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vendredi 27 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Les libertariens vont-ils faire perdre Trump?

Le parti libertarien s’apprête à présenter son candidat à la présidence qui sera désigné officiellement à sa convention qui se tient se week-end à Orlando (Floride).
Il s’agira, selon toute vraisemblance, de Gary Johnson, l’ancien gouverneur républicain du Nouveau Mexique et son colistier sera William Weld, un autre ancien gouverneur républicain mais du Massachussetts.
Dans les derniers sondages ce «ticket» obtient 10% des intentions de vote, le double de ce que Johnson obtenait lors de l’élection de 2012 où il était déjà le candidat républicain.
Après le grave échec du sénateur républicain Rand Paul dans la course des primaires en tant que candidat estampillé libertarien, cette candidature à l’élection du 8 novembre pourrait prendre de l’ampleur alors que Donald Trump est officiellement le candidat républicain (il vient d’obtenir le nombre requis de délégués requis), ce dernier n’étant absolument pas compatible jusqu’à présent avec les thèses et les thèmes défendus par le mouvement libertarien.
Or, si l’on compte des libertariens du côté des démocrates, c’est surtout du côté de républicains qu’ils sont nombreux.
Dès lors, celui qui devrait pâtir le plus de cette candidature sera certainement Trump.
Le premier objectif de Gary Johnson sera d’atteindre les 15% d’intentions de vote qui lui permettrait de participer aux débats télévisés de la présidentielle aux côté de Trump et Clinton afin de populariser sa personne et son programme.
Cela dit, jusqu’à présent et malgré la forte minorité de libertariens dans les rangs républicains et dans ceux des «independents» proche du parti de droite, cela n’a jamais permis au Parti libertarien d’empiéter sur les plates-bandes du Parti républicain et rien ne dit que ce sera différent cette année.
Le réflexe légitimiste des républicains qui s’apprêtent à voter en masse pour Donald Trump alors même qu’une forte minorité le déteste montre la difficulté qu’auront les libertariens pour attirer à eux les déçus et les adversaires déterminés du promoteur newyorkais.
Cependant, cette élection présidentielle est tellement atypique qu’on a l’impression que tout pourrait arriver.
Et les dérapages, à nouveau multiples de Trump, pourraient être un événement déclencheur dans le sens d’une migration de nombreux électeurs républicains vers le candidat libertarien.
On n’en est pas encore là, néanmoins.
Dernier épisode abracadabrant, le possible débat télévisé entre Donald Trump et… Bernie Sanders!
Afin de marginaliser la future candidate du Parti démocrate le plus possible, Trump a proposé à Sanders un débat avant les primaires de Californie que ce dernier, tout à sa haine envers la centriste et l’establishment démocrate ainsi que dans son fantasme de pouvoir encore être le nominé à la convention de Philadelphie, a accepté, sachant bien que s’il est organisé, cela rendra encore plus difficile ses relations avec l’ancienne secrétaire d’Etat de Barack Obama.
Et, déjà, de nombreuses chaînes de télévision se sont proposé de l’organiser…
Le monde politico-médiatique américain joue aujourd’hui à se faire peur et à faire peur au à l’ensemble de la planète, sans bien prendre en compte l’énorme responsabilité qu’il prend.
Car il ne faudrait pas que son irresponsabilité rende de plus en plus sceptiques les citoyens du monde entier sur les qualités de la démocratie républicaine.


Alexandre Vatimbella

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jeudi 26 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Trois nouveaux sondages favorables à une Clinton attaquée par les médias

Les sept derniers sondages parus aux Etats-Unis ont donné six fois Hillary Clinton gagnante et une fois à égalité avec Trump pour l’élection présidentielle du 8 novembre prochain.
Les trois derniers de cette série ont eu comme résultat en sa faveur face au candidat républicain, 42%-41% (YouGov-Economist), 40%-39% (Rasmussen) et, surtout, 41%-36% (Ipsos-Reuters).
Et ce, dans une période connue pour être défavorable au candidat du parti dont les primaires ne sont pas terminées, ce qui est le cas chez les démocrates alors que chez les républicains, il est déjà connu.
Ce qui agite les spécialistes des sondages ces derniers jours, c’est de savoir si l’élection de 2016 ressemble aux autres et que Clinton, dès qu’elle sera officiellement la candidate démocrate, regagnera tous les points perdus.
Certains estiment que ce sera le cas, d’autant que Trump est honni par de toute une partie de l’opinion publique et qu’il semble impossible que les sympathisants de Sanders s’abstiennent de voter pour Clinton en novembre au risque de faire élire un personnage comme le promoteur newyorkais ou, pire, qu’ils votent massivement pour ce dernier.
D’autres, en revanche, pensent que les sympathisants de Sanders détestent tout autant Clinton que Trump, que donc beaucoup n’iront pas voter et qu’une partie d’entre eux se reconnaîtra même dans les promesses populistes et démagogues du candidat républicain et voteront pour lui.
Les deux scénarios sont possibles même si le premier est beaucoup plus consistant.
D’autant que Donald Trump s’est mis, à nouveau, à insulter les femmes.
Hier, il a même réussi à s’en prendre à trois d’un coup, alors même qu’il ne pourra pas gagner sans qu’une partie d’entre elles vote pour lui!
Hillary Clinton, évidemment, accusée d’être encore une fois malhonnête; la sénatrice démocrate du Massachussetts Elisabeth Warren, qu’il a baptisée «Poncahontas» en référence à ses origines indiennes, accusée de ne servir à rien au Congrès; la gouverneure de l’Etat du Nouveau-Mexique, une républicaine d’origine latino (la seule du côté du GOP), Susana Martinez, parce que celle-ci n’a pas encore décidé si elle allait le soutenir, notamment pour ses propos racistes envers sa communauté et les Mexicains, ce qui lui a valu d’être traité de paresseuse et de bonne à rien, Trump se proposant même de la remplacer à son poste…
Les médias, notamment audiovisuels, sont généralement assez honteux de devoir rapporter ces propos, sans doute parce qu’ils savent qu’ils ont surfé sur la vague Trump pour améliorer leurs taux d’audience ou leurs chiffres de vente et qu’ils continuent à le faire en se bouchant le nez.
Leur comportement hautement répréhensible montre ainsi toute la problématique d’une sphère qui a mélangé les genres depuis des décennies, faisant d’une top modèle une personne aussi importante que le président des Etats-Unis en matière de parole politique, permettant au promoteur immobilier de jouer de sa popularité médiatique acquise dans l’entertainement afin de conquérir les électeurs qui confondent sans difficulté aucune la réalité avec cette sorte de sitcom trash consacrée à l’élection présidentielle qu’il leur propose.
Cela n’empêche pourtant pas les médias de s’en prendre encore une fois à Hillary Clinton alors qu’un rapport venant du secrétariat d’Etat pointe que celle-ci n’aurait pas obtenu l’autorisation d’utiliser une boite e-mail personnelle quand elle a dirigé ce département.
Mais le rapport explique, ce que les médias rapportent nettement moins, c’est que tous les autres secrétaires d’Etat, républicains et démocrates avant elle, ont fait exactement de même et que les règles du département n’ont jamais été claires ou clairement explicitées.
Par ailleurs, il n’accuse Clinton d’aucune fuite majeure d’informations top secrètes, ce qui était, rappelons-le, ce que les médias reprochaient avant tout à Clinton, ce qu’une enquête du FBI avait déjà affirmé de son côté.
Bien évidemment, en période électorale et pour une personnalité aussi clivante que l’est Hillary Clinton, sans oublier ses relations conflictuelles avec les médias, ce rapport devrait être utilisé contre elle, notamment par Trump, et il est difficile de savoir s’il aura un impact sur l’élection de novembre.


