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mercredi 5 novembre 2014

Le Carnet américain d'Alexandre Vatimbella. Le Centre affaiblit après les élections de midterm

Quasiment six ans jour pour jour après que Barack Obama ait été élu le 44° président des Etats-Unis sur un programme essentiellement centriste, le Congrès des Etats-Unis vient de basculer totalement à droite après les élections de mi-mandat et sur un thème quasi-monomaniaque, faire mordre la poussière au locataire de la Maison Blanche.
Ainsi, la majorité de droite a été confirmée à la Chambre des représentants et le Sénat a basculé du même côté.
Les républicains sont donc majoritaires dans les deux assemblées et se retrouveront à gouverner avec ce président centriste dont ils avaient fait la principale, sinon l’unique, cible durant toute la campagne électorale, déversant avec leurs alliés, des milliards de dollars pour y parvenir, notamment dans des publicités politiques au goût de plus en plus douteux, faisant de ces élections les plus chères jamais vues à mi-mandat.
En outre, les républicains ont conforté leur positions dans plusieurs Etats, notamment dans ceux où leur politique a pourtant viré au désastre (Wisconsin ou Kansas) et ont gagné des Etats jusque là démocrates (Massachusetts, Illinois) où ils installent les leurs au poste de gouverneur.
Pour certains médias américains, il s’agit d’une vague rouge (couleur des républicains, celle des démocrates étant la bleue), voire d’un raz-de-marée, ce qui semble, malgré tout, un peu excessif même si les démocrates doivent être choqués d’avoir été si lourdement sanctionnés alors que le pays va nettement mieux qu’en 2008 lorsque le président républicain, George W Bush quitta le pouvoir.
Personne ne sait encore comment les républicains vont profiter de leur victoire alors que la prochaine présidentielle se déroule dans deux ans et qu’il leur faut absolument démontrer qu’ils sont capables de gouverner et de prendre des décisions importantes, eux qui n’ont depuis six ans eu qu’une seule tactique contre Obama, l’obstruction et la volonté de détruire tout ce que ce dernier avait construit.
D’autant que le pays n’aime toujours pas les républicains (ils sont moins populaires que les démocrates et le président qu’ils viennent de battre!) et leurs positions extrémistes dans bien des domaines inquiètent les Américains qui souhaiteraient plus de modération et de consensus à Washington.
Et, justement, à propos de cette modération et de ce consensus, ce qui est plus préoccupant pour le Centre, au-delà de cette défaite, c’est qu’il continue à disparaître petit à petit du Congrès alors qu’il représente une importante force électorale potentielle comme le montre tous les sondages mais aussi l’élection et la réélection dans un fauteuil, voici deux ans à peine, de Barack Obama.
N’oublions pas que ce dernier se définit comme centriste ainsi que la favorite pour la présidentielle de 2016, Hillary Clinton, tous deux au Parti démocrate alors que l’on ne trouve que des centristes résiduels au Parti républicain.
Comment donc se fait-il que la droite, parfois radicale voire extrême, parvienne à de si bons résultats d’autant que dans les rangs des républicains il y a quasiment plus de centristes alors qu’ils étaient une force majeure il y a encore vingt ans?
Passons rapidement sur la sempiternelle explication que le pays a viré à droite – ce qui n’explique évidemment pas les victoires d’Obama et peut-être celle de Clinton --, car il ne faut pas oublier que lors des élections de 2012 qui vit la victoire d’Obama, les démocrates devancèrent les républicains de plus d’un million de voix pour l’élection à la Chambre des représentants et se retrouvèrent malgré tout largement minoritaires!
