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jeudi 28 janvier 2016

Présidentielle USA 2016. Barack Obama plus proche de Clinton que de Sanders

Lors du dernier débat de la primaire démocrate, Hillary Clinton a défendu et s’est approprié le bilan centriste d’Obama face à Bernie Sanders.
Rien d’étonnant à cela car, même si les différences existent entre Clinton et Obama, différences notamment en politique étrangère, il faut rappeler que tous les deux sont des centristes et ont donc d’énormes points de convergences.
Et que Bernie Sanders, lui est un socialiste alors que Barack Obama a toujours déclaré qu’il n’en était pas un.
D’ailleurs, l’aile gauche du Parti démocrate voulait déjà présenter un candidat contre Obama en 2012, estimant le président des Etats-Unis beaucoup trop modéré, voire conservateur...
Dans une interview au magazine conservateur Politico, Barack Obama renvoie l’ascenseur à Hillary Clinton en affirmant qu’elle est une bonne personne, intelligente et qui prend soin de son pays.
Selon lui, les difficultés qu’elle peut rencontrer actuellement viennent de ce qu’elle est une personnalité de premier plan et qu’elle fait la course en tête alors que Bernie Sanders bénéficie de la nouveauté.
En outre, il estime que le parcours politique de son ancienne secrétaire d’Etat «est la reconnaissance que la traduction des valeurs dans la gouvernance et le travail concret est en fin de compte le boulot de la politique, ce qui fait la réelle différence pour les gens dans leurs vies quotidiennes».
Ce pragmatisme, Barack Obama la pratiqué durant toutes ses années à la Maison blanche, loin de la vision politique de l’idéologue Sanders.
Par ailleurs, Barack Obama a estimé que les médias sont parfois injustes avec Hillary Clinton et l’avaient été en 2008 lors des primaires qui avaient vu sa victoire sur celle qui est devenue ensuite sa secrétaire d’Etat.
Une évidence pour les observateurs impartiaux qui revoient le même «Hillary bashing» de la part des journalistes que celui qui a prévalu alors et qui, combiné avec la fascination qu’Obama exerçait auprès de ceux-ci, a largement contribué à sa défaite il y a huit ans.
A la question du journaliste de savoir si Hillary Clinton recevait une attention injuste des journalistes, il a répondu «oui».
De son côté, Bernie Sanders essaie actuellement de recréer l’atmosphère qui a porté Obama à ma Maison blanche en tentant de capter sa dynamique de 2008 et se présenter comme son successeur naturel, ce qu’Obama lui dénie.
Ainsi, à la question de savoir si Bernie Sander lui rappelait ce qu’il était en 2008, il a répondu «Je ne pense pas que cela soit vrai».

Alexandre Vatimbella

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mardi 26 janvier 2016

Présidentielle USA 2016. Devant la montée de Trump et Sanders, Bloomberg prêt à y aller

