INFOS USA est un site de l'agence de presse LesNüuveauxMýndes.þrg

Rechercher sur Infos USA

Les actualités sur www.infos-usa.com

vendredi 25 décembre 2015

Présidentielle USA 2016. Hillary Clinton vire en tête

Le dernier débat démocrate en vue des primaires qui s’est tenu le 19 décembre à Manchester dans l’Etat du New Hampshire a confirmé qu’Hillary Clinton avait actuellement le vent en poupe.
La centriste doit savourer ce moment, elle qui était dans la tourmente voici quelques semaines seulement avec les campagnes dures que les républicains avaient lancées contre elle ainsi que par les scores que faisaient son principal concurrent démocrate, le socialiste Bernie Sanders, dans les sondages.
Même si rien n’est joué, Hillary Clinton a retrouvé sa place d’ultra-favorite, à la fois, pour les primaires démocrates mais également pour l’élection générale.
Pour ce dernier scrutin, la situation dans le camp républicain, il est vrai, l’avantage énormément.
Si celui qui est en tête des sondages pour la nomination comme candidat du Parti républicain demeure Donald Trump, l’ancienne secrétaire d’Etat devrait le battre sans problème.
D’autant que le promoteur immobilier newyorkais continue ses insultes, maintenant dirigées contre Clinton (selon lui, Obama l’a «niquée» en 2008 et le fait qu’elle aille aux toilettes le «dégoûte), qui ont soulevé une indignation unanime ou presque (à part tous ceux qui haïssent celle-ci dans le camp républicain).
Si c’est Ted Cruz, deuxième dans les sondages après une percée remarquable et remarquée, notamment auprès de la droite de la droite du parti et des évangélistes (ce qui revient au même souvent…), le succès de Clinton devrait être également assez large tellement les positions du sénateur du Texas sont extrémistes, notamment envers les minorités et les femmes, deux groupes d’électeurs qu’il faut absolument séduire pour pouvoir remporter la présidentielle désormais.
Le seul qui semble pouvoir inquiéter la centriste est Marco Rubio, le sénateur de Floride pour deux raisons: il est jeune et représente le futur; il est l’élu d’un Etat qu’il est fondamental de gagner pour remporter la présidentielle.
Reste que Rubio a des positions assez proches de celles de Cruz même s’il apparaît moins extrémiste que lui.
Car Rubio et Cruz sont des créatures du Tea party, cette organisation de la droite radicale, voire de l’extrême-droite raciste qui a vue le jour en 2009 en réaction à l’élection d’un noir à la Maison blanche, Barack Obama traitant ce dernier de Hitler, de Staline, entre autres.
Les «modérés» républicains qui pourraient disputer la victoire à Hillary Clinton, Jeb Bush, Chris Christie ou John Kasich sont pour l’instant très loin dans les sondages.
En outre, les dernières sorties médiatiques de la centriste ont été remarquées par le sérieux et la solidité de ses propositions ainsi que de sa connaissance des dossiers alors que dans le camp d’en face on en est plutôt aux invectives, à la course à la mesure la plus à droite et à la meilleure façon de barrer la route de Washington à… Donald Trump!
Bien entendu, il reste encore un peu moins de onze mois avant le jour de l’élection et tout est encore possible.
D’autant que les fragilités d’Hillary Clinton n’ont pas disparu (les Américains ne la croient pas honnête, ils se méfient de son caractère secret, ils éprouvent peu de sympathie envers sa personne) et que, comme le disent beaucoup d’observateurs, elle est son meilleur ennemi.
Reste qu’elle a réussi à passer le premier examen de passage, celui qui faisait d’elle la personnalité à abattre de tous les côtés en tant qu’ultra-favorite.
Elle y a laissé quelques plumes et quelques interrogations pour l’année qui vient mais, en ce mois de décembre 2015, c’est bien elle, la centriste, qui a le plus de chance d’être élue et de faire ainsi l’histoire en étant la première présidente des Etats-Unis.

Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org


jeudi 17 décembre 2015

Présidentielle USA 2016. Le démagogue Trump peut-il battre la centriste Clinton?

Si l’on se fiait aux sondages actuels, les deux candidats à la présidentielle américaine de novembre 2016 seraient la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump.
Sauf catastrophe pour elle, la centriste Clinton sera la représentante démocrate tant elle domine son opposant interne, le socialiste Bernie Sanders.
En revanche, il peut se passer encore bien des choses du côté républicain, comme l’effondrement de Trump (ce cas de figure où des populistes démagogues sont montés très haut avant les primaires ou au début de celles-ci puis se sont effondrés très rapidement est assez courant) ou la montée en puissance inexorable de l’homme d’extrême-droite, le Texan Ted Cruz (le plus dangereux du panel républicain) ou bien encore l’éclosion de Marco Rubio (droite radicale) et même, pourquoi, la résurrection inespérée de Jeb Bush (conservateur) ou de Chris Christie (conservateur modéré).
De même, Donald Trump, s’il n’obtient pas la nomination républicaine, pourrait être tenté de se présenter en indépendant, ce qui amoindrirait ses chances d’une éventuelle victoire (tout en détruisant quasiment définitivement celles du candidat républicaine officiel).
Néanmoins, son avance dans les sondages actuels vis-à-vis de ses concurrents républicains est telle que l’on peut désormais prendre en compte sa candidature comme «sérieuse» électoralement parlant à défaut de l’être politiquement parlant en matière de programme et de compétence.
D’autant que le dernier débat des prétendants républicains qui s’est tenu à Las Vegas le 15 décembre au soir n’a pas changé la donne où le promoteur immobilier newyorkais devance largement Ted Cruz et Marco Rubio ainsi que le chirurgien et néophyte en politique Ben Carson qui semble être proche d’un retour définitif dans l’ombre même s’il se comporte encore bien dans les sondages sur la présidentielle elle-même.
Si l’on prend les derniers sondages entre Clinton et Trump, ils donnent tous une avance pour la première sur le second:
- 50% contre 44% pour celui de ABC news et du Washington Post du 15 décembre;
- 50% contre 40% pour celui de NBC et du Wall Street Journal du 14 décembre;
- 48% contre 44% pour celui de USA Today du 8 décembre;
- 52% contre 41% pour celui de MSNBC et Telemundo du 7 décembre.
Mais l’on est encore à onze mois du scrutin et des sondages comme ceux donnant une petite avance de Ben Carson sur Hillary Clinton doivent inciter à la prudence sur les pronostics de victoire de chacun.
Pour autant, on peut dire que le souhait à peine secret d’Hillary Clinton et de son équipe serait un affrontement entre l’ancienne secrétaire d’Etat de Barack Obama et le milliardaire fantasque (son deuxième choix serait de retrouver en face d’elle l’icône du Tea Party, Ted Cruz).
Il faut dire que la victoire à la présidentielle américaine passe désormais par la capacité à réunir son camp mais aussi à s’attacher une majorité d’électeurs latinos, noirs et même asiatiques.
L’Amérique blanche et masculine qui soutient Donald Trump n’est plus majoritaire, loin de là et il faut absolument séduire dans tous les groupes ethniques (que l’on appelle encore races aux Etats-Unis).
Et le magnat de l’immobilier de New York n’a quasiment aucune chance d’y parvenir, lui qui veut renvoyer tous les immigrants illégaux d’Amériques du Sud et Centrale chez eux (soit entre 11 et 15 millions de personnes!), qui ne parvient pas à susciter un sentiment positif auprès de la communauté afro-américaine, sans parler des musulmans mais aussi des juifs.
Bien entendu, il ne faut pas oublier qu’un sondage national n’est pas le reflet de la réalité des chances de chacun puisque l’on vote Etat par Etat pour la présidentielle avec des grands électeurs qui sont désignés par le vote populaire.
Ainsi, l’important est de gagner dans les fameux «swing States» ces Etats qui ne sont pas très majoritairement démocrates ou républicains et donc imprenables pour les candidats de l’autre bord politique (comme l’Etat de New York massivement démocrate et le Texas massivement républicain).
Or, dans ces Etats, la tendance n’est pas en faveur de Trump, notamment en Floride où l’on compte de nombreux latinos.
De même, le programme de Trump, quand il n’est pas flou, sans queue ni tête ou basé sur un mensonge grossier, est d’un extrémisme qui n’est pas à même, a priori, d’emporter l’adhésion auprès des femmes ainsi que des «independents» indépendants, c’est-à-dire des électeurs qui ne sont affiliés ou proches d’aucun des deux partis, qui se situent au centre de l’échiquier politique et qui choisissent en général les candidats modérés et rassembleurs (à l’inverse des «independents» démocrates ou républicains qui déclarent ne pas être affiliés à leur parti favori, qui son souvent des gens de gauche et de droite plus radicalisés que la ligne politique du parti dont ils restent malgré tout proches ce qui fait qu’ils votent, in fine, pour celui-ci).
Tout concoure donc à faire de Hillary Clinton la super-favorite d’un duel qui l’opposerait à Donald Trump.
On peut ainsi penser que ce dernier est plutôt dans la situation d’une Marine Le Pen en France, c’est-à-dire qu’il peut réaliser des scores importants mais qu’une majorité des électeurs n’’imaginent même pas de voter pour lui.
Reste à savoir quel sera l’état du pays l’été prochain et si la campagne électorale n’aura pas fait exploser certaines candidatures en révélant ou inventant des scandales.
Ainsi, Hillary Clinton est bien évidemment l’objet de toutes les attentions des groupes républicains radicaux chargés de mener des enquêtes et de répandre des rumeurs généralement fausses sur sa personne.
On sait qu’ils travaillent d’arrache-pied et qu’il faut s’attendre à de nouvelles «révélations» pendant les onze mois qui nous séparent de l’élection.

Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org



samedi 5 décembre 2015

Présidentielle USA 2016. Républicains: Comment se débarrasser de Donald Trump?

Il y a le feu dans la maison du Parti républicain.
Cette fois-ci ce ne sont pas les quelques centristes qui y sont encore qui sonnent le tocsin, ni même les «modérés», ceux qui n’ont pas encore été atteints par le syndrome aigu d’extrémisme de la grande majorité du parti.
Non, ce sont les conservateurs, les durs, mais réalistes et pragmatistes, qui s’inquiètent de la raclée sans précédent que pourrait prendre les républicains en 2016 si leur candidat à la présidentielle se nomme Donald Trump.
Néanmoins, ils semblent tétaniser à l’idée de s’attaquer de front au promoteur newyorkais.
Comme l’explique le New York Times, «Beaucoup d'officiels républicains ainsi que des stratèges et des donateurs importants disent qu'ils craignent» Donald Trump.
Selon eux sa nomination comme candidat des républicains «mènerait à un anéantissement électoral, une défaite radicale qui pourrait détruire certains des gains récents des républicains au Congrès, dans les élections municipales ou d'état. (…)»
«Certains des républicains de haut rang au Congrès et certains des donateurs les plus riches et les plus généreux du parti ont hésité fortement à essayer de mettre à terre Trump parce qu'ils craignent une querelle publique avec cette figure médiatique et ses vomissements d’insultes.»
«D'autres avertissent que le faire pourrait impliquer des problèmes face à la colère qui monte en flèche contre les politiciens.»
«Tout cela mène à une impasse de sorte que presque tout le monde dans les échelons supérieurs du parti reconnaît que quelque chose doit être fait mais que presque personne n'est enclin à le faire.»
Pourtant le temps presse pour la direction du parti car Donald Trump, après avoir semblé adopter un style et un ton plus civils plus en phase avec l’image d’un candidat sérieux à la plus haute fonction du pays, s’est de nouveau vautré dans la fange des insultes, des mensonges et des programmes soit extrémistes comme en matière d’immigration ou d’armes à feu, soit totalement ineptes comme en matière économique où ses «propositions» qui vont d’une politique protectionniste d’un autre temps à une baisse drastique des impôts qui augmenteraient de manière abyssale le déficit des finances publiques (à moins que tout cela soit annulé par cet impôt sur les plus riches sont qualifiées de «cacophonie» par le New York Magazine.
Ce n’est pas forcément qu’il soit très éloigné des positions de la majorité des républicains, candidats «sérieux» à la candidature compris.
C’est plutôt son comportement caricatural qui a le don de montrer dans toute sa crudité et sa brutalité le programme radical des républicains qui rend quasiment inéligible son candidat sauf si c’est un politicien capable de l’enrober dans de fausses promesses consensuelles et avec un ton modéré (voire d’être connu pour utiliser une rhétorique extrémiste mais de gouverner plutôt au centre)…
Se met donc en place des structures plus ou moins informelles pour empêcher Trump d’être le candidat républicain ou pour faire des projections sur ce que serait une présidence Trump.
Par ailleurs, le Washington Post a publié un mémo confidentiel qu’un membre éminent du Parti républicain a adressé aux candidats aux sénatoriales qui auront lieu en même temps que la présidentielle afin de leur donner des conseils si jamais Donald Trump gagnait les primaires.
Il qualifie d’abord ce dernier «de missile mal guidé».
Puis il enchaîne:
«Soyons réalistes.»
«Trump dit ce qu’il a à l’esprit et c’est un problème.»
«Si ça continue nos candidats devront passer tout leur temps à le défendre ou à le condamner.»
«Et c’est une chose que nous ne voulons jamais, vraiment jamais avoir à faire.»
«C’est certain que tous les candidats du Parti républicain seront liés d’une manière ou d’une autre à notre nominé (ndlr: le vainqueur des primaires), mais nous ne devons pas être liés à lui de manière si proche que nous serons engagés à un nettoyage permanent ou à des manœuvres de distanciation de ses propos.»
Il recommande ensuite aux candidats, si les propos misogynes de Trump viennent sur le tapis, d’affirmer que leurs femmes et leurs filles ont été choquées par ceux-ci puis de passer immédiatement à autre chose!
Oui, avant d’être un atout, Trump est bien un problème pour le Parti républicain.
Et les républicains, angoissés, de se rappeler les vestes prises en 1940 face à Franklin Roosevelt par l’inconnu Wendell Wilkie, qui se présentait pour la première fois à une élection tout comme Trump, et en 1964 face à Lyndon Johnson par Barry Goldwater, un populiste démagogue et extrémiste dont les propos ressemblaient beaucoup à ceux de Trump aujourd’hui et qui plaisaient beaucoup à une majorité de militants républicains, tout comme ceux de Trump.
Comme l’écrit le New York Magazine, qu’il semble loin le temps (2012) où les républicains choisissaient comme candidat le modéré Mitt Romney.
Reste que se débarrasser de Donald Trump ne sera pas aussi facile.
D’une part parce qu’il continue à être en tête de la course à la l’investiture républicaine malgré toutes ses gaffes, malgré toutes ses insultes, malgré toutes les attaques de ses adversaires et des médias, malgré les incohérences de ses propositions.
Ou peut-être grâce à tout cela!
D’autre part, parce que malgré son serment de ne pas se présenter en candidat indépendant (qui ferait à coup sûr perdre le candidat républicain officiel), il n’a pas renoncé à le faire et son argument pour ne pas respecter sa parole serait justement d’être ostracisé par la direction du Parti républicain.
L’espoir secret de celle-ci est que Trump se torpille lui-même.
Pour l’instant, ce n’est pas vraiment le cas.
Le dernier sondage CNN/ORC donne ainsi Trump à 36% des intentions de vote pour la primaire républicaine, largement devant Ted Cruz (16%), Ben Carson(14%) et Marco Rubio (12%).
Quant à Chris Christie, il obtient 4% des intentions de vote, Jeb Bush et Carly Fiorina, 3% chacun.
Pour le site Politico, «le mystère de la raison pour laquelle les électeurs républicains aiment encore plus Donald Trump quand il invente une histoire sur les musulmans dansant sur les toits après les attentats du 11 septembre ou qu’il se moque d’un journaliste handicapé n'est pas vraiment très mystérieux après tout».
«Tout ce montage scandaleux n’a rien à voir avec les faits, la politique ou le message, cela concerne d’être en accord avec les émotions de ses fans et ce sont des fans, pas des partisans politiques dans un sens conventionnel.»
«Personne d’autre n'a une poigne plus ferme sur l’amygdale (ndlr: noyau situé dans le lobe temporal et jouant un rôle dans les émotions et le conditionnement) du parti républicain - peut-être personne n'en a jamais eu autant – ou n’est autant la voix du sentiment de déclin rampant si intensément ressentie par l’Amérique blanche.»
Et Politico d’affirmer, «la question n’est plus de savoir si Trump peut remporter les primaires, il le peut».

Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC

© 2015 LesNouveauxMondes.org
Voir le site Le Centrisme


jeudi 19 novembre 2015

Présidentielle USA 2016. Attentats de Paris – La campagne entre propos extrémistes et responsables

Comme on pouvait s’en douter, les attentats de Paris du 13 novembre ont été abondamment couverts par les médias américains avec de nombreux directs des journaux télévisés réalisés en France.
L’horreur de l’assassinat de personnes qui s’étaient attablées à des terrasses de café ou étaient allés voir un concert d’un groupe de rock américain, ont provoqué un émoi dans la population et suscité évidemment de nombreuses réactions politiques, d’autant que ce genre d’attentats rappellent ceux du 11 septembre 2001.
Si le président Barack Obama et les membres de son Administration ont apporté une réponse officielle forte avec la solidarité sans faille du pays vis-à-vis du peuple français, tout en rappelant que la France est la plus vieille alliée des Etats-Unis et qu’elle le demeure aujourd’hui depuis qu’elle est à ses côtés dans toutes les zones de conflits du monde qui menacent la paix mondiale, de l’Ukraine à la Syrie en passant par le Mali, de nombreux propos ont été tenus par les candidats à la prochaine élection présidentielle de 2016.
Du côté des démocrates, le débat sur la chaîne CBS entre les trois candidats à la primaire qui s’est déroulé le vendredi même des attentats, pendant que ceux-ci étaient encore en cours, a permis de montrer que la lutte contre Daech (ou ISIS pour les Américains) était la priorité des priorités.
Que ce soit Bernie Sanders, Martin O’Malley et, bien évidemment, Hillary Clinton, tous ont affirmé que s’ils étaient le prochain hôte de la Maison blanche, ils feraient de l’éradication de l’organisation criminelle une de leurs priorités.
Chacun a évidemment marqué sa petite différence.
Hillary Clinton, la candidate centriste, a ainsi déclaré, «bien sûr, nos prières vont au peuple de France ce soir. Mais ce n'est pas assez. Nous devons avoir la résolution de rassembler le monde pour traquer cette idéologie djihadiste radicale qui motive des organisations comme ISIS, ce groupe violent, terroriste, barbare et impitoyable».
«Cette élection, a-t-elle poursuivie, sera non seulement le choix d'un président. Ce sera aussi le choix de notre prochain commandant en chef. Et j’expliquerai en détail ce que je pense que nous devrons faire avec nos amis et alliés en Europe et ailleurs afin de faire un meilleur travail en vue de coordonner les efforts contre le fléau du terrorisme. Notre pays n’aura aucun repos en la matière parce que toutes les autres questions que nous devons traiter dépendent de notre sécurité et de notre force.»
Du côté républicain, si la lutte contre ISIS a été aussi évoquée, les différents prétendants à la primaire ont préféré s’en prendre en priorité à la politique suivie en la matière par Obama (et donc, jusqu’en 2012 par Hillary Clinton alors secrétaire d’Etat) pour la critiquer de manière violente au lieu de faire des propositions concrètes pour y parvenir.
Mais ce qui a été noté par l’ensemble des médias américains c’est la cassure entre les candidats «sérieux» qui ont une connaissance minimum de la politique étrangère et de la situation internationale et ceux qui sont complètement ignares, incapables d’une réflexion étayée sur ces sujets.
Comme l’écrit le magazine Politico, «Il n’a fallu que 48 heures pour que les attaques terroristes tragiques à Paris transforment rapidement la primaire républicaine en une compétition entre ceux qui ont une expérience sérieuse en politique étrangère et ceux qui n’en ont aucune, changeant celle-ci, au moins pour le moment, d'une campagne pour la présidence à un test sur la capacité à être commandant en chef».
Dans la catégorie des incompétents notoires on trouve le favori actuel de la primaire, Donald Trump, ainsi que son dauphin, Ben Carson.
Tous les deux, surtout le deuxième, ont montré leur limite en la matière particulièrement forte et cela pourrait impacter leur campagne et leur chance dans les semaines à venir de devenir le candidat républicain à la présidence.
En revanche, John Kasich, le candidat le plus près du Centre de cette primaire a lui expliqué plus en détail son action contre le terrorisme: armer les Kurdes, mettre en place une zone d'exclusion aérienne, impliquer les Saoudiens et les Jordaniens, mieux coordonner les services de renseignements au niveau international.
«Il y a tant de choses que nous devons faire, a expliqué le gouverneur de l’Ohio, et, franchement, nous en sommes loin».
En outre, tous se sont inquiétés sur la possibilité que parmi les réfugiés syriens qui seraient accueilli aux Etats-Unis, puissent se cacher des terroristes comme cela a été le cas en France pour au moins l’un d’entre eux.
On évoquera pour l’anecdote les propos particulièrement stupides et provocateurs de Donald Trump expliquant que s’il y a eu tant de morts à Paris c’est parce que la France est un des pays qui a les lois les plus restrictives en matière de port d’arme ce qui n’avait pas permis aux personnes attaquées de se défendre.
Une affirmation qui aurait pu être faite par Ben Carson…

Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org

vendredi 13 novembre 2015

Présidentielle USA 2016. Le Centre seul capable d’éviter l’élection d’un populiste démagogue extrémiste

Dans moins d’un an, le 8 novembre 2016, les Américains éliront leur président de la république qui, si on se fie aux sondages, devrait être une présidente, la première des Etats-Unis, en l’occurrence Hillary Clinton qui est redevenue la favorite du scrutin ces dernières semaines.
Mais si l’arrivée à la Maison blanche de la centriste marquerait l’histoire du pays tout comme l’avait fait l’élection du premier «noir» (en réalité métis mais se définissant lui-même comme Afro-américain), Barack Obama, en 2008, il s’agira aussi d’éviter un autre événement historique, celui-là catastrophique, la victoire d’un populiste démagogique extrémiste.
En regardant aujourd’hui les sondages, on s’aperçoit que si Hillary Clinton devrait remporter assez facilement la primaire démocrate face au populiste démagogique de gauche, Bernie Sanders, obnubilé par les méchants «billionaires» (milliardaires) qui agrémente quasiment toutes ses phrases, du côté des républicains, les favoris actuels ont de quoi faire froid dans le dos.
Ainsi, les deux hommes en tête des enquêtes d’opinion, Donald Trump et Ben Carson, sont de dangereux populistes démagogues dont le premier fait un peu comme Marine Le Pen en France, proposant une vision globale de droite extrême agrémenté d’une xénophobie assumée avec des propositions économiques et sociales qui ont pour but de séduire un électorat populaire et dont le second est un extrémiste évangélique redoutable doublé d’un ignorant, qui plus est un menteur comme viennent de le révéler plusieurs enquêtes des médias, tant de droite que de gauche, ayant inventé une grande partie de sa vie dans son autobiographie.
Beaucoup d’analystes sont encore persuadés que les deux hommes n’ont que très peu de chances de devenir le candidat des républicains pour la présidentielle et qu’ils seront battus lors des primaires par des candidats «sérieux».
Or c’est là que le bas blesse car ceux que l’on qualifie désormais ainsi sont des politiciens que l’on considérait il y a encore peu comme des populistes extrémistes qui ont été élus grâce aux voix des membres et sympathisants du Tea Party, cette organisation d’extrême-droite qui a comparé Barack Obama à Staline, Hitler et… le Joker de Batman!
Ils ont pour nom Marco Rubio (dont on vient de découvrir qu’il utilisait la carte de crédit du Parti républicain de Floride pour ses courses) et Ted Cruz, le Texan.
Car ce qui caractérise actuellement la primaire républicaine, c’est l’effondrement des «modérés» (dont certains ne le sont que parce que les autres sont de furieux extrémistes) comme Jeb Bush, John Kasich, Chris Christie (qui ne sera même plus qualifié pour le prochain débat des «grands» candidats mais devra se contenter du «petit» qui se tient juste avant), Lindsay Graham et George Pataki qui, tous deux, ne sont qualifiés pour aucun des deux débats!
(Rappelons que vu le nombre conséquent de candidats à la primaire républicaine, on organise deux débats selon une moyenne dans les sondages et que l’on exclut de ceux-ci les prétendants qui sont sous la barre des 1% des intentions de vote).
Dès lors, en ce novembre 2015, le seul véritable rempart aux démagogues, aux populistes et aux extrémistes, se nomme Hillary Clinton.
Bien évidemment, à un an des élections tout peut encore arriver, que ce soit l’effondrement de la centriste du Parti démocrate mais aussi celui des extrémistes de chaque camp, la montée en puissance d’un conservateur modéré, voire même l’entrée en scène d’un «independent», tout événement qui pourrait rabattre les cartes.
Mais le climat politique américain ressemble beaucoup à celui qui règne en Europe, avec la montée du populisme, de la démagogie et des extrêmes qui menacent les fondements même de la démocratie républicaine à terme.
Il n’est donc pas exclut que la finale du 8 novembre 2016 oppose un candidat modéré face à un candidat extrémiste tout comme cela pourrait être le cas en France lors du deuxième tour de la présidentielle le 7 mai 2017.
Alexandre Vatimbella