Alexandre Vatimbella


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mercredi 25 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Trump se dédiabolise à grande vitesse

Comme l’écrit la lettre quotidienne sur les présidentielles du magazine Time, «Le top des leaders, des permanents et des donateurs républicains réfléchissent à deux fois à leurs positions #NeverTrump (#Jamais Trump) après une série de sondages montrant que les électeurs républicains ont plus confiance en Trump qu’en Paul Ryan, le Speaker (président) de la Chambre des représentants (ndlr: qui a été un moment pressenti pour être candidat contre Trump par l’establishment républicain et qui a refusé, pour l’instant, d’apporter son soutien à ce dernier). L'opposition franche contre Trump s'efface rapidement alors que la plupart des républicains se préparent à contrecœur à monter à bord du «Train Trump» afin d’éviter d’être ostracisés par le parti s'il gagne et d’être accusés de sa défaite s’il chute».
Ceci résume bien ce qui se passe actuellement dans le Parti républicain.
Car il faut les voir, tous ces républicains qui juraient, main sur le cœur, qu’ils ne soutiendraient jamais ô grand jamais, cet infâme personnage qu’est, selon eux, Donald Trump, qu’ils ne voteraient pas pour lui, même le nez bouché et les yeux fermés, venir désormais faire allégeance au promoteur immobilier newyorkais avec plus ou moins de forfanterie et de ridicule.
Parmi les plus pathétiques on trouve certainement Megyn Kelly, la journaliste de la chaîne d’extrême-droite Fox news traitée de tous les noms par Trump qui avait même fait allusion à ses règles pour justifier son agressivité supposée à son encontre.
Là voilà maintenant ralliée à ce dernier ainsi que son patron, le milliardaire des médias ultraconservateurs, Rupert Murdoch.
Rien de plus normal, évidemment, personne ne pensait sérieusement que la grande majorité des républicains tournent le dos à celui qui peut gagner la Maison blanche, aussi détestable soit-il.
D’autant qu’il ne l’est pas plus que les membres du Tea Party à la violence et aux insultes constantes ainsi qu’aux menaces de mort récurrentes envers Barack Obama, que les représentants et sénateurs républicains qui bloquent le pays depuis des années au seul motif qu’il faut faire perdre les démocrates sans se préoccuper des intérêts du pays, que les médias conservateurs qui diffusent fausses informations et diffamations en chaîne à tout ce qui n’est pas de leur côté, qu’un Ted Cruz ou qu’un Newt Gingrich.
D’ailleurs, dans les sondages, les sympathisants républicains veulent majoritairement que le parti s’unisse derrière Trump.
De même, une grande majorité d’entre eux s’apprêtent à voter pour lui en novembre.
En réalité, la vague anti-Trump chez les républicains était essentiellement due au fait que le promoteur newyorkais semblait inéligible tant il cristallisait de haine à son encontre et tant il insultait les électorats dont ont besoin les conservateurs pour l’emporter.
Or ce n’est plus le cas.
Donald Trump s’est rapproché d’Hillary Clinton et des sondages le donnent même gagnant.
C’est le cas du dernier en date réalisé par la chaîne ABC et le quotidien le Washington Post.
Si la centriste Hillary Clinton demeure en tête chez les Américains de plus de 18 ans avec 48% des intentions de vote contre 42% à Trump, chez les électeurs enregistrés, c’est le populiste démagogue Trump qui a l’avantage avec 46% contre 44% à l’ancienne secrétaire d’Etat.
Mais ce qui est nouveau et inquiétant à la fois c’est que même des démocrates «conservateurs», les «blue dogs» (démocrates élus dans des circonscriptions et des Etats à majorité républicains), affirment dans un article du magazine Politico, qu’ils pourraient travailler avec Trump s’il occupe la Maison blanche.
Bien entendu, ils demeurent très réservés sur le personnage.
Cependant, ils estiment que certains aspects de son programme ne sont pas à rejeter et peuvent faire l’objet d’un consensus.
Dire cela, il y a quelques mois, pour un démocrate aurait été inimaginable et sans doute sanctionné par les instances du parti.
En outre, le phénomène du changement, bien connu en politique, surtout ces dernières décennies où l’on est toujours tenté de «sortir les sortants» jouera en faveur de Trump puisque la Maison blanche est occupée par un démocrate depuis huit ans et que Clinton se met dans les pas d’Obama, se voulant sa continuatrice, ce qui, aux yeux de certains électeurs, ferait douze ans d’obamisme-clintonisme.
Dès lors, dans le camp républicain qui est frustré de ne pas être au pouvoir depuis longtemps, le phénomène «tout sauf Clinton» couplé avec celui de «un républicain quel qu’il soit» pour enfin gagner joueront à plein.
Et ce réflexe se trouvera sans doute également chez nombre d’«independents» (les électeurs qui se disent ni démocrates, ni républicains) qui ne sont pas uniquement de droite.
Par quel que bout qu’on la prenne, il faut bien constater que l’entreprise de dédiabolisation de Donald Trump et sa volonté de devenir «respectable» tout en continuant à transgresser les règles de la civilité politique à tour de bras, fonctionnent.
Reste à savoir si, une fois qu’Hillary Clinton devenue la candidate officielle du Parti démocrate, les sympathisants de Bernie Sanders la choisiront.
L’histoire nous montre – ainsi que ce qui se passe au Parti républicain avec Trump qui est une des raisons de sa bonne tenue actuelle dans les sondages – qu’après les joutes, parfois sanglantes, des primaires, le candidat officiel parvient à réunir sur son nom une grande majorité de son camp.
Ce sera dans les déperditions de chaque côté que se jouera peut-être l’élection et les démocrates peuvent s’inquiéter de la hargne de Sanders contre l’establishment du parti qui n’est pas de bon augure pour la suite de la campagne de Clinton.
Reste que le plus effarant dans cette élection et que l’on a tendance à oublier c’est qu’un personnage comme Donald Trump puisse atteindre plus de 40% d’intentions de vote et à devenir le candidat officiel d’un des deux grands partis politiques américains.