Selon le New York Times, Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York et propriétaire de l’empire des médias financiers qui porte son nom, aurait demandé à ses collaborateurs et à ses soutiens de se tenir prêt en vue d’une éventuelle candidature à la Maison blanche.
Le milliardaire âgé de 73 ans a toujours caressé l’idée de se présenter à la présidentielle.
Catalogué comme un «independent» centriste, il a été tour à tour membre du Parti démocrate et du Parti républicain, toujours membre de l’aile centriste des deux grands partis.
Après trois mandats à la tête de la mairie de New York, il avait décidé de reprendre les rênes de son entreprise et, dans le même temps, de soutenir un certain nombre d’hommes et de femmes politiques modérés et/ou qui luttaient pour un contrôle des armes à feu ou pour des mesures sanitaires en matière d’alimentation ou encore pour la protection de l’environnement mais sans descendre lui-même dans l’arène publique.
Même s’il a affirmé à plusieurs reprises qu’il était intéressé par la présidence du pays, il a toujours fait remarqué que n’étant pas membre d’un des deux grands partis, il avait peu de chance d’obtenir l’investiture de l’un d’eux et que l’histoire prouvait qu’aucun candidat sans avoir celle-ci ne pouvait l’emporter.
De plus, Bloomberg est un milliardaire newyorkais, juif, divorcé et remarié, ce qui est généralement un handicap pour séduire les électeurs de l’Amérique profonde.
Sauf que Donald Trump est en train de faire voler en éclat ces postulats.
D’une part, une grande majorité de son électorat le suivrait s’il n’était pas investi par les républicains et qu’il se présentait en «independent».
D’autre part, comme Bloomberg, il est un milliardaire newyorkais, divorce et remarié et, s’il n’est pas juif, il est incapable de citer un passage de la Bible correctement.
Ce qui ne l’empêche pas d’être en tête des candidats préférés des religieux intégristes chrétiens, notamment des évangélistes.
Car le succès de Trump, qui pourrait être aussi celui de Bloomberg, est qu’il est en-dehors du système politique de Washington, qu’il n’a pas besoin de l’argent venu d’ailleurs pour se présenter (ce qui fait qu’il est vu comme n’étant pas prisonnier d’intérêts financiers et économiques particuliers qui le financeraient) et qu’il dit ce qu’il pense.
De ce point de vue, Michael Bloomberg a toujours eu une parole libre et est prêt, selon le New York Times, a dépensé un milliard de dollars pour sa campagne.
De plus, ses chances de gagner, qu’il estimait nulles auparavant, pourraient bien être réelles.
En effet, du côté républicain, ce sont deux candidats qui font peur à une majorité d’Américains qui sont actuellement en tête des intentions de vote, Donald Trump, le populiste démagogue, et Ted Cruz, l’homme d’extrême-droite.
L’establishment républicain est en plein désarroi et tente de torpiller ces deux candidatures sans succès pour l’instant.
Le magazine conservateur National Journal vient même de publier un appel de nombreux intellectuels conservateurs pour faire barrage à Trump.
Du côté démocrate, le socialiste populiste anti-milliardaire, Bernie Sanders fait mieux que se défendre face à Hillary Clinton et pourrait bénéficier du même rejet de la classe politique (même si, paradoxalement, il en fait partie depuis longtemps) pour la menacer, voire la battre pour être le candidat du parti.
Si l’on se retrouve avec un duel Trump-Sanders (voire Cruz-Sanders), Michael Bloomberg estime qu’il peut l’emporter en étant le troisième homme providentiel de l’électorat modéré qui, jusqu’à preuve du contraire, est nettement majoritaire aux Etats-Unis.
Interrogés par le New York Times, les collaborateurs de Bloomberg ont expliqué avoir déjà «ébauché un plan de campagne dans lequel l'ancien maire, une personnalité discrète et cérébrale, livrerait une série de discours de politiques détaillées, soutenus par une campagne de spots TV intense, qui le présenteraient aux électeurs dans tout le pays comme un technocrate solutionneur de problèmes et un homme d'affaires self-made-man, qui comprend l'économie et qui a géré une administration bipartisane à New York».
Quoiqu’il en soit, il a déjà commandé un sondage pour savoir où il en était (dont les résultats demeurent secrets pour l’instant) et il devrait en commander un après les premières primaires de l’Iowa et du New Hampshire si Trump (ou Cruz) et Sanders les remportaient.
Si Michael Bloomberg se présentait face à Donald Trump et Bernie Sanders, l’élection du 8 novembre prochain serait unique en son genre depuis l’indépendance du pays, même pas comparable à celle de 1912 où Theodore Roosevelt se présenta comme troisième homme face à Woodrow Wilson et William Taft (ceux-ci n’étant pas des populistes ou des extrémistes).
Et, porter la première fois de l’histoire du pays, un «independent» au pouvoir.

Alexandre Vatimbella

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jeudi 21 janvier 2016

Présidentielle USA 2016. La droite républicaine au secours du socialiste Sanders contre la centriste Clinton!