Tout cela du fait du découpage incroyable des circonscriptions où chaque parti – mais surtout le Parti républicain – a bâti des fiefs inexpugnables rendant souvent illusoire la démocratie puisqu’avec une minorité dans les urnes on peut désormais contrôler le Congrès avec une large majorité.
De plus, Barack Obama souffre de ce syndrome qui expose dorénavant le chef d’un pays au désamour d’une population souvent sur des sentiments diffus et non sur une réalité concrète.
Ainsi, on chercherait en vain les cataclysmes promis par les républicains si Barack Obama – rendu responsable de l’épidémie Ebola et de la création de l’Etat islamique! – n’était pas battu à ces élections (les républicains ont plus cité le nom du président dans leurs publicités, dans leurs interventions dans les médias, dans leurs discours et dans les débats face à leurs opposants que les démocrates…) mais le rejet du pouvoir central a joué à fond des deux côtés de l’échiquier politique.
Car si les républicains l’ont si facilement emporté, c’est également parce que nombre d’électeurs démocrates ne sont pas déplacés dans les bureaux de vote, reprochant à Obama son centrisme.
Mais si les électeurs ont voté pour un parti qu’ils détestent encore plus que le président, c’est qu’ils ont été déçus par ce dernier.
Quand on dit cela, il faut se remémorer ce qu’on disait de Barack Obama en 2008.
Il était présenté par les médias américains et mondiaux comme une superstar et un superman qui allait régler tous les problèmes des Etats-Unis et du monde.
Son intelligence, son charisme, ses qualités relationnelles étaient loués partout.
Dès cette première élection, il était évident qu’il ne pouvait que décevoir, même s’il avait réussi tout ce qu’il avait entrepris, tellement on lui demandait plus.
Et, bien sûr, il n’a pas toujours été à la hauteur, non de cette attente, mais de ce qu’il avait lui-même déclaré.
Surtout, il est apparu comme un homme loin du peuple (pas forcément de ses préoccupations) et qui avait du mal à lui parler, ce qui l’a enfermé dans une sorte de tour d’ivoire où les républicains l’ont ensuite retenu prisonnier.
De même, sur plusieurs dossiers importants, sa réflexion, pourtant légitime, est apparue comme une faiblesse dans un monde où le paraître fait souvent la personne.
On se rappelle ainsi de sa volte-face face à Bachar El Assad en Syrie mais aussi son incapacité à se décider à mettre en place une réforme de l’immigration.
A chaque fois, les arguments sont tout à fait recevables mais ils apparaissent comme des renoncements couplés avec une certaine faiblesse.
Plus généralement, Il y a également ce problème auxquels sont confrontés tous les centristes qui parviennent au pouvoir dans tous les pays du monde: gouverner au centre tout en devant constamment essuyer les critiques et les attaques de la Gauche et de la Droite et ce tout en continuant à chercher des terrains d’entente avec la Droite et la Gauche, puisque cela fait partie de leur Adn.
Car Droite et Gauche ne sont pas prêtes aux compromis et profitent d’une main tendue pour décrire le pouvoir centriste comme mou et indécis ainsi que pour affirmer que sa politique vient de l’autre camp afin de mobiliser son électorat-clientèle.
Les républicains avaient décidé en 2008, dès le lendemain de l’élection historique de Barack Obama à la présidence de lui faire vivre un enfer, à la fois parce qu’il voulait réformer un pays qui en avait tant besoin et parce qu’il voulait gouverner de manière bipartisane, voire post-partisane, ce qui représentait un danger électoral majeur pour un parti républicain déjà bien ancré dans une droite radicale.
In fine, ils ont réussi après six ans d’attaques incessantes, de blocages au Congrès, d’insultes sur le président (qui, rappelons-le, a été présenté comme un nouvel Hitler ou un nouveau Staline par les extrémistes du Tea Party…).
Doit-on en être satisfait pour la démocratie américaine et pour la démocratie tout court?...

