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vendredi 25 décembre 2015

Présidentielle USA 2016. Hillary Clinton vire en tête

Le dernier débat démocrate en vue des primaires qui s’est tenu le 19 décembre à Manchester dans l’Etat du New Hampshire a confirmé qu’Hillary Clinton avait actuellement le vent en poupe.
La centriste doit savourer ce moment, elle qui était dans la tourmente voici quelques semaines seulement avec les campagnes dures que les républicains avaient lancées contre elle ainsi que par les scores que faisaient son principal concurrent démocrate, le socialiste Bernie Sanders, dans les sondages.
Même si rien n’est joué, Hillary Clinton a retrouvé sa place d’ultra-favorite, à la fois, pour les primaires démocrates mais également pour l’élection générale.
Pour ce dernier scrutin, la situation dans le camp républicain, il est vrai, l’avantage énormément.
Si celui qui est en tête des sondages pour la nomination comme candidat du Parti républicain demeure Donald Trump, l’ancienne secrétaire d’Etat devrait le battre sans problème.
D’autant que le promoteur immobilier newyorkais continue ses insultes, maintenant dirigées contre Clinton (selon lui, Obama l’a «niquée» en 2008 et le fait qu’elle aille aux toilettes le «dégoûte), qui ont soulevé une indignation unanime ou presque (à part tous ceux qui haïssent celle-ci dans le camp républicain).
Si c’est Ted Cruz, deuxième dans les sondages après une percée remarquable et remarquée, notamment auprès de la droite de la droite du parti et des évangélistes (ce qui revient au même souvent…), le succès de Clinton devrait être également assez large tellement les positions du sénateur du Texas sont extrémistes, notamment envers les minorités et les femmes, deux groupes d’électeurs qu’il faut absolument séduire pour pouvoir remporter la présidentielle désormais.
Le seul qui semble pouvoir inquiéter la centriste est Marco Rubio, le sénateur de Floride pour deux raisons: il est jeune et représente le futur; il est l’élu d’un Etat qu’il est fondamental de gagner pour remporter la présidentielle.
Reste que Rubio a des positions assez proches de celles de Cruz même s’il apparaît moins extrémiste que lui.
Car Rubio et Cruz sont des créatures du Tea party, cette organisation de la droite radicale, voire de l’extrême-droite raciste qui a vue le jour en 2009 en réaction à l’élection d’un noir à la Maison blanche, Barack Obama traitant ce dernier de Hitler, de Staline, entre autres.
Les «modérés» républicains qui pourraient disputer la victoire à Hillary Clinton, Jeb Bush, Chris Christie ou John Kasich sont pour l’instant très loin dans les sondages.
En outre, les dernières sorties médiatiques de la centriste ont été remarquées par le sérieux et la solidité de ses propositions ainsi que de sa connaissance des dossiers alors que dans le camp d’en face on en est plutôt aux invectives, à la course à la mesure la plus à droite et à la meilleure façon de barrer la route de Washington à… Donald Trump!
Bien entendu, il reste encore un peu moins de onze mois avant le jour de l’élection et tout est encore possible.
D’autant que les fragilités d’Hillary Clinton n’ont pas disparu (les Américains ne la croient pas honnête, ils se méfient de son caractère secret, ils éprouvent peu de sympathie envers sa personne) et que, comme le disent beaucoup d’observateurs, elle est son meilleur ennemi.
Reste qu’elle a réussi à passer le premier examen de passage, celui qui faisait d’elle la personnalité à abattre de tous les côtés en tant qu’ultra-favorite.
Elle y a laissé quelques plumes et quelques interrogations pour l’année qui vient mais, en ce mois de décembre 2015, c’est bien elle, la centriste, qui a le plus de chance d’être élue et de faire ainsi l’histoire en étant la première présidente des Etats-Unis.

Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org


jeudi 17 décembre 2015

Présidentielle USA 2016. Le démagogue Trump peut-il battre la centriste Clinton?