© 2015 LesNouveauxMondes.org

mercredi 4 novembre 2015

Présidentielle USA 2016. Les «independents» ne font pas un candidat mais font l’élection

Il y a un mythe tenace chez certains analystes et «pundits» (intellectuels faiseurs d’opinion) américains qu’un candidat en-dehors des partis, situé au centre de l’échiquier politique ou, en tout cas, «bipartisan», serait capable de rassembler en sa faveur la plupart des électeurs «independents» (ceux qui se définissent comme sans affiliation politique précise) ainsi que les démocrates et les républicains modérés, ce qui lui permettrait de gagner l’élection présidentielle pour le bien d’un pays dont la politique est de plus en plus polarisée.
Ce mythe prend sa source dans deux idées reçues.
La première serait que la grande majorité des «independents» sont des centristes.
Or il n’en est rien.
Si, sans doute, les centristes sont les plus nombreux dans cette catégorie fourre-tout, on trouve aussi des républicains proches de l’extrême-droite, des démocrates très socialistes ainsi que des personnes se définissant à partir de toutes les appellations politiques possibles et imaginables.
Dès lors, une candidature «independent» (sans affiliation aux deux grands partis) a du sens et a déjà eu lieu (celles de George Wallace ou de Ross Perot) mais, jusqu’à présent avec un positionnement politique très clivé.
Ainsi, le principal candidat «independent» pour 2016 n’est autre que le populiste démagogue de droite Donald Trump, actuellement en tête de la course républicaine, (même s’il fut, un temps, enregistré comme démocrate, à New York, la ville où il est né et où il habite).
En revanche, une candidature qui rassemblerait tous les électeurs «independents» est bien une vue de l’esprit.
La deuxième idée reçue voudrait que les deux grands partis soient trop marqués, le Parti républicain à droite et le Parti démocrate à gauche, pour initier une véritable candidature centriste.
Ce qui est totalement faux, non seulement, historiquement mais de nos jours.
Historiquement, il y a toujours eu des ailes centristes aux deux grands partis dominant la politique américaine.
On peut dire, par exemple, qu’Abraham Lincoln ou Theodore Roosevelt étaient des centristes républicains.
Et ces vingt-cinq dernières années, deux démocrates centristes ont été élus à la Maison blanche, Bill Clinton en 1992 et Barack Obama en 2008, tout deux réélus pour un second mandat.
Ce qui est vrai, en revanche, c’est que le Parti républicain a entamé un virage à droite dans les années 1990 (qui avait d’ailleurs commencé réellement dans les années 1970) et que, petit à petit, la plupart de ses centristes se sont trouvé marginalisés et ont pratiquement disparu.
Pour la primaire de 2016, seul John Kasich, le gouverneur de l’Ohio, peut être considéré comme un candidat républicain centriste.
Et encore, il ne l’aurait pas été il y a dix ans, considéré alors comme trop conservateur (il fut un des principaux soutiens de Ronald Reagan).
Le Parti démocrate, lui, est sorti de son virage à gauche des années 1970 dans les années 1990.
Et même si un candidat socialiste à la primaire est présent cette année, Bernie Sanders, la grande favorite demeure Hillary Clinton, une véritable centriste.
N’en déplaise à certains commentateurs qui présentent Clinton comme étant devenue de gauche (ils disent la même chose d’Obama), ils tombent dans le piège tendu par la droite du parti républicain et dénoncé par les deux politologues, l’un républicain, l’autre démocrate, Norman Ornstein et Thomas Mann.
Auteurs d’un livre référence en la matière, «It’s even worse than it looks» (C’est encore pire que cela n'y paraît) publié en 2012, ils ont montré de manière irréfutable que cette droite, tout en se radicalisant de plus en plus, a tenté de faire bouger le Centre vers la droite pour ensuite accuser les centristes républicains et démocrates, d’être des femmes et des hommes de gauche…
Une manœuvre qui a fait long feu mais qui produit encore des malheureux effets dans quelques médias.
Reste que si, donc, une candidature «independent» ne serait pas forcément centriste – mais que même si elle l’était, qu’elle n’attirerait pas l’électorat centriste et modéré qui peut se tourner vers des candidats républicains et, surtout, démocrates qui sont centristes –, les «independents» centristes font très souvent le président des Etats-Unis.
En effet, ce sont eux qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre, notamment dans les fameux «swing states», ces Etats qui ne votent pas toujours démocrate pour certains ou républicain pour d’autres mais qui se tournent tantôt vers le candidat républicain, tantôt vers celui démocrate.
C’est pourquoi le vote centriste est très recherché par les candidats des deux grands partis.
D’où un recentrage systématique de leurs discours une fois qu’ils ont obtenu l’investiture de leurs formations respectives.
D’où, également, souvent, la présence deux candidats plus ou moins «modérés» lors de la présidentielle.
Ce fut le cas en 2008 et 2012 où, face au centriste Barack Obama, les deux républicains vainqueurs des primaires et qui se présentèrent contre lui, John Mc Cain et Mitt Romney, étaient considérés comme des conservateurs modérés.
Pour autant, ce sont également les «independents» démocrates et républicains qui font l’élection en se déplaçant ou non le jour du scrutin.
Plus abstentionnistes que les électeurs enregistrés démocrates et républicains, ils peuvent faire la différence en se rendant massivement aux urnes (comme ce fut le cas des Latinos «independents» en faveur d’Obama en 2008 et en 2012).
Pour 2016, le vote de ces mêmes Latinos sera sans doute déterminant mais tout comme celui des centristes «independents».
Voilà pourquoi, actuellement, les responsables du Parti républicain voient avec effroi la course en tête de leur primaire de Donald Trump, populiste de droite, et de Ben Carson, extrémiste évangéliste de droite, et que ceux du Parti démocrate poussent un ouf de soulagement en voyant Hillary Clinton retrouver une dynamique tout en distançant très nettement Bernie Sanders.
Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org


mercredi 14 octobre 2015

Présidentielle USA 2016. Primaires démocrates – Examen de passage réussi pour la centriste Clinton