Alexandre Vatimbella
© 2014 LesNouveauxMondes.org


dimanche 13 juillet 2014

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Le centriste Obama a bien réformé l’Amérique

L’«Obama bashing» est devenu un sport national aux Etats-Unis.
Il permet à tous les frustrés de son action de déverser leur fiel sur celui-ci alors qu’il ne lui reste plus que deux ans à passer à la Maison Blanche et qu’il est déjà considéré, aux yeux des médias, comme un «lame duck», un président qui est en bout de course et sans plus aucune chance de faire passer ses projets de loi, ni même de peser sur le débat politique.
L’extrême-droite du Tea Party et la droite radicale du Parti républicain ont toujours été dans la critique systématique du premier président noir du pays.
Tout comme l’extrême-gauche et la gauche radicale du Parti démocrate qui a attaqué dès le départ son discours consensuel.
En revanche, les démocrates modérés ont été pendant longtemps dithyrambiques, tout comme l’ont été les médias pendant les trois premières années de sa présidence et lors de la réélection.
Or, désormais, les premiers sont très critiques et les autres, tel un troupeau de mouton, rivalisent à celui qui pourra être le plus dur sur ce président qu’ils ont tellement encensés que c’en était indécent, tout comme le sont les critiques systématiques d’aujourd’hui.
Quant aux Américains, leur jugement est plus nuancé si l’on décortique l’ensemble des sondages mais il est clair qu’ils sont aussi dans une défiance que l’on peut qualifier de globalement injuste.
Car – et les politologues sérieux s’accordent sur cette réalité – Barack Obama, qu’on le veuille ou non, restera dans les livres d’histoire comme un président qui a entrepris de grandes réformes, au même titre qu’un Lyndon Johnson dans les années soixante, et non celui dépeint actuellement par ce dénigrement outrancier comme un homme incapable de prendre une décision ou de faire passer une mesure, qui plus est, velléitaire et pusillanime en matière de politique étrangère.
Cette vision est d’ailleurs tellement incohérente que les adversaires du président américaine doivent constamment jongler entrer les reproches d’avoir trop agi et ceux de n’avoir rien fait!
Car, de la loi sur l’assurance-santé au recouvrement de l’indépendance énergétique du pays en passant par les mesures contre le réchauffement climatique, les mesures  économiques qui ont permis au pays de ne pas sombrer dans une dépression encore plus grave que celle des années 1930 avec, à la clé, une réforme du système financier, le sauvetage de nombre d’entreprises en grande difficulté et un nombre important de créations d’emplois, par les mesures pour réformer le système scolaire ou encore par la fin de la guerre en Irak et bientôt de celle d’Afghanistan, sans oublier l’élimination de Ben Laden, le bilan actuel de Barack Obama est impressionnant.
Et l’on ne parle pas de sa volonté de continuer les réformes nécessaires comme celles de l’immigration, de la fiscalité ou du port d’arme qui ne peuvent aboutir face au blocage total du Congrès par les républicains.
Bien évidemment, toutes ces réformes et ces mesures n’ont pas été parfaites parce que, par exemple, une réforme n’est pas réductible à un instant T mais doit être appréciée dans le temps avec ses ajustements et parce que, plus profondément, aucune ne réforme ne l’est jamais totalement.
Mais l’Affordable care act, la loi sur l’assurance-santé, est une réussite globale que plus personne ne peut plus remettre en cause sauf en diatribes politiciennes qui n’auront in fine que peu de conséquences sur son existence quelle que soit la majorité au Congrès en novembre prochain après les «midterm elections», les élections de mi-mandat qui pourraient voir les républicains majoritaires à la Chambre des représentants ainsi qu’au Sénat.
Cela dit, il est évident que le positionnement centriste d’Obama est, en partie, responsable de ses déboires politiques actuels.
En voulant travailler avec tout le monde, en ayant proposé des mesures «bipartisanes», en ayant rejeté toutes les mesures extrémistes d’un bord ou de l’autre, en ayant développé un discours de rassemblement, il s’est aliéné tout ce que les Etats-Unis comptent de clientélismes, tant au Parti républicain qu’au Parti démocrate.
Dans l’histoire politique des démocraties, il est loin d’être le seul à avoir connu des attaques virulentes des deux bords de l’échiquier politique en voulant gouverner avec le principe centriste du juste équilibre ou, en tout cas, avec la préoccupation de servir l’ensemble de la population et non pas une clientèle.
Ce fut le cas, entre autres du président américain Theodore Roosevelt ou du président du conseil français Aristide Briand.
On peut aussi observer la même hostilité à des politiques qui ont voulu gouverner au centre comme Valéry Giscard d’Estaing, Tony Blair ou Mario Monti.
Certains ont réussi à passer entre les gouttes de la haine, tel Bill Clinton qui a du quand même affronter une procédure de destitution menée par les républicains ultras.
Quoi qu’il en soit, Barack Obama demeurera comme un président qui a voulu réformer les Etats-Unis en en (re)faisant une république démocratique où les «opportunities» (opportunités de réussir) seraient la base d’une véritable méritocratie, tout en mettant en place un système qui garantirait une égalité des chances avec un école plus efficace, un système de santé plus rationnel et un système fiscal plus juste.
Il faut espérer que dans les plus de deux ans qui lui restent à diriger la première puissance du monde, il soit capable de trouver les majorités afin de peaufiner le travail déjà accompli.
Non pas pour lui, non pas pour le Centre mais pour les Etats-Unis et la planète toute entière.

Alexandre Vatimbella
copyright 2014 LesNouveauxMondes.org 

mercredi 11 juin 2014

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. La situation paradoxale du Centre aux Etats-Unis