Comment battre le candidat démocrate en novembre prochain? En faisant battre Hillary Clinton lors de la primaire et en faisant nommer Bernie Sanders.
Devant la peur de voir Donald Trump ou Ted Cruz être leur candidat, voilà la solution qu’ont trouvée les républicains pour conquérir la Maison Blanche!
Car si certains sondages montrent que Bernie Sanders battrait plus facilement Donald Trump ou Ted Cruz, il est fort probable que le sénateur du Vermont ne sera pas le vainqueur de la primaire démocrate, tant il est incapable pour l’instant de rallier à lui les afro-américains et les latinos qui sont essentiels pour gagner cette compétition.
Sauf si, bien sûr, Hillary Clinton est totalement discréditée pour être la candidate démocrate le 8 novembre.
Pour cela, il faut qu’elle soit présentée comme une candidate trop molle face aux intérêts financiers et trop attentiste vis-à-vis de la classe moyenne et de ses problèmes de revenus.
Bernie Sanders a déjà attaqué l’ex-secrétaire d’Etat de Barack Obama par ces biais avec une agressivité de plus en plus grande sans pour autant avoir pu la déconsidérer suffisamment jusqu’à présent dans l’électorat démocrate.
Mais, dans cette entreprise, il est en train de recevoir de l’aide de… l’extrême-droite et des conservateurs radicaux républicains!
Comme l’explique le journaliste Zeke Miller sur le site web de Time magazine, «Les républicains acclament l'ascension de Bernie Sanders, l’ayant déclaré gagnant du débat démocrate de dimanche soir (ndlr: 17 janvier) et défendant son bilan face aux attaques d’Hillary Clinton. Cette volonté découle de leur croyance qu'il sera un adversaire beaucoup plus facile à battre que Clinton en novembre prochain. American Crossroads, le super PAC de Karl Rove (ndlr: ancien éminence grise de George W Bush) est en pointe dans cette stratégie avec une pub diffusée dans l'Iowa qui critique les liens de Clinton avec Wall Street, cherchant ainsi à booster Sanders.»
Cette alliance entre la Gauche et la Droite américaines à l’encontre d’Hillary Clinton rappelle une règle politique qui veut que le Centre soit toujours attaqué à la fois à sa droite et à sa gauche, rendant sa tâche beaucoup plus compliquée puisqu’accusé d’être de droite par la Gauche et de gauche par la Droite.
Il suffit d’ailleurs de lire la presse américaine pour s’en rendre compte, Hillary Clinton étant sans cesse attaquée pour être, au choix, trop «liberal» (de gauche) ou trop conservatrice.
Dans cette période où la colère des électeurs républicains et démocrates est récupérée par les démagogues populistes (Donald Trump et Bernie Sanders principalement), cette stratégie républicaine pour éliminer Hillary Clinton pourrait bien donner des résultats et mettre la candidate centriste en difficulté.

Alexandre Vatimbella

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mercredi 20 janvier 2016

Présidentielle USA 2016. Les «machines à perdre» républicaine et démocrate à toute vapeur!