Le premier débat opposant les prétendants à la candidature démocrate pour la présidentielle de novembre 2016 a eu lieu hier soir à Las Vegas.
Comme prévu, il a été principalement animé par les deux personnalités en tête dans les sondages, Hillary Clinton et Bernie Sanders, les trois autres présents (Webb, O’Malley et Chaffee) faisant de la simple figuration comme, d’ailleurs, dans les sondages.
Sanders, fidèle à lui-même et à son populisme anti-milliardaire qui lui a permis de remplir les stades, a expliqué qu’il voulait changer la société américaine en profondeur par une lutte contre la violence du capitalisme dans une démarche socialiste qu’il revendique même s’il la nomme «social-démocrate».
Clinton, fidèle quant à elle à sa démarche centriste – même si elle préfère se présenter comme «progressiste» plutôt que «modérée» – a parlé de réformer ce même capitalisme en luttant contre ses «excès» et en faveur des classes moyennes trop laissées pour compte ces dernières années tout en rappelant sans équivoque que les Etats-Unis étaient le pays des opportunités et que la réussite passait par la liberté d’entreprendre.
«Quand je pense au capitalisme, je pense à toutes les PME qui ont été créées car nous avons l'opportunité et la liberté de faire cela dans notre pays», a-telle notamment affirmée.
Deux visions donc différentes qui se sont confrontées et non opposées dans des échanges courtois, n’ayant rien à voir avec le cirque des débats entre républicains où l’invective et les gros mots ont remplacé le fond quasiment absent lors des deux premières éditions où Donald Trump a mené la danse.
D’ailleurs, ce dernier a tenté de parasiter le débat démocrate en envoyant des tweets agressifs et populistes, affirmant qu’il n’y avait «aucune star» sur le plateau de la chaîne CNN qui organisait l’évènement, tout au long de sa tenue sans parvenir à faire le buzz.
Ce dernier, c’est à Hillary Clinton qu’on doit le créditer car elle a su expliquer clairement sa démarche et sortir des polémiques où les républicains et les médias tentent de l’enfermer depuis des mois, notamment celle de ses e-mails lorsqu’elle était secrétaire d’Etat, n’ayant rien à voir avec son programme et sa capacité à gouverner la première puissance mondiale.
La presse américaine a salué sa prestation, certains médias la trouvant «impressionnante», surtout balayant les critiques sur sa faiblesse présumée et redonnant ainsi «confiance avec les démocrates», selon le New York Times qui ne l’avait pas épargnée de ses critiques ces dernières semaines.
Comme l’écrit le Washington Post, «il n’y a pas débat pour savoir qui a gagné le premier débat démocrate pour la présidentielle. (…) Hillary Clinton était bien informée, détendue, drôle, totalement pertinente et, plus important encore, présidentielle».
Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org

lundi 5 octobre 2015

Présidentielle USA 2016. Et si le centriste Michael Bloomberg se présentait?

Ancien maire de New York (2002-2013) et milliardaire, Michael Bloomberg a eu des velléités passées de se présenter à la présidentielle.
Mais même s’il demeure intéressé par la politique et qu’il soutient financièrement plusieurs causes qui lui sont chères (comme l’interdiction des armes à feu ou la lutte contre le tabagisme ou l’obésité) ainsi que des personnalités modérées des deux camps (républicains et démocrates), il a toujours déclaré qu’il ne souhaitait pas se présenter en 2016.
Néanmoins, celui qui est un centriste assumé (enregistré d’abord comme démocrate, puis comme républicain et enfin comme indépendant, mais nous sommes à New York…) pourrait peut-être revoir sa copie s’il se trouvait que les candidats des deux grands partis soient des extrémistes et/ou des dangereux populistes comme Donald Trump ou Ben Carson (chez les républicains) ou Bernie Sanders (chez les démocrates).
Pour l’instant, ce sont ses amis, comme le magnat de la presse, Rupert Murdoch, qui l’appellent à considérer une candidature mais sans succès.
Et le tweet du consultant politique, Ian Bremmer, affirmant que «Bloomberg considère maintenant sérieusement une candidature indépendante» n’a pas été confirmé par l’intéressé.
Lui se dit plutôt focalisé sur la reprise en main la direction de son groupe de communication financière qu’il a fondé en 1981 et qu’il avait confié à d’autres pendant son mandat.
Mais il est vrai que l’ancien maire de New York a pris une nouvelle dimension depuis son départ de City hall du fait que son successeur, le démocrate Bill de Blasio, soit considéré comme un homme de gauche plutôt diviseur et ayant pris plusieurs mesures controversées depuis son élection.
Du coup, Michael Bloomberg retrouve un certain statut qui pourrait lui permettre de rassembler ce qui reste de centristes au Parti républicain et les centristes, beaucoup plus nombreux, du Parti démocrate si les circonstances s’y prêtaient.
Surtout, il pourrait aussi être le catalyseur de tous ces «independents» qui se disent au centre et qui cherchent vainement un leader pour défendre leur cause depuis des années, même s’ils sont plutôt enclins à être proches d’Hillary Clinton.
Selon le site internet conservateur Politico, l’ancien maire de New York douterait que sa victoire soit possible.
Car en bon Newyorkais, «il est à la gauche du président Obama sur plusieurs questions sociales, ce qui n’est pas où est une majorité du pays. Mais il pourrait changer d’avis si les deux partis choisissaient un candidat qu’il considère inéligible et qu’il était clair qu’il était temps de bâtir une campagne viable».
Cette observation fait écho à ce que Bloomberg avait lui-même déclaré au New York Magazine en 2013: «Je suis convaincu à 100% que vous ne pouvez pas gagner une élection dans ce pays si vous n’êtes pas le candidat d’un des deux grands partis. La seconde chose dont je suis convaincu est que je ne pourrais pas l’emporter dans la primaire d’aucun des deux partis».
Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org



mardi 29 septembre 2015

Présidentielle USA 2016. Le nouveau «clintonisme» est-il encore centriste?

Le «clintonisme» est le nom donné à la pratique du pouvoir de Bill Clinton lors de sa présidence de 1993 à 2000 et dans laquelle sa femme, Hillary Clinton eu une grande influence, pratique que l’on qualifie généralement de centriste.
Bill Clinton, dont il faut rappeler qu’il fut l’inventeur de la Troisième voie (un centrisme de gauche pragmatique repris par Tony Blair en Grande Bretagne) et de la triangulation (qui consiste à prendre le meilleur des propositions de chaque camp sur un sujet et de les transcender en une synthèse dynamique).
Le clintonisme professait, entre autres, la fin du «Big government», l’équilibre budgétaire (qui fut réalisé avec même un surplus record en 1998 et 1999), une réduction des dépenses d’aides sociales (mais pas de certaines protections sociales, au contraire), la mise en place d’une assurance santé (qui ne fut réalisée que par Barack Obama en 2010), la limitation des ventes d’armes, l’augmentation de la sécurité des personnes, l’égalité hommes-femmes mais aussi l’égalité reconnue aux homosexuels notamment dans l’armée.
Toujours est-il qu’Hillary Clinton, en étant candidate à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2016, présente la version renouvelée du clintonisme, le «nouveau clintonisme» comme l’on appelé certains commentateurs, dans lequel ses opposants y voient un net infléchissement à gauche et donc une sorte de trahison du centrisme de son mari.
Bien entendu, cette critique vient d’abord du camp républicain dont il faut rappeler l’accusation récurrente de gauchisation de tous les centristes (qu’ils soient démocrates ou républicains, de Theodore Roosevelt à Obama en passant par les deux Clinton) qui a permis aux idéologues radicaux du parti de noyer la forte droitisation de celui-ci depuis le début des années 2000 et qui a réussi à tromper de nombreux médias mais dont les politologues sérieux (toutes tendances confondues) ont dénoncé la supercherie.
Mais il est vrai qu’en ces temps où les inégalités sociales se sont creusées, où les milliardaires sont de plus en plus nombreux et de plus en plus riches, où les attaques contre les politiques sociales et les avancées sociétales sont d’une grande violence alors même que des décisions emblématiques comme la reconnaissance du mariage pour les homosexuels font évoluer la société américaine vers plus de libéralisme face aux crispations des conservateurs, le clintonisme s’est adapté.
Ainsi, Hillary Clinton propose, entre autres, une hausse de salaire pour la classe moyenne, des aides massives pour éviter que les étudiants s’endettent à vie pour obtenir leur diplôme universitaire, une extension de l’assurance santé et une limitation des fortes hausses de médicaments constatées récemment, une égalité homme-femme pour les salaires, etc.
Il faut néanmoins ajouter immédiatement que son corpus est tout sauf doctrinaire ou dogmatique et que ces mesures font bien partie d’une politique centriste.
D’autant qu’elle ne remet nullement en cause, à l’inverse de son adversaire des primaires démocrates, le socialiste Bernie Sanders, l’économie de marché libérale, l’égalité des chances comprise par l’égalité des opportunités, l’enrichissement par le travail.
L’idée d’Hillary Clinton, théorisée par Larry Summers, l’ancien secrétaire au Trésor de Barack Obama et très proche de la candidate démocrate, et du britannique Ed Balls, est que les démocraties modernes «ont besoin de nouvelles institutions sociales et politiques pour faire en sorte que le capitalisme du XXI° siècle marche pour la majorité et non pour une petite minorité».
Sans parler de sa vision en politique étrangère beaucoup plus «faucon» que celle de Barack Obama.
En réalité, le nouveau clintonsime comme l’était l’ancien, est avant tout un pragmatisme.
Dans ce sens, il fait face à la nouvelle réalité avec le creusement des inégalités, la paupérisation d’une partie des classes sociales les plus défavorisées, l’appauvrissement des classes moyennes et l’enrichissement des 1%.
De ce point de vue, comme tout centrisme, il recherche le juste équilibre ce qui sigifie que lorsque l’équilibre est rompu, comme c’est le cas en matière économique et sociale aux Etats-Unis, il doit le reconstruire en allant dans le sens inverse
De ce fait, le «nouveau clintonisme» ne tourne pas le dos aux valeurs de la Troisième voie, il ne remet pas en cause le système économique, l’opportunity et ne diabolise pas ceux qui réussissent comme le fait Bernie Sanders avec sa chasse aux milliardaires.
De même, en appuyant des mesures sociales pour faire renaître le rêve américain version démocrate (égalité réelle des chances), par la protection de la santé et l’accès à une bonne éducation, Hillary Clinton demeure fidèle aux buts du clintonisme originel, n’en déplaise à ses détracteurs de droite.
Bien sûr, il faudra scruter ses nouvelles propositions qui pourraient être plus à gauche que prévues si Bernie Sanders continue de monter dans les sondages et sous la pression de l’aile «libéral» du Parti démocrate dont l’égérie est la sénatrice Elisabeth Warren.
Reste que si Hillary Clinton est élue à la Maison blanche, son clintonisme sera certainement un centrisme.
Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org