Alors que se profilent, en novembre prochain, les élections de «mi-mandat» qui renouvelleront entièrement la Chambre des représentants et un tiers des sénateurs mais que, également, nous ne sommes plus qu’à deux ans de la prochaine élection présidentielle, c’est-à-dire, en terme de temps politique qui s’est accéléré dans tous les démocraties (et encore plus aux Etats-Unis), demain, quelle est la situation du Centre et des centrismes américains?
Elle est pour le moins paradoxale.
Le président actuel, Barack Obama, est un centriste assumé et la favorite (non encore déclarée) pour la présidentielle de 2016 est Hillary Clinton, tout autant une centriste assumée, elle qui fait actuellement l’actualité avec la sortie de ses mémoires («Hard Choices») sur son passage au département d’Etat lors du premier mandat d’Obama.
Tous deux sont, par ailleurs, des membres du Parti démocrate.
Mais, dans le même temps la Chambre des représentants est dominée depuis 2010 par la droite du Parti républicain (même si les démocrates ont obtenu plus de voix aux dernières élections mais que le «charcutage» des circonscriptions avantage les républicains) et cette dernière, selon toute vraisemblance, devrait encore y être aux commandes après les prochaines élections.
Quant au Sénat, il risque de passer sous domination de cette même droite républicaine.
Dans cet étonnant paradoxe, les idées centristes ont été durement attaquées ces deux dernières années.
Par la gauche (les «liberals» du Parti démocrate) qui ne voient là que des thèses de droite un peu plus modérées.
Par la droite (la droite dure et, surtout, la droite radicale ainsi que l’extrême-droite, le fameux Tea Party, toutes réunies sous la bannière républicaine) qui ne voient là que des thèses «socialistes», voire «communistes».
Le tout dans un pays qui connait, comme tous les démocraties occidentales, une montée de l’individualisme et de son aspect négatif et néfaste, l’autonomisation individuelle égocentrique, irresponsable et irrespectueuse de l’individu que j’ai eu l’occasion de détailler dans «Le Centrisme du XXI° siècle» (*) et qui est un des dangers principaux que doit affronter la démocratie républicaine dans les décennies à venir.
Ce qui fait qu’il est très difficile de trouver des consensus réels dans la population, chacun défendant avant tout son intérêt et ne se satisfaisant pas de compromis comme ce fut plus souvent le cas entre 1945 et 1980, jusqu’à l’élection de Ronald Reagan (même si l’époque dorée souvent évoquée par certains n’a jamais existé et que les affrontements républicains-démocrates ont pu être durs à certains moments au cours de cette période).
Prenons l’exemple des soins de santé. Une majorité des Américains demeurent opposés à la réforme mise en place par Barack Obama parce qu’elle craint pour ses avantages et de devoir payer plus cher, mais surtout parce que c’est une réforme décidée par Washington, la ville que l’on déteste et que l’on veut abattre (tout politicien qui veut se faire élire doit affirmer à un moment ou à un autre qu’il va aller faire le ménage dans la capitale).
Mais, dès que le gouvernement fédéral veut réformer un système d’aide, comme ce fut le cas pour Medicaid, l’assurance pour les personnes âgées, alors il y a un front du refus pour que l’Etat ne touche pas à ce programme alors même que c’est lui qui l’a créé et qui le gère, ce que ne savent pas une grande partie des Américains!
Mais le paradoxe ne s’arrête pas là.
Car, de sondages en sondages, les Américains ont plutôt tendance à se situer au centre de l’échiquier politique alors que le nombre d’élus centristes continuent de baisser inexorablement.
Il n’y en a quasiment plus au Parti républicain et de moins en moins au Parti démocrate.
Cette situation est une des conséquences de ce charcutage (appelé «gerrymandering» aux Etats-Unis) que j’évoquais plus haut et qui a consisté, ces dernières années, surtout dans les Etats dominés par la républicains, à fabriquer des circonscriptions sûres pour chaque parti.
Ainsi, dans de nombreux endroits, ce n’est plus le scrutin officiel qui désigne l’élu mais les primaires à l’intérieur d’un des deux partis puisque son représentant est ensuite sûr d’être élu…
Evidemment cela favorise dans chaque camp les minorités agissantes qui se mobilisent pour ces primaires, c’est-à-dire des personnes plus à droite et plus à gauche que la moyenne de la population américaine.
Du coup, seule l’élection présidentielle reflète les véritables forces en présence.
Encore que, les dispositions prises par de nombreux Etats (dominés par les républicains) pour limiter dans les faits le vote des minorités et des plus pauvres afin de pénaliser le Parti démocrate vont peut-être désormais fausser la démocratie comme ce fut le cas au pire moment de la ségrégation dans le Sud.