Si l’on se fiait aux sondages actuels, les deux candidats à la présidentielle américaine de novembre 2016 seraient la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump.
Sauf catastrophe pour elle, la centriste Clinton sera la représentante démocrate tant elle domine son opposant interne, le socialiste Bernie Sanders.
En revanche, il peut se passer encore bien des choses du côté républicain, comme l’effondrement de Trump (ce cas de figure où des populistes démagogues sont montés très haut avant les primaires ou au début de celles-ci puis se sont effondrés très rapidement est assez courant) ou la montée en puissance inexorable de l’homme d’extrême-droite, le Texan Ted Cruz (le plus dangereux du panel républicain) ou bien encore l’éclosion de Marco Rubio (droite radicale) et même, pourquoi, la résurrection inespérée de Jeb Bush (conservateur) ou de Chris Christie (conservateur modéré).
De même, Donald Trump, s’il n’obtient pas la nomination républicaine, pourrait être tenté de se présenter en indépendant, ce qui amoindrirait ses chances d’une éventuelle victoire (tout en détruisant quasiment définitivement celles du candidat républicaine officiel).
Néanmoins, son avance dans les sondages actuels vis-à-vis de ses concurrents républicains est telle que l’on peut désormais prendre en compte sa candidature comme «sérieuse» électoralement parlant à défaut de l’être politiquement parlant en matière de programme et de compétence.
D’autant que le dernier débat des prétendants républicains qui s’est tenu à Las Vegas le 15 décembre au soir n’a pas changé la donne où le promoteur immobilier newyorkais devance largement Ted Cruz et Marco Rubio ainsi que le chirurgien et néophyte en politique Ben Carson qui semble être proche d’un retour définitif dans l’ombre même s’il se comporte encore bien dans les sondages sur la présidentielle elle-même.
Si l’on prend les derniers sondages entre Clinton et Trump, ils donnent tous une avance pour la première sur le second:
- 50% contre 44% pour celui de ABC news et du Washington Post du 15 décembre;
- 50% contre 40% pour celui de NBC et du Wall Street Journal du 14 décembre;
- 48% contre 44% pour celui de USA Today du 8 décembre;
- 52% contre 41% pour celui de MSNBC et Telemundo du 7 décembre.
Mais l’on est encore à onze mois du scrutin et des sondages comme ceux donnant une petite avance de Ben Carson sur Hillary Clinton doivent inciter à la prudence sur les pronostics de victoire de chacun.
Pour autant, on peut dire que le souhait à peine secret d’Hillary Clinton et de son équipe serait un affrontement entre l’ancienne secrétaire d’Etat de Barack Obama et le milliardaire fantasque (son deuxième choix serait de retrouver en face d’elle l’icône du Tea Party, Ted Cruz).
Il faut dire que la victoire à la présidentielle américaine passe désormais par la capacité à réunir son camp mais aussi à s’attacher une majorité d’électeurs latinos, noirs et même asiatiques.
L’Amérique blanche et masculine qui soutient Donald Trump n’est plus majoritaire, loin de là et il faut absolument séduire dans tous les groupes ethniques (que l’on appelle encore races aux Etats-Unis).
Et le magnat de l’immobilier de New York n’a quasiment aucune chance d’y parvenir, lui qui veut renvoyer tous les immigrants illégaux d’Amériques du Sud et Centrale chez eux (soit entre 11 et 15 millions de personnes!), qui ne parvient pas à susciter un sentiment positif auprès de la communauté afro-américaine, sans parler des musulmans mais aussi des juifs.
Bien entendu, il ne faut pas oublier qu’un sondage national n’est pas le reflet de la réalité des chances de chacun puisque l’on vote Etat par Etat pour la présidentielle avec des grands électeurs qui sont désignés par le vote populaire.
Ainsi, l’important est de gagner dans les fameux «swing States» ces Etats qui ne sont pas très majoritairement démocrates ou républicains et donc imprenables pour les candidats de l’autre bord politique (comme l’Etat de New York massivement démocrate et le Texas massivement républicain).
Or, dans ces Etats, la tendance n’est pas en faveur de Trump, notamment en Floride où l’on compte de nombreux latinos.
De même, le programme de Trump, quand il n’est pas flou, sans queue ni tête ou basé sur un mensonge grossier, est d’un extrémisme qui n’est pas à même, a priori, d’emporter l’adhésion auprès des femmes ainsi que des «independents» indépendants, c’est-à-dire des électeurs qui ne sont affiliés ou proches d’aucun des deux partis, qui se situent au centre de l’échiquier politique et qui choisissent en général les candidats modérés et rassembleurs (à l’inverse des «independents» démocrates ou républicains qui déclarent ne pas être affiliés à leur parti favori, qui son souvent des gens de gauche et de droite plus radicalisés que la ligne politique du parti dont ils restent malgré tout proches ce qui fait qu’ils votent, in fine, pour celui-ci).
Tout concoure donc à faire de Hillary Clinton la super-favorite d’un duel qui l’opposerait à Donald Trump.
On peut ainsi penser que ce dernier est plutôt dans la situation d’une Marine Le Pen en France, c’est-à-dire qu’il peut réaliser des scores importants mais qu’une majorité des électeurs n’’imaginent même pas de voter pour lui.
Reste à savoir quel sera l’état du pays l’été prochain et si la campagne électorale n’aura pas fait exploser certaines candidatures en révélant ou inventant des scandales.
Ainsi, Hillary Clinton est bien évidemment l’objet de toutes les attentions des groupes républicains radicaux chargés de mener des enquêtes et de répandre des rumeurs généralement fausses sur sa personne.
On sait qu’ils travaillent d’arrache-pied et qu’il faut s’attendre à de nouvelles «révélations» pendant les onze mois qui nous séparent de l’élection.