jeudi 17 septembre 2015

Présidentielle USA 2016. Trump candidat préféré des démocrates, Sanders, celui des républicains!

Non, il n’y a pas d’erreur ou de faute de frappe dans le titre que vous venez de lire.
Car quel est bien le secret espoir des démocrates pour la prochaine élection présidentielle? Que Donald Trump soit le candidat républicain pour qu’ils puissent l’emporter.
Et quel est celui des républicains? Que Bernie Sanders soit le candidat démocrate pour qu’ils puissent l’emporter.
Voilà ce qui est actuellement dans la tête des dirigeants des deux principaux partis qui regardent avec effroi les deux démagogues populistes qui n’en finissent pas de monter dans les sondages.
Du coup, ils nourrissent cette espérance ultime, non pas de faire gagner leur camp avec le meilleur candidat possible mais à espérer qu’un démagogue populiste représente le parti adverse pour le plomber et faire élire son champion, quel qu’il soit, comme un rempart au personnage dangereux et irresponsable qu’il aura en face de lui.
C’est un bien étrange dévoiement de la démocratie que d’espérer ainsi la présence d’un candidat repoussoir, même si l’on sait depuis longtemps qu’une élection, si elle est le choix d’un candidat, est aussi et souvent surtout l’élimination d’un autre (voire de plusieurs dans une élection à deux tours).
Reste que l’essentiel dans une élection pour un parti ou un camp politique est de présenter son programme et de choisir son candidat en faisant tout pour que ceux-ci emportent l’adhésion d’une majorité du corps électoral.
Ce n’est pas de vouloir un duel face à un personnage inéligible pour triompher.
Or c’est peut-être ce qui se passera le 8 novembre 2016 aux Etats-Unis, pays pionnier de la démocratie.
Choisir un candidat totalement par défaut serait une sorte de première dans le monde démocratique (même si Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen a été un peu dans ce cas, lui qui n’avait même pas réuni 20% des suffrages au premier tour, 19,88%, de la présidentielle de 2002 mais qui en remporta plus de 80% au second tour, 82,21%…).
Bien sûr, des populistes se sont souvent présentés aux élections dans les pays démocratiques et les Français en savent quelque chose avec les Boulanger et autres Poujade.
Et si aux Etats-Unis, d’Andrew Jackson à Ronald Reagan en passant par Barry Goldwater ou Ross Perot, le pays en a connu un certain nombre prétendant s’installer à la Maison blanche – dont quelques uns ont même été élus –, les deux grands partis luttent avant tout pour leur candidat et leur programme.
Mais c’est vrai que l’on a assisté à glissement préoccupant en la matière lors de la réélection d’Obama en 2012 où les républicains avec leur aile extrémiste et raciste du Tea party, voulaient avant tout faire barrage au président sortant, peu importe qui se trouverait face à lui et avec quel programme.
Pour en revenir à Trump et Sanders, jusqu’à présent, un seul camp à la fois était concerné par des candidatures de populistes démagogues.
Ce qui doit interpeller dans cette affaire, c’est que ces derniers dont l’un (Trump) glorifie sa condition de milliardaire comme unique programme pendant que l’autre (Sanders) attaque obsessionnellement les milliardaires comme unique programme et qu’une partie importante des électeurs les glorifient pour cela.
Ils ont même réussi avec ces discours au ras des pâquerettes à marginaliser les candidats sérieux, surtout les candidats centristes comme Hillary Clinton (démocrate) ou modérés comme John Kasich (républicain), ceux qui ont un vrai programme politique et qui veulent, non pas, diviser le pays mais l’unir.
Evidemment, le cauchemar serait d’avoir un duel Trump-Sanders, le stade ultime du fourvoiement de la démocratie républicaine et sa transformation en une populo-démagocratie avec tous les risques qui vont de pair.
Dans ces situations flottantes, certains parient sur la sagesse des peuples pour que le pire soit évité.
Alors parions sur celle des Américains mais pas sûr que cela suffira…

Alexandre Vatimbella
© 2015 LesNouveauxMondes.org


mercredi 16 septembre 2015

Mondialisation – Chine-Etats-Unis. Obama demande à Pékin de la responsabilité pour des relations fructueuses

La Chine ne peut continuer à agir comme si elle était un pays du tiers-monde afin de refuser sa responsabilité mondiale en matière économique, financière, politique, militaire et environnementale a expliqué Barack Obama lors d’une table ronde avec des entrepreneurs le 16 septembre à Washington.
Pour lui, Pékin doit agir comme un acteur de la mondialisation en acceptant de traiter les problèmes plutôt que de se réfugier dans un comportement où elle joue, tour à tour, le «petit» pays victime d’un ostracisme de la part des Occidentaux ou celui qui montre ses griffes de superpuissance.
Ainsi, toujours selon le président américain, les Etats-Unis ne souhaitent absolument pas que la Chine connaisse des difficultés ou des troubles.
C’est pourquoi il préfère voir les Chinois bien logés et nourris et qu’ils bénéficier d’un bon niveau de vie plutôt que de les voir dans les rues pour manifester un quelconque mécontentement dans leur condition.
Barack Obama estime, en outre, que de bonnes relations avec la Chine sont essentielles tout en ajoutant que la Chine a plus à y gagner que les Etats-Unis.
Il a également déclaré qu’actuellement l’Amérique allait bien ce qui n’était pas le cas de beaucoup de pays dans le monde.
Rappelons que Barack Obama recevra Xi Jinping, le président chinois, en visite officielle le 25 septembre prochain.
La Rédaction de LesNouveauxMondes.org

© 2015 LesNouveauxMondes.org

dimanche 13 septembre 2015

Présidentielle USA 2016. Médias: Barack Obama – Hillary Clinton, même combat?