Car une majorité de la population américaine est aujourd’hui modérée et centriste et elle souhaite que l’égalité des citoyens soient mieux respectée ainsi que ses «opportunities» (que l’on peut traduire par chances et opportunités) de réussite alors que les riches deviennent de plus en plus riche, que les pauvres sont plus nombreux et que les revenus de la classe moyenne stagnent quand ils ne régressent pas.
Néanmoins, dans la plus pure tradition américaine, l’Etat fédéral demeure une sorte de machine obscure dont on continue à se méfier et qui permet à tous les démagogues et les opportunistes de faire entendre leurs voix.
Ainsi en est-il quand le gouvernement veut offrir une assurance santé à tous les Américains ou quand il vaut limiter le port d’armes.
En outre, le métissage de plus en plus grand de la population américaine avantage de loin de la Parti démocrate qui est nettement plus ouvert qu’un Parti républicain dont les électeurs sont majoritairement des hommes blancs de plus de40 ans qui ont peur de l’avenir avec, selon eux, la décadence de la culture anglo-saxonne, ce qui les amène à un grand conservatisme et à des comportements souvent xénophobes.
Tout ceci fait que ce paradoxe devrait perdurer et impacter durement le pays qui se retrouve paralysé pour de grandes décisions qui engagent son avenir (réforme de la politique d’immigration, transition énergétique, lutte contre le réchauffement climatique, pérennisation de l’assurance santé, continuation de la réforme du système financier, vaste plan de construction et de réparation d’infrastructures, entre autres).
Les prochaines élections législatives devraient ainsi être à l’avantage des républicains (d’autant plus que Barack Obama, attaqué sans cesse par ceux-ci mais aussi les médias et une partie des démocrates, est actuellement très fragilisé) alors que les prochaines élections présidentielles devraient voir un démocrate l’emporter, sans doute Hillary Clinton (même si elle n’est pas encore candidate et qu’elle doit s’attendre à des attaques d’une dureté exceptionnelle si elle se présente).
Il y a, bien entendu, des tentatives pour sortir de cette impasse avec des républicains et des démocrates modérés qui discutent ensemble pour trouver des compromis et établir des consensus, voire pour s’allier dans des structures informelles ou pour créer une troisième force centrale qui n’a jamais pu, jusqu’à présent, peser sur les élections malgré plusieurs essais infructueux.
Les électeurs des deux bords, aussi, semblent plus enclins à vouloir voir le pays aller de l’avant plutôt que de demander à leurs élus respectifs d’être intransigeants avec l’autre camp.
C’est en tout cas ce que disent les sondages.
Toujours est-il que la dureté des affrontements politiques lors du mandat de Barack Obama vient, c’est vrai, d’un conservatisme en total résistance du Parti républicain (sans oublier le racisme d’une partie de son électorat) mais, surtout, d’une peur panique de perdre pour longtemps le pouvoir face à des démocrates qui sont plus en phase avec la démographie du pays.
C’est pourquoi, quand Obama a proposé, dès sa prise de fonction en 2009, suite à ses promesses de campagne, de travailler avec les républicains, afin de tenter de trouver de larges consensus entre les deux bords et de mettre en place un régime «post-partisan», certes quelque peu utopique, les républicains ont répondu par le blocage du système politique, une opposition intransigeante et des attaques constantes sur la personne même du président.
Rappelons, tout de même, que le blocage institutionnel fait partie même du régime politique américain, voulu par les Père fondateurs qui, par peur qu’une faction puisse diriger le pays pour ses intérêts propres et pour protéger les droits de la minorité, a mis en place un système qui oblige aux compromis et aux consensus et, si ce n’est pas le cas, aboutit à une paralysie quasi-totale.
Cette méfiance qu’ils avaient d’une majorité qui pourrait opprimer la minorité est à mettre à leur crédit.
Reste que cela permet aujourd’hui à des activistes radicaux très minoritaires, comme ceux du Tea Party par exemple (grâce à la fortune de quelques milliardaires réactionnaires qui les soutiennent), de bloquer la plus vieille démocratie du monde.
Elle a surtout permis l’existence de ce paradoxe qui fait que les Etats-Unis sont en train de devenir ingouvernables.
Car c’est bien à un gouvernement centriste qu’ils pensaient quand ils ont mis en place les fameux «checks and balances» (que l’on peut traduire sommairement par des mesures permettant l’équilibre des trois pouvoirs – exécutif, législatif, judiciaire –, chacun pouvant bloquer l’autre) mais ils n’ont pas forcément compris que ce système pourrait être utilisé un jour par ceux qui jouent contre leur pays.
In fine, la tâche des centristes, qu’ils soient républicains, indépendants (comme Michael Bloomberg) ou démocrates (comme Hillary Clinton), de remettre la politique américaine sur des bons rails, s’annonce des plus ardues même s’ils représentent la volonté de la majorité du pays. Ou, peut-être, à cause de cela…