Alexandre Vatimbella

© 2015 LesNouveauxMondes.org



samedi 5 décembre 2015

Présidentielle USA 2016. Républicains: Comment se débarrasser de Donald Trump?

Il y a le feu dans la maison du Parti républicain.
Cette fois-ci ce ne sont pas les quelques centristes qui y sont encore qui sonnent le tocsin, ni même les «modérés», ceux qui n’ont pas encore été atteints par le syndrome aigu d’extrémisme de la grande majorité du parti.
Non, ce sont les conservateurs, les durs, mais réalistes et pragmatistes, qui s’inquiètent de la raclée sans précédent que pourrait prendre les républicains en 2016 si leur candidat à la présidentielle se nomme Donald Trump.
Néanmoins, ils semblent tétaniser à l’idée de s’attaquer de front au promoteur newyorkais.
Comme l’explique le New York Times, «Beaucoup d'officiels républicains ainsi que des stratèges et des donateurs importants disent qu'ils craignent» Donald Trump.
Selon eux sa nomination comme candidat des républicains «mènerait à un anéantissement électoral, une défaite radicale qui pourrait détruire certains des gains récents des républicains au Congrès, dans les élections municipales ou d'état. (…)»
«Certains des républicains de haut rang au Congrès et certains des donateurs les plus riches et les plus généreux du parti ont hésité fortement à essayer de mettre à terre Trump parce qu'ils craignent une querelle publique avec cette figure médiatique et ses vomissements d’insultes.»
«D'autres avertissent que le faire pourrait impliquer des problèmes face à la colère qui monte en flèche contre les politiciens.»
«Tout cela mène à une impasse de sorte que presque tout le monde dans les échelons supérieurs du parti reconnaît que quelque chose doit être fait mais que presque personne n'est enclin à le faire.»
Pourtant le temps presse pour la direction du parti car Donald Trump, après avoir semblé adopter un style et un ton plus civils plus en phase avec l’image d’un candidat sérieux à la plus haute fonction du pays, s’est de nouveau vautré dans la fange des insultes, des mensonges et des programmes soit extrémistes comme en matière d’immigration ou d’armes à feu, soit totalement ineptes comme en matière économique où ses «propositions» qui vont d’une politique protectionniste d’un autre temps à une baisse drastique des impôts qui augmenteraient de manière abyssale le déficit des finances publiques (à moins que tout cela soit annulé par cet impôt sur les plus riches sont qualifiées de «cacophonie» par le New York Magazine.
Ce n’est pas forcément qu’il soit très éloigné des positions de la majorité des républicains, candidats «sérieux» à la candidature compris.
C’est plutôt son comportement caricatural qui a le don de montrer dans toute sa crudité et sa brutalité le programme radical des républicains qui rend quasiment inéligible son candidat sauf si c’est un politicien capable de l’enrober dans de fausses promesses consensuelles et avec un ton modéré (voire d’être connu pour utiliser une rhétorique extrémiste mais de gouverner plutôt au centre)…
Se met donc en place des structures plus ou moins informelles pour empêcher Trump d’être le candidat républicain ou pour faire des projections sur ce que serait une présidence Trump.
Par ailleurs, le Washington Post a publié un mémo confidentiel qu’un membre éminent du Parti républicain a adressé aux candidats aux sénatoriales qui auront lieu en même temps que la présidentielle afin de leur donner des conseils si jamais Donald Trump gagnait les primaires.
Il qualifie d’abord ce dernier «de missile mal guidé».
Puis il enchaîne:
«Soyons réalistes.»