Alexandre Vatimbella

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Présidentielle USA 2016. Quatre sondages en faveur de Clinton, Sanders joue la carte du pire

Cinq nouveaux sondages sur l’élection présidentielle américaine du 8 novembre prochain ont été publiés dont quatre qui donnent Hillary Clinton en tête et un qui la donne a égalité avec Donald Trump.
Le sondage de Morning consult met Clinton à 38% et Trump à35%.
Celui de NBC News donne respectivement aux deux candidats, 47% et 43%.
L’enquête d’American consult, elle, est la seule qui les met à égalité parfaite, 46%-46%.
L’institut Schoen consulting place Clinton en tête avec 44% contre 42% à Trump.
Enfin, la chaîne NBC et le quotidien Wall Street journal donne un avantage de trois points à l’ancienne secrétaire d’Etat de Barack Obama, 46%-43%.
Malgré tout, cette avance est assez faible.
Comme on l’a expliqué, elle vient, entre autres, du soutien massif de l’électorat républicain au désormais candidat officiel du parti alors que l’électorat démocrate demeure encore divisé entre Hillary Clinton et Bernie Sanders.
Ce dernier, d’ailleurs, au lieu de jouer l’unité du Parti démocrate, continue à attiser les braises par des déclarations à l’emporte-pièce, menaçant, par exemple, de «mettre le bordel» à la Convention de Philadelphie qui désignera le candidat démocrate.
Car la stratégie du sénateur du Vermont qui n’a plus aucune chance d’emporter la nomination d’une formation, dont on le rappelle, il n’est même pas membre (Clinton possède 2301 délégués en n’a plus besoin que de 82 pour l’emporter alors qu’il en faudrait 767 à Sanders), est de mettre la main sur cette convention ou, si ce n’est pas possible, d’en faire une foire d’empoigne.
Pour cela, il veut provoquer une sorte d’insurrection des éléments démocrates les plus à gauche mais aussi de tous les jeunes «independents» d’extrême-gauche qui se sont ralliés à sa candidature pour attaquer l’establishment du parti, voire le faire chuter, imposer son programme politique et prendre une place centrale dans les élections de novembre, notamment celles à la Chambre des représentants et au Sénat, pour désigner des candidats les plus à gauche possible et prendre date pour le futur.
Pour justifier son attitude, Bernie Sanders estime qu’il a été défavorisé par les règles des primaires (qu’il connaissait bien avant de se présenter) et qu’il est largement en tête face à Trump dans les sondages (oubliant que c’est avant tout parce qu’il n’a aucune chance de l’emporter et qu’une grande partie de la population ne sait pas qui il est à la différence du promoteur newyorkais).
Bien entendu, il sera obligé d’appeler au soutien et au vote d’Hillary Clinton face à Donald Trump.
Mais tout sera évidemment dans le comportement et les mots qu’il choisira pour savoir s’il s’agit uniquement d’un exercice de style ou d’un vrai ralliement.
De son côté, le candidat républicain a commencé sa campagne haineuse et sale contre Hillary Clinton en expliquant qu’il avait des doutes sur le suicide d’un proche de Bill Clinton en 1993 – alors que toutes les enquêtes de plusieurs commissions ont conclu à ce scénario – sous-entendant qu’il pourrait s’agir d’un meurtre pour l’empêcher de divulguer des secrets sur l’ancien président alors en fonction.
Dans le même, il a fait diffuser un clip présentant Bill Clinton comme un violeur.


Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC

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vendredi 20 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Clinton résiste dans une période difficile pour elle

Deux nouveaux sondages donnent Hillary Clinton en tête dans la course à la présidentielle américaine face à Donald Trump.
Dans le premier, réalisé par Ispos et Reuters, elle possède un avantage de cinq points, 41% contre 36%.
Dans le second, réalisé par la chaîne CBS et le quotidien New York Times, elle possède un avantage de six points, 47% contre 41%.
Ces deux enquêtes sont une bonne nouvelle pour Hillary Clinton dans une période assez difficile pour elle.
La centriste se trouve en effet prise entre deux mouvements populistes et démagogues, celui de Trump à sa droite et celui de Sanders à sa gauche, qui parviennent contre toute attente à radicaliser une frange importante de l’électorat américain et à la présenter comme la candidate de cet establishment honni actuellement, c’est-à-dire comme la représentante d’une soi-disant caste politicienne qui serait responsable de tous les maux réels et imaginaires dont souffre le pays, planqué à Washington et incapable de comprendre les réalités que vit la population quotidiennement.
Rappelons que pratiquement tous les candidats à la présidence ont joué de la haine de Washington et du gouvernement fédéral pour se faire élire ou pour grappiller de la popularité.
Ces dernières décennies, ce fut le cas des candidats Jimmy Carter, Ronald Reagan, de George W Bush, de Barack Obama et même de Bill Clinton…
Le phénomène de tenaille dans lequel se trouve Hillary Clinton, lui aussi, n’est pas nouveau et ne se limite pas aux Etats-Unis.
Dans tous les pays où se présentent des centristes, ils sont les punching-balls préférés des candidats de droite et de gauche, recevant deux fois plus de critiques et d’attaques car venant à la fois de la droite et de la gauche.
Ainsi, au gré des discours enflammés de Trump et de Sanders, Clinton serait soit une gauchiste, soit une ultra-conservatrice…
Une situation qui n’avait pas eu lieu en 2008 pour Barack Obama, par exemple, puisque, comme sa rivale lors des primaires démocrates, Clinton, il se positionnait au centre de l’échiquier politique.
Mais Obama l’a connu tout au long de son mandat de président où il fut attaqué par les républicains comme un dangereux «liberal» et par la gauche du Parti démocrate comme un conservateur d’autant plus affreux qu’il aurait trahi la cause, une cause qui pourtant n’a jamais été la sienne, ni qu’il a même fait semblant de récupérer.
Il faut dire, également, que tout est bon pour discréditer Clinton, notamment du côté républicain où le seul but, désormais, n’est plus cette fameuse «pureté» idéologique mise en avant ces dernières années – qui n’a été qu’un paravent lorsque les dirigeants du GOP croyaient dur comme fer que l’Amérique avait virer à droite toute – mais la victoire le 8 novembre, dévoilant ainsi, dans leur ralliement inconditionnel à Trump, la vraie nature de leurs obstructions au bon fonctionnement de l’Etat depuis qu’Obama est président des Etats-Unis.
Ainsi, il est assez ahurissant d’écouter tous ses «pundits» (experts) conservateurs venir affirmer que l’Amérique est en train de virer à gauche parce que les programmes de Trump et de Sanders se ressemblent en matière économique et sociale ainsi que sur l’interventionisme de l’Etat.
Le but premier de ces experts est en réalité de trouver des points communs entre Sanders et Trump ainsi qu’entre la rage populiste des électeurs des deux démagogues.
Car si Trump parvient à capter une partie de l’électorat de Sanders comme il en rêve ouvertement et avec lui les dirigeants républicains, il pourrait l’emporter le 8 novembre.
Cela permet aussi de faire passer Clinton pour une personne loin du peuple et de ses préoccupations, incapable de répondre à ses aspirations.
Bien entendu, ceux qui ont une culture politique savent bien que l’extrême-droite, comme le fascisme mussolinien et le nazisme hitlérien, a toujours développé des programmes sociaux, un interventionisme étatique, un nationalisme économique et un rejet du libéralisme économique.
Ici, Trump n’est absolument pas dépaysé avec les leaders d’extrême-droite d’Europe, en particulier de Victor Orban en Hongrie ou de Marine Le Pen en France.
Le problème pour Hillary Clinton est que Bernie Sanders, au lieu de se démarquer nettement de Donald Trump – même s’il affirme que son but premier est de l’empêcher par tous les moyens de le faire entrer à la Maison blanche –, tape continuellement sur son adversaire aux primaires démocrates alors même qu’il n’a plus aucune chance de l’emporter, signifiant ainsi à ses sympathisants que le diable n’est peut-être pas du côté républicain mais du côté de l’establishment démocrate qu’il dézingue dans tous ses meetings.
D’ailleurs Trump n’a pas été le dernier à relever cette ambiguïté, lui qui utilise les attaques de Sanders contre Clinton à son profit.
Pour finir, signalons, tout de même, le sondage réalisé par l’institut Rasmussen qui donne Donald Trump gagnant avec cinq points d’avance, 42% contre 37%.
Mais, outre qu’il est le seul à donner autant d’avance à Trump, l’institut est connu pour avantager systématiquement les candidats républicains dans ses études et donc d’avoir une crédibilité faible.


Alexandre Vatimbella

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jeudi 19 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Trump: réconciliation avec Murdoch dont la chaîne, Fox news, le donne vainqueur!

