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lundi 25 novembre 2013

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Kennedy-Johnson: quand la légende éclipse le vrai réformateur centriste

Pendant la campagne des primaires démocrates de 2008, Hillary Clinton a rendu un vibrant hommage au président des Etats-Unis Lyndon Johnson (1963-1968), dit LBJ, pour avoir réformé en profondeur le pays, permettant, entre autres, la mise en place d’une assistance médicale pour les plus âgés et pour avoir fait progresser les droits civiques de manière considérable.
Elle fut alors l’objet d’attaques scandaleuses et de sarcasmes déplacés de la part des conseillers de Barack Obama pour qui le seul héros de cette époque était John Kennedy (1960-1963), dit JFK, qui avait précédé Johnson à la présidence (ce dernier lui succédant après son assassinat en sa qualité de vice-président).
L’ironie n’est pas tant dans cette erreur historique que dans le fait que si Lyndon Johnson n’avait pas eu le courage et l’intelligence politique de faire voter des lois sur les droits civiques et le vote des noirs face à un Congrès hostile, Barack Obama n’aurait jamais battu Hillary Clinton lors des primaires démocrates et n’aurait jamais remporté l’élection présidentielle dans la foulée!
Ici, la légende a totalement éclipsé le vrai réformateur.
D’autant que la présidence de Johnson a été ternie par la guerre impopulaire du Vietnam dont il faut rappeler qu’elle a vraiment pris son essor lors de la présidence Kennedy et que ce dernier a refilé la patate chaude à son successeur.
Et la haine minable (car étant, à la fois, condescendante et arrogante de personnes se croyant au-dessus des autres) du clan Kennedy pour Johnson n’a évidemment pas arrangé les choses.
Lorsqu’une famille d’Amérique aussi populaire, aidée en cela par tous les conseillers brillants recrutés par JKF, crie haro sur un homme, ce dernier n’a que peu de chances d’être célébré par l’historiographie nationale.
Et pourtant.
Alors que Kennedy a mis toute son énergie (avec son père et son frère, Robert) à bâtir sa légende de son vivant sur beaucoup de vent – un peu comme César avec sa campagne de Gaule où il ne fut vainqueur que parce qu’il avait affaire à des tribus divisées se faisant la guerre et à une alliance avec une partie de celles-ci –, Johnson, le rude et bougon sudiste, lui, n’avait pas le profil pour devenir une icône face à ce jeune et bel homme, soi-disant en pleine santé et possession de ses moyens physiques et intellectuels, ce qui se révéla largement une escroquerie.
Les révélations de l’histoire ont permis de changer quelque peu cette vision totalement erronée mais les mythes ont la vie dure comme on a pu le voir lors des commémorations de ces derniers jours du cinquantième anniversaire de l’assassinat de JFK à Dallas ainsi que dans les sondages qui font de lui le président le plus apprécié de ces dernières décennies par les Américains avec 90% d’opinions favorables!
Mais le vrai réformateur, centriste de gauche (et non «liberal», de gauche, comme on le présente souvent), était bien Johnson, lui qui a fait passer des lois essentielles pour les Etats-Unis d’aujourd’hui et qui est le plus grand législateur de l’après-guerre avec… Barack Obama.
Son projet de «Great society» (grande société) a donné peut-être plus de résultats concrets que le «New deal» (nouveau contrat) de Franklin Roosevelt – dont Johnson était un admirateur – comme le rappelle avec justesse l’historienne Doris Kearns Goodwin.
Et si le président américain actuel a mis ses pas dans un de ses anciens coreligionnaires, c’est dans ceux du Texan d’origine pauvre et ancien instituteur et non du Bostonien d’origine riche et homme du monde (sans oublier de préciser que Kennedy était un démocrate conservateur).
Le rêve américain s’incarne d’ailleurs beaucoup plus en Johnson (et en Obama) qui est arrivé à la tête du pays à force de travail (tout comme Obama) que dans Kennedy qui fut tiré de son oisiveté par son père qui voulait absolument qu’un de ses fils deviennent président.
Bien sûr, un pays vit par ses mythes, ses légendes et ses représentations. De ce point de vue, il est sûr que Kennedy (grâce aussi à son arme secrète, sa femme Jackie) présente incontestablement mieux que Johnson et qu’il donne, sans doute, plus de fierté et d’orgueil aux Américains que LBJ.
Néanmoins, oublier Johnson est, outre une injustice flagrante, une grande erreur parce que la politique ce n’est pas que du paraître, c’est une action concrète qui permet à la société d’avancer vers plus de liberté et de bien-être par de vraies réformes.
Ici, quoi que veuillent le faire croire les millions de fans de JFK aux Etats-Unis mais aussi à travers le monde, LBJ gagne le match à plate couture.



Alexandre Vatimbella
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lundi 18 novembre 2013

Les sondages pour 2016 donnent un net avantage aux possibles candidats centristes

Que ce soit Hillary Clinton (démocrate) ou Chris Christie (républicain), les possibles candidats au centre de l’échiquier politique pour la prochaine présidentielle de 2016 sont plébiscités par les Américains comme vient de le signifier de nouveaux sondages et après que la victoire nette du second nommé à l’élection de gouverneur du New Jersey (Etat pourtant fortement démocrate) ait démontré sa capacité à rassembler au-delà de son parti, ce qui sera absolument indispensable à tout républicain qui souhaite devenir le prochain président des Etats-Unis.
Ainsi, selon un sondage de l’université de Quinnipiac, si Hillary Clinton était opposée aux candidats de la droite ou de l’extrême-droite du Parti républicain, elle l’emporterait haut la main dans tous les cas de figure alors que si elle était opposée à Chris Christie, elle ferait jeu égal avec lui (42% des intentions de vote contre 43%).
A noter, tout de même que ce sondage a été réalisé après la victoire de Chris Christie dans le New Jersey et qu’un autre sondage réalisé pour la chaîne NBC News donne dix points d’avance à Hillary Clinton sur Chris Christie (44% contre 34%).