«Trump dit ce qu’il a à l’esprit et c’est un problème.»
«Si ça continue nos candidats devront passer tout leur temps à le défendre ou à le condamner.»
«Et c’est une chose que nous ne voulons jamais, vraiment jamais avoir à faire.»
«C’est certain que tous les candidats du Parti républicain seront liés d’une manière ou d’une autre à notre nominé (ndlr: le vainqueur des primaires), mais nous ne devons pas être liés à lui de manière si proche que nous serons engagés à un nettoyage permanent ou à des manœuvres de distanciation de ses propos.»
Il recommande ensuite aux candidats, si les propos misogynes de Trump viennent sur le tapis, d’affirmer que leurs femmes et leurs filles ont été choquées par ceux-ci puis de passer immédiatement à autre chose!
Oui, avant d’être un atout, Trump est bien un problème pour le Parti républicain.
Et les républicains, angoissés, de se rappeler les vestes prises en 1940 face à Franklin Roosevelt par l’inconnu Wendell Wilkie, qui se présentait pour la première fois à une élection tout comme Trump, et en 1964 face à Lyndon Johnson par Barry Goldwater, un populiste démagogue et extrémiste dont les propos ressemblaient beaucoup à ceux de Trump aujourd’hui et qui plaisaient beaucoup à une majorité de militants républicains, tout comme ceux de Trump.
Comme l’écrit le New York Magazine, qu’il semble loin le temps (2012) où les républicains choisissaient comme candidat le modéré Mitt Romney.
Reste que se débarrasser de Donald Trump ne sera pas aussi facile.
D’une part parce qu’il continue à être en tête de la course à la l’investiture républicaine malgré toutes ses gaffes, malgré toutes ses insultes, malgré toutes les attaques de ses adversaires et des médias, malgré les incohérences de ses propositions.
Ou peut-être grâce à tout cela!
D’autre part, parce que malgré son serment de ne pas se présenter en candidat indépendant (qui ferait à coup sûr perdre le candidat républicain officiel), il n’a pas renoncé à le faire et son argument pour ne pas respecter sa parole serait justement d’être ostracisé par la direction du Parti républicain.
L’espoir secret de celle-ci est que Trump se torpille lui-même.
Pour l’instant, ce n’est pas vraiment le cas.
Le dernier sondage CNN/ORC donne ainsi Trump à 36% des intentions de vote pour la primaire républicaine, largement devant Ted Cruz (16%), Ben Carson(14%) et Marco Rubio (12%).
Quant à Chris Christie, il obtient 4% des intentions de vote, Jeb Bush et Carly Fiorina, 3% chacun.
Pour le site Politico, «le mystère de la raison pour laquelle les électeurs républicains aiment encore plus Donald Trump quand il invente une histoire sur les musulmans dansant sur les toits après les attentats du 11 septembre ou qu’il se moque d’un journaliste handicapé n'est pas vraiment très mystérieux après tout».
«Tout ce montage scandaleux n’a rien à voir avec les faits, la politique ou le message, cela concerne d’être en accord avec les émotions de ses fans et ce sont des fans, pas des partisans politiques dans un sens conventionnel.»
«Personne d’autre n'a une poigne plus ferme sur l’amygdale (ndlr: noyau situé dans le lobe temporal et jouant un rôle dans les émotions et le conditionnement) du parti républicain - peut-être personne n'en a jamais eu autant – ou n’est autant la voix du sentiment de déclin rampant si intensément ressentie par l’Amérique blanche.»
Et Politico d’affirmer, «la question n’est plus de savoir si Trump peut remporter les primaires, il le peut».

Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC

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