Rupert Murdoch n’aimait pas du tout Donald Trump.
Le milliardaire ultraconservateur qui a fait fortune dans les médias, avec, notamment, la chaîne d’extrême-droite Fox news, ne voulait surtout pas du milliardaire populiste et démagogue qui a fait la sienne dans l’immobilier, à la Maison blanche.
Il avait même demandé à sa journaliste vedette de Fox news, Megyn Kelly, de mener la charge en attaquant le candidat à la primaire républicaine lors du premier débat au cours duquel, on s’en rappelle, celle-ci lui avait demandé, exemples à l’appui, pourquoi il était si grossier envers les femmes.
Les insultes que Trump avait proféré pendant plusieurs jours envers Kelly pour se venger avaient fait le buzz et avait montré sa misogynie maladive que maints autres exemples ont depuis confirmé.
Mais ça, c’était avant.
Dorénavant, Trump est un bon candidat et fera un bon président pour Murdoch.
Il a même demandé à sa journaliste de faire la paix avec le désormais candidat officiel du Parti républicain.
Celle-ci s’est exécutée sans scrupules et aucun problème déontologique selon ses dires en allant interviewer Donald Trump dans un entretien assez pathétique où ce dernier fait amende honorable avec sa bouche pendant que son regard dit tout le contraire…
Dans la foulée, Fox news sort un sondage où – heureux hasard! – Donald Trump est donné vainqueur de la présidentielle devant Hillary Clinton avec trois points d’écart, 45% contre 42%.
Dans le même temps, l’institut McLaughlin, lui donne la centriste gagnante devant le populiste de droite, 46% contre 42%, soit quatre points d’avance, confirmant la tendance des autres sondages qui la donnent en tête avec un resserrement des intentions de vote entre les deux candidats.
Bien entendu, on peut se poser la question du sérieux des sondages effectués pour Fox news.
Si l’on prend toutes les enquêtes d’opinion effectuées depuis que Trump a annoncé sa candidature, en juin 2015, alors que l’énorme majorité le voit perdant, quelques sondages l’ont donné vainqueur.
Et dans ces quelques sondages, Fox news se taille la part du lion.
C’est aussi le média qui a donné le plus grand nombre de fois Hillary Clinton battue par l’ensemble des candidats à la primaire républicaine…
On se rappelle que lors de la réélection de Barack Obama en 2012, Fox news donnait gagnant son opposant républicain Mitt Romney.
Lors de la soirée électorale, alors que tous les autres médias avaient déclaré Obama vainqueur, Fox news avait continué à dire le contraire, ce qui avait permis à nombre de dirigeants républicains de nier la victoire du président sortant pendant plusieurs jours.


Alexandre Vatimbella

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Présidentielle USA 2016. Clinton se rapproche de l’investiture et résiste dans les sondages

Après la primaire du Kentucky qu’elle a remporté et celle de l’Oregon qu’elle a perdu face à Bernie Sanders, Hillary Clinton a engrangé un nombre de délégués supplémentaires qui la rapproche un peu plus de la victoire dans le camp démocrate.
Mais le chemin ne sera pas facile pour la centriste.
On sait depuis des semaines que Sanders ne se retirera pas avant la fin des primaires.
Même si le sénateur socialiste du Vermont sait qu’il n’a plus aucune chance, il continue son parcours en invoquant quatre raisons.
La première est que, quel que soit le résultat des primaires, son but premier est de changer le Parti démocrate, sous-entendu le faire virer à gauche, lui qui, rappelons-le n’en a jamais été membre.
Son idée est donc d’avoir le maximum de délégués possible afin de peser de tout son poids lors de la Convention de Philadelphie pour que le parti adopte une plateforme de gauche et qu’Hillary Clinton soit obligée de se gauchiser afin qu’il lui apporte son soutien officiel dont elle aura besoin pour unifier les démocrates et espérer gagner en novembre prochain.
La deuxième est qu’il est dans une sorte d’ivresse et d’hubris avec les foules qu’il réunit dans ses meetings, avec une jeunesse qui le suit massivement, lui qui jusqu’à présent et à part dans l’Etat qu’il représente, n’avait que peu de notoriété.
La troisième est qu’il brandit systématiquement les sondages en montrant qu’il obtiendrait un meilleur résultat que sa concurrente lors de l’élection générale face à Donald Trump.
Il est vrai que ceux-ci indiquent qu’il gagnerait avec une marge beaucoup plus importante.
Mais, comme il a déjà été dit ici, ces sondages ne reflètent pas du tout la situation qui aura lieu dans les prochains mois.
De même, les analystes s’accordent pour dire que si Sanders était le candidat démocrate offficiel ou celui qui ferait figure de vainqueur des primaires, il baisserait rapidement dans les enquêtes d’opinion car si tout le monde a une opinion de Clinton, nombre d’Américains ne savent pas encore très bien qui il est, ce qu’il veut et quel est son programme, tout en sachant qu’il n’est pas en position de l’emporter.
La quatrième est qu’il pense pouvoir encore gagner.
Même s’il se berce d’illusions –Hillary Clinton est à moins de cent délégués pour atteindre la majorité et il faudrait pour qu’il la batte qu’il gagne toutes les primaires restantes avec près de 75% des voix –, il estime qu’il peut encore faire changer d’opinion les fameux «super-délégués», ceux qui ne sont pas élus mais qui sont membres de droit du collège électoral comme les représentants, les sénateurs, etc.
A l’heure actuelle, Hillary Clinton en compte 524 contre 40 en sa faveur selon les derniers décomptes.
Mais il n’y a aucun raison pour que ceux qui se sont prononcés en faveur de l’ancienne secrétaire d’Etat changent d’avis.
D’une part, parce que Sanders n’est pas membre du Parti démocrate, qu’il n’a rien à leur offrir, qu’ils ne lui doivent aucun retour d’ascenseur et, surtout, d’autre part, parce qu’ils ne sont pas sur ses positions idéologiques.
Le problème est que le sénateur du Vermont est en train de pourrir la situation à l’intérieure du processus électoral démocrate.
Avec ses invectives contre celui-ci alors même qu’il en connaissait les règles avant de se présenter et ses diatribes contre tous ceux qui ne veulent pas prendre partie en sa faveur, il a permis à ses fans de se lâcher et à certains d’envoyer des menaces de mort aux dirigeants et super-délégués du parti, comme ceux de Trump ont fait lors des primaires républicaines.
En outre, sa hargne qui ressemble en beaucoup de points à celle de Trump, risque de détourner une partie de ses électeurs de la présidentielle du 8 novembre, ceux-ci n’allant pas voter pour Clinton.
Aujourd’hui, les dirigeants démocrates se fâchent et demandent à Sanders de cesser ses attaques et de tenir ses troupes.
Quoi qu’il en soit, Bernie Sanders a les moyens financiers de continuer sa campagne sans grands risques sur son futur politique.
Par ailleurs, deux nouveaux sondages donnent Hillary Clinton devant Donald Trump.
Celui de NBC-Survey Monkey la donne à 48% contre 46% au promoteur immobilier newyorkais et celui de Morning consult la donne à 42% contre 40%.
Les deux sondages ont également porté sur un duel Sanders-Trump avec un net avantage du premier sur le deuxième.


