, que ce soit, depuis son accession au poste suprême, pour pointer l’écart toujours aussi important entre la condition de la communauté blanche et la communauté noire ou par le racisme qui semble toujours aussi présent contre les noirs dans certaines régions du pays ou dans certains groupes.
L’affaire Trayvon Martin qui vient de connaître son épilogue lorsqu’un jury composé de six femmes, dont cinq blanches et une latino, ont acquitté George Zimmerman (qui avait tué ce jeune noir qui rentrait tranquillement chez son père dans un quartier d’une petite ville de Floride au motif qu’il avait le profil d’un voleur et qu’une loi de cet Etat permet à toute personne s’estimant menacée de tuer son soi-disant agresseur), vient de rappeler, par les réactions diverses – pro et anti – qui ont accueilli ce verdict extrêmement contesté et contestable, que le «problème noir» était toujours et encore d’actualité pour ceux qui pensaient être entrés dans une ère nouvelle à ce sujet.
Bien évidemment, Barack Obama a été victime du racisme depuis qu’il s’est déclaré candidat à la présidence, sans même parler de la période d’avant celle-ci.
Rappelons que dans ce fameux «Sud profond» dont la Floride fait plus ou moins partie et où règnent toujours le fameux esprit «rednecks» (littéralement les «cous rouges» qui sert à désigner, par les habitants des côtes Est et Ouest, les ploucs racistes du Sud et du Midwest), on entendait encore lors de la campagne de 2008 des phrases du genre «les noirs et les femmes, ça ne fait pas de politique».
Et depuis son élection, Obama est un des présidents les plus insultés avec des injures qui ne sont pas toujours directement racistes mais qui ne trompent personne. Sans parler de ceux qui déclaraient vouloir prendre les armes au cas où il serait réélu…
Pour autant, si Barack Obama, lors du meurtre de Trayvon Martin en mars 2012 s’était risqué à déclarer que s’il avait eu un fils il lui aurait ressemblé, ce qui était sa deuxième déclaration présidentielle de soutien aussi directe à un noir (il en avait faite une autre en 2009 lorsqu’un professeur d’Harvard, Henry Louis Gates jr. avait été pris par la police pour un cambrioleur alors qu’il rentrait chez lui et molesté), il a réagi après le verdict en parlant de tragédie et en demandant un contrôle plus strict des armes à feu mais sans évoquer la couleur de peau d’aucun des deux protagonistes.
Cela n’empêche pas les membres d’extrême-droite du Parti républicain d’affirmer que le cas Trayvon Martin a été instrumentalisé dès le départ par la Maison blanche pour faire passer tous les républicains comme des racistes et que c’était une des causes de la défaire de Mitt Romney lors du scrutin de novembre dernier!
Cette thèse farfelue (contenue, notamment, dans un livre d’un activiste d’extrême-droite très apprécié du Tea Party) qu’évidemment aucune preuve n’étaye, est un exemple parmi d’autres qui montrent tout le danger pour Obama d’être le défenseur de sa communauté en tant que président. Cela montre aussi comment cette extrême-droite tente de diaboliser constamment ce président noir qui serait l’instigateur d’un complot pour mettre à mal la démocratie pour défendre sa communauté, ce qui s’appelle du racisme!
Et puis, Barack Obama n’a été qu’une seule fois sur le continent africain lors de son premier mandat et vient d’achever ce qui risque d’être son seul ou un de ses deux voyages en Afrique de son second mandat.
Plusieurs raisons expliquent cette décision Barack Obama de ne pas être le président des noirs.
En premier lieu, il a toujours dit qu’il voulait être un président «normal» même s’il appréciait la valeur hautement symbolique de son élection en tant que premier noir à la Maison blanche. Mais, dans son esprit, sa réélection a été plus importante encore car elle a démontré au monde entier que si la couleur de sa peau avait pu jouer en sa faveur en 2008, c’est bien sa compétence qui avait été récompensée en 2012, les Américains n’ayant plus besoin de se donner bonne conscience en votant pour un noir s’il avait été un incapable.
En second lieu, sa vision profondément centriste ne peut s’accommoder de la condition restrictive de président des noirs ou de tout autre cause ou communauté particulières. Cela irait à l’encontre de ses convictions et ses valeurs politiques qui sont d’être le président de tout les Américains en recherchant constamment le juste équilibre et le consensus.
En troisième lieu, dès son intronisation, il a voulu éviter les polémiques destructrices pour sa fonction et sa politique ainsi que pour les intérêts de la communauté noire s’il avait été un avocat engagé de cette dernière et un porte-parole dénonçant tous les actes de racismes à travers le pays. Sa crédibilité aurait été atteinte profondément et le racisme plus ou moins latent dont on vient de voir la réalité aurait pu s’exprimer sans aucune retenue et paralyser toutes ses initiatives au-delà de ce que les républicains ont mis en place depuis 2010 et leur victoire aux élections de mi-mandat, c’est-à-dire le plus grand blocage politique jamais organisé depuis que les Etats-Unis existent (et, pourtant, des blocages, il en a existé!).
Cependant, il faut bien se rappeler que Barack Obama n’est pas un Michael Jackson de la politique.
Il n’a jamais tenté de cacher qu’il est un membre de la communauté noire. Plus, il le revendique sans aucune ambiguïté. Car, n’oublions pas qu’il est métis et qu’il aurait pu choisir de se définir comme blanc (aux Etats-Unis, c’est l’individu qui choisit sa communauté d’appartenance en cochant une case sur un formulaire), ce qu’il n’a pas fait, tout à fait consciemment et comme un acte militant.
De même, il a épousé une femme noire descendante d’esclave pour mieux revendiquer son appartenance à cette communauté alors que plusieurs activistes noirs affirmaient que né d’une mère blanche et d’un père kenyan (donc non-américain), il ne pouvait en être.
Barack Obama entrera sûrement dans l’Histoire comme le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique. Peut-être qu’il y sera également pour ce qu’il aura accompli ainsi que pour son intelligence et son charisme. En tout cas, c’est tout ce qu’il souhaite et il aura tout fait pour que ce soit le cas.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction

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mardi 9 juillet 2013

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. L’accord de libre-échange Etats-Unis-Europe, bien plus que du commerce

La mondialisation a fait émerger de nouvelles puissances économiques et commerciales, au premier rang desquelles on trouve les membres du Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine) et quelques autres, même si la crise actuelle a relativisé leur croissance économique passée, pour l’instant.
Elle a également, pour le meilleur, ouvert le monde politiquement et culturellement en le métissant et, pour le pire, susciter des réactions identitaires violentes et obscurantistes comme on le voit, par exemple, en Egypte avec les Frères musulmans ou au Venezuela avec un nationalisme étriqué, sans parler de l’agressivité montante de la Russie et de la Chine.
De ce point de vue, les démocraties ont tout intérêt à se rapprocher afin de pérenniser leurs acquis, d’être plus solidaires entre elles et de continuer à montrer le chemin au reste du monde.
C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre l’accord de libre-échange qui est sur la table des négociations actuellement à Washington entre les Etats-Unis et l’Union européenne.
Bien évidemment, les avantages en matière de commerce et donc de croissance et d’emploi devraient être significatifs selon les projections faites par plusieurs études.
De même, cela devrait permettre de créer une vaste zone avec des règles et des règlements communs, ce qui boostera mécaniquement l’innovation et les alliances industrielles.
Pour autant, les gains principaux devraient être un rapprochement politique entre les pays occidentaux qui seraient ainsi mieux armés dans la mondialisation.
Mais cela en dérange certains pour des raisons qui vont de la haine de l’autre à la volonté de sauvegarder quelques petites prébendes qui seront balayées, quoiqu’il arrive, à plus ou moins brève échéance, par la vague mondialisée, quelque soient les digues que l’on érige pour s’en protéger.
Ainsi les entreprises de déstabilisation ont commencé. Et il n’est guère besoin d’être devin pour affirmer que les adversaires d’un tel rapprochement vont sauter sur toutes les occasions afin de faire échouer les négociations et, in fine, l’accord.
On l’a vu avec cette fameuse exception culturelle brandie par le gouvernement français et défendue par tous les nationalistes de gauche et de droite, sans même laisser les discussions s’engager pour voir ce que l’on pourrait conclure comme deal.
On l’a vu avec l’affaire Snowden et l’espionnage américain en Europe et la menace ridicule de reporter l’ouverture des négociations sur le traité de libre-échange brandie encore une fois par la France (comme si cela avait quelque à voir) alors que, non seulement, les pays européens coopèrent avec les Etats-Unis sur les programmes de surveillance mais que, eux aussi, en ont et qui espionnent, entre autres, les Américains…
On peut s’attendre à d’autres offensives du même genre dès qu’un pet de travers sera exploitable que ce soit aux Etats-Unis ou dans les pays européens qui, chacun, compte de nombreux adversaires de ce futur traité.
Et on peut compter sur certains pays comme la Russie, la Chine et quelques autres pour ne pas laisser passer de telles occasions de diviser le camp occidental en mettant de l’huile sur le feu.
Mais tous ceux qui sont dans la réalité et la responsabilité savent bien que le monde est un espace de rapports de force, qu’on le déplore ou non, et qu’il faut se battre pour avoir sa place au soleil (ce qu’on fait les occidentaux depuis plusieurs siècles).
Tant que ce sera le cas – et cela risque malheureusement de durer encore quelque temps! – alors les alliés (en l’occurrence ici les Etats-Unis et l’Europe) ont un intérêt primordial à nouer de plus en plus de liens.
Laisser passer cette chance, même s’il doit y avoir quelques dégâts collatéraux, serait une faute politique.
On peut penser que les dirigeants de grandes puissances comme les Etats-Unis et l’Union européenne ne la commettront pas même si, concernant cette dernière, le passé nous montre que rien n’est moins assuré…
Alexandre Vatimbella avec la rédaction