Alexandre Vatimbella

(*) «Le Centrisme du XXI° siècle – La politique de l’Humanisme Respectueux et du Juste Equilibre» (CREC Editions)

copyright 2014 LesNouveauxMondes.org 

mardi 3 juin 2014

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. De l’évidente utilité du traité de libre-échange transatlantique

Il faudra un jour que certains médias nous expliquent comment ils peuvent donner la parole à tous les menteurs de la terre au nom du soi-disant respect des opinions alors qu’il s’agit manifestement de susciter des controverses artificielles et de faire du taux d’audience à peu de frais.
Le pire est que ces médias sont souvent incapables de contredire ces propos manifestement trompeurs par manque de connaissances des questions abordées.
S’agit-il encore d’«information»?
En l’occurrence, les menteurs dont je veux parler sont ceux qui se déchaînent depuis des semaines contre le traité de libre-échange que les Etats-Unis et l’Union européenne négocient actuellement, le fameux TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership soit le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement).
Ce serait, selon eux, des négociations secrètes tellement les sujets en discussion auraient comme finalité de mettre en place des mesures qui spolieraient les peuples européens au profit des grandes multinationales américaines.
Et, un jour, en nous réveillant, nous serions sous la coupe de cet accord scélérat et sous la coupe de ces multinationales criminelles en mangeant du bœuf aux hormones ou des poulets lavés au chlore, nos champs remplis d’OGM, achetant à prix fort du gaz de schiste américain pendant que des entreprises américaines foreraient aux quatre coins de l’Europe pour en trouver au mépris de l’environnement et de notre santé, j’en passe et des meilleures.
Que de mensonges.
Outre le fait que rien de ce qui est écrit ci-dessous n’est exact (même si, par ailleurs, certaines de ces soi-disant «menaces» pour le mode de vie «made in Europe» n’en seraient pas), rappelons que pour que ce traité soit adopté, il faut primo que tous les chefs d’Etat des pays de l’Union européenne avalisent son contenu puis qu’ensuite tous les Parlements de ces mêmes pays le ratifient après, évidemment, une discussion publique et un vote qui le sera tout autant.
A noter que c’est exactement ce qui doit se produire également du côté des Etats-Unis.
Un seul pays contre suffit pour que le traité ne soit pas ratifié et n’entre jamais en vigueur.
Comment dès lors imaginer que dans ces vingt-neuf pays démocratiques où existent des partis politiques aux opinions opposées et où règnent la liberté d’une presse indépendante et puissance que tout ceci demeure secret et que des horreurs nous soient imposés en catimini!
Voilà bien des comportements indignes de politiciens dont la plupart sont d’extrême-droite et d’extrême-gauche, ce qui n’est guère étonnant.
Ce qui l’est plus, c’est que d’autres, à gauche, à droite et au centre ont repris cette propagande anti-traité avant les élections européennes dans l’espoir de gagner des voix à peu de frais.
Sans oublier une partie des médias qui ne fait pas son travail.
Et ceci est grave au moment où les peuples d’Europe et celui des Etats-Unis ont besoin politiquement et économiquement de resserrer leurs liens face à tous les dangers qui les menacent et menacent les sociétés démocratiques.
Il est urgent pour la sphère occidentale de rappeler qu’elle est une même communauté démocratique et qu’elle possède globalement les mêmes intérêts.
Et tous les extrêmes qui sonnent la charge contre le traité transatlantique ne peuvent se résoudre à accepter que la liberté est la base essentielle des régimes démocratiques et que ceux-ci sont un bien commun de l’Occident.
On voit bien les intentions de ceux qui professent des mensonges et des rumeurs sur ce traité, se refermer sur nous-mêmes, en tournant le dos au présent et à l’avenir, en espérant qu’en faisant l’autruche, l’ouragan de la mondialisation, que nous pourrions maîtriser, notamment grâce à ce traité, nous épargne par une sorte de miracle improbable….
Bien sûr, le traité transatlantique n’est pas la formule miracle ni même la panacée mais il est un réel espoir pour des jours meilleurs, en particulier pour la France qui décroche lentement des pays leaders depuis une dizaine d’années.
D’autant que les grands pays émergents s’intéressent peu à elle pour leurs investissements.
Quand c’est le cas, c’est le plus souvent pour piller la technologie avancée des entreprises qu’ils rachètent et ensuite les démanteler ou pour inonder le marché français avec des produits à bas prix bénéficiant d’un dumping social et monétaire.
Bien sûr, les capitalistes américains (et ceux du vieux continent pour des Américains souvent aussi frileux que les Européens vis-à-vis de ce traité) ne sont pas des enfants de chœur en regard de ceux des pays émergents. Mais, souvent, ils rachètent pour s’ouvrir des marchés et faire des investissements qui créent des emplois.
Si demain l’Europe et les Etats-Unis réussissent à mettre en place un vrai marché transatlantique avec des normes communes, ils pourront reprendre la main et imposer à tous les autres pays le respect de celles-ci.
Cela créera, mécaniquement, une dynamique qui aboutira à plus de croissance et donc à plus d’emplois.
En ces temps de disette, faire la fine bouche sur cette dynamique, c’est jouer contre son pays.
Alexandre Vatimbella

© 2014 LesNouveauxMondes.org

vendredi 18 avril 2014

Le Carnet Américain d'Alexandre Vatimbella. Assurance santé: le pari réussi de Barack Obama