Alexandre Vatimbella

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lundi 16 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Sondages: Clinton refait la différence

Un sondage Ipsos pour Reuters avait semé l’émoi dans une partie des médias en donnant, mercredi 11 mai, Hillary Clinton avec seulement un avantage d’un point sur Donald Trump (41% contre 40%).
Il semblait donner une nouvelle tendance depuis que le promoteur immobilier avait gagné les primaires républicaines.
Un nouveau sondage Ipsos pour Reuters, publié vendredi 14 mai, redonne un avantage plus conséquent de quatre points à celle qui sera sans doute la candidate démocrate face au candidat officiel du Parti républicain (41% contre 37%).
Une enquête qui doit d’ailleurs être comparé à celui du jeudi 5 mai avec qui il fait partie de la même suite de sondages que l’institut a mis en place pour la présidentielle du 8 novembre plutôt qu’à celui du 11 mai et qui donnait alors Clinton à 45% et Trump à 36%.
On voit donc que l’écart s’est en effet réduit en une semaine mais moins que ne le laissait penser le sondage du 11 mai.
Il faut rappeler que des sondages donnant la victoire de Donald Trump sur Hillary Clinton ne sont pas aussi exceptionnels mais s’ils sont une petite minorité par rapport à ceux qui prédisent la victoire de l’ancienne secrétaire d’Etat.
Par ailleurs, Trump a de nouveau occupé la médiasphère ces derniers jours avec des allers-retours sur ses propositions sur l’économie (notamment sur les impôts), sur sa décision de bannir les musulmans d’entrer aux Etats-Unis et sur son intention de publier sa feuille d’impôt.
En outre, son ancien majordome qu’il emploie toujours pour s’occuper de sa propriété de Floride s’est distingué en appelant au meurtre de Barack Obama avec une logorrhée violente, grossière et raciste.
Sans oublier cette histoire abracadabrante où, pendant des années, le promoteur newyorkais s’est fait passer pour son propre attaché de presse – ayant inventé un certain John Miller –, donnant des interviews à la presse où il parlait sur lui-même…
De son côté, Le New York Times vient de publier une enquête sur ses relations avec les femmes avec de très nombreux témoignages qui, on s’en doute, ne devrait pas améliorer son image dans ce domaine.


Alexandre Vatimbella

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dimanche 15 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Sondages: Trump s’est rapproché de Clinton

L’histoire des instituts de sondage américains est jalonnée d’erreurs et d’approximations qui viennent de la complexité de sonder un pays comme les Etats-Unis mais également de toute une série de biais sur les échantillons qui sont choisis, voire du sérieux avec lequel sont conduites les enquêtes ou les méthodes utilisées.
On ne parle même pas des instituts qui sont proches des partis politiques et qui brouillent encore plus les cartes en publiant des sondages qui sont souvent plus favorables à leur camp.
Ou bien les médias qui ne publient que ceux qui vont dans leur sens idéologique et partisan.
C’est pourquoi, les deux derniers sondages qui viennent de sortir sur la présidentielle du 8 novembre et qui montrent une montée de Donald Trump doivent être interprété avec précaution.
D’abord parce qu’ils sont encore beaucoup trop loin du scrutin pour donner le sens que va prendre celui-ci.
Ce qui vaut évidemment pour tous les autres publiés jusqu’à présent.
A la même époque, Jimmy Carter battait Ronald Reagan, George H Bush battait Bill Clinton, John Kerry battait George W Bush et Mitt Romney battait Barack Obama…
Ensuite, parce que la récente victoire de Donald Trump aux primaires républicaines lui a donné – s’il en avait besoin de plus! – une couverture média supplémentaire ainsi qu’une dynamique de la victoire qui a toujours eu une répercussion dans les sondages lors de toutes les présidentielles.
D’autant que n’étant plus que le seul républicain en course, il commence à récupérer tout doucement les intentions de vote qui se portaient sur les autres candidats du parti même si des résistances ont encore lieu actuellement.
Toujours est-il que l’institut Ipsos pour Reuters donne Hillary Clinton à 41% et Donald Trump à 40% alors que l’institut Gravis pour One America news network donne Hillary Clinton à 48% et Donald Trump à 46%.
Même si les deux instituts sont connus pour favoriser souvent les candidats républicains face à ceux du Parti démocrate et que Gravis se soit singularisé en donnant des résultats farfelus lors de nombre de scrutins, il semble bien qu’il y ait, actuellement, un resserrement des intentions de vote entre les deux candidats.
Côté démocrate, une des explications que l’on peut donner, c’est que la bataille pour les primaires continue.
Si Bernie Sanders ne peut plus l’emporter, son duel avec Hillary Clinton produit naturellement de la division et de l’animosité entre les deux camps.
Ainsi, comme ce fut les cas en 2008 lorsque nombre de sympathisants de Clinton affirmaient à la même époque qu’ils ne voteraient pas pour Obama à l’élection générale, nombre de sympathisants de Sanders disent la même chose à propos de Clinton aujourd’hui.
Mais, après la Convention démocrate de Denver, les électeurs de Clinton se tournèrent sans problème vers Obama et l’on peut supposer que ceux de Sanders feront de même avec Clinton après la Convention de Philadelphie, d’autant que le sénateur du Vermont a affirmé qu’il avait, au moins, une chose en commun avec l’ancienne secrétaire d’Etat, la volonté de faire battre Trump par tous les moyens possibles.