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lundi 8 juillet 2013

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Présidentielle 2016: En attendant Hillary

Les médias américains qui veulent de plus en plus avoir une élection d’avance, fourmillent de reportages, d’articles et de commentaires sur la prochaine présidentielle de 2016 et, surtout, sur la probable candidature à la primaire démocrate d’Hillary Clinton.
Ancienne première dame (surtout ancienne principale conseillère de Bill, son mari président), ancienne sénatrice de New York, ancienne candidate malheureuse à la primaire de 2008 face à Obama (et, alors, ancienne favorite qui, il ne faut pas l’oublier, avait réuni plus de voix qu’Obama mais avait été battue à cause du mode de désignation du candidat démocrate), ancienne secrétaire d’Etat du même Obama de 2009 à 2013, son parcours politique est bien rempli et beaucoup de politiques s’en contenterait.
Mais Hillary Clinton poursuit un double but: son ambition qui a toujours été grande (on dit que c’est elle qui était la plus capable de devenir président dans son couple avec Bill) et l’ambition de voir, enfin, une femme comme président(e) des Etats-Unis.
Pour autant, rien n’est gagné pour elle si elle se décide à se présenter.
Si elle possède déjà un grand avantage sur tout autre candidat démocrate en vue de la primaire et tout candidat républicain lors de la présidentielle, elle devra démontrer qu’elle n’est pas trop âgée pour le poste, qu’elle propose un programme consistent et non qu’elle est «juste» une femme.
Sans oublier son positionnement centriste depuis toujours et encore plus marqué que celui d’Obama.
Concernant son âge (elle aura 69 ans en 2016), il s’agit actuellement de l’angle d’attaque de nombreux républicains pour la disqualifier. Mais comme le note le site Politico, cela pourrait bien se retourner contre ces derniers.
D’une part, parce que les séniors pourraient, dans les Etats-clés où ils sont nombreux (Floride, Ohio), voter pour elle et la faire gagner haut la main. D’autre part, parce que rien n’indique actuellement que cet argument pourrait avoir un effet négatif sur l’électorat en général (69 ans au XXI° siècle n’est pas «vieux»).
Rappelons, en outre, que l’icône de la quasi-totalité des républicains d’aujourd’hui, est Ronald Reagan qui fut le candidat le plus vieux à être élu président des Etats-Unis et qui prit ses fonctions à 70 ans en 1981…
Et puis, l’électorat américain est majoritairement féminin. Les Américaines verraient sûrement d’un mauvais œil que l’on essaye de jouer sur l’âge d’Hillary Clinton, ce qu’elles assimileraient à une façon détournée pour les misogynes et autres antiféministes de ne pas parler ouvertement de son sexe (comme certains racistes en 2008 parlaient de l’incompétence de Barack Obama).
Bien évidemment, Hillary Clinton devra éviter d’être seulement une candidate. Même si cela lui rapportera un soutien puissant au-delà de l’électorat démocrate et même «independent», ce positionnement peut être, in fine, un désavantage si les Américains ne la voient uniquement que comme quelqu’un qui se définit par son sexe féminin.
Mais ce reproche ne sera sans doute pas à l’ordre du jour quand on connaît son parcours politique et son implication forte dans la politique américaine par ses prises de position, par ses actes et par ses propositions.
Une des forces d’Hillary Clinton est certainement son centrisme qu’elle a toujours affiché et revendiqué. Elle est ainsi capable de réunir sur son nom de nombreux «independents» (électeurs qui se disent ni démocrates, ni républicains) ainsi que nombre de républicains modérés (d’autant plus si le Parti républicain se choisit un candidat très à droite, ce qui est une probabilité non-négligeable).
Pour autant, Clinton qui peut être définie comme plutôt progressiste en matière sociétale, plutôt conservatrice en matière économique et plutôt «faucon» en matièrre de politique étrangère, sera sans doute contestée par une partie de l’aile gauche du Parti démocrate qui l’avait déjà attaquée durement lors de la primaire de 2008 face à Obama, l’accusant d’être trop à droite (son vote en faveur de la guerre en Irak est un des thèmes récurrents utilisés par les «liberals» même si elle a expliqué que si elle avait connu la réalité exacte de la situation, l’absence d’armes de destruction massive par Saddam Hussein, elle ne se serait pas prononcée en faveur d’une attaque militaire).
De l’autre côté, nul doute que les tenants du Tea Party (droite extrême), mettront en avant son soutien à de nombreuses causes comme le mariage homosexuel ou l’avortement.
Quoiqu’il en soit, et même si son taux de popularité a baissé ces dernières semaines, Hillary Clinton demeure la favorite pour l’élection de 2016.
Si elle parvenait à l’emporter, non seulement elle serait la première «Madam the President» mais elle serait une présidente centriste qui se situerait dans un prolongement de la présidence de Barack Obama sans en être, toutefois, son héritière.
Alexandre Vatimbella
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jeudi 4 juillet 2013