En regardant les sondages sur la présidentielle américaine, on peut se demander qu’elle «machine perdre», de la démocrate ou de la républicaine va l’emporter le 8 novembre prochain laissant ainsi gagner l’adversaire!
Tout le monde connait le fonctionnement d’une machine à perdre qui est en l’occurrence, pour un parti, de nommer un candidat à la présidentielle qui n’a aucune chance de l’emporter.
Une machine particulièrement efficace aux Etats-Unis pour couler un parti depuis que les primaires sont vraiment démocratiques, a qui a abouti à des situations où, du côte républicain, la candidature de Barry Goldwater face à Lyndon Johnson en 1964, et du côté démocrate, la candidature de George Mc Govern face à Richard Nixon en 1972, furent de véritables désastres.
Or, en cette année 2016 où le populisme et la démagogie sont présents en force du côté républicain mais aussi du côté démocrate avec cette «rage» de ces sympathisants des deux bords qui constituent la base de l’électorat des primaires, on pourrait aboutir à la nomination de ce que l’on appelle deux candidats inéligibles!
Bien évidemment, un de ces deux l’emporterait, à moins qu’un troisième larron ne sente le coup et se présente en «independent» avec une grande chance, pour la première fois de l’histoire politique des Etats-Unis, de se faire élire.
On n’en est pas encore là mais la domination de Donald Trump dans la course à la candidature républicaine (avec en second Ted Cruz, tout aussi «inéligible») et la remontée actuelle dans les sondages de Bernie Sanders dans la course à la candidature démocrate montrent que cette éventualité de deux candidats inéligibles n’est pas tout à fait une vue de l’esprit, loin de là.
Quant au candidat «independent», plusieurs personnalités y ont pensé même si aucune (à part Trump s’il n’obtenait pas l’investiture républicaine) n’y a fait réellement allusion jusqu’à présent sérieusement et/ou officiellement.
Mais, de l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, à l’ancien candidat républicain en 2012, Mitt Romney, les prétendants à cette candidature pourraient être nombreux.
Ils se présenteraient sans doute comme des candidats responsables, modérés, voire centristes pour contrer les candidats populistes.
S’il devait y avoir un duel Donald Trump ou Ted Cruz face à Bernie Sanders (et donc sans troisième homme) et si l’on se fie à ce que rejette en priorité la société américaine, les deux premiers devraient l’emporter.
Donald Trump, démagogue populiste, et Ted Cruz, démagogue conservateur voire proche de l’extrême-droite sur certains sujets, devraient faire moins peur que le socialiste Bernie Sanders même si les trois sont aujourd’hui des antisystèmes et des pourfendeurs de tous les «profiteurs» (même si ceux-ci ne sont pas toujours les mêmes…).
Mais rien n’est simple pour cette élection puisque des sondages ont montré que Bernie Sanders pourraient l’emporter plus aisément face à Trump ou Cruz qu’Hillary Clinton.
Ainsi, la moyenne des derniers sondages calculée par le site RealClearPolitics donne à Bernie Sanders une avance de deux points sur Donald Trump et plus de trois points sur Ted Cruz alors que la centriste Hillary Clinton possède moins de deux points d’avance sur Donald Trump et est en retard de deux points sur Ted Cruz.
Même si l’on sait que ces sondages sur l’élection générale ne veulent pas dire grand-chose aux Etats-Unis si loin de l’échéance et que ceux-ci donnent souvent des résultats peu fiables, le sénateur du Vermont de 74 ans, admirateur de l’ancien candidat radical du parti socialiste américain, Eugene Debs, s’en est évidemment emparé pour affirmer un peu partout, comme dernièrement sur CBS qu’il est le mieux placé pour gagner la présidentielle du côté démocrate.
Si l’on assiste à une duel Trump-Sanders, au-delà du fait qu’il s’agira des candidats qui n’étaient pas ceux de l’establishment de deux grands partis, on aura affaire à deux candidats qui ne viennent pas, non plus, de l’intérieur des partis.
Si Donald Trump se dit aujourd’hui républicain, il a été beaucoup plus longtemps démocrate, voire sans affiliation particulière.
De son côté, Bernie Sanders n’est pas membre du Parti démocrate mais seulement rattaché au groupe démocrate du Sénat à Washington.
L’élection d’un des deux serait à coup sûr une grande claque pour le Parti démocrate et le Parti républicain.
Sans doute ceux-ci la méritent-ils tant ils ont une image désastreuse dans l’opinion avec un Congrès souvent incapable de fonctionner normalement depuis des années à cause d’une incapacité à travailler ensemble et à des visions idéologiques de plus en plus clivées, surtout du côté républicain mais aussi présentes chez certains démocrates.
Néanmoins, ce serait une très mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis (et le monde), car les programmes des deux hommes sont dangereux, particulièrement en matières économique et de politique étrangère.
Leur populisme et leur démagogie ainsi que leur isolationnisme les rend, néanmoins, largement inapplicables sauf à provoquer une grave crise qu’aucun ne prendra le risque de prendre, sans doute.
Mais les mesures emblématiques que les deux hommes pourraient prendre ainsi que l’atmosphère générale de leur présidence recèleraient un véritable danger.
Les observateurs avaient (à tort) la manie d’affirmer que les élections américaines n’étaient pas idéologiques comme en Europe et mettaient aux prises des candidats «blanc bonnet et bonnet blanc» qui étaient largement interchangeables et d’accord sur presque tout.
Cette élection pourrait être un exemple du contraire.
Malheureusement.