Barack Obama a déçu, c’est une évidence.
Il a déçu nombre d’Américains (mais aussi de gens dans le monde entier) qui croyaient qu’il possédait une baguette magique ou, tout au moins, un don quasi-surnaturel pour changer leur vie.
Il a déçu les médias qui s’étaient enflammés au-delà de toute raison en de 2007 à 2009 et qui, redescendus sur terre, ont fait ce qu’ils font d’habitude après avoir été pris en flagrant délit d’admiration puérile, de la critique sans mesure, acerbe et dure, afin de se refaire une virginité.
Il a déçu ceux qui ont interprété son message assez vague «Yes, we can» («oui, nous le pouvons») par son adhésion à leurs thèses qu’elles soient de droite ou de gauche, lui qui est demeuré et demeure, malgré les attaques, les remises en cause, les procès d’intention, un centriste.
La preuve en est tous ses adversaires, à gauche et à droite, virulents depuis 2007 et qui n’ont jamais laissé tomber une opposition primaire voire primate (avec des relents de racisme nauséabonds), eux qui ont été véritablement terrifiés qu’un homme avec une telle aura dans l’opinion puisse réussir et les remise aux rangs de vieilleries d’une époque révolue.
Mais, comme il a été dit ici à de nombreuses reprises, Barack Obama n’était pas le sauveur ultime et n’avait pas promis le paradis sur terre, que ce soit dans ses discours, ses promesses ou dans ses actes.
De même, il a toujours voulu remettre son pays sur les bons rails mais n’a pas parlé de faire des miracles.
Et il a toujours expliqué qu’il recherchait la meilleure solution, la plus équilibrée, la plus consensuelle et la plus efficace dans une démarche pragmatique.
Si l’on se place dans ce cadre, alors il est clair qu’il a obtenu de nombreuses réussites (de l’endiguement de la Grande récession au retour de la croissance en passant par le départ des troupes d’Irak, le sauvetage des constructeurs automobiles et une baisse du chômage), dont celle, emblématique, de la mise en place d’un système d’assurance santé, cette réforme baptisée «Obamacare» qui a polarisé contre lui tout ce qui compte de populismes, au sens européen du terme.
Rappelons que la décision de mettre en place aux Etats-Unis une véritable assurance santé vient de deux constatations unanimes de tous les experts de tous bords politiques: un nombre important de personnes incapables de prendre une couverture santé (trop chère, trop d’exclusions, etc.) mais aussi des dépenses de santé en augmentation quasi-exponentielle qu’il faut maitriser, d’autant que le rapport coût-efficacité est un des pires des pays avancés.
C’est le sens de l’architecture de l’«Obamacare», une réforme profondément centriste qui allie la responsabilité à la solidarité, tout en laissant une grande liberté de choix aux assurés.
D’ailleurs, elle reprend en grande partie les mesures préconisées par le Parti républicain avant que celui-ci ne vire à droite toute et fasse de l’obstruction systématique au Congrès (dont d’ailleurs Mitt Romney, le candidat républicain de 2012, s’était inspiré pour sa loi sur l’assurance santé quand il était gouverneur du Massachussetts) et a été qualifiée par la gauche du Parti démocrate comme trop timide (plus timide que la loi imaginée par Bill Clinton dans les années 1990 et défendue par sa femme, Hillary, eux aussi centristes…).
Mais, dans un monde où la propagande s’est largement substituée à l’information (internet, les chaînes d’informations en continu, etc.), il est de plus en plus difficile de faire des analyses honnêtes et sérieuses sans vouloir faire un «coup» ou un «buzz».
L’«Affordable care act», le vrai nom de la loi sur la santé, a en tout cas réussi le pari que lui avait assigné le président américain puisque plus de 8 millions de contrats (dont 35% par des personnes de moins de 35 ans) ont été passés avant la date limite du 31 mars (ce qui fait évidemment beaucoup plus de personnes couvertes, conjoints et enfants dans les familles), notamment par des personnes qui n’avaient jamais été assurées auparavant.
Il est d’ailleurs assez inquiétant pour le débat démocratique de voir que cette annonce faite le 17 avril n’a été que peu reprise dans les médias alors que les gros problèmes qu’a connus, lors de son lancement, le site national où l’on pouvait s’assurer, ont fait les gros titres pendant des semaines.
Il est vrai que les trains qui arrivent à l’heure ne sont pas de l’information.
Sauf quand on avait annoncé auparavant de manière irresponsable qu’ils avaient déraillé…
Alexandre Vatimbella
copyright 2014 LesNouveauxMondes.org


dimanche 16 février 2014

Sondages présidentielles - Hillary Clinton largement devant Chris Christie

Le match entre les deux centristes de l’élection présidentielle américaine de 2016, Hillary Clinton (démocrate) et Chris Christie (républicain) tourne largement en faveur de la première nommée.
La favorite pour les primaires démocrates (et pour l’élection présidentielle 2016) distance maintenant son rival républicain (favori pour les primaires de son parti) de 21 points, 58%-37%.
L’écart continue de se creuser (le dernier sondage donnait 13 points en faveur de Clinton alors que des sondages plus anciens les mettaient très proches) depuis le fameux scandale du «bridgegate».
Celui-ci met en cause des proches du gouverneur du New Jersey qui ont fait fermer des voies du pont Washington qui relie New York au New Jersey (pont le plus emprunté au monde chaque jour) uniquement pour se venger d’élus qui ne voulaient pas supporter Christie lors de la récente élection pour le poste de gouverneur de l’Etat que pourtant il a enlevé haut la main dans un Etat à très forte majorité démocrate.
Cette vengeance a provoqué pendant plusieurs jours des embouteillages monstres, provoquant des problèmes dans les bureaux, les usines et les écoles et peut-être même la mort d’une femme dans une ambulance bloquée dans le trafic.
Même si Chris Christie continue de nier toute connaissance de ce complot alors que des personnes impliquées disent le contraire, l’opinion publique est réticente à croire en sa totale innocence, d’où sa chute dans les sondages.

A noter qu’Hillary Clinton demeure la favorite face à tous les autres candidats républicains.
Jean-Louis Pommery
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vendredi 3 janvier 2014

Le Carnet Américain d’Alexandre Vatimbella. Bill de Blasio doit préserver l’héritage centriste de Bloomberg à New York