Les Etats-Unis veulent inciter les pays émergents à mieux protéger leurs travailleurs

De passage à Paris, José Fernandez, le secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires économiques et commerciales, était l’invité de l’IFRI (Institut français des relations internationales.
Comme l’a fait remarquer Thierry de Montbrial, le directeur de l’IFI, il n’existe pas de poste similaire au ministère français des Affaires étrangères.
Parlant du commerce international et des règles qui doivent les régir, en particulier celles permettant de protéger des abus commis les travailleurs des pays émergents et en développement, à la fois, par les entreprises locales qui les exploitent mais également par les multinationales, José Fernandez a plaidé pour la mise en place de labels qui assureraient, comme c’est le cas pour l’industrie du diamant, que des règles éthiques sont respectées lors de la production.
Il a dit préférer cette manière de procéder à des règlementations étatiques contraignantes même s’il ne les a pas exclues.
Evoquant les récents incendies qui ont fait plus de mille morts dans des usines textiles du Bangladesh, il a affirmé que les Etats-Unis ne pouvaient tolérer le laisser-faire des autorités locales en matière de manquement aux règles de sécurité.
Les Etats-Unis ont d’ailleurs décidé de hausser le ton face à l’incurie de ces mêmes autorités en prenant, le 27 juin dernier, des sanctions commerciales, suspendant le Bangladesh du GSP (Generalized system of preferences), mécanisme offrant certains avantages commerciaux aux pays en développement.
Barack Obama a ainsi expliqué «qu'il est approprié de suspendre le Bangladesh du programme GSP pour les pays en développement car il n'a pas pris ou ne prend pas de mesures pour faire appliquer les droits internationaux des travailleurs dans son propre pays».
Alexandre Vatimbella avec la rédaction
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lundi 1 juillet 2013

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Obama fidèle à une politique centriste