Alexandre Vatimbella

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jeudi 14 janvier 2016

Etats-Unis – Obama regrette le manque de consensus dans la politique américaine

«‘Nous le peuple’. Notre Constitution commence par ces trois mots simples, des mots que nous avons appris à connaître et qui signifient toutes les personnes, pas seulement certaines; mots qui insistent pour que nous nous élevions ou chutions ensemble. Cela m’amène à (…) la chose la plus importante que je veux dire ce soir.
L'avenir que nous voulons – les opportunités et la sécurité pour nos familles, une progression du niveau de vie et, une planète pacifique et durable pour nos enfants – tout ceci est à notre portée. Mais cela ne se produira que si nous travaillons ensemble. Cela ne se produira que si nous pouvons avoir des débats constructifs, rationnels.
Cela ne se produira que si nous réparons notre vie politique.
Une meilleure politique ne signifie pas que nous avons d'accord sur tout.  Nous sommes un grand pays, avec différentes régions, attitudes et intérêts. Voilà une de nos forces, aussi. (…)
Mais la démocratie exige cette obligation de base qu'est la confiance entre ses citoyens. Elle ne fonctionne pas si nous pensons que les gens qui sont en désaccord avec nous sont tous motivés par la malveillance, ou que nos adversaires politiques sont antipatriotiques. La démocratie s’enraye sans volonté de compromis; ou quand même des faits fondamentaux sont contestés, et que nous n’écoutons que ceux qui sont d'accord avec nous. Notre vie publique flétrit lorsque seules les voix les plus extrêmes attirent l'attention. Plus que tout, la démocratie tombe en panne lorsque la classe moyenne sent que sa voix n'a pas d'importance; que le système est truqué en faveur du riche ou du puissant ou pour certains intérêts étroits.»
Lors de son dernier discours sur l’état de l’union, le 12 janvier, Barack Obama qui va quitter la Maison blanche en janvier 2017, a regretté que sa présidence ait été un moment où les différences partisanes se soient accrues et que le dialogue entre les deux principaux partis ait été plus agressif que jamais, bloquant souvent tout le processus législatif et le bon fonctionnement de l’administration (nombre de postes importants, par exemple, sont ainsi vacants par le refus des républicains de confirmer les personnes choisies par Obama pour les occuper).
Il a même estimé avoir une part de responsabilité dans cet état de fait.
Par ce regret, Barack Obama rappelle ainsi son centrisme viscéral qu’il voulait imposer à Washington en 2009 par sa vision «post-partisane» où le gouvernement se faisait sur une majorité d’idées qui dépassait le clivage traditionnel et le fonctionnement partisan.
Sans doute que cette attente était trop idéale, voire naïve, car éloignée de la manière dont se déroule le débat politique dans une démocratie où les factions s’opposent le plus souvent vis-à-vis de leurs intérêts divergents plutôt que de coopérer dans la recherche d’un consensus d’équilibre.
Mais, même s’il ne se faisait pas trop d’illusions étant un pragmatiste, il aurait au moins souhaité que le dialogue bipartisan soit la règle, ce qui n’a pas été le cas, loin de là, essentiellement par la faute des républicains et de leur aile droitière influencée par le Tea Party et les activistes proches de l’extrême-droite.
D’ailleurs, pour dire son attachement à ce travail en commun, il a entamé son discours, en s’est félicitant que des mesures puissent avoir été prises récemment par le Congrès, notamment le vote d’un budget, alors même que c’est une année d’élection traditionnellement peu prolixe en mesures législatives.
Il a également défendu le vivre ensemble face aux attaques du populiste démagogue Donald Trump, candidat à la candidature républicaine qui est actuellement en tête dans les sondages pour représenter son camp à la présidentielle du 8 novembre prochain.

Alexandre Vatimbella

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Présidentielle USA 2016. Le troisième homme, clé de la présidentielle américaine?