Alexandre Vatimbella

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jeudi 12 mai 2016

La scandaleuse équation Clinton = Trump

Donald Trump sera donc le candidat du Parti républicain.
Et si la logique est respectée, il devrait être opposé le 8 novembre prochain à Hillary Clinton qui a toutes les chances de remporter la primaire démocrate face à Bernie Sanders.
Au vu de qui est Trump, de ses propos injurieux envers tous ceux qu’il hait – et ça en fait du monde –, de son inculture tant en matière politique, économique ou dans le domaine des enjeux de la planète, on pouvait supposer que les médias américains, qui portent une très lourde responsabilité dans la montée en puissance du démagogue populiste – un peu comme les médias français ont «fait» le clan Le Pen – allaient rectifier le tir et, surtout, se placer derrière Hillary Clinton, la seule candidate clairement en faveur de la défense de la démocratie républicaine, libérale et représentative.
Pour continuer le parallèle avec la France, on ne peut imaginer une seule seconde que ses médias, si Marine Le Pen est au second tour de la présidentielle en 2017, ne s’unissent pas autour du candidat démocrate et républicain qui sera face à elle, qu’il se nomme Juppé, Sarkozy, Hollande, Le Maire ou d’un autre nom.
Et bien pas du tout!
Dans l’optique d’un duel Trump-Clinton, voilà que ressort immédiatement la grosse artillerie anti-Clinton dans la plupart des médias américains qui continuent, en parallèle, à faire une couverture sans précédent de tous les faits et gestes du promoteur newyorkais, lui offrant des milliards de dollars de publicité politique gratuite, un comble pour un milliardaire.
Nettement plus grave, ces mêmes médias salivent déjà à l’empoignade qui va avoir lieu, parlant d’un combat «nasty», c’est-à-dire sale et méchant avec une envie souvent écœurante.
Mais ce n’est pas le plus scandaleux…
Car voilà qu’une improbable équation a été posée par nombre de journalistes et d’experts, soi-disant indépendants (on ne parle pas bien sûr de ceux qui sont publiquement engagés politiquement), comme quoi Hillary Clinton = Donald Trump.
Oh, évidemment, il ne s’agit pas de dire que leurs programmes ou leurs dires sont les mêmes.
Mais cela signifie que, selon les promoteurs de cette équation, la personnalité et le comportement des deux se ressemblent beaucoup.
Sur quoi se base une telle comparaison?
Sur pas grand-chose en réalité sauf sur les attaques sans fondement que subit Hillary Clinton depuis des années à propos de sa malhonnêteté, son caractère exécrable, sa volonté de dissimulation et ses secrets inavouables.
Récapitulons.
Sur son honnêteté, il convient de rappeler qu’elle n’a jamais été condamnée et que les innombrables enquêtes journalistiques et les ouvrages à charge n’ont jamais réussi à prouver des agissements malhonnêtes.
Sur son caractère, le plus gros reproche qui lui est fait c’est qu’elle agit comme… un homme!
Imaginons qu’elle agisse comme une «faible femme» et l’on est sûr que les mêmes contempteurs seraient les premiers à le lui reprocher, estimant qu’elle n’aurait pas les qualités pour être la présidente de la première puissance du monde et la «commander in chief» de la première armée de la planète.
Sur sa dissimulation, les critiques viennent des journalistes qui détestent les personnalités publiques qui ne veulent pas se livrer à eux sans réserve, comme l’extraverti Donald Trump, ou qui ne veulent pas les séduire, un peu comme le charmeur Barack Obama.
De la viennent d’ailleurs les accusations sur ses secrets inavouables dont, bien sûr, les enquêtes journalistiques et les ouvrages à charges n’ont jamais apporté la moindre preuve qu’il en existait.
Un exemple parmi d’autres dans l’acharnement dont elle est la victime est fourni par cette affaire des emails lorsqu’elle était à la tête du département d’Etat.
On lui reproche d’avoir gardé une boîte aux lettres électronique personnelle qui aurait pu permettre à des hackers malveillants, voire à des puissances étrangères, de prendre connaissance de secrets d’Etat.
Or, tel n’a pas été le cas et les juristes les plus sérieux disent et redisent qu’il n’y a aucune preuve de son irresponsabilité pour pouvoir l’attaquer en justice.
Pire, au fur et à mesure des épisodes de ce feuilleton médiatico-politique sans fin, on apprend que moult hauts responsables ont fait exactement comme elle, avant elle et en même temps qu’elle, comme les anciens secrétaires d’Etat républicains Colin Powell et Condoleeza Rice.
Mais cela ne semble pas émouvoir les médias qui, dès qu’ils le peuvent, ressortent cette histoire pour fragiliser la candidate.
En face, on trouve, comme on l’a dit, un Donald Trump qui ment neuf fois sur dix selon les statistiques des sites spécialisés dans l’analyse des propos politiques, qui insulte et qui dit des énormités tout en flattant les pires instincts humains auprès de foules qui veulent leur revanche sur tout et n’importe quoi ou qui.
Comment peut-on, dès lors, oser dire ou écrire que Trump et Clinton sont des personnages qui se ressemblent?
D’autant qu’en l’affirmant, on dédiabolise Trump, on le rend respectable et donc légitime à être élu.
Si jamais c’était le cas au soir du 8 novembre, on pourra faire le constat, avec Barack Obama, qu’il doit une fière chandelle aux médias, non seulement pour l’avoir couvert outre-mesure mais pour avoir affirmé qu’Hillary Clinton lui ressemblait.
A noter, par ailleurs, qu’en France, toute la droite radicale et extrême se trouve soudainement décomplexée par les succès de Donald Trump.
Si l’on est guère étonné que le Front national apporte son soutien, voire voue une grande admiration à Trump, on est néanmoins surpris qu’une certaine droite qui jusqu’à présent avait joué profil bas dans ses accointances avec le parti des Le Pen, grâce à un événement qui se déroule à plusieurs milliers de kilomètres, puisse montrer sans gêne aucune ses proximités avec toute la logorrhée populiste et démagogique du promoteur newyorkais.
Ainsi, par exemple, dans les colonnes du Figaro, les correspondants aux Etats-Unis du quotidien commencent à trouver nombre de qualités à Trump, tout en s’en prenant constamment à Hillary Clinton, la représentant en candidate d’extrême-gauche et en reprenant à leur compte toutes les accusations sur sa malhonnêteté.
Sans parler des «experts» en tout genre des Etats-Unis qui viennent faire du «Hillary bashing» et de la propagande pro-Trump.
Récemment, un de ceux-ci est venu affirmer que les sondages avaient tourné en faveur de Trump en sortant le seul, parmi des dizaines et des dizaines, qui lui ait jamais donné une avance dans les intentions de vote!
Bien entendu, ce fait a été omis dans l’article ainsi que le fait que l’institut de sondage, Rasmussen, favorisait systématiquement les candidats républicains.
Rasmussen, rappelons-le, s’était fait connaitre en étant le seul institut à publier des sondages négatifs sur Obamacare, la loi sur l’assurance santé honnie par les républicains, au moment où tous ses confrères montraient justement dans les leurs que les Américains pensaient le contraire…
Pour finir, le plus important, désormais, n’est pas que l’on aime ou que l’on n’aime pas Hillary Clinton, c’est qu’il n’est pas imaginable pour ceux qui sont attachés à la démocratie républicaine, de voir un Donald Trump à la Maison blanche, comme il n’est pas concevable de voir une Marine Le Pen à l’Elysée.
C’est aussi simple que cela.