Un conseiller de Barack Obama vient d’expliquer que ce qui était particulièrement difficile pour le président américain était d’être constamment attaqué tant à sa droite qu’à sa gauche.
Bienvenue dans le monde du Centre, monsieur le conseiller!
Celui-ci estime qu’Obama devrait donner des gages à un des deux côtés afin de ne pas demeurer dans une telle situation qu’il considère comme intenable politiquement.
En somme, il lui demande de ne plus être centriste…
Comme je l’ai déjà dit de nombreuses fois, être du Centre, c’est effectivement s’exposer constamment aux critiques de la gauche et de la droite, c’est-à-dire à un double-feu de critiques des clientélismes et des populismes des deux bords extrêmes.
Un centriste qui réussit, c’est une défaite pour la gauche et la droite. C’est donc inacceptable pour les extrêmes.
Barack Obama, qui ne s’est jamais départi de son positionnement centriste, ne le savait peut-être pas en 2007 lorsqu’il a accédé à la Maison blanche, mais j’en doute.
Parions qu’avec les attaques parfois ordurières dont il a été victime et venant tant de droite que de gauche, il est désormais parfaitement au courant!
C’est bien d’ailleurs ce qui est arrivé à nombre de ses prédécesseurs lorsqu’ils ont accédé, dans le monde, au poste suprême d’un Etat.
Bill Clinton aux Etats-Unis mais, en France, Valéry Giscard d’Estaing pour ne prendre que deux exemples.
Et quand un dirigeant de droite ou de gauche, s’aventure de temps en temps au centre de l’échiquier politique, comme c’est le cas de François Hollande aujourd’hui et de Jacques Chirac hier, ils sont bombardés de critiques venus des deux bords.
C’est comme cela.
Pour en revenir à Obama qui, lui, est un vrai centriste, ces critiques sont un bon baromètre de son positionnement politique.
Dans la tourmente actuellement – mais on pourrait dire, comme d’habitude! – suite à des affaires où il n’a rien à voir et à d’autres où l’on met en cause son action, voire ses reniements, il demeure droit dans ses bottes de centriste.
Avant cela, rappelons qu’il y a le monde tel qu’on voudrait le voir et le monde tel qu’il est. Un centriste peut rêver que notre monde ressemble au premier mais il se doit d’agir de manière responsable vis-à-vis du second afin de le rendre meilleur et plus sûr.
Mais ce hiatus entre les deux mondes est bien une réalité politique qui contraint les responsables politiques de tous bords de faire le grand écart lorsqu’ils sont au pouvoir.
Oui, le monde tel qu’il est a du mal, parfois, à faire rêver alors que l’on peut bâtir toutes les fantasmagories que l’on souhaite avec le monde tel qu’on voudrait le voir.
Dans ce dernier, il n’y a pas de crises économiques qui mettent au chômage des millions de personnes, il n’y a pas d’enfants battus et d’autres vivants dans des bidonvilles, il n’y a pas de terroristes qui s’attaquent à des personnes qui ne leur ont rien fait et il n’y a ni misère, ni haine, seulement du respect et de l’amour.
Rêvons car cela nous aide à poursuivre l’espoir d’un monde meilleur et les rêveurs ont eu, souvent, de meilleurs résultats que ceux qui renonçaient.
Cependant, agir sur la réalité pour la rendre meilleure est l’action la plus efficace de toute. Mais elle est loin d’être la plus glamour, ni la plus populaire.
Voilà comment on peut expliquer, partout dans le monde, les difficultés des politiques centristes, voire au centre.
Barack Obama a évidemment des idéaux et ses discours où il stigmatise la guerre, la pauvreté et la violence faite aux enfants en sont des preuves.
De même que son action en faveur d’une couverture santé des plus pauvres, sa volonté de régulariser nombre d’immigrants entrés illégalement aux Etats-Unis ou pour réguler la finance afin qu’elle ne soit pas toute puissance et dicte ses volontés à la nation tout entière, est dictée par une volonté de bâtir un monde meilleur.
Pour autant, il n’a jamais été un naïf et il sait qu’il y a une réalité que l’on peut réformer, que l’on peut améliorer, que l’on peut parfois transformer mais qui est là et qui sera toujours là face aux chimères des idéologues de la droite et de la gauche.
De même, il n’a jamais fui les responsabilités qui peuvent écorner une image comme celle d’assurer la sécurité des Etats-Unis face au terrorisme, qu’il vienne de l’extérieur ou de l’intérieur, démontrant qu’être centriste n’est pas être naïf.
Il lui reste encore trois ans et demi pour faire de son passage à la Maison blanche une réussite centriste mais il a déjà accompli beaucoup.
Pour autant, quoiqu’il arrive, il devra faire face à ces attaques venues de la droite et de la gauche jusqu’à la fin de son mandat.
Ceux qui, à droite et à gauche, affirment qu’être du Centre est un positionnement politique sûr et de tout repos sont des mystificateurs. Ils confondent à dessein la volonté de mener une politique de juste équilibre et de réformes responsables avec cette politique démagogique qui est de contenter, en même temps, tous les clientélismes en faisant de l’immobilisme irresponsable qu’eux-mêmes mènent lorsqu’ils sont au pouvoir après avoir abandonné la plupart de leurs promesses électorales irréalistes.
Ici, l’alliance objective Gauche-Droite contre le Centre est vraiment une réalité.
Alexandre Vatimbella

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