Quant il s’est représenté en 2012 pour un second mandat, Barack Obama n’a pas du en croire ses yeux et ses oreilles.
Lui, le candidat chéri des médias en 2008, mis sur un piédestal de manière parfois aussi grotesque qu’indécente, voire proche de la faute professionnelle en tout cas en dehors de toute déontologie, devait affronter une presse hostile et des journalistes agressifs.
Son bilan était contesté par ces derniers ainsi que sa personnalité hésitante et trop «intellectuelle» qui était présentée comme inconciliable avec ce que l’on demande à un président des Etats-Unis.
Cependant, en creusant un peu cette hostilité, on pouvait se rendre compte que ses torts principaux aux yeux des médias étaient surtout d’avoir été adulé plus que de raison par ceux-ci.
Les journalistes, dans un retour du balancier aussi pathétique et consternant, adoptèrent ainsi un comportement de défiance sensé leur permettre de se faire «pardonner» pour cette idolâtrie un peu honteuse.
Oui, Barack Obama n’était pas un être surnaturel mais un homme, il n’allait pas révolutionner l’Amérique et le monde mais il était seulement un centriste assumé qui proposait une politique responsable et équilibrée.
Mais, cela, il suffisait de l’écouter et de lire pour le savoir dès 2004…
Le cas d’Hillary Clinton est un peu différent.
Elle n’a jamais été adulée par ces mêmes médias, bien au contraire.
Depuis fort longtemps, elle est même une de leurs têtes de turc.
En revanche, elle partage avec Barack Obama, d’avoir été couverte par ceux-ci au-delà de toute mesure et de toute impartialité.
Il y a deux ans, le New York Times a même du s’expliquer sur sa décision de mettre une journaliste à plein temps sur l’ancienne secrétaire d’Etat alors que cette dernière n’occupait plus aucune fonction officielle ou élective et ne s’était pas encore décidé si elle se présenterait à la présidentielle…
Et le quotidien, tout comme d’autres médias, se mit à la recherche d’histoires qui pourraient créer un scandale, travestissant même la réalité lors d’une enquête, ce qui obligea ses responsables à s’excuser.
On évitera au lecteur une liste de tentatives de déstabilisations aussi longue qu’indigeste.
Pour l’instant, la focalisation s’est faite sur l’affaire de ses e-mails lorsqu’elle était secrétaire d’Etat où on l’accuse d’avoir utilisé un serveur privé, ce qui était son droit, sans pouvoir prouver jusqu’à maintenant qu’elle a commis une faute quelconque.
Si cela ne s’appelle pas de l’acharnement, en tout cas, cela y ressemble.
Mais Hillary Clinton en a l’habitude et elle savait à quoi s’attendre en se présentant même si elle ne savait pas forcément d’où les premières attaques partiraient et sur quoi elles porteraient.
A l’inverse d’Obama, elle a du affronter une hostilité et une agressivité quasiment dès son apparition sur la scène publique puis politique.
Et au moment où, après un déferlement d’articles et de reportages à charge, d’analyses défavorables, elle baisse dans les sondages, il est intéressant de voir que ce sont les mêmes mécanismes utilisés contre Obama en 2012 qui sont à nouveau à l’œuvre en ce qui la concerne pour cette campagne présidentielle.
Et ce sont également les mêmes reproches que l’on adressait alors à Obama, qui sont également adressés à Clinton aujourd’hui:
- Une incapacité d’être proche du peuple et de comprendre ses problèmes quotidiens;
- Des revenus importants (même s’ils sont uniquement le fruit de leur mérite par leur travail et non d’un héritage ou de dons suspects) qui les discréditeraient de parler des classes moyennes;
- Un positionnement politique qui recherche avant tout l’équilibre et que les médias attribuent à de l’indécision;
- Un intellectualisme trop éloigné de la réalité concrète.
Mais, plus que tout, c’est leur positionnement centriste qui ne favorise pas médiatiquement parlant ceux qui l’adoptent et qui refusent ainsi de jouer la politique du pire très prisée par les journalistes.
En 2012, Barack Obama a réussi à se sortir de cette nasse médiatique grâce à son aura, à celle de ses soutiens (notamment de Bill Clinton, le mari d’Hillary!) et la faiblesse de ses opposants républicains, notamment de leur candidat, Mitt Romney.
Hillary Clinton peut-elle en faire de même alors qu’elle baisse dans les sondages, que sa crédibilité est atteinte, que ses opposants démocrates (Bernie Sanders, Joe Biden) montent en puissance et que son discours est, pour l’instant inaudible alors même que les primaires ne commencent qu’en février 2016 et que la campagne officielle qu’en septembre 2016?!
Personne ne peut répondre vraiment à cette question.
En revanche, il semble bien qu’elle va devoir monter au créneau et se battre pour déjouer toutes les chausse-trappes que ses adversaires ont préparées et que les médias attendent de relayer avec gourmandise.
Barack Obama a montré qu’un centriste était capable d’y parvenir.
A elle de prouver qu’elle est de la même veine.
Alexandre Vatimbella
© 2015 LesNouveauxMondes.org

vendredi 14 août 2015

Le carnet américain d’Alexandre Vatimbella. Donald Trump, produit du populisme, de l’extrémisme et… de la démocratie!