Comme prévu, le démocrate Bill de Blasio a prêté serment ce 1er janvier 2014 pour devenir le 109° maire de New York.
Elu lors du scrutin de novembre dans un fauteuil, il occupe désormais celui laissé vacant par Michael Bloomberg, le premier magistrat de la cité pendant douze ans et centriste.
Imaginez que sa victoire a été la plus large remportée par un candidat qui n’était pas le maire sortant (73% contre 24% à son adversaire républicain Joe Lhota). Il a même remporté certains districts avec 100% des voix!
Donc New York s’est réveillée, non pas démocrate ce qu’elle a toujours été et encore plus depuis que le Parti républicain n’incarne plus que la droite de l’échiquier politique, mais avec un maire démocrate ce qui, paradoxe des paradoxes pour une des villes les plus démocrates des Etats-Unis, ne s’était plus produit depuis 1989!
D’autant que que Bill de Blasio s’est décrit comme un «liberal» (gauche du Parti démocrate) pendant toute la campagne et a rappelé son engagement fort pour réduire les inégalités à New York lors de son discours d’investiture.
D’ailleurs les médias le présentent comme un démocrate de gauche même s’il est un ancien de l’administration de Bill Clinton et qu’il fut le directeur de campagne d’Hillary Clinton lorsque celle-ci fut élue sénatrice de New York au Congrès en 2000.
Il est un peut trop tôt pour savoir s’il sera un maire «socialiste» ou s’il mettra de l’eau dans son vin, devant le patchwork qu’est cette ville, le véritable melting-pot américain, mais on peut déjà affirmer qu’il devra préserver une grande partie de l’héritage centriste de Michael Bloomberg.
Un héritage controversé par certains démocrates qui n’ont pas manqué de le critiquer le 1er janvier dans leurs interventions mais qui a été globalement positif selon les analystes les plus sérieux ainsi que l’affirme un éditorial du New York Times.
Celui-ci explique «qu’en tout état de cause, quoi qu’il en soit, New York est en meilleur forme que lorsqu’il est devenu maire. Alors que le citoyen Bloomberg retourne à sa vie privée et s’occupera de diverses causes comme celles du contrôle des armes à feu, de la réforme de l’immigration, du changement climatique et des villes plus saines, nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance».
Et de rappeler qu’il avait promis de reconstruire et revitaliser New York et de faire en sorte qu’elle demeure la «capitale du monde libre».
Au moment où il quitte son poste, pour le quotidien, «dans de nombreux domaines, il a tenu sa promesse. New York est de nouveau une cité prospère et attrayante où, M. Bloomberg s’en vante, plus de gens s’y établissent qu’ils ne la quittent. Plus de 54 millions de touristes, le record, ont en foulé les rues en 2013. Le taux de criminalité est bas, le système de transports est plus efficace, l’environnement meilleur. Il laisse un budget en excédent de 2,4 milliards de dollars».
Sans oublier, qu’au cours de son mandat, Michael Bloomberg, homme le plus riche de New York (et maire sans salaire puisqu’il n’a accepté qu’un dollar par an de d’indemnisation pour accomplir sa tâche), a permis à l’activité économique et financière de repartir après les attentats du 11 septembre 2001 et a fait de sa ville un laboratoire en matière d’environnement (avec la création de pistes cyclables et de vélos en location, entre autres) et de santé (interdiction de fumer dans les lieux publics autre que la rue et bannissement de certaine graisses dans les aliments, entre autres).
Au passif de son action, il y a, bien sûr, le creusement des inégalités à New York (mais qui est un phénomène national dont Barack Obama a promis de s’occuper dans les trois dernières années de sa présidence), son attention toute particulière à Manhattan et Brooklyn au détriment des trois autres «boroughs», le Queens, Staten Island et le Bronx ainsi que son bilan mitigé (certains parlent de succès, d’autres d’échec) dans sa réforme du système scolaire de la ville.
Ce sont d’ailleurs les trois priorités de Bill de Blasio (les inégalités, l’aménagement des boroughs plus pauvres et le système éducatif) qui s’est voulu, durant la campagne, un contre-Bloomberg, en particulier sur la pratique du «stop and frisk» de la police newyorkaise, la fameuse NYPD, qui permet d’arrêter toute personne que l’on suspecte de détenir une arme à feu et qui a été largement utilisée pour contrôler les minorités ethniques (même si certains représentants de ces minorités se sont déclarées en faveur de cette pratique, remarquant que la délinquance était plus élevée dans ces groupes ethniques et devaient être donc plus surveillés).
Pour autant, Bill de Blasio ne pourra ignorer les résultats de Michael Bloomberg et devra même les consolider s’il veut être un maire efficace et apprécier des newyorkais, capable d’être réélu pour un second mandat.
Dans cette optique, sa décision de nommer comme chef de la police («police commissioner») William J Bratton, le père de la politique «zéro tolérance» en 1994, une véritable révolution qui a permis à la délinquance de baisser dans des proportions gigantesques sous l’ère de son successeur, Raymond W Kelly, faisant de New York une des villes les plus sûres du pays, va dans le bon sens et est une excellente nouvelle.
Laboratoire mondial des nouvelles pratiques, New York est une ville totalement métissée ce qui en fait la première ville globale du XXI° siècle. Tout ce qui s’y passe intéresse le reste de la planète.
Et Michael Bloomberg a montré que l’on pouvait très bien la gouverner avec une vision de juste équilibre. Souhaitons que Bill de Blasio s’en inspire largement.
Alexandre Vatimbella

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