Alexandre Vatimbella

mercredi 11 mai 2016

Le carnet américain d’Alexandre Vatimbella. Trump est un danger pour la démocratie républicaine

Donald Trump n’est pas encore le président des Etats-Unis et Bernie Sanders a peu de chances (mais il en a) de battre Hillary Clinton.
Avant de dramatiser à l’extrême la situation, il faut attendre quelque peu.
Néanmoins, ce qui se passe actuellement lors des primaires démocrates et surtout républicaines ne peut que susciter l’inquiétude de tous les démocrates, dont les centristes, sur le devenir de la démocratie républicaine aux Etats-Unis et, par contrecoup, dans toutes les démocraties républicaines, libérale et représentative du monde.
Du côté républicain, donc, Donald Trump sera le candidat du parti à l’élection du 8 novembre prochain après sa victoire dans l’Indiana et la défaite cuisante de son principal adversaire, Ted Cruz, qui a décidé de «suspendre» sa campagne, prémices à un abandon pur et simple.
Aucun démocrate responsable ne pleurera la défaite de Cruz qui était certainement un danger plus grand encore pour la démocratie américaine que Trump.
Homme d’extrême-droite qui avait réussi l’exploit d’être plus détesté dans son propre parti que chez ses adversaires, il était porteur d’un projet réactionnaire et d’une vision de gouverner l’Amérique particulièrement néfaste et toxique.
Ayant dit cela, la perspective de voir Donald Trump à la Maison blanche – même si tous les sondages le donnent perdant actuellement face à n’importe quel candidat du Parti démocrate – n’est guère plus réjouissante.
Narcissiste, menteur (91% de ses déclarations sont des mensonges selon l’organisation PolitiFact), démagogue et populiste aux idées courtes qui pourraient plonger son pays et le monde entier dans l’abîme, il bénéficie de tout le travail de sape mené par les dirigeants républicains contre le système politique américain depuis plusieurs décennies ainsi que d’une responsabilité coupable des médias qui ont gonflé sans cesse sa candidature pour faire du taux d’audience à peu de frais.
Mais les sympathisants républicains lui ont également accordé leurs votes en nombre.
De ce point de vue, force est de reconnaitre que le fonctionnement de la démocratie américaine pose problème, surtout que le système mis en place par les Pères fondateurs de la nation et son évolution dans le temps risque de permettre à leur pire cauchemar de s’emparer de la présidence du pays.
Car c’est bien pour éviter des personnages comme Donald Trump mais aussi Bernie Sanders que le système politique américain a été modelé, afin d’empêcher que le peuple, tombant sous le charme des sirènes d’un démagogue populiste aux courtes vues, puisse devenir le premier personnage de l’Etat.
Bien sûr, des dangers et des menaces de ce type ont existé depuis la création des Etats-Unis en 1783.
On cite principalement Barry Goldwater, candidat républicain malheureux face à Lyndon Johnson en 1964, mais d’autres personnages «à la Trump» et «à la Sanders» ont jalonné l’histoire des élections présidentielles sans être, néanmoins, dans la situation de l’emporter.
Pour autant, la montée en puissance des deux hommes se fait sur fond d’une montée concomitante dans les démocraties républicaines d’une autonomisation irresponsable, égoïste et égocentrique, des individus qui menace les fondements mêmes de leur fonctionnement.
Et les médias, dont particulièrement internet, y jouent un rôle de premier ordre en répandant toutes sortes d’informations de moins en moins vérifiables et en exaltant une sorte de rébellion larvée qui trouve son exutoire aux Etats-Unis dans le Tea Party (mouvement d’extrême-droite populiste) et Occupy Wall Street (mouvement d’extrême-gauche populiste) mais aussi ailleurs, en Europe en particulier, dans des mouvements comme Nuit debout en France actuellement, sans aucune relation avec le réel.
Le 8 novembre est encore loin mais c’est en même temps demain.
Il faut espérer pour les Etats-Unis mais aussi pour l’ensemble des démocraties républicaines mais aussi pour le monde entier que Donald Trump ne sera pas le 45° président des Etats-Unis.
De même, à un degré moindre, Bernie Sanders.
C’est pourquoi, même si elle n’est pas la candidate parfaite – mais qu’elle n’est pas non plus la démoniaque malhonnête que certains se complaisent à présenter sans aucune preuve tangible comme l’ont rappelé récemment encore Nicholas Kristol dans le New York Times et Jill Abramson dans le Guardian –, Hillary Clinton est celle du Centre et de la démocratie républicaine.

Alexandre Vatimbella