Or donc Donald Trump est la grande surprise de la présidentielle américaine de 2016 (qui n’en est encore qu’à ses prémisses, rappelons-le), lui qui est en tête des sondages pour les primaires républicaines, accentuant même son avance au fur et à mesure de ses déclarations incendiaires et de l’indignation qu’elles suscitent.
Si l’on veut parler de lui sérieusement, il faut d’abord retracer rapidement son histoire.
Fils d’un promoteur immobilier de Brooklyn aux pratiques parfois peu orthodoxes, il a repris le flambeau dans les années 1970 en construisant de nombreux immeubles dans tout le pays et particulièrement à New York, sa ville natale.
Mais il est également un homme qui a fait toutes sortes de business autour de sa personne et de son nom, devenant même une star de la téléréalité en particulier avec son émission sur les apprentis businessmen.
Dès son entrée sur la scène immobilière puis sur celle des peoples, Donald Trump a été, à la fois, un provocateur, un charmeur, un manipulateur, un mythomane, toujours à la bouche l’insulte facile et la menace, cette dernière comme tentative systématique de faire taire ses ennemis (très nombreux) et la presse, notamment par des plaintes et des procès qui, généralement, ne voient jamais le jour.
Sans oublier ses pratiques douteuses comme de donner de l’argent à l’ensemble des politiciens de tous bords afin de pouvoir ensuite leur demander (et y réussir souvent mais pas toujours) des retours sur investissement.
Et ce n’est pas le diffamer que de dire cela, puisqu’il s’en est vanté dans plusieurs interviews récentes affirmant qu’il s’agissait pour lui d’une manière comme une autre de travailler…
Last but not least, Trump a fait quatre fois faillites, retombant néanmoins sur ses pattes à chaque fois.
Ces dernières frasques que l’on pu voir sur toutes les télévisions du monde (insultes, entre autres, contre les Mexicains, John McCain, les femmes dont la présentatrice vedette de la chaîne Fox news, etc.) n’ont étonné que ceux qui ne le connaissaient pas bien.
Donald Trump «The Donald» comme il est baptisé par les medias, n’est donc pas né hier ou avant-hier.
Néanmoins, est-il un pur produit américain comme le laisse croire les commentaires des journalistes et des «spécialistes» toujours prompts à voir la paille dans les yeux étasuniens avant d’ôter la poutre dans ceux des européens?
Si l’on regarde ce qui se passe ailleurs, nombre de politiciens à travers le monde ont des profils assez similaires, de Poutine à Le Pen en passant par Tsipras.
Qu’est-ce que, par exemple, Trump a de différent d’un personnage tel que Berlusconi? Rien, ils jouent tous deux dans la même catégorie du leader qui a réussi à faire fortune dans les affaires et qui se propose d’en faire de même en politique avec l’aplomb du mégalomaniaque narcissique (la mèche de cheveu de l’Américain n’a rien à envier à la chirurgie esthétique de l’Italien).
Quant aux bouffons provocateurs, on en a à revendre de ce côté-ci de l’Atlantique, entre ceux dont c’est la profession et qui ont voulu se présenter (Coluche) ou qui l’ont fait (Beppe Grillo) et ceux qui en sont (Jean-Marie Le Pen, Pim Fortuyn, Geert Wilders).
Et la liste ci-dessus n’est pas limitative, loin de là…
Reste à expliquer sa montée en puissance en cette année 2015.
Trois raisons principales peuvent être mises en avant.
La première est le virage à droite toute des Républicains.
Si la parti de Lincoln n’était pas devenu ces dernières années le refuge de ceux qui sont contre tout et voient des complots de l’Etat fédéral partout en tentant de détruire partout où ils le peuvent le lien social ou les nécessaires solidarités en diabolisant leurs adversaires par des campagnes irrespectueuses, grossières, outrancières, racistes, intolérantes et mensongères, Donald Trump n’aurait pu trouver un aussi bon terreau pour ses agissements.
Il a même «bénéficié» des candidatures improbables de politiciens haineux et/ou à l’intelligence limitée, voire totalement incompétents, qui ont peuplé les dernières primaires républicaines comme Sarah Palin (qui l’a soutenu lors de ses attaques de John Mc Cain dont pourtant elle était la colistière en 2008!), Michelle Bachmann, Rick Santorum, Rick Perry, Mike Huckabee, Herman Cain ou Fred Thompson.
Dès lors, la sienne, aussi grotesque qu'elle soit, n'est pas autant surprenante qu'on pourrait le penser au premier abord.
Mais le bonhomme est aussi le produit d’un populisme (au sens français) de bas étage qui remet en question depuis toujours toute une «classe politique» soi-disant incapable, corrompue et ayant des intentions cachées envers le pauvre et bon peuple et qui a retrouvé une nouvelle jeunesse depuis le début du deuxième millénaire.
Cette démagogie est à l’œuvre aussi bien à droite qu’à gauche aux Etats-Unis et ailleurs que l’on pense à Donald Trump mais aussi à Bernie Sanders (le candidat socialiste à la primaire démocrate), à Alexis Tsipras, à Jean-Luc Mélenchon, à Marine Le Pen, à Nigel Farage, etc.
Il est aussi, et ceci est le plus inquiétant, le produit du régime de la démocratie républicaine ou plutôt de son dévoiement.
En effet, Donald Trump s’est engouffré comme ses devanciers dans la montée en puissance très inquiétante de l’autonomisation égocentrique assistée irresponsable insatisfaite irrespectueuse de l’individu et des revendications qui vont de pair avec.
Ce phénomène qui est une perversion de la démocratie républicaine (qui suppose, pour fonctionner correctement, respect et responsabilité), permet à chacun d’être dans une demande sans frein et sans limite vis-à-vis de la société tout en étant dans un état de révolte systématique envers toute institution au nom de «sa» liberté qui n’est souvent qu’une variante de la licence.
Les politiques démagogues et populistes ont très bien compris comment le canaliser en caressant dans le sens du poil ces «résistants» de pacotille par des postures «rebelles» qu’évidemment n’ont aucune chance de pouvoir donner des résultats autres que catastrophiques, Syriza le démontrant chaque jour en Grèce.
La réponse c’est l’anti-clientélisme porté par le Centre afin de retrouver l’essence de ce que doit être la démocratie républicaine imaginée par les pères fondateurs des Etats-Unis et les penseurs de la Révolution française comme Sieyès ou Condorcet.

Alexandre Vatimbella
copyright 2015 LesNouveauxMondes.org

mercredi 12 août 2015

Présidentielle USA 2016 - Le «Hillary bashing» peut-il avoir la peau de Clinton?

Récemment, le New York Times a du s’expliquer dans ses colonnes devant la hargne que ses journalistes mettaient à critiquer Hillary Clinton et que nombre de ses lecteurs désapprouvaient, allant jusqu’à publier des fausses nouvelles, remettant en cause son sérieux pourtant légendaire (cependant parfois exagéré).
Mais le quotidien newyorkais ne fait que ce que font l’ensemble des autres médias américains, de la critique systématique de la candidate à la candidature démocrate pour l’élection présidentielle de 2016.
La presse d’ailleurs n’est pas la seule à s’acharner.
Tous les jours une nouvelle «affaire» est montée en épingle, sensée démontrer l’inaptitude, la malhonnêteté, la corruption, la trahison et bien d’autres défauts d’Hillary Clinton et qui retombent aussitôt comme des soufflets.
Mais ce tourbillon incessant a bien sûr des conséquences dans l’opinion publique avec des sondages, même s’ils font d’elle encore la favorite pour l’élection, en baisse et une confiance qui lentement s’érode.
La campagne au profil bas de l’ancienne première dame du pays joue également en sa défaveur puisqu’elle semble donner raison à toutes ses attaques alors qu’elle était élaborée, justement, pour ne pas prêter le flanc à cette entreprise de démolition méthodique qu’elle avait déjà connue d’une certaine façon en 2008 face à Barack Obama en n’intervenant que à propos et sans polémiques, ce qui définitivement ne semble plus pouvoir être le cas aux Etats-Unis et ailleurs.
D’autant que cette entreprise, comme c’est l’habitude lorsque l’on s’attaque à un centriste aux Etats-Unis et ailleurs, vient de la droite et de la gauche, chacune la décrivant comme faisant partie du camp de l’autre tout en critiquant ses positions équilibrées.
Elle pâtit également de la montée de l’électoralisme démagogique et de l’extrémisme intolérant que l’on constate depuis le début du deuxième millénaire dans la plupart des démocraties.
Ainsi, pour 2016, au-delà même des candidats radicaux et extrémistes, deux personnages déplacent les foules: Donald Trump (républicain), le populacier de droite, et Bernie Sanders (socialiste affilié au parti démocrate au Sénat), celui de gauche, aux slogans démagogiques et aux dangereux accents exaltés, voire enragés, sans oublier le fameux «tous pourris sauf moi» qui marche spécialement bien auprès d’un certain électorat.
C’est le fort écho qu’ils recueillent dans la population qui est préoccupant même si personne ne croit qu’ils pourraient s’affronter dans l’élection générale comme le représentant des deux grands partis et que l’un d’eux se retrouve in fine à la Maison blanche.
De même, ce n’est pas la première fois que l’on a de tels candidats.
Barry Goldwater – le modèle de Ronald Reagan – dans les années 1960 pour les républicains et George McGovern pour les démocrates dans les années 1970 étaient de la même veine.
Dans ce contexte, Hillary Clinton, la favorite et la plus sérieuse des candidats, est le punching-ball préféré de tous ceux qui veulent un changement profond sans souvent savoir quoi mettre dans celui-ci mais qui vont s’en prendre à la voix de la raison.
On dirait qu’elle attire tous les mécontentements et les inquiétudes mais aussi toutes les paranoïas et les thèses complotistes contre ce fameux «establishment de Washington» qui confisquerait soi-disant le pouvoir rien que pour ses propres intérêts alors que rien ne vient démontrer qu’elle en fait partie, ni qu’elle a jamais privilégié ce monde-là dans son parcours politique.
En réalité, c’est bien parce qu’elle refuse d’entrer dans une logique clientéliste particulière qu’elle est la cible de tous les clientélismes.
Barack Obama avait réussi à surpasser cet écueil réel en 2008 en se présentant comme le candidat du changement alors même qu’il professait clairement des thèses centristes, ce que la gauche du Parti démocrate ne lui a jamais pardonné par la suite, alors qu’elle s’était trompé elle-même dans son exaltation du Grand soir.
Mais il était nouveau et pouvait jouait sur cette image d’ingénu de la politique pour l’emporter.
Hillary Clinton ne peut évidemment pas faire de même.
Il est à espérer pour les Etats-Unis mais aussi pour notre monde mondialisé que le débat se centrera bientôt sur les vraies questions et abordera les vrais défis que la première puissance va devoir relever dans les prochaines années et les prochaines décennies.
Là où Clinton a des réponses.
Mais où ses adversaires n’ont pas l’air pressés d’aller…
Alexandre Vatimbella
© 2015 LesNouveauxMondes.org