Rappelons que ni Hillary Clinton, ni Chris Christie ne se sont déclarés pour l’instant candidats à la candidature de leurs partis respectifs même si les observateurs politiques estiment que les deux personnalités devraient, sauf accident de parcours, être sur la ligne de départ de la présidentielle de 2016.
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mercredi 13 novembre 2013

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Les centristes républicains veulent relever la tête

Pour les élections législatives de mi-mandat en 2014, les républicains modérés ont mis en route une campagne pour discréditer et se débarrasser des élus les plus à droite du parti, ceux qui bloquent toutes les initiatives et qui par leur extrémisme irresponsable mettent à mal les institutions américaines mais empêchent également le Parti républicain d’avoir une chance de remporter la majorité au Sénat et de pouvoir espérer gagner les élections présidentielles.
Les derniers événements où un petit groupe d’activiste d’extrême-droite a presque réussi à empêcher le gouvernement de fonctionner correctement et de faire face aux engagements du pays a été un révélateur surtout que les Américains estiment que le Parti brépublicain est le premier responsable des dysfonctionnements de Washington.
Il faut donc que ce dernier réagisse vite en prévision des joutes électorales qui s’annoncent mais aussi pour ne pas perdre définitivement son âme forgée au fil des ans par des Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt et quelques autres grands présidents républicains.
Que ce soit à l’intérieur du parti ou au Congrès, des élus et des candidats centristes mènent donc une bataille violente contre les factions extrémistes avec, souvent, l’aide financière des entreprises principales donatrices qui se sont aperçues que les élus qui les composent, en particulier ceux du Tea Party, n’avaient aucune envie de faire en sorte que le pays aille mieux s’il leur fallait composer avec les démocrates, pire selon eux, avec leur ennemi honni, Barack Obama, sur fond de racisme latent.
De même, ils préfèrent perdre les élections (estimant qu’ils les gagneront un jour quand le peuple sera enfin capable de comprendre leurs positions…) que de sacrifier leurs combats d’arrière-garde.
Deux initiatives récentes de ce que l’on appelle aux Etats-Unis «l’establishment républicain» composé par les principaux chefs ainsi que par les conservateurs modérés tentent de faire le ménage.
C’est le cas de celle mise  en route par l’ancien représentant de l’Ohio, Steve LaTourette qui, fort d’un budget de huit millions de dollars, diffuse des spots à la télévision dirigés contre ce qu’il appelle les «Senate candidates hall of shame» (les candidats au Sénat membres du temple de la honte en référence à tous les «halls of fame», temple de la gloire ou de la renommée, qui honorent les plus grands dans de nombreuses disciplines surtout sportives mais pas seulement).
Ceux-ci sont, entre autres, Todd Akin du Missouri, célèbre pour avoir expliquer qu’une femme qui subissait un «viol légitime» avait le pouvoir de ne pas tomber enceinte (une thèse extravagante afin de combattre les avortements même en cas d’agression sexuelle) ou Christine O’Donnell dont une des professions de foi de candidate avait été d’affirmer sans rire qu’elle n’était pas une «sorcière» sans oublier ses déclarations sur le fait que le viol était «une volonté de Dieu».
Devant tant d’obscurantisme, Steve LaTourette espère réveiller la conscience des électeurs républicains et leur faire comprendre que ces élus sont une menace même pour l’avenir du parti.
Selon lui, «la tentative de l’extrême-droite de purger le GOP (Grand old party, surnom du Parti républicain) des gens qu’ils estiment ‘imparfaits’ doit cesser. (…) Pour la première fois, il y aura un groupe représentant l’aile responsable du Parti républicain qui ne fera pas seulement que se défendre mais qui mènera l’offensive».
De son côté, la sénatrice du Maine, Susan Collins a décidé de faire vivre dans la durée le groupe «bipartisan» modéré «common-sense coalition» (coalition du bon sens) qu’elle avait créé avec le sénateur démocrate de Virginie Occidentale, Joe Manchin, lors des blocages idéologiques au Congrès de ces derniers mois qui avaient abouti aux coupes budgétaires automatiques et avait failli provoquer le défaut de paiement de l’Etat.
Le groupe qui avait négocié la sortie de crise regroupe seize élus qui veulent garder le contact et œuvrer pour des solutions négociées et consensuelles.
Tout cela couplé avec la réélection dans un fauteuil du républicain modéré, Chris Christie (et possible candidat à la candidature républicaine pour la présidentielle de 2016), à son poste de gouverneur du New Jersey, Etat très majoritairement démocrate, redonne espoir aux républicains centristes que leur parti n’est pas en train de se marginaliser pour les décennies à venir et qu’un retour vers le juste milieu (à défaut, pour l’instant du juste équilibre) est possible dans un avenir pas trop éloigné.
Ce serait évidemment une bonne nouvelle pour le Parti républicain mais aussi pour la démocratie américaine.
Alexandre Vatimbella

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