Les médias américains sont en émoi.
Ils ne comprennent pas bien le phénomène Donald Trump qui continue à rallier un nombre important de sympathisants républicains, d’«independents» d’extrême-droite et de personnes ayant refusé de voter aux élections sous le prétexte du fameux «tous pourris».
De même, ils sont interrogatifs sur la capacité du socialiste Bernie Sanders à résister face à Hillary Clinton même s’il est loin derrière la centriste en intentions de vote des sympathisants démocrates pour la primaire.
Car Donald Trump et Bernie Sanders sont les enfants d’un même mouvement populiste et démagogique qui vient d’un rejet de la classe politique de Washington sur lequel les politiciens jonglent dangereusement depuis des décennies (Barack Obama s’était fait élire en 2008 en se présentant comme un «outsider» du jeu politique, c’est-à-dire quelqu’un qui ne fait pas partie du sérail et donc, pas corrompu ni faisant ses petites affaires secrètes avec ses congénères washingtoniens).
Ce mouvement est beaucoup plus prégnant chez les républicains où il a été attisé sans relâche par les extrémistes haineux du Tea Party depuis 2009 mais il existe également chez les démocrates.
Il s’est d’ailleurs transformé ces dernières années en rage contre l’establishment comme vient de le montrer un récent sondage de la chaîne NBC et du magazine Esquire.
Rage chez les républicains les plus à droite d’un pays qui serait sur le déclin définitif (qui est une angoisse profonde qui revient à périodes répétées aux Etats-Unis) avec l’arrivée de hordes d’immigrants comme le martèle Donald Trump et rage chez les démocrates les plus à gauche d’une société qui ne serait accueillante que pour les riches, les «milliardaires» comme le répète à l’envie Bernie Sanders.
Ainsi, 77% des républicains et 67% des démocrates se disent en colère au moins une fois par jour, 49% des sondés estimant qu’ils sont plus en colère qu’il y a un an.
Même s’il est difficile de savoir si cette colère est autre chose que des mouvements d’humeur plus ou moins importants, notamment envers les politiques ou les milliardaires, cela se traduit par exemple chez une majorité d’Américains (52%) par l’affirmation que le rêve américain (différent de nature chez les républicains et les démocrates) n’existe plus (11% pensant qu’il n’a jamais existé contre 36% qu’il existe toujours).
Dès lors, le phénomène Trump mais également le phénomène Sanders ne sont pas une surprise mais la résultante d’une atmosphère où l’inquiétude pour l’avenir se mêle à l’angoisse du présent et trouve son exutoire dans le ressentiment envers la classe politique qui ont fait le succès de certains médias comme Fox news, la chaîne d’info en continu de droite extrême de Rupert Murdoch.
Reste à savoir s’ils pourront faire autre chose que de perturber le début des primaires de chaque camp avant que les électeurs ne remettent de l’ordre en choisissant la centriste Clinton du côté démocrate et un conservateur plus ou moins modéré du côté républicain (style Jeb Bush, Chris Christie ou John Kasich, ce qui n’est pas gagné avec la présence des deux autres trublions extrémistes, Ted Cruz et Marco Rubio).
Mais, dans ce magma où il est difficile de savoir ce que représentent vraiment ces courants populistes et démagogiques dans les deux grands partis américains, il se pourrait bien que Donald Trump (qui l’a maintes fois évoqué) et/ou Bernie Sanders se présentent en indépendants.
Bien entendu, ils savent tous les deux qu’une telle candidature n’a jamais permis à quiconque de s’installer à la Maison blanche, même lorsque l’ultra-populaire et ancien président Theodore Roosevelt s’est présenté comme progressiste en 1912.
Néanmoins, ils pourraient être tentés de parier sur la profondeur de cette rage qui serait à même de redéfinir les contours de la politique américaine plus longtemps qu’on ne le pense pour l’instant.
Certains observateurs sont tentés de le croire alors que d’autres font justement remarquer que les scores importants de Trump ou de Sanders aux primaires républicaines et démocrates doivent être minimisés quand on les transpose au niveau d’une élection générale.
Pour autant, un changement en profondeur n’est pas à exclure même s’il ne sera sans doute pas majoritaire en 2016, tout comme le Front national ne devrait pas pouvoir remporter l’élection présidentielle française en 2017 (la rage américaine ayant bien des traits identiques à celle qui porte Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon).
De ce point de vue, il est intéressant de voir que le centriste Michael Bloomberg regarde la situation avec intérêt.
Lui qui a affirmé qu’il était impossible de remporter la présidentielle si l’on était pas investi par l’un des deux grands partis et que cela ne lui permettait pas de se présenter pour gagner, a fait faire, selon le New York Times, un sondage pour évaluer ses chances en tant que troisième homme.
Si l’on ne connait pas le résultat de celui-ci, l’ancien maire de New York estime sans doute que, si Donald Trump obtient l’investiture républicaine ou s’il se présente en indépendant, il aurait une chance en tant que centriste de récupérer une bonne partie du vote républicain mais aussi du vote démocrate si Hillary Clinton se déporte trop vers sa gauche pour contrer Bernie Sanders (ou si celui-ci crée une improbable surprise en étant le candidat démocrate).
Toujours est-il que ce soit Donald Trump, Bernie Sanders ou Michael Bloomberg, voire une autre personnalité, il se pourrait bien que le troisième homme de la présidentielle ait un rôle beaucoup plus important que ses prédécesseurs dans l’élection présidentielle américaine.
Nous n’en sommes pas encore là mais il faudra bien, quoi qu’il arrive, analyser en profondeur cette colère d’une partie des Américains et l’augmentation inquiétante de leur défiance vis-à-vis du système démocratique et républicain.
D’autant que cette rage et cette défiance se voient également dans d’autres démocraties républicaines et posent bien des questions sur ce régime politique et son fonctionnement actuel.

Alexandre Vatimbella

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